‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 4)Chapitre 165 sur 191 · DE LA DIGESTION INTESTINALE · texte numérisé non relu

DE LA DIGESTION INTESTINALE

Les aliments déjà soumis à plusieurs préparations successÎTes viennent de se c» vertir en chyme, de se dissoudre partiellement sous rinfluence du suc gastriqtt En passant insensiblement, par ondées, dans Tintestin gréie, ils vont ètresoomisà l'action de nouveaux réactifs : la bile, le suc pancréatique, divers fluides intestÎB». Là leurs premières élaboralions doivent se continuer encore, et des élafaorati» spéciales doivent surgir : les matières assimilables rendues diffusibles et aptes à l'absorption seront saisies par les chylifèrcs et par les veines; les matières ia»lubles ou non extraites, les résidus, seront entraînés, finalement éliminés. Ces donc l'analyse de ces dernières opérations qu'il nous reste à faire pourachem ■l'étude de la digestion.

Elle doit porter d'abord sur les phénomènes qui s'accomplissent dans l'imestii grêle, puis sur ceux qui se passent dans le gros intestin.

Les premiers, ceux qui ont le plus d'importance, continuent les élaboratiois commencées dans l'estomac. Us résultent de l'intervention de plusieurs liquides: la bile, le suc pancréatique et les sucs intestinaux, dont il faut examiner le mode de sécrétion, les propriétés et l'action sur les aliments.

Les autres sont, pour la plupart, des actes complémentaires, accessoires, irissimples, qui se compliquent seulement chez les animaux dont les dernières portions liu tube intestinal acquièrent un énorme développement.

La bile, dont nous étudierons ailleurs la sécrétion dans tous ses détails^ provient, chez les animaux très-inférieurs, de cellules spéciales attachées è la muqueuse intestinale; chez les autres, de tubes annexés à l'intestin ou d'un foie plus ou oioiv volumineux. Son mode d'excrétion ou de déversement dans le tube digeMif, s» propriétés, sa composition, son action sur les aliments, doivent Otre examinés soccessivement.

fttérrétloB et exeré«loD de la bile. — La bile, qui^ chez tes invertébrés. fA versée directement dans l'intestin, passe, avant d'y arriver, chez la plupart desrertébré.s, dans une vésicule plus ou moins ample où elle s'épaissit en raison de lador^ du séjour qu'elle y fait. Ce réservoir manque dans un petit nombre d'espèces, softout parmi les herbivores : l'éléphant, le rhinocéros, le daman, le tapir, le pécari, k cerf, les chameaux, les lamas, les cétacés, divers oiseaux, comme la pintade, le pigeofli le perroquet, l'autruche. La vésicule biliaire, à parois ililatables et contractiicsi qui a son fond inférieur et son orifice en haut chez tous les quadrupMes, esrcoochée à peu près horizontalement dans l'espèce humaine. Elle reçoit la bile paroae des branches de bifurcation du canal excréteur, l'autre se rendant directeinest dans l'intestin, et aussi, chez quelques animaux : le bœuf, la brebis, le chkni^

lapin» par des canaux appelés bépato-cyftiques, qui vont déboucher directemenl dans sa cavité. On la voit quelquefois remplacée, comme chez Téléphant^ par une forte ampoule ou dilatation du canal cholédoque, rappelant, suivant la remarque de M. Milne Edwards, sous des dimensions exagérées, ic petit renflement terminai du. conduit ou Tampoule de Vater de l'homme et d'un certain nombre de carnassiers.

Ses deux offices sont : 1° de retenir uue plus on moins grande partie de la bile dans les moments souvent fort longs où la digestion est suspendue; 2° de Tépaissir en résorbant son eau et en y ajoutant des liquides visqueux. Elle a surtout de Tiroportance chez les animaux à digestion intermittente, et à longues intermittences, comme les carnassiers; mais elle est moins nécessaire à ceux dont la digestion est presque continue ou seulement suspendue pendant de très-courtes périodes. Aussi est-ce à ces derniers qu'elle manque assez souvent. Toutefois on oe voit pas pourquoi, dans un groupe d'animaux à régime et à digestion uniformes, comme le sont les ruminants, elle manque aux cerfs, aux lamas, non aux bœufs et aux montons. La bile est le premier des liquides versés sur les aliments dans l'intestin grêle. Le canal qui l'apporte est ordinairement simple chez les mammifères et multiple chez les oiseaux et un grand nombre de reptiles. Son insertion est, d'après les observations de Cuvier et de Duvernoy(l), très-rapprochée du pylore dans les carnassiers, la plupart des rongeurs, notamment le lièvre et le lapin, plusieiirs pachydermes, le porc entre autres et tous les solipèdes. Elle l'est beaucoup moins chez le bœuf, le mouton, la chèvre, le dromadaire, etc. Le canal biliaire s'ouvre dans le duodénum tantôt isolément, tantôt accolé ou confondu avec les conduits paucréa^ tiques. S'il se termine seul, c'est toujours, chez les mammifères, au niveau ou en avant des canaux du pancréas, et c'est quelquefois un peu en arrière de ces derniers chez les oiseaux.

L'écoulement de la bile dans l'intestin est-il continu ou intermittent? S'il est continu, l'est-il régulièrenfient ou avec une activité variable, suivant les périodes de la digestion intestinale ? Ces questions peuvent être actuellement résolues (Mir la méthode des Qstoles que j'ai employée dès 1850, sur le cheval, l'âne, le bœuf, le mouton, le porc et le chien, méthode qu'il serait intéressant d'appliquer aux espèces où des dispositions spéciales semblent avoir été prises pour ralentir le déversement biliaire.

Le procédé opératoire que j'ai mis en usage pour les solipèdes est fort simple, mais il est assez douloureux à cause de l'étendue considérable qu'on est obligé de donner à l'incision des parois abdominales. Lorsque le cheval est couché sur le dos et que les quatre membres sont solidement ûxés en l'air, on fait sur la ligne blanche une incision allant de l'appendice xiphoîde du sternum jusqu'à 30 ou 35 centimètres en avant du pubis. Cette incision achevée, un aide repousse en arrière et en dehors de la cavité abdominale la partie antérieure du côlon replié, et la maintient dans celte situation; puis l'opérateur pénètre jusqu'à la scissure postérieure du foie» isole le canal hépatique, le plus souvent très-gonflé, l'incise légèrement, aussi près que possible de l'intestin, y engage une sonde et l'y fixe au moyen d'une ligature. La sonde, munie d'un léger bourrelet, doit avoir un diamètre de

(1) Voyez Cuvier, Ànaiomie comparée, t. fV, 2* partie, p. 548.

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