‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 100 sur 310 · TISSUS · texte numérisé non relu

TISSUS

en centimètres cubes.

Acide carbouique

produit

en centimètres cubes.

100 oranimôs de niuscle 50,8

100 grammes de testicule 1»,3

Tous les tissus ne consomment pas, comme on le voit, les mêmes proportions d'oxvgène. Leur vascularité, leur activité fonctionnelle, nutritive et sécrétoire doivent faire varier dans des limites très étendues l'intensité des actions chimiques dans lesquelles ce gaz intervient.

Les muscles mêmes des divers animaux nabsorbent pas l'oxygène et n'exhalent pas l'acide carbonique en égale proportion. Ainsi, pendant que ceux du chien ont absorbé 68 d'oxygène, ceux du cheval en ont pris seulement 62 et ceux du

1. P. Bert, Leçons sur laphysiol. comp. de la respiration, p. 46.

lapin 4o. La quantité d'oxygène absorbé a varié aussi suivant les ûges. Matteuci a fait voir, par exemple, que dans le muscle la contraction active l'absorption de ce gaz et augmente le dégagement de l'acide carbonique.

La respiration des tissus peut être activée ou ralentie sous l'influence de la circulation et de divers états de l'organisme. On la croit diminuée quand les vaisseaux se dilatent et que le cours du sang est très rapide, car alors le sang veineux sort des organes en conservant presque sa teinte vermeille, comme s'il avait peu perdu d'oxygène et reçu une faible quantité d'acide carbonique; mais il peut bien se faire que, dans ce cas, les actions cbimiques des tissus ne soient nullement ralenties, et que l'état du sang tienne à ce que la somme d'oxygène enlevée à ce fluide en un temps donné porte sur une masse considérablement augmentée. L'hibernation, la syncope, l'action du froid déterminent, dit-on, des effets tels que les tissus et le plasma dont ils sont baignés demeurent imprégnés d'acide carbo. nique et que la désassimilation y éprouve un extrême ralentissement.

On peut encore démontrer, sur l'animal vivant, la respiration des tissus en injectant soit de l'air, soit de l'oxygène dans le tissu cellulaire. L'oxygène y disparaît assez promptement et s'y trouve remplacé à mesure par de l'acide carbonique; mais l'azote et quelques autres gaz peuvent y demeurer pendant des semaines avant d'être absorbés.

Ce qui se passe dans les tissus est une véritable respiration. Le sang, véhicule des gaz, donne son oxygène à la substance vivante, et cette substance lui rend en échange l'acide carbonique. Ce fluide se comporte donc à l'égard des tissus comme l'air à l'égard du sang : de même que l'air donne l'oxygène au sang et en reçoit l'acide carbonique, le sang donne l'oxygène aux tissus et en reçoit l'acide carbonique qu'ils produisent. Et dans tous les cas les échanges ont lieu à travers les fines membranes dès vaisseaux capillaires.

Ce n'est pas seulement dans les tissus que s'opèrent les phénomènes de combustion desquels résultent la disparition de l'oxygène et la production de l'acide carbonique : le système vasculaire, le sang lui-même, sont le siège de ces actions chimiques. Lehmann ^ en convient formellement : une partie de l'oxygène absorbé entre, dit-il, déjà en combinaison dans le sang; une certaine quantité d'acide carbonique y prend naissance. En effet, le sang artériel très chargé d'oxigène recueilli dans un tube fermé ne se maintient pas à cet état ; il noircit à la longue ; une partie de son oxygène se transforme en acide carbonique ; il bride quelques matières carbonées et hydrogénées de ce liquide. D'ailleurs, comme le dit Lehmann, une preuve de la combustion dans le sang même résulte de la rapidité avec laquelle le sucre et les sels à acides organiques disparaissent de ce liquide, en se transformant en eau et acide carbonique. C'est principalement dans les vaisseaux capillaires que le sang éprouve ces mutations, et comme le système capillaire du poumon est fort étendu, on peut dire que l'organe essentiel de la respiration est, à titre d'organe vasculaire, une des parties du vaste foyer des phénomènes de combustion.

Les échanges respiratoires ont évidemment un double siège avec une commune

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