CHAPITRE m
COUP d'oeil anâtomique et migrographique
La moelle n*est pas un simple conducteur placé entre Tencéphale et les nerfs l)our transmettre à ceux-ci les ordres de la vcflonté, et apporter de la périphérie an centre les diverses impressions; c'est encore im foyer, un centre d'innervation chargé surtout des actions réflexes. Il faut jeter un coup d'œil sur sa disposition auatomique et sa structure pour être en mesure d'analyser ses fonctions compliquées.
Elle forme un long cordon qui, renfermé dans le canal rachidien, se continue avec les renflements encéphaliques et donne, sur son trajet, naissance à la plupart des nerfs destinés à la sensibilité et au mouvement de Xoutes les parties. À son origine, elle se confond avec le bulbe rachidien, sans qu'il soit possible de trouver la moindre trace de démarcation entre l'une et l'autre, de telle sorte que les uns, avec Yésale, la font commencer en avant des tubercules bigéminés ; les autres, avec Bichat, au sillon qui se trouve en arrière du pont de Varole, et le plus grand nombre^ au niveau du troi> occipital. À sa terminaison, dont le lieu est variable, la moelle se divise en une inGnité de cordons nerveux dont l'ensemble est connu, même sur l'homme, le nom de queue de cheval.
Sa forme varie un peu, suivant les animaux, et ses renflements se montrent tôu« jours en rapport avec la présence, le nombre et le volume des extrémités. Elle est presque cylindrique chez les poissons, avec cette particularité, toutefois, qu'elle offre, dans ces animaux, de petites bosselures à la naissance des nerfs un peu volumineux; elle a, dans les reptiles, tels que les tortues, les lézards et les batraciens, un renflement cervical et un lombaire ; mais elle n'en a point du tout chez les serpentsi Chez les oiseaux qui volent beaucoup et dont les ailes sont très-fortes, elle présente, d'après Serres, un renflement brachial plus considérable que celui des lombes. Enfin, chez les mammifères, le renflement lombaire prédomine lorsque, comme dans le kanguroo, les membres adominaux l'emportent parleur volume sur les membres thoraciques; le cervical, au contraire, dépasse l'autre, quand les extrémités antérieures conservent un assez grand développement, alors que les postérieures sont atrophiées, comme dans les cétacés.
La moelle est contenue dans un canal brisé et articulé, beaucoup plus grand
* qu'elle, qui peut se plier dans tous les sens et exécuter des mouvements très-cten-
dus sans la comprimer m la tirailler. Mais elle n'en occupe pas constamment toute
la longueur; elle sort à peine du crâne chez quelques poissons^ s'arrête au milieu
FONCTIONS riE LA MOELLE ËPINlkHE.
du dos chez plusieurs tn,imniif(TPs icis que le lifrissoii, an iiiv4;au de la tIeuxtdiTic vcnùbrc lombaire chez rhomiiio, et plos loin, vers te sacrum, 'lans la plupart de» animaux dumrstiques. En outre, elle est rcvôtuc, comme rcncéphalc, (le trois membranes : In dure-mère, dont la surface externe est séparée du conduit vertébral par une foule de petit» cousrinels nilipeux ; l'arachnoïde, dont les deux feuillets sont en coiiUct l'uti avec l'autre ; enfin, la pie-mère, dont le tissu léger, arrâlairc, !i brges mailles, est pénétré d'une grande quantité de tiqnide ciphah-rachidicn.
La rnoctle épiuière, dans sou ensemble, représenfe, h l'extérieur, une colonne b peu près cylindrique de substance blanche renfermant une autre colonne de substance grise cannelée, h qualcc arêtes connues sous le nom de cornes. Elle se divise en dcut moitiés latérales par deux sillons médians profond^ dont l'aiilérieur ou inférieur est le pins marqué. Ces deux iiioitiés, réunies dans ce dernier sillon, par la rommUsure blanche, se subditiseni en trois cordons, l'un antérieur dans l'homme, inférieur dans les mammifères, duquel éinergenl les racines motrices des nerfs rachidicns, l'autre jn^stérieur ou supérieur, donnant naissance aux racines sensitiïcs, et un troisième, latéral, qui ne se sépare point nettement des autres. Ils sont exclusirement formés de substance blanche dont la plupart des tubes ont une direction longitudinale.
1^ partie intérieure ou grise de la moelle porte ({uatrc prolongements ou lames, deux en avantou en bas, les contes anlérieures, deux en arrière et en haut, les cornes postérieures, les quatre réunies par la commissure grise. Sur l'axe de la substance grise se trouve le canal central, très-développé pendant la vie fœtale, plus ou moins persistant i l'âge adulte, chez l'homme, les ruminants, les carnassiers et la plupart des lertébrés ovi|>ares. Il est tapissé par un épithélium â cellules cylindriques que KQIliker croit vibratiles, et entouré d'une substance grise sur la nature nerveuse de laquelle un a élevé des doutes.
U disposition des éléments nerveux dans tes cordons blancs et dans l'axe gris de la moelle épiniôrc, quoiqu'elle aK été l'objet de nombreuses controverses, est connue dans m points essentiels.