‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 4)Chapitre 99 sur 191 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

GONSIDËRATiONS GÉfiÊRALES SUR L'APPAREIL DIGESTIF

L'appureil de la digestion, que Ton a donné souvent comme l'un des caractères essentiels de ranimalké, n'existe pas dans tontes les espèces inférieures. Les plus simples surtout, parmi celles qui sont microscopiques, n'ont souvent aucune cavité pour recevoir les matières alimentaires. L'absorption de ces matières a lieu par tonte la sorlace extérieure du corps, sans élaboration préalable, comme par les surfaces radiculaires des plames. Mais comme l'aliment a presque toujours besoin de sabir quelque préparation, pour se convertir en substance vivante, il doit être reçu dans une cavité digestive qui apparaît déjà dans les types zoologiques inférieurs.

Les amibes, les actinopbrys, qui manquent de cavité digèstive intérieure, s*en constituent à i*extérieur. Leur enveloppe se déprime ou se creuse au niveau de la masse alimentaire, et se ferme sur elle, en l'entourant complètement, puis se roavrc, pour éliminer les résidus, si la matière n*est pas entièrement assimilable.

Les spongiaires ont des canaux ramifiés, des lacunes toujours ouvertes, proloagées de Textérieur à rinléricur, recevant à la fois les aliments et Teau, car elles paraissent en même temps affectées à la digestion et à l'hématose.

Dès que l'appareil digestif se montre chez les infusoires, il a un orifice garni de cils et une cavité plus ou moins ample, pleine d'un liquide épais, au milieu duquel les aliments se montrent en petites masses que Ton pourrait croire circonscrites par des cellules distinctes. Déjà chez les polypes où il est complètement formé, il constitue un simple sac à une seule ouverture garnie d'appendices préhensiles, sac creusé dans la substance homogène du corps, sans parois propres, sans replis et sans annexes glanduleuses. Bientôt^ il offre deux ouvertures opposées, se renfle dans certains points, se réti*écit dans d'autres, acquiert des parois distinctes, s'annexe des glandes tubuliformes ou parenchymateuses ; puis il augmente de longueur, se replie sur lui-même, et son ouverture postérieure, qui était primitivement commune avec celle des voies génératrices et urinaires, finit par s'isoler complètement. Enfin, parvenu à un certain degré de complication, il se fractionne en plusieurs parties ayant chacune des caractères anatomiques et des fonctions spéciales.

A mesure qu'on s'élève dans la série, on voit l'appareil éprouver des perfectionnements divers. A la simple cavité des infusoires ou au sac des polypes, succède déjk, chez les méduses, la cavité digestive à prolongements qui disséminent la matière nutritive, puis la cavité digestive à plan contractile, à annexes glanduleuses et à deux ouvertures, des échinodermes. Et alors, elle est séparée des canaux qui portent la matière élaborée, de telle sorte que, suivant la remarque de M. Milne Edwards, ce n'est plus que par l'absorption que l'aliment passe de la première à la seconde. L'appareil se complique beaucoup dans les mollusques, se divise en plusieurs compartiments, s'entoure de glandes sallvaires, d'un foie volumineux ; il donne, dans beaucoup d'espèces, surtout dans les éolidiens, des prolongements nombreux, ramifiés par tout le corps, prolongements gastro-vasculaires dans lesquels pénètrent les matières alimentaires pour s'y élaborer et s'y imprégner de bile (1). Enfin, dans les articulés, il a une bouche à armature complexe, des glandes salivatres, des tubes hépatiques^ un gésier musculeux, un estomac chymifiant, une intestin tubuleux, etc. , toutes parties qui se retrouvent encore dans les types supérieurs.

Les perfectionnements successifs de l'appareil qui révèlent les harmonies organiques sont non-seulement commandés par les perfectionnements corrélatifs de l'économie, mais encore par les conditions au milieu desquelles l'animal doit vivre cl par la nature de son alimentation. Pour prendre l'aliment, on voit des cils, des bras, des ventouses, une trompe, un suçoir, des pinces mandibulaires ; pour le diviser, le broyer, des appareils de section, d'écrasement ; pour le délayer, des glandes salivaires ; pour le retenir, pour ralentir sa marche^ des diverticulums,

(1) Voyez, à ce sujet, l'admirable ouvrage de Milne Edwards : Leçons sur la physiologie et tanatomic comparées, l. V, p. 385.

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