V. — Du SAUT
Le saut est Tacte par Leqoel le corps, détaché du sol, est lancé en baat et en avant k une plus ou moins grande distance.
IL constitue un acte simple, tout à fait isolé dans la progression de certains animaux, ou bien un acte associé à d'autres mou?eroents, tels que le trot et le galop des grands quadrupèdes. Dans le premier cas, il s'opère par un mécanisme spécial qu'il faut examiner avec soin pour être à même d'apprécier les théories qui en ont été données par les physiologistes.
Le saut ne s'effectue, en général, qu'à la suite d'un temps de préparation plus ou moins distinct qui paraît manquer sur les animaux dont les membres postérieurs sont normalement très-flécbts et le jarret appuyé sur le sol; mais il n'y fait pas défaut, en réalité, puisque la disposition des membres qui la constitue est permanente. Chez les autres, la préparation consiste, comme l'a fait remarquer Borelli, en une flexion des diverses articulations des membres, d'autant plus prononcée que le saut a plus d'élévation et d'étendue. C'est bien à tort que Barthez (i) et d'autre^ auteurs ont prétendu que cet acte préliminaire se trouvait complété par une extension subite des articulations préalablement fléchies : la détente opérée par les muscles extenseurs destinés à élever le corps et à le lancer en avant ne peut être considérée comme préparatoire ; elle fait partie intégrante do saut, elle en est l'élément essentiel et ne s'en distingue point, quoique Galien ait cru observer le contraire sur la chèvre sauvage. La préparation est surtout marqués dans le saut des animaux tels que le chat, le lion, la panthère, dont les bonds si souples ont une étendue considérable ; elle Test beaucoup moins chez les quadrupèdes dont le saut n'est pas un mode habituel de progression.
Une fols les articulations fléchies, les muscles extenseurs se contractent énergiquement, redressent les rayons des membres, et développent la force qui détache le corps du sol, pour lui faire décrire une courbe parabolique analc^ue à celle des projectiles lancés dans l'espace par une impulsion instantanée. On voit, en examinant le lièvre ou le lapin (fig. 68), lors de chaque bond, que le pied qui, dans la première situation accroupie, touche la terre de son extrémité à la pointe du jarret, s'élève progressivement, devient vertical dans la seconde, puis oblique dans la trmsième, à l'instant où l'impulsion s'achève et détache le corps du sol.
C'est évidemment des membres postérieurs que dérive la puissance de projection destinée à mettre en mouvement la masse du corps : elle est produite par les deux h la fois, si le saut est simple, comme chez le lièvre, le lapin, la gerboise, la cbèrre, le chat, etc. , et par un seul s'il est associé à une allare rapide, telle que le trot ou le galop; car, dans ce dernier cas, les deux membres abdominaux ne se trouvent jamais ensemble à l'appui. Les muscles qui y contribuent le plus sont les extenseurs du jarret ou du métatarse, ceux de la jambe, et enfin du boulet, c'està-dire des articulations métarso-phalangiennes chez les mammifères ongulés, notamment les solipèdes et les ruminants. Les extenseurs de la cuisse, le grand et le petit fessier y prennent aussi une part notable.
(1) Btrttiei^ ouvr, cité, p. 80 et Sa, ,