ABSORPTION DE LA LY.MI'IIE
dans les vaisseaux des testicules ou des membres engorgés, quv de celle (jui a son siège dans les ganglions. On conçoit que la formation globulaire i«n'nne une activité proportionnelle à l'augmentalion de volume des ganglions, ;uigmentation qui s'élève au double, au triple du poids normal, et même plus, car j'ai vu les ganglions sous-glossiens, qui pèsent d'habitude 5 à 6 grammes, arrivera 120 sur le cheval morveux.
A cette addition de globules et de* principes fixes paraissent se boiner les acquisitions de la Ijmphe dans les ganglions. Rien n'indique que dans les conditions normales elle y reçoive de la matière colorante du sang, comme l'ont dit un grand nombre d'observateurs. Mais il est évident que si les ganglions ont subi quelques violences physiques, l'hématine et les globules rouges peuvent passer dans la lymphe.
La quantité de lymphe absorbée par Tensemble du système peut être déterminée par la méthode des fistules appliquées, tout à la fois, au canal thoracique et au tronc lymphatique droit, dans les moments oi!i l'absorption intestinale est à peu près suspendue faute de matériaux. Elle peut Tètre encore en recueillant ces produits pendant la digestion, et en déduisant du chiffre total celui qui représente approximativement la masse du chyle d'après les bases posées plus loin. "SY. Krause l'a évalué à plus du tiers du poids de l'animal. Mais, d'après de nombreuses déterminations expérimentales qui me sont propres, je crois qu'il se trompe de plus de moitié, car la somme de lymphe que l'expérimentation indique représente au plus un septième du poids du corps.
Dans diverses régions on arriverait à quelques estimations partielles si on mesurait l'aire de tous les vaisseaux dont le produit peut être déterminé.
Voici pour quelques animaux, d'après mes recherches, le produit versé par un lymphatique du cou en une heure. Sur le mouton et le bœuf la fistule est établie à l'abouchement du vaisseau dans le tronc lymphatique droit :
!'='■ cheval 22 grammes pour 21 li . : 528
2<= cheval 40 — — 960
3= cheval 50 — — 1200
4= cheval 16 — — 384
5« cheval 40 — — 960
6e cheval ■ 5ô — — 1320
7° cheval <S8 — — 2112
Bœuf 60 — - 1440
Jlouton 12 — — 288
Chien 9 — — 216
Les variations dans la quantité de lymphe absorbée sont énormes suivant les espèces, le tempérament des individus et les conditions physiologiques ou pathologiques. L'herbivore me parait plus producteur de fluides blancs que le carnassier, le jeune sujet que l'adulte. Le lymphatique, qui justifie pleinement cette qualification, en a les vaisseaux pleins, les ganglions gonflés, et son sang retient le plasma et les globules lymphatiques en grande quantité. L'œdématié, l'hydropique, le cheval à anasarque, le morveux, le farcineux, en ont aussi les vaisseaux très remplis et leur sang est plus ou moins leucémique.
L'absorption de la lymphe, considérée au point de vue de sa destination
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ultime a plus d'une analogie avec celle du chyle ; elledoil, comme celle-ci, recueillir des matériaux propres à la reconstitution du lluide nutritif. Mais au lieu de les prendre dans les matières étrangères, elle les recueille flans la propre substance de l'être; l'une prend les produits des mutations de l'aliment, l'autre ceux des mutations des tissus et des humeurs de l'organisme.
En raison des matériaux divers sur lesquels elle s'exerce, et de sa destination, elle n'a pas d'uniformité. Ici où le plasma et les produits de sécrétion abondent, elle est extrêmement active, là elle se réduit presque à rien. Les parties du système lymphatique sont si complètement indépendantes les unes des autres que le repos de certaines d'entre elles n'a aucune influence sur l'activité ài reste.
Il ne me paraît pas certain que les conditions générales autres que celles ré sultant de la somme des matériaux offerts puissent influer manifestement sur l'activité absorbante du système lymphatique. On répète, depuis longtemps, d'après Collard de Martigny, que l'abstinence, à son début, rend l'appareil lymphatique turgide. Cependant j'ai examiné un très grand nombre de fois le canal thoracique, la citerne, les gros vaisseaux lombaires et les principaux lymphatiques des animaux à diverses périodes de l'abstinence : souvent alors des fistules ont été faites tant sur les carnassiers que sur les herbivores, sans que j'aie vu, dans les premiers jours d'une diète absolue, plus de lymphe que dans les intervalles ordinaires de la digestion. Alors il y en avait beaucoup, sans doute, mais la quantité en diminuait progressivement jusqu'au terme de l'inanition et parallèlement à la réduction de la masse sanguine.