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chiens auxquels ces tissus seraient donnés simultanément. Celles que je résume dam le tableau ci-dessus donnent un premier aperçu à ce sujet. D'autres montrent qoe les substances végétales sont digérées par les carnivores de même que les substances animales. Tiedemann et Groelin ont vu qu'au bout de quatre heures l'amidsi cuit, pris par un chien en grande quantité, avait été en majeure partie chymifié. Après cinq heures, cette substance, qu'un autre chien avait prise en plus ùJkk proportion, ne se colorait plus en bleu par l'iode et se trouvait « changée en sucre et en gomme d'amidon », résultat remarquable qui tend à prouver que la transformation de la fécule en sucre s'opère dans l'estomac, Bidder et Schmidt ont codstaté que cette conversion était plus lente sur le chien que sur Thorame, et le fait m'a paru exact sur divers chiens à fistule gastrique. Au bout de quatre heures, le pain qu'un chat avait mangé avec du lait était ramolli à la surface, mais n'araît éprouvé presque aucune altération à l'intérieur ; cet aliment était pourtant en grande partie ramolli et dissous, chez un chien, deux heures et demie après le repas^ Enfin, après un séjour de cinq heures dans l'estomac, le riz cuit était en partie a ramolli et en partie liquéfié »; les morceaux de pommes de terre, pulpeax à la surface^ n'avaient pas subi d'altération bien appréciable à leur centre.
Quelques-unes de ces substances semblent pourtant, chez les carnassiers, réfractaires à l'action de l'estomac : telle l'herbe des prés, que le chien mange quelquefois en quantité notable; tels la paille, le foin qu'il prend avec les aliments jetés sur la litière. Ces matières, quand le vomissement ne les rejette pas, se retrouvent souvent dans le viscère après plusieurs semaines, et s'il en passe des brins dans l'intestin, ib peuvent tomber dans les parties herniées. Là, cependant, les substances végétales sont dépouillées de leurs principes solubles; la trame cellulaire seule résiste, comme elle le fait d'ailleurs chez les herbivores.
A mesure que le suc gastrique délaye l'aliment et en fluidifie une certaine proportion, la partie ramollie, diffluente ou dissoute, est poussée dans l'intestin par les contractions péristalliques du viscère; elle laisse, par conséquent, les parties non digérées en contact immédiat avec le fluide dissolvant qui les modifie insensiblement et les prépare à être chassées à leur tour. Lorsque la digestion est achevée, s'il reste quelques débris réfractaires de l'aliment dans l'estomac, ils y prolongent leur séjour ou sont rejetés, soit par le vomissement, soit par la voie de l'intestin. Le pylore les laisse passer, s'ils sont de petites dimensions, et même peu de temps après que l'estomac s'est affaissé. Spallanzani a vu que .cet orifice n'arrêtait pas toujours les petits tubes qu'il faisait avaler aux chiens^ et finissait quelquefois par livrer passage à des tubes assez volumineux. Il donne même souvent issue à des fragments d'os irréguliers, comme Boerhaave et Pozzi l'avaient autrefois constaté. J'ai trouvé, sur un chien, un fragment de ce genre, dont le grand diamètre avait près d'un centimètre et demi, fragment chassé dans le gros intestin avant que la couche fibro-cartilagîueuse qui recouvrait l'une de ces facettes eût été dissoute. Le pylore finit aussi par livrer passage aux parties molles^ aux débris de tendons, de ligaments et de membranes qui ont résisté aux forces digestives, comme le prouve l'exemple rapporté par Haller (1).
(1) Hennannii Boerhaavii Prœleciiones academicœ in proprias institutiones rei medicœ. Gôttingen, 1739-<1744.
La digestion gastrique, si elle est assez lente chez les carnivores^ s'y effectue, pour ainsi dire, par la seule intervention du suc dissolvant Les aliments ont été à peine divisés et traversés de quelques coups de dénis, car on sait que le cbien avale sans les mâcher des morceaux de chair énormes. Ces aliments . n'ont pas été sensiblement imprégnés de salive; leur surface a été enduite de mucosités pour en faciliter la déglutition; enûn, ils ne sont point habituellement baignés de liquides, car ces animaux boivent très-peu. Mais une fois la chymification opérée, les phénomènes essentiels du travail digestif sont accomplis; les principes azotés, la fibrine, Talbumine, etc.^ sont aptes à être absorbés dès qu'ils arrivent dans l'intestin. Il n'en sera point de même, à beaucoup près, pour les animaux herbivores chez lesquels nous verrons l'aliment, sorti de l'estomac, éprouver de profondes élaborations daqs les diverses parties d'un immense intestin.
La digestion des boissons, ou, si l'on veut, leur passage de l'estomac à l'intestin, se fait bien plus lentement chez les carnivores que chez les herbivores monc^aslriques. Ainsi, un premier chien à jeun, auquel j'avais fait avaler 60 grammes d'eau tenant en dissolution un peu de cyanure de fer, avait encore, au bout d'une demiheure, la plus grande partie du liquide dans l'estomac, mais une petite quantité s'en était répandue déjà dans toute la longueur de l'intestin grêle cl même dans le côlon; sur un autre, également à jeun, l'eau était encore, au bout d^une heure, en grande partie dans l'estomac, sauf quelques faibles portions déjà versées dans la moitié antérieure de l'intestin grêle. Lorsque ces liquides ont été injectés par l'oesophage, comme dans les expériences de toxicologie, ils sortent moins vite encore, car les contractions antipéristaltiques de l'estomac tendent à les retenir dans le viscère, même à y ramener ceux qui ont pu franchir le pylore. Ainsi, par exemple, dans une expérience de ce genre, 400 grammes d'eau chargée d'iodure de. potassium^ se retrouvaient au bout de deux heures presque intégralement dans le ventricule; le duodénum seul en avait reçu quelques minces filets, et non les portions suivantes qui étaient fortement resserrées ; du reste, sur les animaux à jeun, les liquides ingérés ne passent que fort lentement dans l'intestin grêle et leur absorption en est très-retardée, particularité dont il faut se souvenir en thérapeutique. S'ils sont en très-petite quantité, ils séjournent dans le sac gauche et non dans le droit, comme chez les soli|)èdes.
Chez les omnivores nourris de viande, la digestion gastrique offre une physionomie analogue à celle des carnassiers; elle y est aussi très-lente, mais moins complète. Un porc auquel j'avais donné 1 kilogramme de viande crue, en conservait encore 600 grammes au bout de six heures, et il en avait dans l'intestin grêle des morceaux de 1 à 2 centimètres de longueur au milieu de la pulpe. Un autre qui en avait reçu 3 kilogrammes avec un litre d'eau, n'en avait digéré que 300 dans la même période de six heures. Les 2700 qui restaient nageaient au milieu de 8 dédUtres d'eau ou de bouillie très-claire. Si le porc reçoit de très-fortes rations de viande, il la digère fort mal, et par conséquent n'en tire que peu de profit.
Il ne se développe pas habituellement, pendant la digestion gastrique des carnivoreSy d'iofusoires analogues à ceux de l'estomac de divers autres animaux, cependant on y voit fréquemment des bactéries et des monades. J'en ai trouvé, par exemple, trois heures après un repas composé de pain, de haricots et de viande cuite,
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L'insalivation, qui jouait un faible rôle chez les carnissiers, est ici, comiK li mastication, d'une importance majeure. Elle hydrate l'aliment sec ; elle traiiCK parties solubles par une masse d'eau égale ï quatre fois le poids total de Talinsi: puis elle rend soiuble, en la convertissant en dexlrine et eu sucre, une masse éDora de fécule, !tli centièmes dans le foin, le sucre compris, et 61 centièmes dans l'itoiBr elle commence celte transformation dans la bouche, la continue dans l'estomic t l'achève très-activement dans l'intestin.
En raison de la très^rande utilité de ces actes préparatoires, masiîcalion et iaslivaiion, il y a tout avantage à ne point chercher è réduire la durée des repas. U digestion se fait d'autant micu:ï, chez les solipëdcs, que la manducation est plt lente. Aussi le cheval pniGic-t-il beaucoup plus de la paille jetée dans son liiéx: que de celle qu'on associe auic autres aliments ; il la mange avec noDchalance, l'iisalive parfaitement, en trie les parties fines, les sommités des tiges, les épis ava quelques grains, les hcrhes adventices, et, à cause de cette lenteur de la inaDdiKition, l'aliment arrive^en petites quantités h la fois dans l'estomac, y fait dd séjov suffisant, sans le dilater outre mesure ni le surcharger.
Les aliments qui arrivent ii l'estomac après avoir été bien divisés et împrÉ$Déi de salive sont déposés à la petite courbure. Ils jxiussent devant eux, du côlé de ii grande, tantà droite qu'il gauche, ceux qui les ont précédés. Comme le viscère es peu ample, d'une capacité moyenne de 15 â 18 litres, il ne peut admettre Mtct qui est consommé eu un re|;as. Lorsque le cheval mange en un repas de dm heures 5 kilogrammes de foin représentant la moitié de la ration diume, il lei ioprègne de vin'gt litres de salive, qui donnent, par conséquent, une masse da poids de 25 kilc^rammcs capable d'occuper un espace de 28 à 30 décimètres cubes. Or, pendant ce repas, l'estomac a de quoi se remplir trois fois; car, dans les condition physiologiques, pour bien fonctionner, il ne se distend qu'aux deux tiers de s» capacité maximum, soit dix litres; conséquemment, lorsque après ce laps de deu i trois bcures, le cheval finit son repas, l'estomac a dû ^ vider deux foisponro»-
server le tiers de la ration. Les deux premières fournées n*ont donc pu séjourner qu*uiie heure, à peu près, dans le réservoir gastrique ; la dernière seule a, pour passer dans l'intesiitt, tout le temps qui s*écoule entre les deux repas. En vingt-quatre heures, ces deux repas donnent, comme on le voit, 50 kilogrammes de matières pouvant remplir cinq à six fois Teslomac.
Si ce cheval entièrement nourri de foin est soumis à un service qui exige un supplément de ration de 5 kilogrammes, c'est bien autre chose : la durée de ses deux repas s*élcve è six, sept heures et plus ; il doit fournir 60 kilogrammes de salive au lieu de UO ; Testomac a de quoi se remplir neuf fois au lieu de six ; partant ranimai ne peut manquer de ()rendre un ventre énorme, de devenir mou ; il ne peut que faire le travail lent d'une ferme.
Mais si, au contraire, la ration supplémentaire du cheval qui travaille lui est donnée en avoine, la substitution a pour conséquence de réduire la durée du repas, la somme de salive, le volume de la masse introduite dans le tube digestif; par suite, les aliments séjournent plus longtemps dans Testomac et y éprouvent une élaboration plus complète.
Ainsi le cheval qui reçoit, au lieu de 15 kilogrammes de foin, 7500 grammes de fourrage et 3500 gram. d*avoine remplaçante foin supprimé, fera des repas dont la durée sera abrégée de trois heures, économisera 26 kilogrammes de salive, et son estomac aura trois fournées de moins à recevoir.
La diflêrence serait plus marquée si le foin était entièrement remplacé par l'a* voine, 12 kilogrammes du premier par 6 kilogrammes et demi de la seconde. La ration de foin pèserait avec sa salive 60 kilogrammes, et pourrait remplir sept fois et demie Vestomac; la ration équivalente d*avoioe insalivée n'en pèserait que 13 et remplirait seulement une fois et demie Testomac; elle pourrait, par conséquent, y séjourner cinq fois autant que son équivalent de foin.
La faible capacité gastrique a donc pour résultat forcé de réduire la durée de la chymiûcation en raison directe du volume des aliments; elle abrège de beaucoup la digestion des fourrages, mais elle permet aux grains de séjourner dans Testomac cinq fois plus que ces derniers. Cette inégalité du séjour des aliments dans le viscère est justifiée par les différences de composition qui existent entre les fourrages et les grains.
En effet, le cbevai, qui se nourrit de foin de prairie, trouve dans cet aliment l\U centièmes d'amidon, de sucre ou d'autres substances analogues, lesquelles ont été. modifiées par l'action de la salive et seront, en grande partie, transformées dans l'intestin ; puis U centièmes de matières grasses, dont la digestion s'opérera également dans le tube intestinal; enfin 7 centièmes d'albumine, de légamine ou de caséine, de plus des sels et des principes insolubles. Or, ces 7 centièmes de matières azotées sont les seules qiii aient besoin d'éprouver l'action du suc gastrique. Par ce que nous savons sur la manière dont ce liquide modifie les substances albuminoîdes, en les attaquant, couche par couche, de l'extérieur à l'intérieur, il est facile de concevoir qu'il opérera sans peine la dilution de ces mêmes matières, puisqu'elles sont en quantités minimes, très- divisées, éparpillées, réduites, si je puis ainsi dire, à l'état moléculaire au milieu d'une masse qui a subi une trituration complète. De même le cbevai, nourri de luzerne verte, trouve dans ce fourrage 9 centièmes
G. COUH. — Physiol. comp., 2® édit. i. — à7
et des quantités prodigieuses, en été, sar des chiens qui avaient mangé de k iMàt faisandée : les bactéries étaient longues et analogues Si cdles du sang charbonnen
Ainsi, les actions digestifes les plus importantes chez les carnassiers se dans l'estomac. Cet organe, d'une grande capacité et d*une ?aste surface, l'aliment, par toute l'étendue de sa muqueuse, une grande quantité de soc gastrique. Son orifice pyloriquë, étroit et dans une constriction presque complélp retient longtemps les matières alimentaires et ne les laisse passer qu'après une dissolution plus ou moins parfaite. L'estomac du Carnivore, Investi d'une telle préé» nence, devient encore le siège d'une absorption très-active et jouit d'une seosibiiifet * remarquable que prouvent assez les vomissements provoqués avec tant de fadiili par les aliments indigestes, les corps étrangers on les substances irritantes.
m. — DlGESnOff 6ASTRI0UC DSS SOLIPfcDES.
Il suffit de jeter un coup dVil sur la disposition générale de l'appareil dîiçatZ de? solipèdes, pour voir que tes phénomènes si nombreux des fimctions qa'il renplit doivent offrir des modifications profondes, plus difficiles h analyser que cello qui caractérisent la digestion des camas^ers.
La simplicité et la petitesse de l'estomac de ces animaux, Ténorme dévdoppe* ment de leur caecum, la vaste capacité de leur clSkm t)osselé et pourvu de bocdbreux replis valvulaires, sont des particularités qui se retrouvent, avee quelquei variantes, chez plusieurs autres herbivores. Parmi les pachydermes, l'éléphant s'éloigne peu de ce type ; et parmi les rongeurs, le lièvre et le lapin, avec leur esn»mac uniloculaire, leur caecum monstrueux, pourvu de glandes et d'une valvule spéciale, 'leur cAlon bosselé et parcouru par des bandes longitudinales; enfin, fa marmotte et le cochon d'Inde, dont le tube gastro»inteslinal est construit sur ub plan analogue, peuvent être considérés comme formant un groupe très-naturH sous le rapport physiologique. L'identité de régime, l'uniformité de stmctare de l'appareil digestif, doivent inévitablement entraîner une similitude fonctionnelle que les recherches des expérimentateurs peuvent démontrer. .
La digestion des solipèdes tire sa physionomie : 1® de la lenteur de la mandncation; S** de la rapidité du travail de l'estomac effectué, en grande partie et d'une manière à peu près continue, pendant le repas; 3^ de la rapidité du passage des liquides dans l'intestin et de leur dépôt dans le réservoir caecal ; k^ enfin du durassèment et de la forme pelotonnée des résidus alimentaires dans les parties postérieures du gros intestin.
La mastication, qui était presque insignifiante chez les carnivores, où elle n'avait guère' pour but que de fractionner la proie et d'en rendre les parties aptes à être dégluties, devient ici, comme pour tous les herbivores, un acte de pr«nière importance. L'herbo, le foin, la paille, le grain, ne peuvent se digérer qu'après une division, une trituration très-complète. C'est qu'en effet chaque partie du végétal a une enveloppe épidermique qui n'est point endosmotique, et qui rend inaccessibles aux sucs digestifs les parties soiuMes. Cette enveloppe qui, pendant la vie, protège les parties contre l'action de l'humidité et des divers agents atmos*
phériqties, «mpêehe la Mlîfe, le sue gtstrique d'arriver aux fibres, aux ceUales, aux méats où se trouvent emprisonnées les substance9 nutritives^ L*accès de ces matières solubJaa, légumine, gluten, amidon, ^cre, etc., est rendu difficile par l'incrustation du ligneux, de la cellulose, dans les parois utriculaires ou fibreuses. Si toutes les parties végétales ne sont fractionnées, fissnréss, percées dans tous les sens, les sucs dissolvants ne peuvent' parvenir aux matières nutritives, ni les dégager de leur gangue : ausii quand le carnassier avale Tberbe ou les grains, il les rend indigérés. L'berbivore ne les digère pas sensiblement, si ses mâchoires ne sont plus aptes an broiement, ou si les grains, par leur petitesse, échappent à Taction de ces organes. Alors, au microscope, les petites parties végétales se voient intactes, et la graine est s( peu akérée, qu'elle n*a point perdu, en traversant le tube intestinal, sa faculté germinative. .
Cette mastication, si nécessaire à Therbivore, est lente et parfaite chez les soli* pèdes. Leurs molaires & larges tables, hérissées de saillies transvers@« broient parfaitement, mais en définitive moins bien que chez les rongeurs et chez les ruminants lors de la trituration méryciquc. Quoiqu'elles aient une puissance énorme, elles broient peu d'aliments en un temps donné.
Le cheval ne peut, d'ordinaire, manger 2500 grammes de foin en moins d'une benre, et il ne les mange souvent qu'en une heure et demie, et même en deux, si ses dents sont unies ou irrégulières. Il lui faut, au minimum, vingt minutes, terme moyen trente minutes et quelquefois une heure, pour manger la même* quantité d'avoine. Il fait de cette quantité de foin 200 bols, et de UO à 90 bols d'avoine. Les bols de foin chargés de U équivalents en poids de salive pèsent 12 500 ; les bols d'avoine chargés de l'équivalent et quart de ce liquide pèsent environ 5400 grammes.
C'est à cause de l'importance de la mastication des fourrages qu'on a cherché à faciliter cet acte souvent imparfait par une division préalable, opérée à l'aide du bache-paille, du concasseur et d'autres instruments; mais cette division préliminaire n'a pas d'effets sensibles chez les animaux adultes dont le système dentaire fonctionne régulièrement; et elle est insuffisante pour ceux dont les dents sont lisses, irrégulières ou usées. Il résulte d'expériences (1) que j'ai faites, il y a quelques années, que le hachage des fourrage;, le concassage, l'aplatissement des grains, n'ont pas d'influence bien sensible sur leur digestion, chez les chevaux, dans les conditions ordinaires. Ces opérations coupent les tiges on brisent les grains en parcelles dont le volume est énorme relativement à celui des parcelles qui résultent de la mastication; elles ne peuvent briser irrégulièrement, perforer, fissurer, réduire en fragments ténus comme le font les dents; conséqnemment elles ne sont que des préparations à peu près inutiles toutes les fois que l'appareil masticateur fonctionne bien. Aussi, que le fourrage soit intact ou préalablement haché, que l'avoine n'ait subi aucune préparation ou qu'elle ail été aplatie, concassée, l'animal, comme le montre le tableau suivant, met à peu près le même temps à les manger; il les imprègne d'une égale quantité de salive, en fait le même nombre de bols, et ultérieurement les digère avec la même perfection.
(1) G. Colin, Études expérimentales sur lés effets et le degré d*util»té de la division et du mélange des aliments, mémoire adressé à la Société d'agriculture le 8 janvier 1862, inséré en partia danilê Hecueil de méd, vétérin.^ 1864, p. 27i, â4S; et 1865, p. 272.
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