‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 4)Chapitre 183 sur 191 · coLiif. — Pbysiol. comp., 2« édiU i · texte numérisé non relu

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Sm2 DE LA DIGESTION.

espèce. On comprend qu'ils varient dans des limiies considérables, car parmi les substances végétales le foin, la paille, renferment beaucoup plus de principes non digestibles que les grains, les farines, les racines féculentes, et surtout que la chair musculaire.

Dans les excréments se trouvent des matières minérales venant de l'aliment, des boissons, des produits de sécrétion, du chlorure de sodium, du phosi^iate calcaire, du phosphate ammoniaco-magnésien qui, sur les animaux recevant de fortes rations de grains, est abondant dans le renflement gastrique où il se dépose sur les corps étrangers pour former de volumineuses concrétions. On y voit aussi du sable calcaire ou quartzeux, de la terre qui étaient associés aux aliments.

Ces sels sont plus ou moins abondants dans les matières excrémentitielles, suivant les points où elles sont prises, et ils ne se retrouvent pas partout dans les mêmes proportions, car les dissolutions salines ne sont pas absorbées telles qu'elles se trouvent. Certains sels, les calcaires par exemple, disparaissent plus promptement que les magnésiens et d'autres. Aussi ces derniers dominent-ils dans les matières rejetées, suivant le rapport de 2 ou de 2 et demi à 1, d'après Lehmann. Comme leur absorption est plus difficile que celle de l'eau, ils sont évacués en grande quantité si la digestion s'est faite rapidement Le phosphate ammoniaco-magnésien <(ni se forme dans le milieu alcalin du côlon, surtout dans le renflement gastrique, devient l'élément constitutif essentiel des calculs chez les chevaux.

En comparant les ingesta avec les excréta intestinaux , il est facile de voir que l'absorption prend, avec les matières assimilables des aliments, une grande partie des substances que les sécrétions ont versées dans le tube digestif. La bile, par exemple, ne laisserait dans les excréments, d'après Liebig, qu'un 10*' de ses éléments sur le cheval, qu'un 50®, même un 75' sur l'homme.'

Il est clair que sans ces rentrées de produits enlevés au sang, l'élaboration des aliments coûterait trop à l'économie et l'épuiserait en la reconstituant. En eCTet, d'après Bidder et Schmidt, un homme du poids de 62 kilogr. (1) donnerait en vingt-quatre heures :

kii.

1,6 de salive contenant 15 gram. de matières' sèches.

6,4 de suc e^astrique 192 —

1,6 de bile 80 ~

0,2 de suc pancréatique 20 —

0,2 de suc intestinal 3 —

en tout 10 kilogr. chargés*de 310 grammes de matières sèches. Comme, d'après leurs calculs, le corps d'un homme de ce poids renfermerait l\2 kil. d'eau et 20 kil. de solide, . le quart de sa partie aqueuse serait versée quotidiennement dans l'intestin, puis réintroduite dans la circulation. Chaque kilogramme du poids du corps donnerait 209 gram. de produits de sécrétions, dont 203 d'eau, 3,8 de substance organique et 1 ,8 de matières minérales.

(1) I^ehmann, Chimie animale, p. 342.

MOUVEMENTS DE L'IISÎTESTIN. 8/i3

Sar un cheval du poids de 400 kilogrammes nourri au foin, soit 10 kilogrammes, il y aurait, d*après les estimations basées sur mes expériences :

A 2 kilogrammes de salive.

5 de suc gastrique.

5 de bile.

5 de suc pancréatique.

10 de suc intestinal.

soit 67 kilogrammes, ou le sixième du poidç de Tanimal. Si le corps renferme les deux tiers d*eau, le quart du liquide de l'économie est versé, comme chez Thomme, chaque jour dans le tube digestif.

Indépendamment des infusoires dont il a été question plus haut, on peut trouver dans rintestin d'autres êtres vivants encore peu étudiés. Ce sont : i^ des bactéries que j'ai vues dans l'intestin grêle, comme dans l'estomac, après quelques heures de digestion, chez les chiens qui avaient mangé de la viande faisandée, ou des aliments altérés, même chez des oiseaux, la fauvette notamment; 2° des amibes, souvent en quantité prodigieuse; 3^ des corpuscules appelés Cr^yptococcus guttulatîùSj signalés par Remak dans l'intestin des ruminants, du porc et du lapin; U"" des frustulaires, formés par une série de cellules inégales, et qui paraissent se rencontrer dans l'intestin de tous les herbivores. Les matières excrémentitielles de quelques espèces montrent aussi, suivant les cas, des infusoires analogues à ceux que Leuwenhœck, puis Leuret et Lassaigne, ont trouvés sur l'homme et les batraciens, des vibrioniens, des cercx>monas signalés plus récemment dans les déjections des cholériques.

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