MOMENT DE LA MORT
OBSERVATIONS
Cheval entier vi^,.
Cheval vig. 8 an..
Cheval
IMort à 6 m.
Mort à 5 m. 30.
Mort à 4 m. 50.
Mort à 5 m.
Mort à 6 m. 30.
Mort à 6 m.
- Mort à 5 m. 30.
Mort à 5 m.
Mort à 5 m.
Mort à 5 m.
Mort à 5 m.
Mort à 7 m.
Mort à 4 m.
Mort à 5 m. lu.
Mort à 5 m.
Mort à 4 m.
Mort à 7 m.
;\lort à 6 m.
Mort à 5 m.
Morte à 7 m.
Mort à 6 m.
Mort à 8 m.
Mort à 7 m.
Morte à 5 m.
Mort à 7 m.
Morte à 6 m.
Plus de puis. art. à 6 m.
Thorax ouv. à 6 m. pi. deb. du cœur.
A la 5" m. insuffl. pulm. sans résuit.
Thorax ouv. à 8m. pi. de cont. card.
Thor. ouv. à 7 m, plus de m. vent.
Plus de pouls.
A la 6^ m. plus debatt. du cœur.
A la 5" m. plus de batt. du cœur.
A 5 m. 30 plus de pouls.
A 6 m. plus demouv. du cœur.
A 5 m. plus de pouls.
A 5 m. plus de pouls.
Tombé à 2 minutes.
Tombé à 3 minutes.
Tombé à 2 m. 30.
Tombé à 4 m.
Tombé à 3 m.
Tombé à 3 minutes.
)) Tombé à 3 minutes.
Tombé à 4 minutes.
Tombé à 3 minutes 1/2.
Tombée à 2 minutes.
Tombé à 3 minutes.
Cheval
Cheval
Cheval ,
Cheval faible
Cheval
Cheval
Cheval faible
Cheval
Cheval
Cheval entier
Cheval entier... .
Cheval entier
Cheval entier
Cheval 15 ans
Cheval entier
Jument
Cheval hongre. . .
Cheval entier
Jument
Cheval entier
Cheval hongre . . .
Cheval entier
Jument
Cheval hongre
Jument. . . .■
Nos
ANIMAUX
Misaient de la mort
OBSERVATIONS
Cheval entier
Jument 18 ans.. . .
Cheval entier 15 a.
Cheval hongre. . .
Cheval entier 15 a.
Jument
Mort à 4 m. 1/2.
Morte à 6 m. 1/^.
Mort à 7 m .
Mort à 6 m.
Mort à 8 m.
Morte à 4 m. 1/2.
Morte à 6 m. 1/2.
^Mort à 5 m.
Morte à 13 m.
Mort à 9 m.
Mort à 11 m.
Mort à 9 m.
Mort à 15 m.
Mort à 6 m. 45.
Morte à 4 m.
Mort à 7 m.
Mort à 6 m. 30.
Mort à 7 m.
Mort app. à 5 m.
Mort à 6 m. 30.
Mort à 3 m.
Mort à 3 m.
Mort à 5 m .
Mort à 3 m. 30.
Morn à 3 m.
Mort à 3 m.
Mort à 7 m.
Mort à 3 m.
Mort à 3 m.
Chute à 1 m. 50.
Mort à 4 m. 1/2.
Délié à 1 m. 30.
Délié à 2 m.
Délié à 2 m. Mort à 2 m. 15.
;\Ior't app. à 1 m. 30.
Mort à 2 m. 30.
Mort à 5 m.
Mort app. à 6 m.
Mort à 6 m.
Mort à 2 m.
Tembée à 2 minutes 1/2.
Tombé à 4 minues.
Tombé à 3 minutes.
Tombée à 1 m. 10 s.
Tombée à 1 minute !/-•'.
Tombé à 3 minutes.
Tombée à 5 minutes.
Tombé à 2 minutes.
Tombé à 5 minutes.
Tombé à 4 minutes.
Tombé à 4 minutes.
A la 7e m. respir. artif. sans résuit. Trach. désobs. à 5 m. se rétablit.
A la 8= m. resp. artif. uans résultat.
A3 trach. désobs. ne se ranime pas.
Tombé à 1 m. 1/2.
Trach. désobs. à 5 m. ne seran.pas.
Insuffi, pulm. sarii- résultat.
Trach. désobs. ne se ranime pas.
A 4 m. thorax ouv. qq. cont. ventr.
Ouvert à 4 m. 20 batt. du cœur.
Tombé à 45 s. ouv. à 4 m. h. d. cœur. Trach. ouv. à 2 m. 30, se ranime.
Th. ouv. à 5 m. cœur bat.
Se rétablit.
Ne se ranime pas.
Se rétablit.
A 3 m. th. ouv. batt. des ventricules. Ouvert à 3 m. 30 batt. des ventr. Th. ouv. à 2 m. 30 cœur bat.
Th. ouv. à 2 m. 30 cœur bat.
Ouvert à 3 rir. 15 batt. des ventr.
Trach. déliée à la 5Mn. ne se ran. pas Trach. déliée à 5 m. se ranime.
A 7 m. respir. art. sans résultat.
Tombé à 1 m.
Jument
Cheval hongre. . .
* Jument
* Cheval entier. . .
* Cheval entier. . .
* Cheval entier. . .
* Cheval entier. . .
Taureau
Vache
Bélier jeune
Bélier jeu ne
Chien à jeun
Chien adulte
Chien
Chat 2 mois
Lapin
Lapin
Lapin
Lapin.-
Lapin adulte
Lapin (strang.). .
Lapin 3 mois
Laprn
Lapin
Lapin . .
Rat (strang.)
Rat (strang.)
Rat (strang.)
Rat (strang.)
Rat (strang.)
Rat (strang.)
Rat '^
Rat...
Coq adulte
Coq de 10 mois. ..
Coq
Pigeon
Asphyxie i>ar submersion. — Cette asphyxie, quoiqu'elle résulte comme la précédente de la non-pénétration de l'air dans les voies respiratoires, en diffère à plusieurs égards : 1° par l'expulsion rapide et, conséquemraent, par la non-utilisation de l'air en réserve contenu dans l'appareil respiratoire; 2° par l'entrée, dans cet appareil, d'une certaine quantité d'eau qui, réduite en écume, met encore obstacle à l'emploi du résidu aérien et, de plus, entrave le rétablissement des actes respiratoires, dans le cas où l'animal sort du liquide avant l'extinction de la vie. Elle se complique aussi des troultles circulatoires et des
(*) Sur les 5 animaux, 39 à 43, marqués d'un astérisque, l'oblitération s'est trouvée incomplète.
pliénomènes nerveux qui résultent de l'impression de l'eau sur le larynx et à la surface du corps. Aussi elle tue dans des délais plus courts encore que l'asphyxie par privation d'air.
Lorsqu'un animal non plongeur est brusquement submergé, il s'agite vivement et cherche à revenir à la surface, à se dégager du liquide dont le contact paraît, comme à l'homme, causer une impression pénible. Dès le début de ses efforts, il laisse ordinairement échapper par le nez une fusée de bulles d'air suivie à intervalles variables d'une seconde et même d'une troisième. Les mouvements de certains d'entre eux, du chien par exemple, si violents qu'ils soient, sont très bien coordonnés pendant 1 minute à 1 minute et demie.
Après ce stade de réaction plus ou moins violente, les mouvements se ralentissent et perdent de leur énergie, le corps chavire quelquefois à la manière d'un bateau; il s'incline sur le côté ou se renverse sur le dos, la tète tantôt relevée, tantôt en bas ; puis descend lentement vers le fond de l'eau, les pupilles se dilatent, l'instinct de conservation s'éteint, l'anesthésie se développe avec tous les signes delà mort apparente. Beaucoup d'animaux, notamment les rats, arrivent à cet état et sont au fond de l'eau en moins de 2 minutes ou tout au plus de la deuxième à la troisième minute.
Pendant la période de réaction il est difticile, en présence des efforts violents que l'animal exécute, de se rendre compte des mouvements du thorax. La première fusée de'buUes d'air qui s'échappe du nez, semble indiquer une expiration qui a pu être précédée de l'introduction d'une certaine quantité d'eau dans les voies respiratoires, et que l'animal cherche immédiatement à rejeter. Ces premières bulles sortent le plus souvent dans le courant de la première minute, quelquefois dans les 15 ou 30 secondes qui suivent l'immersion, ou après 40, 50 secondes et plus. Une nouvelle bordée s'échappe! minute, 1 minute et demie, 2 minutes plus tard et assez souvent une troisième immédiatement avant la chute au fond de l'eau et la cessation des mouvements généraux.
Quel que soitle moment précis de l'entrée de l'eau dans les voies respiratoires, il est certain qu'elle a lieu en plusieurs fois dans les moments correspondants à la réjection de l'air, lors des inspirations isolées, irrégulières, convulsives, dans les intervalles desquelles le thorax semble absolument immobile, seulement par les cavités nasales chez les animaux à voile du palais très long, en même temps par la bouche chez ceux dont le voile palatin ne ferme pas exactement la communication entre cette cavité et le pharynx. Aussi, chez ces derniers, l'infdtration pulmonaire est plus considérable que chez les autres. L'aspiration de l'eau a lieu de très bonne heure et non pas seulement comme on le croit dans les derniers moments, car si on ouvre la trachée d'un animal retiré après 1 minute ou 2 d'immersion, on voit de l'eau réduite en écume, qui monte et descend dans le canal. L'écume, dès ce moment, remplit les bronches et envahit les vésicules pulmonaires ; aussi de très bonne heure le poumon est le siège d'un emphysème œdémateux qui continue à s'accentuer jusqu'à l'instant de la mort. Les contractions spasmodiques de la glotte et du pharynx peuvent restreindre l'aspiration et la déglutition de l'eau ; mais elles ne les entravent jamais complètement, surtout chez le chien. 11 en résulte que les voies respiratoires, indépendamment de l'eau
en écume, en conservent à l'état liquide qu'on peut voir sortir en tenant la tête dans une situation déclive.
Bien avant la mort et avant même la chute de l'animal au fond de l'eau, les troubles fonctionnels de l'état aspliyxique sont réalisés. Si on retire le chien, le le chat, après les deux premières minutes d'immersion, alors que l'agitation cesse, l'animal a les parties superficielles du corps pâles, presque exsangues, le thorax resserré, son système musculaire est flasque et dans un état de résolution comparable à celui du dé])utde l'anesthésie par l'éther ou le chloroforme. Le chien tremble, titube, trébuche et tombe comme une masse inerte; il peut se remettre lentement ou bien, après s'être rétabli en apparence, succomber au bout de quelques heures. Si on le tue après la constatation de son état à sa sortie, on trouve les congestions viscérales, les voies aériennes obstruées par l'écume, les suffusions, les pétéchies du poumon, l'infiltration spumeuse de cet organe qui crée un grand obstacle à l'hématose.
Dans le cas où l'animal est retiré de l'eau à un moment très avancé de l'aiTesthésie, il demeure immobile, étendu sur le sol, avec l'aspect du cadavre : seulement il respire et bâille, à des intervalles plus ou moins éloignés pendant cinq ou dix minutes, et le plus souvent il périt, après ces délais, sans secousses ni convulsions.
Toutefois, à compter du moment de la mort apparente, le cœur a encore des mouvements perceptibles pendant 4, S minutes, quelquefois plus. S'ils ne le sont pas au toucher ou à l'auscultation, ce qui est le cas ordinaire, ils peuvent l'être par une petite incision à un muscle intercostal ; mais le sang artériel est alors absolument noir, et il coule faiblement, sans saccades appréciables.
Les animaux non plongeurs ne me paraissent vivre sous l'eau qu'un temps tout au plus égal à celui qu'ils vivraient dans l'air avec la trachée obturée. Les rats surmulots adultes que j'ai plongés dans l'eau y sont morts en une minute et demie, deux minutes, deux minutes et demie, rarement plus tard. Si, après ce temps, ils étaient retirés du liquide, ils faisaient quelquefois de légers mouvem-ents, sans toutefois revenir à la vie. Les chiens tombent au fond du liquide de la deuxième à la troisième minute, cessent leurs mouvements d'ordinaire à la quatrième, et ne donnent plus aucun signe de vie. L'un d'eux, retiré après trois minutes et demie d'immersion, était flasque, avait la bouche ouverte, la langue pendante, les muqueuses pâles ; l'insufflation pulmonaire et les fi'ictions continuées.pendant une demi-heure, ne le rappelèrent pas à la vie. L'homme qui est demeuré sous l'eau plus de quatre à six minutes ne peut probablement plus être rappelé à la vie, à moins qu'il n'ait éprouvé, dit-on, une syncope en se noyant.
Les animaux plongeurs, par suite de quelques dispositions anatomiques, peuvent passer sous l'eau, sans périr, quelques minutes de plus que les autres. Ils ont, pour la plupart, notamment les phoques et l'hippopotame, de grandes dilatations à la veine cave où stagne le sang noir, un sphincter musculeux autour de cette veine à son passage à travers le diaphragme, sphincter dont la contraction limite probablement le retour du sang noir au cœur et au poumon et le retient dans le système veineux des parties postérieures du corps; les phoques ont: en outre, dit-on, la faculté de comprimer leurs carotides dans la région
hyoïdienne pour limiter l'abord du sang à l'encéphale; leurs narines, comme celles de l'hippopotame, sont disposées en anneau et se ferment exactement pendant toute la durée de l'immersion. Il y aurait aussi chez les cétacés, autour de l'aorte et à la base du crâne, des plexus artériels dont les usages ont été rattachés à la faculté de plonger.
Quelle qu'en soit la raison, le privilège dont jouissent les plongeurs est incontestable. Ces animaux se jettent sous l'eau volontairement, s'y meuvent sans inquiétude et ne cherchent souvent à en sortir pour respirer qu'après plusieurs minutes. J'ai vu souvent l'hippopotame du Jardin des plantes ne ramener le nez à la surface du liquide qu'à des intervalles de trente à trente-trois secondes. Gratiolet aurait compté, ce que j'ai peine à croire, quinze minutes entre deux inspirations. M. Bert affirme avoir vu le phoque demeurer immergé pendant dix minutes. La baleine, d'après Scoresby, ne vient respirer qu'à des intervalles de cinq à dix minutes, et peut se tenir sous l'eau de quinze à vingt minutes pour manger, même une demi-heure lorsqu'elle a été blessée.
Mais, à part ces exceptions, les autres animaux plongeurs ne résistent à l'asphyxie, sous l'eau, qu'un temps de bien peu supérieur à celui que peuvent y passer les espèces ordinaires. J'ai eu l'occasion d'expérimenter à plusieurs reprises sur une poule d'eau ; elle plongeait volontiers et se tenait au fond d'un bassin, sans se débattre, pendant plusieurs minutes; mais passé deux minutes et demie, elle faisait des efforts inouïs pour sortir du liquide. Après avoir résisté à des submersions de trois minutes à trois minutes et demie, elle périt à la suite de celle qui allait à près de quatre minutes. W. Edwards ' avait déjà noté que cet oiseau ne peut plonger au delà de trois minutes. Dans les expériences récentes de M. Bert ^, le rat d'eau n'a résisté que deux minutes cinquante, le goéland, le râle d'eau, quatre minutes et demie, la sarcelle et l'oie sept à huit minutes, et le canard onze minutes. Il est bien établi que les hommes qui ont acquis la plus grande habileté à plonger ne peuvent se tenir sous l'eau au delà de trois minutes.
Le moment précis de la mort dans l'asphyxie par submersion n'est pas d'une détermination facile, car, d'une part, la mort est apparente avant d'être réelle et d'autre part, les grands appareils de l'économie meurent d'une manière successive et à des intervalles variables.
D'abord il y a perte de connaissance et insensibilité, suppression des actes réflexes indiquant la mort du système nerveux; mais ce système est simplement anesthésié; puis il y a arrêt des mouvements respiratoires qui peuvent néanmoins se rétablir si l'animal est tiré de l'ean avant que les mouvements généraux deviennent impossibles ; enfin c'est la circulation ou plutôt l'action affaiblie du cœur qui cesse en dernier lieu. En cela l'enchaînement est manifeste. La mort des centres nerveux est le début, le phénomène initial de l'asphyxie, celui dont tous les autres dérivent. Dès que le système nerveux est tué les sensations s'éteignent, les mouvements généraux cessent, puis ceux du mécanisme respiratoire et longtemps après ceux du cœur. Cette mort, dans l'ensemble de l'organisme et dans chacun de ses principaux appareils, survient d'autant plus vite que