‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 4)Chapitre 144 sur 191 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

Chez la plupart des animaux les aliments arrivent à l'estomac assez divisés pour être immédiatement digérés ; chez quelques-uns, ils n'y parviennent qu'imparfaitement triturés et dans des conditions telles qu'ils ne peuvent être chjmifiés; alors il faut que leur division s'effectue dans l'estomac même, ou qu'ils reviennent à la bouche se soumettre une seconde fois à l'action de l'appareil masticateur. Dans le premier cas, l'estomac est extrêmement fort et organisé pour broyer,comme cela se voit chez les oiseaux granivores, certains crustacés et beaucoup d'insectes; dans le second, il se passe un phénomène fort remarquable, connu sous le nom de rumination.

Par cet acte particulier à certains herbivores polygastriques, les matières alimentaires parvenues à l'estomac, sans avoir été su£Bsamment broyées, sont ramenées à la bouche où elles subissent une nouvelle mastication, après laquelle elles sont dégluties de nouveau et digérées. 11 diffère essentiellement, par son but et son mécanisme, du vomissement, auquel on a voulu le comparer. Le vomissement est un acte ordinairement involontaire, presque morbide, qui se produit dans l'indigestion, s'effectue irrégulièrement, convulsivement et pour dél>arrasser l'estomac des aliments qui ne peuvent être chymifiés; la rumination, au contraire, est un acte en partie volontaire, tout à fait normal et physiologique, qui s'opère régulièrement, sans convulsion, et qui ramène à la. bouche, lors de la digestion, des matières destinées à retourner ensuite à l'estomac. L'analogie que l'on a cru trouver entre ces deux phénomènes est fort vague; aussi, les auteurs qui l'ont défendue, ont-Ils été réfutés depuis longtemps par la plupart des physiologistes.

La rumination a quelquefois été désignée sous les noms de déglutition renversée, de déglutition antipéristallique.de réjeclion; mais ces expressions, ne spécifiant qu'un des actes dont elle se compose, ne sauraient remplacer la qualification qu'on lui donne généralement.

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