‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 160 sur 310 · Du cours du sang dans les tissus érectiles · texte numérisé non relu

Du cours du sang dans les tissus érectiles

Les tissus érectiles du corps caverneux du pénis et du clitoris, du canal de l'urèthre, du bulbe du vagin, du mamelon, des caroncules du coq, du dindon et des autres gallinacés, donnent lieu à quelques importantes modifications dans la progression du sang.

Ces tissus sont constitués par des brides fibreuses, légèrement élastiques et entre-croisées dans tous les sens, de manière à laisser entre elles des espaces irréguliers ou des cellules tapissées par la membrane interne des veines et communiquant les unes avec les autres. Les artères, divisées à l'infini, apportent le sang dans ces cellules, et les veines l'y reprennent, de même que si les cellules érectiles représentaient un système capillaire.

A certains moments, sous l'influence de diverses excitations, ces tissus se dilatent, se gorgent de sang et acquièrent une rigidité considérable ; puis, lorsque les causes de l'érection cessent d'agir, ils reviennent sur eux-mêmes, perdent leur tension, et la plus grande partie des fluides qui remplissaient leurs mailles rentre dans le torrent de la circulation.

Le mécanisme de l'érection est encore imparfaitement déterminé. Les uns attribuent cet acte à un relâchement atonique des artères comparable à celui qui résulte de la section des filets du sympathique — d'autres à une dilatation active des artères qui apporteraient une quantité de sang supérieure à celle qu'elles charrient dans les conditions où les tissus érectiles sont affaissés. Mais, il est clair que si l'apport d'une grande quantité de sang est nécessaire pour réaliser l'érection, la rétention de ce sang dans le tissu est plus nécessaire encore. Or, cette rétention ne peut s'effectuer que par les veines. La réplétion des tissus érectiles paraît dépendre, du moins pour les principaux d'entre eux, de la compression momentanée exercée sur les veines de ces tissus par des muscles spéciaux. On la produit sur le cadavre par l'insufflation des veines du corps caverneux, par l'injection de ces veines ou des artères, soit avec des matières solidifiables, soit au moyen de procédés hydrotomiques. Quand elle est complète, les fluides accumulés dans le corps caverneux ont, d'après les expériences de Miiller, une tension susceptible de faire équilibre à une colonne d'eau de 2 mètres de hauteur, c'està-dire à peu près égale à celle du sang artériel.

La turgescence des tissus érectiles peut se modifier avec une très grande rapidité, grâce à la multiplicité et à l'amplitude des veines qui émanent de ces tissus, veines à parois minces dans lesquelles existent des valvules nombreuses, disposées, du reste, comme dans les autres parties du système vasculaire à sang noir.

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