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Kôlliker a vu sur la jambe de l'homme prise immédiatement après une amputation, la saplicne, la tibiale postérieure se contracter sous rinfluence d'un courant d'induction, au point d'expulser leur contenu et de se réduire à l'état de cordons blanchâtres. On sait, d'ailleurs, que par l'action du froid toutes les veines superficielles, particulièrement celles de la peau, se resserrent au point de devenir à peu près invisibles.
La contraction produite dans la plupart des veines par les éléments musculaires lisses de la tunique moyenne paraît être généralement une contraction lente, très différente de celle qui appartient au sinus de la veine cave supérieure et à l'anneau terminal de la veine cave inférieure. Elle a autant pour but de régler le calibre des veines, de le proportionner aux quantités de liquide à contenir que d'accroître l'impulsion du sang noir. Cette contraction ne donne pas lieu, comme celle du sinus de la veine cave, à une pulsation ; elle n'a aucun caractère rhythmique. Néanmoins, par exception, sur quelques animaux, comme aux ailes des chauves-souris, Wharton Jones et Vircliow ' ont observé qu'elle se manifestait sous la forme d'ondulations très peu étendues, très lentes et très régulières, plus rares que les mouvements du cœur, mais plus fréquentes que ceux de la respiration. Le premier de ces observateurs en a compté 8 à 10 par minute, et il a vu qu'elle réduisait le calibre du vaisseau d'un quart ou même davantage. Il ne les a pas constatées dans les autres veines superficielles.
La diastole des oreillettes, par l'espèce d'aspiration qu'elle produit sur le sang des gros troncs veineux, prend aussi une certaine part à la progression du sang noir. Wedemeyer, après avoir lié la jugulaire du cheval et adapté au-dessous de la ligature un tube recourbé dont l'extrémité libre plongeait dans l'eau, a vu immédiatement après chaque pulsation du cœur, l'eau s'élever à la hauteur de quelques pouces dans ce tube et redescendre ensuite. J'ai fait une petite ouverture soit à la jugulaire vers la première côte, soit à une des grosses veines à leur entrée dans le thorax, et j'ai vu aussi qu'après chaque pulsation une petite quantité d'air s'engouffrait avec bruit dans le vaisseau dont les parois étaient ouvertes. Le même phénomène s'observe aussi quelquefois sur le cheval quand le canal thoracique est coupé en travers à son insertion dans le système veineux.
La dilatation du thorax, lors de l'inspiration, exerce sur les oreillettes du cœur, sur les grosses veines qui y aboutissent, et, de proche en proche, sur tout le reste du système une action aspiratrice analogue à la première, mais plus énergique et moins répétée. Haller avait déjà noté en plusieurs circonstances que des veines rapprochées du cœur pâlissent en s'affaissant au moment de l'inspiration, tandis qu'elles se gonflent lors de l'expiration. Haies, en adaptant un tube à la jugulaire de plusieurs animaux, a pu voir le niveau du sang dans ce tube vertical osciller beaucoup suivant l'état de la respiration et le développement des efforts. Magendie, en fixant du côté du cœur une sonde à la jugulaire, a vu l'air aspiré à chaque mouvement d'inspiration. Enfin Barry, ayant enfoncé dans la jugulaire un tube recourbé dont l'extrémité inférieure plongeait dans l'eau ou dans un fluide coloré, a constaté aussi que ce liquide monte dans le tube à chaque
li Virchow, Pathologie cellulaire, 1'^ édit. Paris, 1860, p. 100.
COUKS DU SANG DAiNS LES VEINES.
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inspiration cl en descend à cliaiiue expiration. J'ai réputé cette expérience très simple avec un tube recourbé dont les deux branches, longues chacune de 40 centimètres, formaient entre elles un angle de 30 degrés. La jugulaire étant liée, Tune des brandies du tube l'ut introduite dans une ouverture faite à la veine au-tlessous de la ligature et poussée jusqu'à l'entrée du thorax ; l'autre branche, verticale et graduée, plongeait dans un llacon [ilein d'eau. Alors on voyait à chaque inspiration le niveau du liquide du tube monter de 2, 3, 4 ou d centimètres, puis redescendre de la même quantité à chaque expiration. Dans les inspirations véhémentes et dans les elïorts violents, les oscillations avaient une amplitude de beaucoup supérieure à celles-là, comme de 8 à 10 centimètres. En examinant avec soin les déplacements du liquide, on pouvait distinguer dans le mouvement oscillatoire total deux autres mouvements : l'un faible, dépendant des battements du cœur: l'autre, plus étendu, dérivant des mouvements respiratoires. Le liquide s'élève à chaque diastole des oreillettes et à chaque inspiration ; il s'abaisse, au contraire, à chaque systole des oreillettes et à chaque expiration. Il importe de remarquer que ces effets ne sont bien manifestes
qu'autant que le tube descend dans la jugulaire jusqu'à l'entrée du thorax, sinon la veine, vide au-dessous de la ligature, s'affaisse par la pression atmosphérique et transmet très mal au tube l'action du cœur et de la poitrine.
L'action aspirante du thorax sur le sang veineux, lors de l'inspiration, donne lieu souvent, si les veines sont ouvertes pendant les opérations chirurgicales, à l'introduction d'une plus ou moins grande quantité d'air. Cet accident, dont les conséquences sont graves, souvent mortelles, se produit avec une extrême facilité vers le golfe des jugulaires, à l'origine de la veine cave antérieure, à l'insertion du canal thoracique ; il peut avoir lieu encore à la jugulaire ouverte au milieu du cou si l'opérateur cesse brusquement la compression de la veine après le coup de flamme, car alors le sang du segment supérieur s'échappe par la plaie, et le segment inférieur éprouvant une expansion appelle l'air avec plus ou moins de force. Il en est encore ainsi quand on introduit un entonnoir vide dans cette veine pour pratiquer des injections médicamenteuses. L'air qui entre dans le vaisseau s'y engouffre avec bruit, rend le sang du cœur spumeux, et, porté sous forme de petites bulles dans les petits vaisseaux du poumon, il crée des obstacles souvent insurmontables au passage du liquide dans les cavités gauches. De là la mort presque instantanée si la quantité d'air est un peu considérable. Wepfer, Méry ont, les premiers, constaté ces faits dont les chirurgiens de ce siècle ont observé de nombreux exemples.
La zone d'aspiration du thorax s'étend assez loin chez l'homme. On a vu, pendant des opérations chirurgicales, l'air entrer par des veines du milieu du cou, de la partie supérieure du bras et même par la faciale, au niveau du bord infé-
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rieur du maxillaire ; mais dans la partie reculée de celle zone la (|uantilé d'air qui peut être aspirée est faible et ordinairement insuiïisanle pour donner lieu à la mort.
Si l'inspiration appelle le sang veineux vers le thorax, l'expiration, par contre, crée un obstacle à son entrée dans la poitrine ; elle refoule même ce liquide avec une grande énergie au moment des efforts. Tout le monde suit qu'alors les veines du cou, de la face, des tempes se distendent par le sang qui y stagne. Les accès de toux, chez les enfants, congestionnent la face, comme le fait souvent le rire à tous les âges.
La double action du thorax sur le sang veineux, l'appel, lors de l'inspiration, et le refoulement lors de l'expiration se mesurent très bien à l'aide du manomètre de Poiseuille. Cet instrument contenant une dissolution de bicarbonate de soude étant adapté par une de ses branches à la partie inférieure de la jugulaire, on voit, lors de l'inspiration, le liquide attiré descendre dans la branche libre de 7 à 9 centimètres et remonter de 6 à 8 au moment de l'expiration. Lors des efforts, il peut descendre de 25 centimètres pendant l'inspiration et remonter de 15 dans l'expiration.
L'action exercée par les mouvements respiratoires sur le sang noir ne porte pas seulement sur les gros troncs veineux du thorax et sur les veines voisines de cette cavité ; elle s'étend au loin et de proche en proche, puisque le vide ne peut se former dans le système veineux, et que le sang situé vers l'organe central doit être suivi par les quantités qui se trouvent en arrière des premières. Ce fait, nié par Poiseuille, m'est démontré par l'expérience suivante faite sur le cheval : Après avoir lié la jugulaire vers le milieu du cou, de manière à soustraire le sang du segment supérieur à l'action aspiratrice directe du cœur et du thorax, j'ai ouvert ce segment et j'y ai adapté l'hémodynamomètre dont je me suis servi pour les artères. Or, le sang qui, lors d'un effort violent, s'était élevé à une hauteur de 90 centimètres, descendit bientôt à 80, puis à 48. Une autre fois, après une ascension de 1 mètre, il descendit à 50 centimètres. Evidemment, c'est dans ce cas par les anastomoses de la jugulaire avec les vertébrales, les cervicales supérieures que l'influence du cœur et du thorax se fait sentir sur le contenu de cette veine.
Les puissances diverses qui concourent à la progression du sang ont souvent pour auxiliaires les mouvements des artères, ceux des muscles, la pression des téguments qui recouvrent les veines superficielles, et celle des parties de toute nature qui entourent ces vaisseaux. L'influence des battements artériels que l'on a considérée comme très importante n'est pas susceptible d'une démonstration péremptoire. La raison que Ton a donnée de son utilité n'a pas une valeur incontestable, car, si les veines accompagnent généralement les artères, c'est peut-être plus pour profiter des routes que la nature a su si habilement tracer aux vaisseaux que pour .laisser aux premières quelques avantages des pulsations des secondes. La pression des téguments et des autres parties est extrêmement utile en prévenant, jusqu'à un certain point, la dilatation extrême des veines et en s'opposant ainsi à la stagnation du sang dans leur intérieur ; son influence devient manifeste par le gonflement que montrent les veines superficielles dénu-
dées Pt les mésentériques, la spléniquo, quand les viscèivs abdominaux sont soustraits à la [iression des parois du ventre. Enfin, la contraction musculaire a sur la progression du sang veineux une iniluence très marquée et complexe. D'une part, lorsqu'un muscle ou un groupe de muscles se contracte, il se gonlle et comprime les veines situées entre lui et les aponévroses ou la peau : il en exprime, par conséquent, le sang avec une certaine force, et, une fois que la contraction cesse, le liquide afllue rapidement des radicules vers les parties vasculaires qui s'étaient affaissées. D'autre part, toutes les veinules de l'intérieur du muscle, comprises entre les faisceaux, les fascicules, étant également comprimées, le sang qui ne peut guère refluer vers les capillaires, à cause de l'obstacle opposé par les valvules, s'échappe vivement du côté central. Dès que le relâchement survient, la veine vidée se remplit et elle expulse son contenu lors d'une nouvelle contraction, comme cela arrive pendant la marche pour les membres et pendant la mastication pour les muscles des mâchoires, de telle sorte qu'en un temps donné la quantité de sang qui traverse les muscles est beaucoup plus grande qu'à l'état normal. En effet, la jugulaire donne plus de sang pendant la mastication, et la saphène pendant la marche, que dans les temps de repos. En outre, ce sang est chassé de ces vaisseaux avec plus de force : aussi le mouvement des mâchoires renouvelle souvent l'hémorrhagie sur les animaux à phlébite et à thrombus:
Dans le cas où les veines sont liées, en un point de leur trajet, la tension de leur contenu s'accroît considérablement par le fait des contractions musculaires. Ainsi j'ai observé sur le cheval que, si le sang s'élève à une hauteur de 80 à 8o centimètres dans le manomètre vertical de Haies, la tète et l'encolure étant immobiles, il monte à 150, 160 et même à 173 centimètres si on force l'animal à mouvoir les mâchoires pendant un quart ou un tiers de minute.
L'intensité de la résultante de toutes les forces qui concourent à la progression du sang veineux est beaucoup moindre que celle des forces motrices appliquées au sang artériel. Elle est si faible que le moindre obstacle, la plus légère compression sur le trajet des veines suffit pour donner lieu à la stagnation et quelquefois à l'arrêt de leur contenu. La tension du sang veineux est en rapport avec cette faible impulsion.
Cette tension que Haies croyait très considérable, parce que, pour la déterrainer, il arrêtait le cours du liquide dans la jugulaire, est en réalité très faible. Magendie l'a trouvée à la jugulaire, pendant les moments de calme, égale à celle que donnerait une colonne de o à 7 millimètres de mercure. Elle a paru un peu plus forte à Volkmann et à Ludwig, soit de 9 à 21 millimètres de mercure ou du 18^ au 6® de la pression du sang artériel. Dans mes expériences, faites en introduisant le manomètre dans une collatérale de la jugulaire, le courant sanguin de celle-ci demeurant libre, elle a été égale à celle d'une colonne de sang de 5 à 10 centimètres, ou tout au plus de 7 millimètres de mercure ; elle a été de 10 à 30 centimètres dans les divisions principales de la mésaraïque du cheval. D'après Volkmann, elle diminuerait progressivement des radicules vers les parties les plus rapprochées du cœur. Ainsi elle serait déjà dans la jugulaire moitié moindre que dans la faciale. Ce dernier observateur a cru voir que cette pression
diminuait des petites veines vers les grandes. Ainsi de 44 millimètres qu'elle était dans les petites veines de l'encolure elle tombait à 21 dans le tronc de la jugulaire.
La tension n'est point uniforme dans les différentes veines de même calibre. Elle est faible partout où ces vaisseaux sont affaissés, et elle augmente en raison de leur degré de réplétion, lequel dépend en grande partie des obstacles au retour du liquide vers le cœur. Une fois que les veines sont liées, elle devient énorme. Dans ce cas, Haies a vu le sang de la jugulaire monter à plus de 4 pieds dans son tube adapté à la jugulaire de la jument, à 5 pieds 9 pouces sur le mouton, et de 5 à 8 pieds sur le cbien. J'ai vu souvent aussi, sur le cheval, le sang monter dans le manomètre à 1 mètre et demi et même à 2 mètres au moment des efforts, ou presque à la hauteur du sang artériel. Cette tension excessive, due à la ligature ou à un obstacle quelconque, a pour résultat, d'une part, de reproduire les hémorrhagies dans le cas de thrombus ; d'autre part, de provoquer l'épanchement du plasma à travers les parois vasculaires, ou l'infiltration plus ou moins étendue. La résistance des parois veineuses prévient alors leur rupture, et l'on sait qu'elle est très grande, car, d'après Haies \ la jugulaire du chien peut supporter, sans se rompre, une pression de 5 atmosphères ou d'une colonne d'eau de 165 pieds anglais. La veine porte, d'après Wintringham, résisterait à une tension de 6 atmosphères.
D'ailleurs, la tension du sang n'augmente pas seulement dans les veines où existent des obstacles à la circulation, tels que caillots, ligatures, elle s'accroît encore dans celles qui communiquent avec les premières ou qui doivent en charrier une partie du sang. Ainsi, Magendie a vu la tension d'une jugulaire augmenter d'un quart, dès qu'on venait à lier celle du côté opposé.
L'action de la pesanteur peut augmenter aussi très sensiblement la tension du sang dans quelques parties du système veineux. Si le sang doit monter, pour se rendre au cœur, il marche lentement et stagne, comme on le voit, à la main qui se gonfle et s'injecte si elle est pendante, tandis qu'il coule plus vite s'il descend, comme cela arrive à la main levée qui pâlit. On doit tenir grand compte de ces particularités dans la position à donner aux parties malades et surtout aux parties congestionnées ou enflammées.
Le mouvement du sang dans les fortes veines peut donner lieu à un bruit doux que l'on a appelle souffle veineux. Il est perceptible à la jugulaire, à la crurale, à l'aide du stéthoscope. On l'entend d'une manière continue ou par intermittences lors de la diastole des ventricules, surtout pendant les inspirations profondes, et on le fait cesser en comprimant fortement le vaisseau. Il paraît dû, dit-on, au passage du sang d'une partie rétrécie dans une partie plus large.
Ce souffle se distingue du souflle artériel, qui est intermittent et synchrone avec le choc du cœur, ou la pulsation artérielle.
Le cours du sang veineux est modifié, sous le rapport de sa direction et de sa vitesse, par la présence des valvules et par les anastomoses que les veines éta-