‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 4)Chapitre 65 sur 191 · DES DIVERS MOUVEMENTS PROGRESSIFS · texte numérisé non relu

DES DIVERS MOUVEMENTS PROGRESSIFS

Maintenant que nous connaissons, d'une manière générale, le mécanisme des mouvements de progression, il ne nous reste plus qu'à étudier les particularités que chacun d'eux peut offrir.

L — Du PAS.

On désigne sous ce nom l'allure lente qui est habituelle à la plupart des animaux quadrupèdes.

£lle appartient au cheval, à Tâne, à l'hémioue, au zèbre, au bœuf, au cerf, à la

(1) David Low, ouvr. cité^ page 76.

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généralité des ruminants, même au dromadaire lorsqu*]*! marche lentement, à Thip* popotame, au rhinocéros, au porc, et à la plupart des carnassiers, etc.

Le pas, quoiqu'il soit une allure lente et régulière, est extrêmement compliqué. Son analyse comporte plusieurs difficultés dont on ne se doute pas, si Ton se borne à l'étudier sommairement : aussi est-elle incomplète et, sur divers points, inexacte, même dans les travaux des auteurs les plus habiles en mécanique animale.

L*ordre suivant lequel agissent les extrémités, dans le pas, a échappé dans ce qu'il a d*essentiel à Borelli. Le célèbre auteur du traité De moiu ammalium^ tout en reconnaissant, avec justesse, que dans cette allure les membres agissent en diagonale, a prétendu que chacun d'eux se lève et revient à l'appui isolément, avant que les autres aient effectué la même action, de telle sorte qu'il y aurait constamment un pied levé et trois à l'appui. Bourgelat, Lafosse et Barthez ont relevé cette erreur et ont parfaitement remarqué qu'il y a toujours, dans le pas, deux pieds en l'air et deux pieds sur le sol ; le premier a fait voir, en outre, que ces deux membres qui sont en l'air à un moment donné ne se lèvent et ne viennent pas à l'appui ensemble, mais successivement et à des intervalles qui partagent la durée d'un pas complet en quatre périodes distincles.

Le pas est une allure à quatre temps, d'une durée à peu près égale, et à quatre battues distinctes, dans laquelle il y a, à la fois, un membre antérieur et un postérieur en l'air, un antérieur et un' postérieur à l'appui, membres qui se lèvent et posent l'un après l'autre, dans un ordre tel que des deux membres en l'air l'un est toujours en avance de la moitié de sa course sur l'autre, et que des deux membres posés l'un est au milieu de son appui quand l'autre commence le sien.

Pour bien reconnaître ces diverses périodes, il y a trois moyens à employer : 1^ étudier le pas initial d'un cheval dont les membres ont, à l'instant où il se met en marche, la situation caractéristique de la station forcée; 2<^ analyser le même pas d'un cheval qui se trouve arrêté avec les deux pieds d'un bipède diagonal plus avancés que les deux pieds de Tautre; 3° euQn, suivre un pas succédant à un autre pas, sur un animal déjà en mouvement. Voyons ces trois moyens en particulier, et procédons avec méthode, car nous allons rencontrer plus d'une difficulté.

En prenant le cheval qui se met à marcher, ses pieds étant comme ils le sont lors de la station forcée, on voit : qu'au lever du pied antérieur droit succède celui du pied postérieur gauche, puis celui de l'antérieur gauche, et enfin du postérieur droit Mais, dès que le premier membre levé a parcouru la moitié de son trajet, le second se lève, de telle sorte que, d'une part, pendant la première partie de ce temps, le corps est soutenu par trois membres, au lieu de l'être par deux, et que, d'autre part, il y a, dans la durée du premier temps, lever de deux pieds, sans que le lever de l'un d'eux coïncide avec le poser d'un autre; de plus, les deux membres qui ont quitté le sol les premiers ne font, chacun, qu'une demi-oscillation, c'est-à-dire^ ne parcourent que la moitié de leur trajet normal, puisqn'à leur point de départ ils se trouvaient chacun en regard de son correspondant Ce premier jeu est donc incomplet et irrégulier : incomplet, puisque les deux premiers pieds levés ne font que la moitié de leur trajet ordinaire; irrégulier, puisque le lever d'un pied ne coïncide p^s 9F.eç le poser d'un antre, et que le

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