ÉTAT DE L'ANIMAL
et
observations.
Troisième jour.
L'animal mange.
Id. (e;icore un peu).
Rumine.
Ne rumine pas.
Rumine un peu.
Quatrième jour.
Cinquième jour.
L'animal mange.
U mange encore.
îl commence à ruminer.
Il continue .à ruminer.
L'animal est ooacfaé.
Sixième jour.
If
La sécrétion est è peu près suspendue.
La aéeiitioo est suspendue.
Tel est le résultat d'une expérience qui réussit à merveille et qu*il fut possible de suivre assez longtemps pour faire une étude minutieuse de la sécrétion pancréatique. Mais les choses ne se. passent pas toujours ainsi. Le pancréas est une glande dont Faction se trouble et se suspend sous l'influence d'une irritation trëslégère. L'expérimentateur, malgré tout le soin qu'il peut mettre à se placer dans les meilleures conditions, ne doit pas s'attendre h jouir constamment du spectacle que donne la sécrétion lorsque ses phénomènes conservent leur régularité ; il est exposé à des déceptions ou plutôt à des résultats qui s'éloignent de l'état normal. Indiquons ici les principaux, afin qu'on distingue bien les caractères typiques de la sécrétion de ceux qu'elle prend dès qu'elle vient à éprouver une perturbation plus ou moins considérable.
Si l'on établit la fistule à Tun de ces moments pendant lesquek la sécrétion est suspendue ou extrêmement ralentie, on trouve le canal flasque et aflaissé, et rien
ne s'écoale par le tube qu'on y fixe à l'aide d'une ligature; la sécrétiou ue s'éuUit que quatre, cinq, six heures après la fixation de l'appareil; quelquefois méoie ele ne reprend qu'après plusieurs jours, bien que les animaux mangent et mminent à peu près comme dans les circonstances ordinaires. Ainsi elle n'avait pas encore repris son activité au bout de vingt-quatre heures chez un taureau très-vigoareux, et au bout de quarante-huit heures chez une vache; enfin elle ne commença à clonner des quantités appréciables de liquide que le cinquième jour chez un pelli taureau d'un an, dont les fonctions digestives ne furent point suspendues;
Si> au contraire, la sécrétion est active lorsqu'on fait la fistule, le liquide ooale immédiatement, dès que le tube est plac^, ou il commence à couler au beat d*on quart d'heure, car il peut arriver que les manipulations de l'expérience détermineot une suspension momentanée dans l'action de la glande. Alors la sécrëtion présente, pendant un certain temps, les caractères ordinaires. Bientôt elle augmente graduellement et n'éprouve ni arrêt ni oscillations marquées. Ce signe de mauvais augure indique que le pancréas s'irrite et s'enflamme. Aussi la sécrétion, après s*étre exagérée graduellement pendant vingt, vingt-quatre, trente heures, s'arrête presque tout à coup, et demeure suspendue deux, trois, quatre jours, après lesquels on voit s'échapper des flots de suc pancréatique, non visqueux, charriant des débris d'épithéliums.
Ce dernier résultat est assez fréquent, car l'irritation produite à la plaie abdo* minalc et au canal excréteur se propage à la glande, dans une étendue i^as on moins considérable, bien que celle-ci n'ait été ni froissée ni déplacée. Nous verrons qu'il se reproduit avec une exagération telle chez le cheval, le mouton, le chien el le porc, que .les véritables caractères de la sécrétion sont tout k fait masqués, et qu'ils eussent longtemps échappé aux investigations des physiologistes sans les heureuses conditions que présentent les animaux ruminants.
Enfin, dans tous les cas, soit que la sécrétion se trouve suspendue, soit que son produit s'échappe à l'extérieur pendant un certain temps, le canal se coupe an niveau de la ligature, le tube tombe six, huit jours après l'opération; il se forme un épanchement plastique qui cerne les extrémités du conduit divisé, et bientôt celui-ci se cicatrise et se rétablit avec un diamètre peu différent de celui qu'il avait primitivement, ainsi que je l'ai constaté deux fois sur le veau et le taureau. L'animal, qui n'a pas cessé de manger et de ruminer, guérit très-promptement, comme si les parois abdominales seules eussent été divisées.
C'est par une suite d'expériences faites dans diverses conditions, c'est par une série de combinaisons bien calculées» qu'on arrive à démêler les phénomènes réguliers de la sécrétion, des phénomènes insolites et exceptionnels qu'elle peut présenter.
Chez les solipèdes (1), la sécrétion pancréatique est fort diflBcile à étudier. Le pancréas de ces animaux est profondément situé au-dessous de la colonne vertebrale. Son canal excréteur est enveloppé par la glande jusqu'à son insertion, et il a des parois excessivement minces. Pour aller le chercher, il faut ouvrir iai^ment le
(i) G. Colin, Ëxpéfiences sur la sécrétion pancréatique du cheval ^ du porc et du mov/ott (Comptes rendus de l'Académie des sciences^ 28 juillet 1851, t. XIXIII),
ventre sur la ligne médiane, depuis le sternum jusqu'à 20 ou 30 centimètres du pubis, faire sortir de la cavité abdominale une partie du côlon, inciser le duodénum sur une étendue de trois à quatre travers de doigt, puis engager une sonde à bourrelet dans le canal, et Ty fixer au moyen d'une ligature très-serrée qui embrasse l'extrémité inférieure de la glande ; enfin il faut replacer l'intestin et fermer par une suture de ruban la plaie des parois de l'abdomen.
Ce procédé, que de Graaf employa le premier sur le chien, réussit à Leurel et Lassaigne sur le cheval. Il m*a permis une fois, après trois tentatives infructueuses, de recueillir une assez grande quantité de suc pancréatique. L'expérience fut faite 8ur un cheval qui avait mangé du foin et de l'avoine plusieurs heures avant que la fistule fût établie. Dès que le duodénum fut ouvert et qu'une petite éponge fut engagée à l'ouverture' pylorique pour prévenir l'expulsion du chyme, je vis trèsdistinctement le liquide s'échapper en nappe et par saccades à l'orifice du canal. Une fois que la sonde munie de son ampoule de caoutchouc fut fixée, le liquide descendit dans celle-ci, même avant qu'on eût relevé l'animal. Voici le produit de la fistule depuis le commencement de l'expérience jusqu'au moment de la suspension de la sécrétion :
lie rexpërieDce.
TEMPS en minutes.
QUANTITÉS