IX. — DD VOL
. Le vol est le mode de pn^ession propre aox ojseaui, aui insectes ailés et aux aDÎmaux dont les membres sont pourvus d'eipaosioDs membriDeoses plus ou inoiiu étendues, susceptibles de prendre sur l'air un point d'appui sufSsaut pour que le corps se sou tienne et se mette en mouvement au sein de ce fluide. Son mécanisme, eo ai^rence tout particulier, offre la plus grande analogie avec celui de la natation.
Le vol est ordinairement précédé, surtout chez les oiseaui pesante, d'un acte préparatoire destiné i commencer et i laciliter l'élan impulsif, acte qui consiste, soit en un saut pins ou moins étendu, soit en une suite de bonds on eu une course de quelques instants. En même temps, l'oiseau déploie ses ailes, qui étaient fléchies et appliquées sur le corps; il les porte eu haut, les étale, puis les abaisse légèrement, en faisant déo-ire à leur extrémité libre on arc de cercle d'autant plus
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étendu qu'elles sont plus longues et plus complètement déployées. Par suite de cette extension subite, les ailes développent une force de projection qui élève le corps, et, en frappant l'air sur une grande surface, elles trouvent dans ce fluide un point d'appui â l'aide duquel l'animal se maintient en équilibre. Aussitôt que cette action est effectuée, l'aile se fléchit, se rapproche du thorax, puis se redresse et ■'étend de nouveau. En répétant très-rapidement cette opération, l'oiseau parvient i se soutenir et à se mouvoir avec vitesse, suivant des directions très-variées.
Le mécanisme d'après lequel le jeu des ailes produit l'impulsion est, en réalité, moins compliqué qu'il ne le paraît au premier abord. Pour le bien comprendre, tj faut le mettre en parallèle avec celui de la natation ; car le vol n'est, il pn^rement parler, qu'une natatiou aérienne. Mais, comme, d'une part, l'oiseau et le poisson ont la conformation du corps essentiellement différente, les moyens de locomotion dissemblables, et que, d'autre part, les milieux dans lesquels ils se meuvent possèdent une densité qui est loin d'être la même, il est facile de pressentir que les mouvements de ces deux groupes d'animaux ne peuvent être identiques. La seule légèreté ^lécjfique de l'air exige, pour que le corps de l'oiseau se tienne en équilibre et se déplace aisément, que celui-ci ait : 1' une pesanteur spécifique peu considérable ; 3° des moyens de frapper l'air par une grande surface ; 3* une grande bixe dans les oignes d'impulsion ; A" et la faculté d'en renouveler les mouvements avec uue extrême rapidité.
ti6U DES IIOOVEUËNTS.
D*abord, le corps de l'oiseau a une forme et une densité qui lui assurent la stabilité de réqailibre au sein du fluide aérien, en rendant ses évolutions très-faciles; c'est la formc'du vaisseau ou celle du poisson, effilée en avant et en arrière, aplatie d'un côté à l'autre. Les ailes, comme les voiles, sont en haut. Toutes les parties lourdes : masse des pectoraux, cœur, viscères abdominaux servant de lest, sont en bas. L'air qui remplit les cellules des os, les tuyaux des plumes, les sacs, ali^e toutes les parties supérieures du corps.
En second lieu, l'aile dont les rayons osseux sont très-allongés, l'aile qui est solidement attachée an tronc par une clavicule et un coracoîde énormes, acquiert, par SCS longues plumes imbriquées, une très- grande surface pour frapper l'air, tout en conservant une extrême légèreté. Ses mouvements, dus en grande partie à l'action des muscles pectoraux, dont le volume est énorme relativement au reste du système musculaire, n'ont pas des caractères constants. Ce sont, eu général, des oscillations obliques de dedans en dehors, de haut en bas et d'avant en arrière. Chez les oiseaux rameurs, qui ont les ailes courtes, elles frappent l'air comme les rames, ea effectuant de longues oscillations. Au contraire, chez les voiliers, qui les ont trèsétendues* elles s'agitent peu ; leurs oscillations sont courtes. Le nombre de leurs battements varie, d'après M. Maroy(l), dans des proportions considérables; il est,
|)ar seconde, de 13 dans le moineau, de 8 dans le pigeon, de 3 dans la buse. Chaque battement d'aile se subdivise évidemment en deux périodes, l'une brève et facile, celle de l'élévation, l'autre d'abaissement, plus pénible, plus prolongée. C'est, dit-on^ pendant celle-ci, que l'air, frappé vivement, dévelop|)e la force qui pousse le corps en haut et eu avant.
Borelli, qui regardait le vol comme une suite de sauts, comparait les ailes à des reports aix-boutant sur la résistance de l'air; il pensait que ce fluide, en les repoussant, donnait lieu à un mouvement réfléchi analogue à celui qui, d'après ses idées, était le résultai de la réaction du terrain dans les autres modes de progression. Cette explication, pleine de vues ingénieuses, n'est pas tout à fait exacte : les ailes agissent bien comtue des ressorts qui arc-boutent à l'une de leurs extrémités sur une surface plus ou moins résistante, mais le mouvement de l'oiseau n'est pas un mouvement réfléchi dérivé de la réaction élastique de l'air. Les ailes agissent d'une manière analogue à celle des rames, elles frappent l'air comme les nageoires et la queue du poisson frappent l'eau : leur action est à peu près semblable à celle des membres datis le saut. En s'éleudant subitement, elles développent une force qui éloigne l'une de l'antre leurs deux extrémités, et qui, par conséquent, se décompose en deux parties : l'une appliquée à l'extiémité libre de l'aile, employée à déprimer l'air et à prendre un point d'appui sur ce fluide ; l'autre appliquée à la partie fixe de l'organe et tendant à pousser le corps e^i avant. La force qui s'exerce à la partie libre de l'aile se perd en.refoulaut l'air, et il faut qu'elle se perde ainsi pour donner un point d'appui aux organes locomoteurs ; néanmoins, elle prend une part directe à la progression, par suite de la réaction élastique qu'elle provoque dans l'air déplacé. L'autre force s'exerce sur le corps qu'elle tend à pousser en avant, et joue le principal rôle dans la locomotion aérienne. Ces deux
(i) Harey, Mémoire sur le vol des insectes et des oiseaux (Annales det sciences natureiieSf 5« série, 1. 111, p. 49, 1869).