CHAPITRE LXV
Le travail morphologique qui a pour objet la genèse, la multiplication, la régénération des cellules, des fibres et des autres éléments anatomiques a pour facteurs des actions chimiques nombreuses que le physiologiste est intéressé à étudier. Ces actions consistent soit dans des modifications de l'état moléculaire
1. Baudement, Annales des sciences naturelles, 4' série, Zoologie, t. XV, 1861.
des matières nutritives, soit dans des phénomènes d'hydratation, de deshydratation, d'o^ydation, de dédoublement de combinaisons, de dissociation, de décomposition, d'une analyse extrêmement difficile, actions qui ont toutes pour résultat ce qu'on appelle l'assimilation et la désassimilation.
Les matériaux dans lesquels s'accomplissent ces actions ont une composition partout à peu près uniforme. Ils sont apportés à l'organisme par l'aliment complet qui passe à de l'état de chyle et de sang avant d'arriver à l'état d'éléments anatomiques ou de tissus. Dans l'œuf ils n'ont pas une autre nature puisque cet œuf offre à l'embryon ce qui est nécessaire à la constitution de toutes ses parties. Cet œuf n'est, en définitive, qu'un aliment complet élaboré qui sert d'emblée à la constitution des tissus, sans passer par les états intermédiaires :
Dans l'œuf oii l'organisme se crée et dans l'organisme achevé les matières qui jouent le rôle le plus important, le rôle capital, sont les matières azotées ou albuminoïdes. Or on sait que ces matières représentées dans le sang par l'albumine, la plasmine, la globuline, la fibrine ont une composition à peu près identique. Chacun de ces principes, traité par la potasse, donne une matière homogène, transparente, jouissant de propriétés nouvelles, tout en conservant la composition des principes dont elle dérive. Cette matière, connue sous le nom de protéine, est associée à une certaine quantité de soufre et de phosphore. Or, comme les tissus dérivent du sang, il faut rechercher comment ces deux principes peuvent donner naissance aux solides organiques.
La protéine dont la formule est représentée par 48 atomes de carbone, 72 d'hydrogène, 12 d'azote et 14 d'oxygène, doit être considérée comme le point de départ de toutes les formations organiques, et pour qu'elle éprouve sa conversion en tissus musculaire, fibreux, cartilagineux, elle n'a besoin que de fixer de l'oxygène atmosphérique ou les éléments de l'eau. 'Ainsi, d'après les analyses dues àMulder et à Scherer\ le tissu cartilagineux, constitué par la chondrine, la corne, les poils et les autres productions épidermiques, tout en conservant la proportion de carbone et d'azote des substances protéiques, fixeraient, en plus quelques atomes d'hydrogène et d'oxygène. Les tissus gélatineux comme ceux des tendons, des tuniques artérielles fixeraient, toujours en conservant le chiffre de leur carbone, quelques atomes d'hydrogène, d'oxygène et d'azote. Ces changements décomposition se trouvent indiqués par les nombres du tableau suivant, emprunté à Liebig.
PRI>'CIPES IMMÉDIATS Eï TISSUS
CARBO.NK