‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 4)Chapitre 17 sur 191 · I. -- formes du système nerretix daim le règne animal · texte numérisé non relu

I. -- formes du système nerretix daim le règne animal

Les diverses fonctions de Torgaaisme ne s'enchaînent les «nés ans aqires» ne se mènent en harmonie entre elles et ne s'effectuent qoe par soite d'une action régu* latrice qni les domine et les tient, relatif ement à elle, dans une dépendance intime. Cette action, qu'on appelle rmnfrva^ton, résulte de Tactifité spéciale du système nerrenx.

Chez les êtres les plus simples où la substance organique est homogène, le sensibilité et la contractilité semblent appartenir indistinctemeat à toutes les parties; il n'y a pas encore chez eux d'éléments nerveui isolés; tel est le cas des^ infosoires et des spongiaires. Mais aussitôt que rhétérogénéité ae dessine, que le» actions se spécia* lisent, l'élément nerveux tend à se montrer; néanmoins il semUe être devancé par Télément musculaire, car la véhicule contractile de Tactinophrys et les bras mo* biles du polype n'ont pas encore d'éléments nenreux distincts^ Il est probable qu'a- Tant de le rassembler en masses on en filets, la substance nerveuse est diffuse. Dans tons les êtres elle se décèle physiol<^iquement avant de se dessiner au point de Tue anatomique : ses fonctions s'accusent avant Fapparition de leurs instruments.

Le système nerveux, qui parait exister, au moins à l'état mdimentaire, diet ions les animaux sans exception, revêt des formes très-variées avant de se présenter sons l'aspect qui le caractérise dans les animaux supérieurs. Il n'est pas distinct chez les plus simples ; néanmoins il y existe à l'état de coules et de filaments dis* séminés au milieu de la trame homogène dont se composent toutes k» parties. li il n'a ni ganglions, ni filet*s bien distincts, ni centre, ni partie périphérique ; K est amorphe. Son influence est alors probablement confuse^ sensiblement uniforme et privée des particularités si remarquables qui caractérisent celle du système ner* veux des vertébrés.

Sa première forme caractérisée se montre dans les radiants : c^est celle d*uB^ oouronnq qui entoure la bouche et l'origine de l'œsophage. Cette couronne porte, dans les astérie autant de ronfleoients qu'il y a de rayons» et d^ chacun de ce3 rayons nait un petit filet qui va se distribuer dans la partie ooFreapondante. A œ

degré rien n'éveille encore Tidée d*un centre, c'est-à-dire d'un cerveau ou d'une moelle épinière.

Sa seconde forme est celle qu'on observe dans les mollusques. Il se compose, chez ces invertébrés, d'un anneau ou collier qui entoure Tcesophage et dont la partie supérieure est renflée en une ou plusieurs masses analogues à l'encéphale. De ce collier et de ses renflements cérébroîdes partent difl'érents nerfs, pourvus de ganglions plus ou moins réguliers; les uns se rendent aux organes des sens, les autres aux muscles, et les plus longs, placés en dessous ou sur les côtés du canal digestif, vont se distribuer aux viscères. Ce système manque de moelle épinière, n'a pas de symétrie parfaite^ et ne se trouve point, suivant la remarque de Millier, divisé en segments, comme celui des articulés. Du reste, il offre une grande diversité dans sa complication, depuis les céphalopodes, qui possèdent des ganglions cérébraux énormes et distincts, jusqu'aux acéphales, qui n'ont plus que des renflements simples et peu volumineux.

Sa seconde forme se remarque chez les articulés et elle se rapproche plus sensiblement de celle des animaux vertébrés. Là il offre encore un collier oesophagien, portant supérieurement un renflement céphalique simple ou divisé en plusieurs masses. Du collier émanent plusieurs neris avec deux séries de ganglions qui se placent sotis le canal digestif et s'étendent dans toute la longueur du corps. Les renflements de ces chaînes intestinales sont liés les uns aux autres par des filets intermédiaires et donnent naissance , par leur périphérie, à des divisions destinées aux muscles ou aux viscères. Quelquefois, comme on le voit dans les annélides, les deux séries de ganglions sont remplacées, soit dans toute l'étendue du corps, soit dans la partie postérieure seulement, par une série unique offrant une grande analogie av.ec la moelle épinière, surtout quand elle se présente sous l'aspect d'un cordon lisse et dépourvu de renflements. La centralisation du système nerveux dans cet embranchement est donc longitudinale, comme le fait observer Duvernoy (1), au lieu d'être circulaire, ainsi que chez les mollusques et les rayonnes.

Enfin, sa quatrième forme caractérise les animaux vertébrés. Ici il est placé audessus du canal digestif dans un étui brisé, osseux ou cartilagineux. A la tête, il offre plusieurs masses constituant l'encéphale, et dans toute la longueur du tronc un prolongement connu sous le nom de moelle épinière* De cette tige médullaire émanent, soit dans la partie crânienne, soit dans la partie rachidienne, une infinité de cordons nerveux dont les uns conduisent la sensibilité, les autres le mouvement» et le plus grand nombre, la sensibilité, et le mouvement, à tous les organes. Ace système qu'on a appelé cérébro-spinal, ou de la vie animale, se trouve annexé un système ganglionnaire plus ou moins indépendant du premier et présidant spécialement aux actions obscures de la vie oif anique.

Ces deux faits si remarquables, en ce qui concerne les vertébrés : d'une part, l'existence d'un cerveau et d'une moelle épinière et la situation de ces parties centrales ; d'autre part, l'adjonction à celles-ci d'un petit système jouissant de propriétés particulières et exerçant une influence plus ou moins distincte, ont paru

(1) Voyez, pour de plus amples détails, Duvernoy, Mémoires sur le système nerveux de ces animaux {Comptes rendus de r Académie des sciences, et Annales des sciences naturelles ^ S^» série, Zoologie, t. XVUI, cahier n*' 2, p. 66).

DU SYSTÈME NfiRVfiCX ET DE L'ENSEUBLE DE SES FONCTIONS. 81

suflbanis à plaslearsanatomistes pour repousser l'identité de composition entre l'appareil nerveux des vertébrés et celui des invertébrés ; mais leurs opinions, sur ce point, sont très-dissidentes. Les uns, avec Serres (1), soutiennent que l'encéphale et la moelle épinière sont exclusivement propres aux vertébrés et que ces parties n'ont pas d'analogues dans les invertébrés, dont le système nerveux répondrait seulement aux ganglions du trifacial et à la double série ganglionnaire des nerfs rachidiens des animaux supérieurs ; les autres, avec Guvier et Meckei, comparent le cerveau et la moelle épinière des vertébrés aux ganglions œsophagiens et aux chaînes de renflements qui existent dans la plupart des animaux sans vertèbres ; enfin il en est qui prétendent que toute la différence entre les premiers animaux et les seconds consiste en ce que, dans ceux-là^ les deux systèmes sont séparés, tandis qu'ils sont, dans ceux-ci, plus ou moins réunis et confondus en un seul. Il est difficile de trouver, parmi ces assertions contradictoires, celle qui offre le plus de vraisemblance ; car s'il est évident que le système nerveux des vertébrés n'est pas identique avec celui des mollusques et des articulés, il est cependant incontestable qu'il offre avec ce dernier une certaine analogie. En effet, on ne saurait s'empêcher de considérer comme représentant l'encéphale les gros ganglions œsophagiens des céphalopodes, bien que le supérieur ne donne naissance qu'aux nerfs des yeux et de la bouche, tandis que l'inférieur fournit, suivant la remarque de Duvernoy, ceux des pieds et des organes de l'audition.

Toutes ces discussions perdent d'ailleurs aujourd'hui beaucoup de leur importance depuis que l'on a constaté chez les invertébrés (2), et principalement chez les insectes, l'existence de nerfs fournissant exclusivement des ramifications viscérales, oerfe tout à fait comparables au sympathique des animaux supérieurs. Ils se composent, chez les annélides, de deux cordons récurrents qui partent de l'anneau œsophagien, suivent le canal digestif, arrivent au niveau de l'estomac où ils présentent de petits ganglions donnant naissance à une infinité de filets, lesquels après avoir concouru à la formation de plexus plus ou moins serrés, se distribuent aux viscères. Chez d'autres articulés, ce petit système constitué par les nerfs connus sons le nom de stomato- gastriques se complique en recevant de nouveaux cordons qui ont la même destination que les précédents. Ainsi, en résumé, on peut admettre, pour la généralité des animaux, les deux systèmes nerveux qui sont distincts dans les vertébrés et même dans une partie des invertébrés, tandis qu'ils sont confondus ensemble chez les plus imparfaits de ces derniers.

Quelle que soit sa forme, le système nerveux, une fois nettement caractérisé, comprend deux ordres de parties : les masses et les cordons. Chez les vertébrés, les premières constituent le système nerveux central qui se compose de l'encéphale et de la moelle épinière ; les secondes ou les nerfs forment le système nerveux périphérique disséminé par tout l'organisme et mettent les parties en communication avec les centres.

Les organes nerveux, centraux, ou conducteurs, sont constitués par des élé-

{{) Serres, Anatomie comparée du cerveau dans les quatre classes de vertébrés» Paris, 1827, t. U, p. 47.

(2) Guvier, Anatomie comparée, 2« édit., t. H, p. 42-323-329. •— MuUer, Manuel de physiologie, 2« édit. Paris, 185i, t. I, p. 542.

G. couif» — Physiol. comp. , 2' édit. U 6

inents histologiques spéciaux; chaque cordon résuite d'ua assemblage de filets, à enveloppe commune, et chaque fibre nerveuse, transparente pendant la vie» montre une enveloppe devenant distincte par l'action de l'alcool et de Tacide acétique bouillant ^ puis une substance médullaire, homogène, presque Quide, susceptible de se rassembler et de s'échapper sous forme de gouttelettes ; enfin au cisntre, un filament strié ou cylindre axile, que les acides rendent apparent. L'enveloppe peut manquer, la substance médullaire ou la myéline aussi ; mais le filament axile persiste et constitue essentiellement le nerf, c'est-à-dire le fil conducteur de la sensibilité et de la motricité. Il peut se diviser encore dans les tissus, et il parait s'y terminer non en anses et en réseaux, mais par des extrémités libres dont la disposition est extrêmement variée dans les organes des sens, à la peau, aux muqueuses et dans les muscles.

Chaque masse ou renflement nerveux a, en outre, des cellules spéciales, à enveloppe mince, amorphe, à contenu demi-fluide, finement granulé et à noyau pourvu d'un nucléole simple ou multiple. Ces cellules de formes variées sont les unes sphéroîdales, les autres à prolongement simple, double, triple, d'où leurs noms d'apolaires, unipolaires, bipolaires et multipolaires. C'est par leui's prolongements qu'elles s'unissent entre elles ou qu'elles se continuent avec les filets nerveux.

Il y a enfin dans les centres, entre les fibres et les cellules nerveuses, une matière granulée, à noyaux libres, analogue au contenu même des cellules.

L'association complexe et très-diversifiée de ces éléments constitue les centres nerveux et les cordons doués de propriétés spéciales.

n. — Propriétés générales du système nerveux.

Les centres et les cordons nerveux jouissent de trois propriétés distinctes : la sensibilité, Texcilabilité ou motricité, et cette autre qu'il est difficile de dénommer d'où paraissent résulter les opérations de l'instinct et de l'intelligence.

La sensibilité est la propriété par laquelle certaines parties nerveuses reçoivent les impressions, les transmettent ou les perçoivent.

La plupart des nerfs, mais non tous, les nerfs dits sensitifs, les nerfs mixtes, les racines supérieures des nerfs spinaux, les cordons supérieurs de la moelle épinière, le bulbe, la protubérance, etc., jouissent de cette propriété. Au contraire, les nerfs moteurs, les racines inférieures des nerfs spinaux, les cordons inférieurs de la moelle, le cervelet et les hémisphères cérébraux sont insensibles ou à peu près insensibles.

L'excitabilité est une autre propriété par laquelle certaines parties nerveuses peuvent, lorsqu'elles sont stimulées, provoquer des mouvements ou des contractions musculaires : c'est la propriété d'exciter les mouvements, ou la motricité. Le mésocéphale, la moelle allongée, la moelle épinière, les nerfs mixtes, les nerfs moteurs, sont des parties excitables.

Ces deux propriétés peuvent être réunies dans les mêmes parties ou se trouver distinctes. Ainsi, d'une part, le mésocéphale et le bulbe sont, à la fois sensibles et excitables, leur stimulation provoque de la douleur et des mouvements; d'autre part les cordons inférieurs de la moelle et les nerfs moteurs ne sont qu'excitables^ leur

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