‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 4)Chapitre 161 sur 191 · Î.TOO · texte numérisé non relu

Î.TOO

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niais, pendant la digesiioii de l'avoine, bien que l'c^loiiiac retienne une giande

7&6 I)K Là DIGESTION.

quantité de chyme, il en verse ane proportion assez notable dans TintesUn qui est remplacée par des masses de suc gastrique et de saliva En eiïet, les quantités de liquides ajoutées au chyme se sont trouvées de 3560, de 26^9 grammes après deux heures; de 1089 et, de i9li2 grammes après quatre heures; de 2395 après six heures. C*cst en raison de Tabondance des sécrétions salivaire et gastrique, provoquées par l'avoine, que ce grainse digère sans boisson, et qu'il subit des élaborations plus complètes que le foin.

Abstraction faite des différences individuelles, qui sont considérables sur le cheval comme sur les autres animaux, la digestion gastrique du foin ou de l'avoine a deux périodes distinctes. Dans celle du début, qui coïncide avec le repas, Talîmentest peu élaboré ; il passe en grande quantité dans l'intestin pour faire place à ce qoi est ingéré ultérieurement. Dans la seconde, commençant une fois que le repaya cessé, la chymiûcation est beaucoup plus complète, le déversement du chyme dans l'intestin se ralentit de plus en plus en l'absence de l'impulsion que donneraient les nouvelles quantités ingérées ; il n'a plus lieu que par le fait des lentes contracdoos de l'estomac. Et pendant cette seconde période il s'ajoute au chyme de grandes quantités de salive et de suc gastrique qui peuvent le délayer, le rendre diffloeot

Dans les conditions normales, la digestion gastrique doit être plus rapide à sa seconde période que dans celles où nous avons* placé nos animaux d'expérience, car le nouveau repas qui se fait avant que la digestion du précédent soit termioée, chasse dans l'intestin le reste de ce dernier. Il en résulte que la chymification devient d'autant moins parfaite que les repas se succèdent à de plus courts intervalles. Si, par exemple, le cheval est entièrement nourri de foin, les 2500 grammes que noos donnons représentant le quart de la ration d'avoine, il y aura quatre repas semblables en douze à quinze heures, dont trois devront être digérés dans ce laps de temps; le dernier seulement aura neuf à douze heures pour l'être plus complètement

On conçoit que le travail de la digestion sera d'auumt plus parfait, que les repas seront plus fractionnés et plus régulièrement échelonnés, et, d'autre part, qœ le temps d'inaction qui suivra chacun d'eux sera mieux proportionné à la somme de matières à chymifier. On voit, en effet, dans certaines administrations, comme celle des omnibus de Paris, les chevaux faire six repas de quatre heures du matio à neuf heures du soir. Le foin et l'avoine associés entrent dans la composition de quatre, et l'avoine fait seule les deux aua*es. Chacun de ces repas n'a que deui i trois heures pour se digérer, sauf le dernier qui en a six. L'eau est donnée aai quatre repas où entrent les fourrages, et non aux autres (1).

Il est clair que ce fractionnement réglé rend le travail de la digestion moins pénible, plus uniforme et aussi complet que possible, qu'il prévient ces dilatations exagérées, ces surcharges, causes de fréquentes indigestions chez les animaux mal rationnés; qu'enfin il supprime ces périodes de torpeur, d'engourdissement Qui suivent les repas abondants chez tous les animaux.

De ce fait incontestable que la digestion gastrique chez l'herbivore n'a pas nne égale importance pour tous I& aliments, on peut déduire des règles applicables à » composition et à la répartition des repas. Il est possible de distribuer les ratioDS de

(1) Communication écrite de M. Riquet, vétérinaire, inspecteur de celte administration.

I manière à donner à la digestion de TaToine un temps beaucoup plus long qu*à celle I d(i foin, ou de la paille, Tavoine ayant une plus grande somme de fécule à saccha- I riûer et de gluien à dissoudre que le fourrage. L'expérimentation doit donc encore

I décider l'ordre de la succession des alimi^nts, dans un même repas, et la composition

I des repas successifs. Ces deux points ont plus d'importance pour le cheval que pour

K l'homme, les carnassiers et les ruminants dont l'estomac peut admettre intégrale-

ment les aliments ingérés dans le repas le plus copieux et les conserver en totalité f jusqu'à élaboration complète.

Voyous donc ce qui arrive aux aliments de diverse nature donnés successivement dans le même repas ou dans des repas plus ou moins rapprochés. Plusieui*s cas se présentent. Le plus souvent l'animal commence son repas par le foin, et le finit par Tavoine; quelquefois il reçoit l'avoine en premier lieu, puis le fourrage; enfin il reçoit à boire, soit après le foin, soit après l'avoine.

DicesUon des alimente donnés sneeesslvement. — Examinons d'abord le

cas où le foin est pris avant l'avoine.

A un cheval à jeun, on donne 1250 grammes de foin et, après leur ingestion, 1250 grammes d'avoine. Deux heures après le début du repas l'estomac renferme /i765 grammes de chyme, divisés en deux masses. Gomme les deux aliments ont dû, en arrivant dans le viscère, constituer une masse totale de 8750 grammes, il en est passé à peu près la mofiié dans l'intestin. Le foin ingéré le premier parait, avoir eu la préséance de sortie, car les matières de l'intestin ont l'aspect d'une pulpe contenant fort peu d'avoine.

Un second cheval qui reçoit également, et dans le même ordre, 1250 gram. do foin et 1250 d'avoine, tué deux heures après le début du repas, donne 5870 gram. de chyme. La part du foin pèse 3735 et occupe toute l'étendue de la grande courbure; celle de l'avoine, qui pèse seulement 2135, s'étend du cardia au pylore et commence à sortir. La moitié environ du foin ingéré est déjà passée dans l'iiitestin; il n'est sorti qu'un sixième de l'avoine.

Sur un autre qui mange 1250 gram. de foin, puis 1250 d'avoine : après trois heures de digestion, sans eau, le foin occupe les deux, tiers du viscère à la grande courbure, et l'avoine longe la petite jusqu'au pylore où le mélange des deux substances se fait visiblement. Le foin est répandu dans toute l'étendue do. l'intestin grêle, l'avoine seulement dans les 15 premiers mètres dont les chylifères blanchissent. L'estomac conserve 2700 grammes de chyme de foin, el 1820 grammes de chyme d'avoine. Il est donc sorti plus de la moitiédu premier, le quart du second.

Sur un quatrième auquel on donnel250gram.de foin puis 1250 d'avoine, et que l'on tue quatre heures après le début du repas, la masse du chyme pose 3395 gram. , savoir 2515 pour le foin et 880 pour l'avoine. Il o^t donc sorti de l'estomac presque la moitié du foin et les deux tiers de l'avoine ; aussi le contenu de l'intestin grêle est-il trouble, blanchâtre, et le système chylifère très-bien injecté de liquide laiteux.

Ainsi l'avoine donnée après le foin se case à part dans l'estomac, à la petite courbure, d'une tubéro^ité à l'autre; elle se mêle seulement à un peu de foin au voisinage du pylore; elle n'attend pas, pour passer dans Tintcstio, que le foin qui l'a précédée soit sorti; elle sort avec lui en certaine proportion; mais une fois le

repas achevé, il sort beaucoup plus de foin que d*avoine, i'élimioation da premier est prédominante tant à cause de ranlériorité de son arrivée qu'eu raison de sn grand volume.

Lorsque les deux aliments sont ingérés dans Tordre inverse et en égale quaniité, l'avoine d*abord, le foin ensuite, les deux prennent également chacoa leur place. Le premier se loge à I9 grande courbure, d'une tubérosité à Tautre, k second à la petite ; ils demeurent distincts lorsque l'animal ne boit pas, saof an pylore où leur mélange fréquent peut les faire passer simultanément dans Tintestin. Les expériences suivantes le prouvent; elles sont, comme les autres, rangées suivant la durée de la digestion.

Un cheval à Ip diète mange 500 grammes d'avoine et ensuite 250 grammes de foin, puis est tué un quart d'heure après le commencement du repas. Les deax aliments sont bien séparés : l'avoine à droite, près du pylore, forme une masse da poids de 1 1 0 0 grammes ; le foin , une autre masse à gauche du poids de 1 060. Chacun d^ux est associé à la quantité d'eau qu'il absorbe normalement; l'avoine à un et le foin à quatre équivalents de salive ; mais comme les quantités ingérées sont faibles et que l'animal vient de les avaler, l'estomac les a intégralement coasenrécs.

Un autre reçoit 500 grammes d'avoine, puis 500 grammes de foin, et est tué immédiatement après ce faible repas. L'avoine et le foin sont distincts, comme sur le cheval précédent, mais l'avoine s'est déjà répandue dans les 10 premiers mètres d'intestin grêle, et maintenant le foin sort avec elle.

Un cheval, toujours à la diète, reçoit une plus forte ration : V 1:250 grammes d'avoine, puis 1250 grammes de foin, et est tué deux heures à compter du débot du repas. L'avoine, en sa qualité de première arrivée, est à la grande courbure et au sac gauche, représentant une masse du poids de 1740 grammes; le foin, arrivé le dernier, pèse 5275 grammes, et occupe la petite courbure ainsi que le voisinage du pylore. L'intestin a dû recevoir 710 grammes de chyme d'avoine et 2850 grammes de chyme de foin, soit près d'un tiers du premier et de la moitié du second.

Ici donc le foin, quoique arrivé le dernier, est sorti en proportion beaucoup plus forte que l'avoine. Ce résultat n'est point exceptionnel.

Un autre mange d'abord 1 kilogramme d'avoine, puis 1 kilogramme de foin sans boire. Deux heures après le début du repas, son estomac, qui a dû recevoir 7000 gr. de matières, n'en renferme plus que 4500, en deux masses. L'avoine est refoulée k la grande courbure. Le foin, rangé à gauche et à la petite courbure, quoique arrivé le dernier, a commencé à passer dans l'intestin et même en quantité prédominante, car il est disséminé sur toute la longueur de l'intestin grêle avec fort peu d'avoine.

La même particularité s'observe encore dans les suivants dont la digestion est prolongée.

Après quatre heures, sur un cheval qui avait mangé successivement 1250 gram. d'avoine et 1250 grammes de foin, le chyme formait deux masses distinctes dans la situation ordinaire: la moitié du chyme d'avoine avait disparu, puisqu'il n'en restait plus que 1215 grammes dans l'estomac* et les deux tiers du chyme de foin étaient passés également dans l'intestin, car Tcstomac n'en gardait glus que 2185 grammes.

Mats lorsque la digestion se prolonge, les proportions d'avoine et de foin qui sortent do l'estomac paraissent clunger: le déport du foin, qui était rapide au début.

DIGESTION GASTUQUE DES SOLIPËDES. 7Ù7

se ralenlit sar la fin. Une fois que l'eslomic s'affaisse beauconp, le foin se tasse et reste à titre de lest, pendant qne l'avoine, plus loarde, Tuit plus aisémenl dans l'intestin. Ainsi, huit heures et demie après un repas composé de 1250 grammes d'avoine et de 2500 de fuiii, l'estomac ne coni>erTait plus que 1025 grammes de chyme ou un septième presque entièrement formé de foin. Cependant, au bout de dix heures, sur UD cheval qui avait mangé 1 kilogramme d'avoine et Ikilugratiiinc de foin, l'estomac gardait 1750 grammes de chyme où les deux aliments restaient distincts dans lenr position respective, 7000 grammes de matières étaient passés dans l'intestin.

En résumé, on peut dire d'une manière générale : 1° que si l'avoine est donoée au commencement do repas, le foin mangé ensuite la chasse dans l'intestin en forte proportion avant que sa digestion soit suffisamment avancée ; 2° que si elle est donnée h la fin, ce sont seulement les dernières portions de ce grain qui chassent les premières, faute de trouver une place saffisanta Aussi le plus logique est de la donner après le foin, et assez longtemps après, afiu de laisser l'estomac se désemplir un l>eu, pouruffrir aae place assez large ao grain. Si, enfin, au lieu de deux aliments, le cheval en mange successivement trois ou quatre, comme le foin, la paille, le vert, l'avoine, ils se disposent encore dans l'ordre de leur arrivée, le premier i la grande courbure, le second à la région moyenne, le troisième en deçà et le dernier i la petite courbure ; ils forment ainsi des zones superposées, comme seraient les conches ■ de matière qu'on déposerait successivement dans un sac dont la grande courbure représenterait le fond et la petite l'entrée. Les strates demeurent distinctes malgré les contractions ; elles ne se confondent qu'au pylore où le plus souvent les aliments se présentent tous en même temps pour sortir, car celte partie est déclive, leslîquides y abondent et délayent toutes les parties qui d'ailleurs y sont poussées par les contractions du viscère. Le mélange ne se fait partout que par suite de l'ingestion d'une certaine quantité d'eau. Le tableau suivant donnera'une idée des proportions suivant lesquelles plusieurs matières ingérées successivement peuvent passer dans l'intestin.

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