NOIORB DES MOUVEMCIITS BES MACHOIRES POUH 10 BOLS
TOTAL
VOTEHIfE.
Bœuf (6 ans)... .
Bœuf (5 ans).. ..
Vache (15 ans) . .
Bœuf(20inoi8). .
Veau (1 an) ... .
Veau (6 mois) . . .
Bélier.
Bison,
BufQe
Dromadaire
Cerf
Biche .........
Gazelle
p^ma
Je n*ai pas remarqué que la mastication est plus rapide si Tanimal rumine des aliments tendres et sapides, au lieu de ruminer des aliments durs et peu agréables, comme la paille; néanmoins'plusieurs auteurs ont dit qu'il existait à cet égard de sensibles différences. Peut-être en est-il ainsi, mais le fait me paraît assez difficile à constater; il faudrait, pour cela, expérimenter sur le même animal auqudon ferait manger successivement, et à quelques semaines d'intervalle, du foin, de U paille et de l'herbe verie.
Le tableau suivant indique le temps nécessaire pour la rumination d'un bol, eC par conséquent la vitesse de la mastication mérycique sur un taureau d'un an, nourri au foin sec.
NOMBRE
DURÉE
NOMBRE
DURÉE
des
de
des
de
monvements des mâchoires.
la mastication.
moarcments des m&cboires.
la mastieatioo.
SecoDdes,
Secoodes.
Là mastication cVun bol, ordinairement continue, est cependant assez souvent interrompue lorsque quelque chose vient troubler l'animal ou attirer son attention. Dans ce cas, il suspend brusquement le mouvement des mâchoires, tout en conservant les aliments dans la bouche, pour continuer à les ruminer un instant après. La suspension est très -courte et très-souvent répétée, lorsque le ruminant est tourmenté par les mouches; elle est plus prolongée dans nombre d'autres circonstances.
Néanmoins, lorsque ces suspensions momentanées s'observent, la mastication, une ou plusieurs fois interrompue, n*est ni plus ni moins complète que celle qui a été continuée r^lièrement. Dans les deux cas, la moyenne des coups de dents est sensiblement la même; mais si, après que la mastication d'un bol a été suspendue momentanément, ranimai se trouve dans rimpossibilité de la continuer, il fait quelques mouvements très-rapides de déglutition pour envoyer à l'estomac ce qu'il avait conservé un certain temps dans la bouche : c'est ce qu'on observe fréquemment sur les bœufs qui conduisent la charrue ou qui sont employés aux transports.
3" Insalivation mérycique.
M. Flourens avait remarqué, dans ses expériences^ qu'il descend vers restomac, pendant les intervalles du repas et de la rumination, des quantités considérables de salife; de plns^ il avait vu que, dès que cette salive n'arrive pas à sa destination, les matières contenues dans l'estomac se dessèchent et ne peuvent plus dtre ruminées. Ces observations sont très-exactes. J'ai établi deux fistules parolidiennes à de grands ruminants, de manière à laisser seulement la salive des maxillaires, des sublinguales et des autres glandules, suivre son cours ordinaire. Ces animaux ont continué, dans les deux ou trois premiers jours, à bien manger; mais, dès les premiers moments, les périodes de rumination étaient courtes et ne se reproduisaient qu'à de rares intervalles ; bientôt la fonction s'exécutait avec peine : envoyait l'animal faire de violents efforts du côté de l'abdomen pour aider à la réjeclion; les matières alimentaires remontaient lentement l'œsophage, et il s'écoulait un temps de plus en plus long entre la descente d'un bol et le retour d'un bol nouvesru; enfin, dès le troisième jour, malgré des efforts violents, la rumination devenait impossible. A l'autopsie, je trouvai le foin desséché dans la panse et dans le feuillet; il était tellement tassé et durci, qu'il formait des masses moulées dans les divers compartiments gastriques.
Ainsi, il suffit que la salive des parotides seulement ne coule plus dans la bouche pour que les animaux, bien qu'ils reçoivent de Teau à discrétion, finissent bientôt par se trouver dans l'impossibilité de ruminer. On conçoit, d'après cela, l'utilité de ce courant continu de salive qui se dirige vers l'estomac, lors de l'abstinence.
L'insalivation des matières ramenées à la bouche exige encore un travail considérable de la part des glandes salivaires. Elle a ceci de très-remarquable, comme nous l'avons vu déjà, qu'elle s'effectue principalement par les parotides qui versent sur les aliments jusqu'à 900 grammes de salive en un quart d'heure : alors les maxillaires, dont la sécrétion était si abondante pendant le repas, sont inactives oa ue venent que des quantités fort minimes de liquide*
669 I>£ ^^ OlfiBSTION.
La salive sécrétée lors de la deui^ième mastication od celle qui Qfmle ptnte TabsiineDce ne sert pas seulement à la rumination, elle a encore noe autre dn* tination que nous rechercherons plus tard. Notons ici que la salife de l'ahui* nence n*arrive pas entièrement au réseau et au vestibule cardiaque du rumen ; ëk soit en partie le demi-canal cesophagien et arrive directement dans le feuillet : c'ci elle qui rend la face interne des lèvres de la gouttière toii^ours humide et n queuse. Il est fecile de s'assurer de ces faits sur Tanimal Tirant, par les piOfUi précéd^imnept indiquén,
40 Déglutition ipérycique.
Pendant la seconde mastication, les aliments, réduits en une bouillie fine, soit imprégnés d*une énorme quantité de liquide qui rend leur déglutiiioa définilîre trè^facile : aussi cette dernière s*opère*t-relle avec une grande rapidité.
Cette seconde déglutition a-t-elle lieu en une seule fois ou à plusieurs repriief ?
Lorsqu'on examine un animal qui rumine, on remarque, immédiatement apr» l'arrivée d'un bol à la bouche, qu'il se passe, sur le trajet de l'oesophage, un luoovement d'ondulation analogue à celui qui accompagne ce bol lors de sa descenie vers l'estomac; mais ce mouvement est si laible, qu'il est parfois inappttoaUe; cependant il est généralement visible et susceptible d*ôtre senti par la main ; de ploi, si l'on porte l'oreille sur le trajet de l'œsophage, on entend très^disiieccemeat passer des ondées de liquide. Ce n'est donc pas une partie de la pelote qui etf renvoyée à ce premier moment , puisqu'elle n'a pas encore subi sa nouvelle trituration.
Au bout de quelques instants, alors que l'animal a donqé dix, quinie, vingt ooapi de dents au plus, un nouveau mouvement d'ondulation se fait remarquer, leqMl peut être suivi, après un certain temps, d'un second et môme d'un troisième non* vement semblable au premier. Cette fois, l'ondulation est-^Ue l'indice d'une dégln* tition partielle d'aliments très-divisés ou bien d'une nouvelle d^lutition de liquide? L'auscultation semble indiquer que ce n'est ni l'une ni l'autre. £n effet, l'oreille, appliquée sur le trajet de l'œsophage pendant le temps qui sépare l'arrivée d'oa bol dans la cavité buccale de son retour à l'estomac, perçoit un bruit plus ou moias fort, accompagné d'une dilatation de l'cesopbage. Ce bruit, comparable k une ériM)tation, est d'abord ascendant, puis il redescend assez brusquement 11 est probable ment dû à des gaz et peut-être à des liquides qui s'engagent dans l'œsoph^et sont repoussés vers l'estomac dès qu'ils arrivent vers le pharynx. Quoi qu'il en soit, ces mouvements se produisent toujours, chez le bœuf, dans le temps qui sépare Y» cension d'une pelote de sa déglutition i ils se remar<|uent aussi chez les autres romi* nants et notamment les cerfs; dans tous les cas, ils ne coïncident nullement avec des interruptions de la mastication n>érycique :celle*ci continue toujours avec l> même rapidité pendant qu'ils s'effectuent.
Quant à la déglutition, proprement dite, du bol ruminé, elle s'opère comme la première et avec une grande rapidité, aussitôt que la mastication est acbevéa €bes Quelques animaux, elle est accompagnée d'un bruit de glou-glou assez prononcé, semblable à celui qui se fait entendre plus souvent encore lurs de la réjectioa*
Presque «iwsitôt apris qu'oo a tu descendre le bol dans Tcesophage» on aperçoit vu bol nouveau qui ren)onte vers la bouche avec une extrême rapidité, de sorte que le temps écoulé entre la déglutition du premier et la réjection du suivjint est égal à quelques secondes. J*ai cherché un assez grand nombre de fois à le déterminer exactement, et j'ai pu voir qu'en moyenne il est de quatre h cinq seconde.
£t cependant il faut que, dans ce court espace, le bol ruminé descende de la bouche à l'estomac, puis qu'un bol nouveau se forme, soit saisi et parcoure encore tout le trajet de l'œsophage. Il suffit donc à peu près' d'une seconde et demie pour chacune de ces trois opérations successives : descente du bol ruminé, formation d'une pelote nouvelle, ascension de cette dernière jusqu'à la cavité buccale.
Cette vitesse presque électrique que possèdent les matières alimentaires dans leurs pérégrinations méryciques s'explique en |)artie par la grande dilatabilité de l'œsophage des ruminants, et par l'état de dilution dans lequel se trouvent les ali-> meols; car, sans cette dernière circonstance, il serait bien difficile de comprendre que la pelote pût se mouvoir avec tant de rapidité, Or, je crois avoir démontré, par l'auscultation œsophagienne, que les aliments ramenés k la bouche sont accompagnés d'une certaine quantité d'eau. Il en est de même de ceux qui descendent et qui produisent aussi un bruit de liquide particulier un peu diflërent du premier. L'eau qui circule ainsi avec les aliments doit faciliter beaucoup leur progression qui| sans cela, eût été pénible et lente.
5° Conditions de la rumination et physionomie de l'animal qui rumina,
La rumination ne peut s'établir ni se continuer que si l'estomac contient une grande quantité d'aliments. Dès l'instant que les réservoirs gastriques ne sont plus suffisamment distendus et lestés, la fonciion devient impossible ; les parois stomacales sont flasques et sans ressort, les muscles abdominaux ne peuvent plus s'aiïaisser assez pour servir d'auxiliaires efficaces à la réjection du bol; en un mot, l'animal est exposé à mourir de faim, si une nouvelle dose d'aliments ne vient s'ajouter à I? première qui reste en dépôt. Cet état de plénitude des réservoirs gastriques est donc la première des conditions qui rendent la rumination possible.
Mais si la pansa doit être modérément remplie pour que l'animal puisse ruminer, il ne faut pas qu'elle soit trop distendue, ni surchargée. Dans ce dernier cas, ses parois, aiïaiblies et plus ou moins paralysées, par le fuit de leur tension, ne peuvent plus suffisamment réagir sur les aliments^ et l'animal éprouve, pour ruminer, peut-être plus de difficulté que dans les circonstances opposées.
Il faut ensuite que les aliments soient suffisamment détrempés dans la région du vestibule cardiaque. Ils peuvent former supérieurement une masse dure, peu dépressible, qui résiste fortement à la pression de la main appliquée sur le flanc ; leur réjection demeure possible tant qu'il y a une notable quantité d'eau dans le réseau et dans la zone marécageusje de la panse, car c*est par cette eau que la masse est peu à peu attaquée dans ses parties inférieures.
Aussitôt que le ruminant a mangé le fourrage qu'on lui a donné, si sa faim n'est pas apaisée ou s'il attend encore quelque chose, il s'agite, regarde autour de |ui|.
è64 Dfi LA DIGESTION.
tourne la tête dans toutes lesi directions, et ne se décide à ruminer qu*après vrmt obtenu tout ce qu'il pouvait espérer. De même, il ne rumine pas avant de s*étre abreuvé, à moins que son repas n'ait été composé de fourrages verts ou de racines aqueuses. Ramené à Tétable, il reste ordinairement un certain temps debout, ramasse les brins de fourrage qui restent dans le râtelier ou qui sont tombés sur 5a litière» flaire ses voisins et finit par se coucher.
La position qu'il prend en se couchant est à peu près toujours la même : c'est le décubitus commun à tous les ruminants, ou celui dans lequel le corps, légèrement penché d'un côté, repose autant sur là poitrine que sur le ventre, les membres antérieurs étant fléchis et repliés sous le poitrail, les postérieurs portés en avant et dégagés en partie de dessous l'abdomen. Certains d'entre eux se couchent plus souvent sur un côté que sur l'autre; mais l'imitation ne paraît pas avoir d*iDfluence sur cette habitude, car on voit des animaux, voisins dans uneétaUe, se coucher tantôt en se tournant l'un vers l'autre, tantôt^ au contraire, en se tournant le dos. D*après ce fait, on est porté à penser que la rumination n'est pas plus facile quand l'animal est couché sur le côté droit que quand il repose sur le côté gauche, en comprimant plus fortement le rumen.
A peine le ruminant est-il couché qu'il pousse des soupirs et éprouve des éructations plus ou moins bruyantes ; parfois même il parait très-gêné et presque malade, mais bientôt le malaise apparent se dissipe, et la rumination s'établit.
Si l'animal est à l'écurie ou dans un lieu écarté, il reste en repos et rumine sans interruption, une demi-heure, une heure et plus, puis il fait une pause plus ou moins prolongée, et bientôt il recommence à ruminer pendant un temps variable, au bout duquel se renouvelle une suspension momentanée, et ainsi de suite. Enfin, il arrive un moment où la fatigue s'empare du ruminant : il promène la langue sur les lèvres, la fait pénétrer dans les naseaux, étend la tête en l'appuyant sur le sol, ou bien la replie de côté pour la porter vers la poitrine et s'endormir. Si, au coutraire, il n'est pas fatigué, ou s'il n'a pas suffisamment ruminé, il se relève, porte les regards en différents sens, reste un certain temps comme dans une vague inquiétude, et se remet à ruminer, soit debout, soit après s'être recouché.
S'il est au pâturage, il se dirige de préférence vers les arbres, près des haies, pour y trouver de l'ombre et de la fraîcheur, ou bien il reste indifféremment dans le premier endroit venu quand la chaleur n'est pas forte. Là, aussi bien qu'à retable, il se couche très-souvent, et porte la tête alternativement à droite et à gauche pour s'assurer qu'il n'a rien à craindre et qu'aucun ennemi ne vient troubler sa tranquillité. 11 donne des coups de tête dans tous les sens pour se débarrasser des mouches, sans pour cela cesser de ruminer. Toutefois, dans ce cas, la mastication de chaque pelote est comme saccadée et entrecoupée d'un trèsgrand nombre de temps d'arrêt
S'il est attelé à la charrue ou à une voiture peu chargée, s'il marche lentement et n'est pas obligé k des efforts bien considérables, il se met aussi quelquefois à ruminer, ainsi que Girard en a fait la remarque. -J'ai vu aussi un grand nombre de Ibis des bœufs qui ruminaient en labourant, mais c'étaient des animaux très-forts et habitués aux travaux pénibles. Ceux qui sont jeunes, ou trop faibles, ou faiîguéSy ne nuninent jamais dans ces circonstances. Du reste, aussitôt que les bœufs
employés au labour sont arrêtés au bout du sillon, ils se mettent à ruminer, pour peu que leur repos dure quelques instants, et Ils cessent en reprenant leur marche. Enfin, quel que soit leur état, les animaui qui ruminent paraissent éprouver un sentiment de bien-être et de tranquillité tout particulier ; mais la moindre cause vient momentanément troubler cette situation.
6<^ Cautei qui suspendent la rumination ou qui l'empdchent de s'établir.
Les animaux ruminants sont en général, comme on le sait, très-timides et trèsfaciles à effrayer : aussi les causes les plus légères sont-elles susceptibles de troubler leur rumination.
Dès rinslant que quelque chose attire l'attention de l'animal, il cesse brusquement de ruminer : s'il est couché, il se relève; s'il est debout, il tue l'objet qui l'effraie et bientôt se met en fuite ; le moindre bruit, la chute d'un corps, la vue d'un objet auquel il n'est pas accoutumé suffisent pour cela. Mais tous les animaux de cet ordre ne sont pas également impressionnables, tous ne sont pas timides au même degré. Les ruminants sauvages, tels que les cerfs, les antilopes, les gazelles, qui se sont familiarisés avec le bruit et la présence de l'homme, sont encore infiniment plus impressionnables que nos ruminants domestiques. Cependant il en est quelques-uns qui restent presque impassibles au milieu des circonstances qui mettraient en émoi les plus timides. Ainsi nous avons tous vu, à l'École d'Alfort, un dromadaire qui ruminait, quoique entouré et inquiété par une foule de spectateurs.
Parmi les nombreuses causes qui amènent la suspension de la rumination, se pla* cent en première ligne les maladies qui débutent, même les plus légères. Les anciens en avaient fait la remarque, et Columelle l'exprime en disant qu'un animal est malade toutes les fois que la rumination est suspendue. Sous ce rapport, cette fonction est bien un moyen de précision, une sorte d'instrument qui donne, comme le iait le thermomètre pour la température, des indications plus ou moins exactes sur l'état de l'animal, bien qu'elles soient quelquefois trompeuses. L'excès d'aliments, la présence des gaz dans l'estomac, l'ingestion de plantes vénéneuses ou narcotiques sont encore des causes susceptibles de suspendre plus ou moins longtemps la rumination. Il en est une foule d'autres dont l'action n'est généralement que momentanée : les marches forcées, l'extrême fatigue, le travail auquel on soumet les jeunes animaux, les époques du rut ou des chaleurs pour les femelles, l'inquiétude qu'éprouvent les mères séparées de leurs petits, les souffrances de toute espèce, les opérations chirurgicales, etc.
Quelles que soient, du reste, les causes qui amènent la suspension de la rumination, cette suspension, dès qu'elle s'est prolongée un certain temps, devient ellemême un obstacle au rétablissement de la fonction. Les aliments de l'estomac se tassent, se dessèchent et se durcissent surtout dans les parties supérieures et lea culs-desacde la panse; ceux du feuillet forment des tablettes dont les lames du réservoir ne peuvent plus se débarrasser qu'avec difficulté ; la mu(|ueu9e des preniieB& estomacs, quoique peu sensible, finit par s'irriter; la membrane charnue
%%% DE {^ DIQSSTION.
perd son ressort par le fait de sa propre ioerlie, de sorte qu'en défioitiTe. la dés^ obstruction du viscère ne peut, par la suiie, s'eUectuer qu'avec peine et une ei^treme lenteur,