POULE ADULTE, PESANT 13G2 GRAMMES
Peau et plumes. . , , .
Muscles et annexes^.
Os et cartilages frais.
Graisse libre
Os et cartilages secs.
Encéphale.-
.Moelle épinière
Langue
Larynx et trachée. . .
Yeux
Poumons
Cœur
Œsophage, jabot. . .
Gésier vide
Intestin vide
Foie . . .
Rate.-.
Pancréas
Reins
Ovaire et oviductc. . .
Contenu du gésier. . . Contenu de l'intestin
leur trajet des noyaux bien distincts, et offrent des contours obscurs qui donnent à supposer qu'elles sont creuses. Ces derniers finissent d'après quelques micrographes, par perdre les noyaux qui les distinguent.
Le développement de ce tissu commence à s'effectuer dès les premiers temps de la vie embryonnaire ; il continue pendant toute la durée de la vie fœtale ; plus tard, il devient un phénomène très général dans le travail delà cicatrisation et de la reproduction des tissus : alors le tissu cellulaire formé peut, en se modifiant légèrement, donner naissance au tissu fibreux et au séreux, dontles éléments sont analogues, sinon à peu près identiques, à ceux du tissu générateur. Ce tissu paraît de nature albumineuse. Il donne de la gélatine par la coclion, et se dissout à la longue dans l'eau bouillante, surtout avec addition d'un acide ou d'un alcali. Le tannin ou le bichlorure de mercure le transforme en un composé imputrescible.
La nutrition des muscles, qui emploie, à elle seule, à peu près la moitié de la masse totale du sang, offre, dans son ensemble, quelques traits remarquables propres à la différencier de celle des autres tissus.
Les fibres musculaires, d'après les recherches des micrographes, notamment celles de Valentin, dérivent de cellules qui se sont allongées, tout en conservant leur contenu et le noyau de leurs parois. Leurs faisceaux sont généralement lisses dans les muscles de la vie organique et striés transversalement dans ceux de la vie animale. Les faisceaux primitifs ont une enveloppe ou sarcolemme de nature conjonctive et un contenu où les noyaux apparaissent sous l'influence de l'acide acétique. Les fibrilles, qui dérivent probablement de cellules fusiformes très allongées, sont striées, et présentent de fins granules au niveau des stries. L'acide acétique fait pâlir les faisceaux et les dilate, en rendant les stries plus apparentes; l'acide chlorhydrique les rompt en segments transverses très courts. Leur substance constitutive, appelée syntonine, se dissout dans l'acide chlorhydrique étendu et dans les alcalis ; leurs noyaux sont plus réfractaires et de nature spéciale ; enfin les granules semblent constitués par de la graisse. Le sarcolemme n'est point apte à se convertir en gélatine par l'ébullition, comme le fait le tissu cellulaire commun. D'après Lehmann, le liquide opalin et acide qui imprègne le muscle contient de la graisse, de l'albumine, de la caséine, de la créatine, de l'inosite, des acides lactique, acétique et formique, qui semblent en partie résulter du travail de déssassimilation, enfin des phosphates et des sels potassiques.
Dans les muscles lisses des viscères, les fibres sont formées par des cellules longues, fusiformes, à noyau homogène, que l'acide acétique rend très apparent. Elles sont alors constituées par la syntonine soluble dans l'acide chlorhydrique et précipitable en flocons dans le liquide neutralisé. Le suc de ces muscles est acide, chargé de matière albumineuse et d'un peu de créatine. Lorsque le muscle s'accroît, il se forme de nouvelles fibres et de nouveaux fascicules entre les fibres et les fascicules anciens, comme Schwann l'a vu pour la matrice, pendant la gestation.
Dans le jeune âge, les muscles sont pâles, mous, peu énergiques; mais peu à peu leur consistance augmente et leur couleur se fonce : d'abord ils paraissent plus gélatineux, leur tissu semble moins pénétré de fibrine, les divers muscles
sont peu distincts et un peu grêles ; plus tard, les masses musculaires prennent du volume, leurs saillies se dessinent, les membres s'arrondissent. A l'âge adulte, la libre est (lexueuse ; elle durcit et devient coriace à mesure que les animaux vieillissent, surtout s'ils sont employés à des travaux pénibles ; mais tous les muscles n'ont ni la même couleur ni la même consistance dans une espèce donnée. Les peauciers, le sterno-huméral, le sterno-aponévrotique, le demitendineux, le demi-membraneux, sont moins rouges que la plupart des autres; ceux des pattes du coq et de plusieurs gallinacés ont une teinte assez vive, tandis que ceux du bréchet et du tronc sont très pfdes. Les psoas, le pectine, le biceps, sont d'une texture extrêmement délicate; au contraire, le mastoïdohuméral, le splénius, la plupart des muscles cervicaux, ceux de Tavant-bras, de la jambe, ont une consistance et une dureté qui tiennent en grande partie aux lames aponévrotiques qui les recouvrent, aux intersections qui sillonnent leur substance et aux tendons qui les terminent.
Ces organes sont loin de prendre les mêmes caractères dans tous les animaux. On les voit très pâles chez le lapin et très rouges chez le lièvre, moins colorés, en général, chez les herbivores que chez les carnassiers, moins chez les animaux gras, chez les sujets dont l'accroissement a été rapide, que chez ceux qui sont maigres et qui ont travaillé.
La nutrition de ces organes acquiert de Tactivité par le fait d'un exercice modéré, qui donne, du reste, à la chair des animaux un goût plus agréable que chez les sujets élevés dans une inaction à peu près absolue. Les progrès de l'âge, les travaux excessifs, une alimentation insuffisante, diverses maladies, telles que la phthisie des bêtes bovines, déterminent, à la longue, une atrophie générale du système, poussée souvent à un degré extrême sur les vieilles vaches laitières. Les pressions extérieures, les lésions des nerfs produisent souvent une décoloration et une atrophie notables de quelques muscles, comme celles des droits de la tête et de plusieurs muscles laryngés du cheval. L'état de vacuité de l'utérus, après la parturition, détermine Famincissement des faisceaux musculaires, des ligaments larges et de la membrane contractile du viscère; l'inanition diminue le poids du cœur comme celui des muscles du squelette.
La composition chimique du muscle varie, d'ailleurs, suivant les espèces, l'âge et l'état des animaux, dans des limites très étendues. Sur certains sujets, ce tissu contient beaucoup de graisse, de principes solubles ; sur d'autres, il en est presque dépouillé, au point que sa faculté nutritive en est considérablement affaiblie.
Le tissu élastique, que l'on considère comme un dérivé du tissu conjonctif, résulte d'une modification dans les propriétés des parois des cellules qui s'épaississent et perdent leur contenu : ces fdDres, au lieu de demeurer parallèles, deviennent spiralées et inégalement sinueuses, fréquemment anastomosées entre elles. Leur matière constituante résiste à une ébullition très prolongée ; elle demeure inaltérable dans l'acide acétique, qui rend invisible le tissu cellulaire ; mais elle donne par l'acide sulfurique étendu, de la leucine au lieu de gélatine. C'est donc une matière distincte de celle du tissu conjonctif.
Le tissu fibreux blanc ou jaune est constitué par des libres dérivées de cellules
qui se sont allongées ou qui ont pris la disposition fusiforme. En outre, les corpuscules plus ou moins ramifiés qui existent dans ces tissus paraissent être dos des cellules en communication les unes avec les autres, et qui ont probablement pour office la distribution des sucs nutritifs, car les tendons, souvent d'un volume considérable, n'ont de vaisseaux sanguins que dans leur gaîne générale et dans les gaines secondaires ou tertiaires qui enveloppent les faisceaux ou les fascicules. Néanmoins ces parties se cicatrisent, sans trop de difficulté, dans certaines circonstances.
Toutes les parties fibreuses prennent peu à peu de la consistance, acquièrent de la ténacité et deviennent de moins en moins réductibles en gélatine par l'action de l'eau bouillante. Il y a une très grande différence, sous ce rapport, entre les tendons du fœtus et ceux de l'animal adulte, entre les artères ombilicales, si faciles à déchirer, et les vaisseaux artériels d'un animal arrivé à son complet développement.
Les tissus fibreux s'ossifient quelque fois en plusieurs points, soit normalement, soit accidentellement. Leur ossification est normale dans les tendons des muscles des pattes de beaucoup d'oiseaux, surtout parmi les gallinacés, dans ceux des muscles du cou et du dos de certains oiseaux, et elle y commence de très bonne heure. Elle est accidentelle en d'autres points, comme on le voit dans les poches anévrysmales, dans la dilatation ovoïde de la grande mésentérique du cheval, le tendon terminal du moyen fessier, celui du fléchisseur profond des phalanges, au niveau du carpe et de la région digitée, dans la corde du ligament cervical, près de la nuque et au-dessus du garrot, dans l'aponévrose du fascia-lata et dans la couche élastique qui recouvre les ischio-tibiaux, dans la dure-mère rachidienne du chien, etc.
Mais ces tissus ne se transforment jamais en tissu musculaire, de même que le second ne se convertit pas en la substance des premiers. La bride fibreuse qui, chez le cheval, forme quelquefois un petit faisceau musculaire à la face interne du coude, représente l'un des supinateurs du carnassier, mais n'est nullement un ligament transformé en muscle. Le ligament sésamoïdien supérieur ou suspenseur du boulet, dans l'épaisseur duquel on trouve, chez les solipèdes et les ruminants, des fibres charnues, représente les interosseux du pied des carnassiers ; mais il est tel à tous les âges de la vie fœtale et de la vie extra-utérine. D'autres muscles sont, de même, réduits chez certains animaux à l'état de simples ligaments ; mais ce changement d'état entre dans le plan général de l'organisation et ne dérive d'aucune métamorphose opérée pendant la vie.
Les cartilages qui paraissent dépourvus de vaisseaux propres, ou qui en possèdent très peu, et dont la nutrition s'effectue aux dépens des fluides charriés par les vaisseaux de leur enveloppe fibreuse, sont constitués par une substance homogène, transparente, lorsqu'elle est réduite en lames minces. Au milieu de cette gangue amorphe, se trouvent disséminées des cavités inégales, irrégulièrement sphéroïdales ou elliptiques qui, elles-mêmes, sont remplies de cellules à diverses phases d'évolution. Valentin et Schwann prétendent que la substance homogène se forme la première, et qu'ensuite les cellules s'y développent et s'y agrandissent en donnant naissance aux cavités, à l'intérieur desquelles sur-
gissent ultérieuieineal d'autres cellules. Dans les premiers tem[is de la vie fœtale les cavités des cartilages sont très nombreuses; mais, plus tard, elles le deviennent beaucoup moins, tout en acquérant dos proportions supérieures à celles qu'elles avaient primitivement.
Les tibro-carlilages, tels que ceux qui forment les ménisques de l'articulation fémoro-tibiale ou temporo-maxillairc, quoiqu'ils renferment une quantité considérable de tissu fibreux, sont aussi, d'après quelques observateurs, absolument dépourvus de vaisseaux. Ils sont parcourus seulement par des canaux cellulaires très lins et anastomosés comme dans les tendons. La ligure donnée plus haut, page 649, les représente sur les ménisques de l'articulation fémoro-tibiale.
Au point de vue chimique, la constitution de ces parties est extrêmement curieuse. Lorsque le cartilage est soumis à une ébullition prolongée, sa substance intercellulaire se dissout et se transforme en chondrine : sa matière cellulaire demeure insoluble. Le libro-cartilage, au lieu de donner de la chondrine fournit une sorte de gélatine que le tannin précipite difficilement. Les divers réactions auxquels on le soumet tendent à démontrer que la substance homogène, les cellules et les noyaux ont chacun une composition propre.
Le travail nutritif parait extrêmement obscur dans ces tissus : aussi, lorsqu'ils ont été usés ou détruits partiellement, ils ne montrent le plus souvent aucune marque évidente de régénération. Il est fort commun de voir, sur le cheval, des sillons profonds creusés dans les cartilages diarthrodiaux, sur les surfaces articulaires de l'astragade, de l'extrémité inférieure du tibia, de la rotule, de la trochlée fémorale, même sur les surfaces de l'articulation huméro-radiale. Alors, la destruction partielle ou totale des cartilages est accompagnée d'une transformation éburnée des surfaces osseuses. Néanmoins, lorsque les cartilages se rompent, ce qui est assez rare, ou lorsqu'ils sont divisés, ils se cicatrisent par l'intervention de leurs enveloppes fibreuses, s'ils en sont pourvus.
La nutrition, en changeant de caractère dans les cartilages, par le failde l'âge, y détermine une ossification partielle ou quelquefois presque complète. La cloison nasale s'ossifie peu à peu, pour prolonger la lame médiane de Tethmoïde ; les cartilages laryngiens du cheval et des ruminants, ceux de la trachée, celui du scapulum, sont fréquemment le siège d'ossifications qui débutent sous forme d'îles dont le diamètre augmente progressivement. Enfin, les cartilages costaux et les fibro-cartilages de l'os du pied du cheval sont souvent envahis par une ossification toute particulière et bien connue. Mais dans toutes ces conditions, les cartilages et les fibro-cartilages commencent par devenir vasculaires, et ce n'est qu'à partir de l'apparition des vaisseaux que le travail d'ossification s'établit, comme dans les os qui passent de l'état cartilagineux à l'état osseux proprement dit.
Le travail de formation, d'accroissement et de nutrition des os est fort complexe, parce que, à une de ses périodes, il résulte d'une transformation de tissu et à une autre de l'intervention d'éléments étrangers.
Au début, l'ossification peut s'opérer dans ce qu'on appelle le tissu muqueux. et, un peu plus tard, dans le cartilage : dans les deux cas, on a affaire à des éléments cellulaires qui doivent se modifier. Lorsque le cartilage de l'embryon va
s'ossilier. ses éléments prennent de l'extension, ses noyaux se fractionnent ; il apparaît des groupes cellulaires entourés d'une membrane dont les prolongements internes séparent les cellules les unes des autres. Une fois, d'après Virchow, que les groupes se sont très multipliés, les cellules comprimées perdent leurs caractères primitifs, se plissent, s'étirent par places, et se transforment en corpuscules osseux qui demeurent pourtant toujours de véritables cellules. C'est par petits îlots, et dans les noyaux dits d'ossification, que ce travail s'effectue. Alors le noyau contient de nombreux vaisseaux sanguins qui s'irradient progressivement du point déjà ossifié à ceux qui s'ossifieront plus tard. Dans ce travail les cellules du cartilage se transforment donc simplement en cellules osseuses ou en corpuscules étoiles. Elles peuvent également, dit-on, se transformer en cellules médullaires qui, après avoir passé par cette seconde forme, ne perdent pas leur aptitude à devenir des cellules osseuses ou des corpuscules étoiles. Le dépôt des sels calcaires est, jusqu'à un certain point, une opération indépendante du travail de mutation cellulaire. Ces sels existent déjà, en amas considérables, autour des groupes de cellules de cartilage, avant la formation des corpuscules étoiles. Et une fois que ceux-ci se constituent, il reste dans leurs interstices une substance fondamentale, homogène, dépourvue de vaisseaux, qui doit s'imprégner de sels.
Dans ces phénomènes successifs de la conversion du cartilage en os, les cellules du cartilage paraissent donc devenir des cellules osseuses ou des corpuscules étoiles dont la cavité et le noyau se conservent ; la partie hyaline homogène du cartilage devient substance intermédiaire, et s'imprègne de sels qui substituent à la souplesse du tissu cartilagineux la dureté et la grande résistance propres au tissu osseux. D'après cela, l'os ne semble donc pas se développer dans un blastème. C'est un tissu de transformation, comme dans l'arbre le tissu ligneux dérive du tissu herbacé, Son développement se fait au début par le cartilage, comme plus tard il se continuera à la fois par les disques épiphysaires et parle périoste, et toujours il conserve le caractère d'une transformation Celle-ci s'étend même à la nature chimique du tissu, car la chondrine qui existait dans le cartilage se change en osséine ou en gélatine.
Pendant que débute le travail de l'ossification, le corps de l'os est plein ; les éléments du cartilage ou du tissu osseux sont appliqués sur les vaisseaux. Mais, bien avant qu'il soit achevé, l'os se creuse d'un canal qui doit s'agrandir pendant longtemps : c'est par résorption que cette cavité se forme ; suivant les histologistes, c'est par transformation du tissu osseux en tissu médullaire. La vie de l'os, dès le début, est entretenue par les vaisseaux sanguins qui le parcourent en tous sens, anastomosés d'une part avec ceux du périoste, et de l'autre avec ceux du tissu médullaire. Les prolongements des corpuscules étoiles qui paraissent creux ou tubuliformes, peuvent encore servir au transport des sucs nutritifs, car ils paraissent communiquer avec les cavités des cellules et avec la cavité médullaire.
Une fois formés, les os s'accroissent dans tous les sens : en largeur, par l'addition de nouvelles couches à la surface des parties déjà existantes; en longueur, par la juxtaposition d'autres couches entre le corps de l'os et ses extrémités épiphysaires ; leur canal médullaire s'agrandit par la résorption progressive des
couches les plus internes. C'est ce que font entrevoir quelques expériences de DuhamcP de J. Hunter -, et ce que démontrent les recherches de M. Flourens'.
L'accroissement des os en diamètre dérive manifestement delà superposition de nouvelles couches à l'extérieur de celles qui existaient [uimitivement. L'anneau d'argent dont Duhamel entoura l'os d'un jeune pigeon se retrouva plus tard dans le canal médullaire : les anneaux de (il de platine que M. Flourens a engagés, SOUS le périoste de plusieurs os, sur le chien, le lapin, le cochon d'Inde, ont été bientôt recouverts d'une mince couche osseuse, puis de couches de plus en plus épaisses, et enfin se sont retrouvés à l'intérieur du canal médullaire. Les petites lames d'or ou de platine insérées de même sous le périoste ont été peu à peu recouvertes et ont fini par arriver dans le canal- Enfin la garance donnée à de jeunes animaux, a teint leurs os à l'extérieur et par couches distinctes. Un porc âgé de six semaines reçut, pendant un mois, de la garance avec ses aliments; puis il fut remis pendant les six semaines suivantes à son régime primitif et tué. Les os des membres sciés transversalement laissaient voir autour du canal médullaire une première zone blanche, formée primitivement, une seconde zone rouge à l'extérieure de la première, formée pendant le régime de la garance, et une troisième, blanche, tout à fait excentrique produite pendant les six semaines qui suivirent l'usage de la matière colorante, Un autre anim.al âgé de deux mois, fut soumis-à l'usage de la garance pendant trente jours, puis remis au régime ordinaire et enfin plus tard à l'usage de la manière colorante. Ses os oftraient alternativement deux couches blanches et deux couches rouges, correspondant chacune, les blanches au régime ordinaire, les rouges à celui de la garance.
La signification des résultats donnés par la garance n'a, malgré les objections de Serres, de Brullé et de Doyère, rien d'équivoque. D'une part, les couches rouges sur l'ensemble de l'os, sont bien des couches de nouvelle formation produites pendant l'usage de la matière colorante. D'autre part, les couches rouges que le microscope fait voir àla face interne des canalicules, ne sont pas nécessairement des couches colorées par imbibition, car les canalicules, vus sur la coupe, présentent des couches qui indiquent une formation successive de zones concentriques, dont les plus internes sont les plus récentes ; or, celles-ci peuvent très bien, comme les couches sous-périostiques, correspondre à l'alimentation colorée.
En même temps que des couches nouvelles s'ajoutent successivement en dehors des couches primitives, celles-ci se résorbent ou disparaissent les unes après les autres. La couche la plus ancienne ou la plus rapprochée du canal médullaire, disparaît la première, puis^ après celle-là, la couche placée un peu en dehors. Lorsque l'anneau de platine dont on a entouré l'os est retrouvé dans le canal médullaire c'est que tout ce qui était formé au moment de l'application de l'anneau a disparu, et tout ce qui est en dehors de l'anneau s'est formé à partir du moment où celui-ci a été appliqué ; conséquemment, l'os primitif, l'os ancien a été résorbé pendant que s'est formé l'os nouveau,