‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 217 sur 310 · Waller, Comptes yendits de l'Acad. des sciences · texte numérisé non relu

Waller, Comptes yendits de l'Acad. des sciences

G. COLIS. — Physiol. comp., 3* édit. [I. — 48

nerveuses. Après la section, le nerf, qui est devenu le siège d'une altération profonde, appelée dégénération, revient à sa constitution primitive et le tissu de nouvelle formation, qui réunit les deux bouts, prend tous les caractères et acquiert toutes les propriétés des fibres nerveuses; il se forme dans le tissu cicatriciel des tubes nerveux, grêles au début, variqueux plus tard, qui se continuent avec ceux des bouts du nerf. A ce moment, le nerf redevient apte à transmettre de la périphérie aux centres les impressions sensitives et de ceux-ci aux muscles les incitations motrices ; en un mot, sa fonction est rétablie par suite de la régénération de son tissu. Nous nous sommes déjà expliqués sur ce point en traitant des fonctions nerveuses.

La régénération des organes entiers, ou des parties à éléments plus ou moins complexes, ne s'observe que dans les animaux inférieurs.

On a annoncé il y a quelques années le fait de la reproduction de la rate sur les rongeurs à la suite de «on extirpation complète, mais le fait n'est point exact. Peyrani l'a nié avec raison, d'après des expériences sur le mulot et le lapin, et plusieurs années avant lui j'avais reconnu que, sur les chiens dératés, sous les yeux du professeur Bérard, même dans les premiers mois de la vie, l'ensemble des vaisseaux et des nerfs demeurant attaché à l'épiploon, il n'y avait aucune régénération de l'organe. Ce résultat m'a paru si naturel et si prévu que je n'ai pas jugé utile de le publier. Après l'ablation partielle, quoiqu'on en dise, la portion restante ne régénère pas le tout. Ce qui fait croire à une régénération dans ce cas, c'est que la partie non extirpée, remise dans l'abdomen, recevant encore la plupart des vaisseaux spléniques, se gonfle un peu plus qu'elle ne l'aurait fait dans la rate intacte; et cela se conçoit bien dans une partie qui jouit des propriétés des tissus érectiles. D'ailleurs, l'augmentation de volume de la partie non extirpée est en même temps le résultat de l'accroissement, si l'on a opéré sur un jeune animal. En somme, ce que j'ai vu dans mes expériences inédites me porte à nier formellement toute régénération totale ou partielle de la rate.

Certaines parties d'organes plus ou moins complexes sont susceptibles de régénération, quoique l'organe en masse ne puisse se reconstituer.

Dans l'œil, la conjonctive, la cornée peuvent quelquefois se reproduire sur une certaine étendue. Le cristallin tout entier, avec sa forme, sa transparence peut aussi, d'après divers expérimentateurs, se régénérer, lorsqu'il a été enlevé, à la condition que la capsule cristallinienne a été conservée.

Dans les centres nerveux, la régénération des parties enlevées est moins évidente. Après l'ablation des circonvolutions cérébrales ou de la couche externe des hémisphères, dans une étendue plus ou moins considérable, sur les oiseaux, le chien, je n'ai pas vu dans le tissu nouveau de cellules ni de fdjres nerveuses; Chez les poules sur lesquelles j'ai pratiqué l'ablation des lobes cérébraux, il n'y a pas eu un commencement de régénération même après plusieurs mois. Cependant on dit avoir constaté sur le pigeon, privé de son cerveau depuis plusieurs mois, dans la masse blanche formée à sa place, des cellules nerveuses et des fibres à double contour.

Dans la moelle épinière, les tissus de cicatrices paraissent se charger d'éléments

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