C. COLW. — Physiol. comp., 2* édil. I
giQche à droite i V U rommâtion alterne, qui a aussi denx Yariétés» l'one alterne régalière, Fautre alterae irrégollère. Dana Tune et Tautre de ces deux espèces, le premier moufemeot de la mâchoire, ou le mouvement initial, se fait toujours eo sens inverse de ceux qui suivent* Ainsi, quand un bœuf rumine de droite à gancbe» le premier coup de dent qu'il donne, pour chaque pelote, est dirigé de gauclw à droite. Ce fait ne m'a paru souffrir aucune exception : quelquefois cependant, el cela arrive notamment sur les jeunes animaux, le second coup de dent se fait encore dans le même sens que te premier, après quoi les autres sont en sens inverse^
La rumination unilatérale est l'espèce la plus commune. Elle s'observe chex le bœuf, le mouton, la chèvre, le bufDe, le bison, le daim, le cerf, la girafe, le cbe* treuil, l'antilope bubale. Ces animaux^ pendant un temps plus ou moins long, on quart d'heure, une demi-heure, exécutent tous leurs mouvements de droite à gauche, excepté cependant le mouvement initial ou le premier coup de dent de h mastication de chaque 1k)I« Au bout de ce temps, un peu plus, un peu moins, k rumination se suspend pendant une période dont la durée est tri»- variable; puis elle recommence^ avec la même direction, ou avec une direction opposée. De cette manière, ranimai, après avoir ruminé un certain laps de temps de droite à gauche, rumine de gauche à droite, pour revenir à la direction première, et successivement. Ce n'est donc pas ordinairement pendant une période employée i la mastication d'un certain nombre de bols que la direction des mouvements masticateurs change, c'est au commencement d'une des périodes suivantes. Cepen* dant, il n'est pas rare de voir un animal ruminer très^longiemps dans le même sens, ou bien de lui voir changer la direction des mouvements méryciques pendant une période non inlerrompue. J'ai noté celte dernière particularité sur plusieurs bœufs, et sur le bison du Jardin des plantes qui, une ibis après avoir ruminé huit à dix bols de droite à gauche, se mit subitement à ruminer en sens opposé.
Cette persistance du mouvement des mâchoires dans une direction uniforme est un fait très^remarquable indiquant que les muscles d'un côté doivent se fatiguer plus que ceux du cêté opposé, puisque les premiers n'agissent pas absolument de la même manière que les seconds. D'après cela, on conçoit bien la nécessité des changements alternatifs dans la direction de ces mouvements, et l'on a lieu de S^étonner qu'ils ne soient pas plus fréquents.
La rumination alterne est l'espèce la plus rare, bien qu'elle semble, à priori^ devoir être la plus commune.
Elle est généralement régulière dans le dromadaire qui, après avoir fait moo^ voir une première fois sa mftchoire inférieure de droite à gauche, la meut une seconde fols en sens inverse^ ou de gauche à droite, et ainsi successivement, de telle sorte que le même mouvement ne se produit pas deux fois de suite^ et que, dans la rumination de chaque pelote, le nombre des mouvements de droite à gauctie est égal an nombre de ceux qui s'opèrent en sens op))osé. Il est cependant à cet égard des exceptions. Certains dromadaires donnent six, huit et dix coups de dents d'un cAté, puis aoUint de l'autre, et ainsi de suite.
Elle est irrégttlière dans une espèce d'antilope chez laquelle les mâchoires se meuvent huit, dix, douze fois dans une direction, puis un certain nombre de fois» dans une direction inverse, et de même pour la rumination de chaque pelote. Cetle
Tiriété, très-remarquable de rdminatloD n'est peut-être pas cotastantë chei tous les indi\idus de la même espèce^ mais je l'ai obsenrée plusieurs fois sur Tantilope ono* tueuse du Sénégal que possédait, il y a quelques années, le Jardin des plantes.
J'ai aussi noté sourent une rumination alterne tr^irrégulière sur de Jeunes tnimaui de l'espèce boTinti C'est même une forme asseï ordinaire au jeune âge et qui disparaît quand les animaux approchent de l'âge adulte.
Pendant la rumination d'une pelote, le nombre des mouvements de la mâchoire, Ou, en d'autres termes, le nombre de coups de dents que donne l'animal est fort Variable suivant l'espèce I laquelle il appartient^ suivant son (ge^ son mode d'ali-* ûienlation et plusieurs circonstances fort difficiles à apprécier.
Les variations de nombre relatives au régime se comprennent facilement, il est évident qile les aliments secs, comme le foin et la paille^ etigent une mastication plus longue et plus pénible que les substances vertes, toujours plus molles. Cesi sans doute à cause de cette différence de nourriture^ qu'Âristote a prétendu que les animaux rUmineht plus en hiver qu'en été. A cet égard, la plupart des physiologistes lont d'accord. Bfuguone a même donné des chiffres pour exprimet ces différences : ainsi, il dit que pour les fourrages verts le nombre des coups de dents est de M I 33, tandis qu'il serait de U5 à 55 pour les fourrages desséchés. Tout à l'heure, on verra que si ces chiffres n'expriment pas les limites extrêmes des variations, ils donnent cependant une preuve que ces dernières sont asseï sensiblest
Les variations relatives aux ftges tiennent aussi à une cause dont l'action n'eiC pas diflBcile à expliquer. En général, les jeunes animaux, tels que les veaux de trois k six mois, un an et même plus, donnent un très-grand nombre de coups de dents pour la rumination d'un bol, attendu que leurs molaires sont moins nombreuses et moins bien disposées qu'elles ne le seront plus tard. Les animaux très-vieui ont aussi quelquefois besoin de mâcher plus longtemps les substances ruminéel^ si surtout leurs dents sont irrégolières et fortement usées i mais, ordinairement, les sujets de cet âge n'offrent pas une mastication beaucoup plus longue que celle des sujets adultes.
D'autres peuvent dépendre des inégalités dans le poids des bouffées, dans la dureté plus on moins grande des aliments, et des différences de saveur ofl^nes pai* les bols. Le tableau placé en tête de la page suivante monure qu'elles Mttt assez no* tables parmi des animaux nourris de fourrages secs.
La vilesse ou la lenteur des mouvements de la mastication mérycique parait eil rapport avec la lenteur ou la rapidité habituelle des autres mouvements de l'animale Les espèces à allures lentes, comme le bctuf, le buffle, le bison, ont une masticatioil très-lente, tandis que ceux qui sont vifs, agiles, comme les cerfs, les gazelles, lea chèvres, ont cette mastication très-rapide.
Celte vitesse varie aussi suivant les âges. Tous les jeunes animaux ruminent très-vite^ et d'autant plus, qu'ils sont plus jeunes. Les animaux adultes ou vieuxi ceux qui sont mous, affaiblis, ou un peu malades, ruminent plus lentement.
Elle n'est pas la même au commencement et à la fln de la rumination d'un bol. Lorsque l'animal commence à ruminer, et pendant les trois quarts de la durée de la mastication, la vitcs^ie est uniforme, mais sur la fin elle s'accélère beaucoup, et d'autant pins, qtic la innsiicatic^n est plus rapprochée de son terme. Ce fait constant
S60 bÈ tk fotGÊsttoN.
ne présente d*eïcéption que si Tanimal esiobligé d*avaler la pelote avant PiAsiailt où elle aurait été d^lutie, si rien n'avait troublé Ja romination.
ANIMAUX