DE L'INSUFFISANCE DES ACTIONS CHIMIQOES DE LA RESPIRATION
ET DE L'asphyxie
La respiration est si inti.mement liée à l'exercice des fonctions nerveuses, à l'action du cœur et à celle de tous les éléments anatomiques qu'elle ne peut être entravée longtemps ni même suspendue au delà de quelques instants sans que la vie s'éteigne.
On donne le nom d'asphyxie à l'état dans lequel le travail chimique de la respiration se suspend ou cesse de s'opérer au degré nécessaire à l'entretien de la vie .
L'asphyxie peut tenir, soit à l'insuffisance de l'oxygène dans le milieu où se trouvent les animaux, soit à la privation totale d'air, ou à la simple raréfaction de ce fluide, soit enfin à la présence d'une grande quantité d'acide carbonique.
Celle qui résulte de la respiration de l'hydrogène sulfuré, ou d'autres gaz délétères, est un véritable empoisonnement qui ne doit nous arrêter que d'une manière incidente.
Cet état dont les degrés sont très nombreux se produit dans une foule de conditions extérieures ou inhérentes à l'organisme : ainsi dans les espaces confinés où lair ne se renouvelle pas, dans les galeries de mines — les puits profonds — dans les hautes régions de l'atmosphère où peuvent parvenir les aérostats, et dans tous les milieux liquides où plongent les animaux à respiration aérienne. D'autre part elle arrive toutes les fois que l'air ne pénètre plus ou ne pénètre qu'en faible proportion dans les organes respiratoires, comme lors de l'oblitération du larynx, de la trachée, de l'obstruction des bronches, — de l'imperméabilité du tissu pulmonaire, de la compression du poumon par des épanchements. — de l'immobilité des parois thoraciques, — du refoulement en avant du diaphragme par les viscères abdominaux météorisés, etc.
Aspbyxie clans les espaces coufîués. — La première espèce d'asphyxie est celle qui se produit dans une atmosphère confinée, où Toxygène s'épuise rapidement et se trouve remplacé par une quantité à peu près équivalente d'acide carbonique. C'est celle des espaces resserrés dans lesquels l'air ne peut se renouveler à mesure qu'il s'altère.
On sait que tous les animaux ne possèdent pas à un égal degré la faculté d'épuiser l'élément respirable de l'air. Les mollusques paraissent dépouiller l'air de la presque totalité de son oxygène. Les poissons semblent jouir par rapport à l'eau du même privilège, quoique dans les conditions ordinaires ils périssent une fois que ce liquide a perdu les deux tiers de son oxygène ; mais l'homme, les mammifères et les oiseaux ne peuvent, en général, enlever à l'air que la moitié de son oxygène, et ils s'asphyxient lorsqu'il est arrivé au degré de viciation que l'on observe quelquefois dans les galeries de mines, par exemple dans celles où les pyrites enlèvent une grande partie de l'oxygène sans le remplacer par l'acide carbonique. Dans les conditions expérimentales, les petits mammifères placés sous des cloches rfirrivent à ne plus laisser à l'air que 2, 3, 4 centièmes d'oxygène en le chargeant de 10, lo, 17 centièmes d'acide carbonique.
Il est hors de doute que l'asphyxie développée dans de telles conditions reconnaît pour double cause l'insuffisance de l'oxygène et l'excès d'acide carbonique. C'est une asphyxie par défaut de gaz Tiviliant et un empoisonnement, car l'acide carbonique n'agit pas à la manière des gaz neutres, de l'hydrogène et de l'azote par exemple. Collard de Martigny a montré en effet que les oiseaux périssent au bout de quelques minutes dans un mélange de 21 d'oxygène et de 79 d'acide carbonique, Leblanc a vu un oiseau et un chien agoniser au bout de trois quarts d'heure dans un milieu qui recevait de l'acide carbonique, alors que la proportion de ce gaz arrivait à 30 pour 100, bien que l'air conservât encore 16 centièmes d'oxygène, et M. Bert^ a constaté que de jeunes rats périssent beaucoup plus vite dans une clocbe contenant de l'acide carbonique que dans une autre pleine d'azote ou d'hydrogène. Les petits mammifères placés par lui dans une