‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 241 sur 310 · COLIN. — Physiol. comp., 3* édit. II · texte numérisé non relu

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sites, qui la reiidfnt épaisse et visqueuse, surtout chez les solipèdes, et ciiez la jument en particulier. Elle est épaisse, trouble, et laisse quelquefois déposer un sédiment jaune grisâtre chez les sujets calculeux ; elle se charge d'albumine, quelquefois de graisse, dans la maladie de Bright, dans quelques maladies du cœur, les hydropisies, — de glycose dans le diabète, — de biliverdine dans l'ictère, — de sels ammoniacaux dans le typhus et quelques maladies éruptives graves, — de sang dans l'hématurie, — de sang avec sérum opalescent et gras dans la piarrhémie, la galacturie ou hématurie graisseuse, — de pus dans diverses affections des voies urinaires, — d'algues, de bactéries, dans certaines affections catarrhales de la vessie. Ces modifications ont été peu étudiées sur les animaux. John a trouvé dans celle d'un cheval diabétique : eau, 948,50; —extrait aqueux et alcoo'ique, 33,30; — urée, 33,30; — mucus et carbonate de chaux, 0,80; — acide hippurique, 1,40; — chlorure de potassium, traces; — urale de chaux et de potasse, 0,14; — phosphate de chaux, 0,70 ; — carbonates de chaux et de magnésie, 3,92; — oxydes de fer et de manganèse, traces; — sulfates, phosphates et chlorures alcalins, 11,40; — sulfate de potasse,

Dans quelques maladies on a suivi, du début à la fin, les modifications éprouvées par l'urine. Ainsi dans l'hématurie de la vache, A. Robin a trouvé, au début, de Turate d'ammoniaque avec peu dliippurates, et sur la fin il a vu reparaître l'oxalate de chaux, le carbonate de la même base, les hippurates. Dans les affections dites typhoïdes du cheval, le même observateur a vu augmenter l'acide urique, l'oxalate de chaux, pendant qu'il y a diminution de l'acide hippurique, des chlorures, des phosphates et du carbonate de chaux.

Dans un cas de polyurie au début, sur le cheval, le même observateur constate une augmentation sensible des matériaux solides de l'urine, matières extractives et sèches avec abaissement du chitîre de l'urée et de l'acide hippurique; plus tard les matériaux solides diminuent; pas de sucre.

Il résulte de mes observations, en nombre considérable, que dans cette affection, chez les solipèdes, le sucre fait toujours défaut, sauf des traces insignifiantes. Aussi la polyurie du cheval reste une affection parfaitement distincte de la glycosurie.

Dans les différentes formes de glycosurie la proportion de sucre éliminée est variable. Le sucre devant entraîner sept fois son poids d'eau ou son équivalent de diffusion, l'eau augmente dans le sang à mesure que la quantité de sucre s'élève; aussi l'activité de la sécrétion urinaire croit-elle proportionnellement à l'augmentation du sucre et de l'eau dans le liquide nutritif. L'augmentation de la quantité de sucre est telle que par litre d'urine elle peut atteindre le chiffre de 140 grammes.

Cette glycosurie, d'après M. Bouchard, résulte le plus souvent de ce que les tissus, dont la nutrition est diminuée, ne peuvent plus transformer le sucre normalement produit dans la proportion énorme de 1850 grammes, dit-il, en vingtquatre heures.

Les substances étrangères introduites dans l'économie, par une voie quelconque, notamment par l'appareil digestif, sous forme de médicaments ou avec les aliments, les boissons agissent sur la sécrétion urinaire et sur les qualités de son

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produit. CeUe sécrétion, essentiellemoiil dépurutive, est alors surexcitée pour en opérer plus \ite léliuiination et ramener ainsi le sang à sa constitution normale- Divers ojjservateurs ont retrouvé dans l'urine de l'iode, du soufre, de l'arsenic, de l'antimoine, du mercure, du fer,- du sulfure de potassium, du cyanure f'erricopotassique, du sull'o-cyanure de potassium, des sulfates de soude, de potasse, de magnésie, du sulfate de quinine, de l'azotate et du carbonate de potasse, du chlorure de baryum, de potassium, des acétates, oxalates, lactates, etc., des matières résineuses et des matières colorantes. La gomme-gutte, la rhubarbe, la chélidoine, la rendent Jaunâtre, la teinture d'indigo lui fait prendre une teinte bleuâtre: les merises, les mûres, les baies de sureau, le bois de campêche, une teinte rouge. Elle prend une odeur de violette sous l'influence de l'essence de térébenthine, l'odeur de la myrrhe par la valériane et le castoréum, une odeur fétide par Tasperge. Les diurétiques, en excitant l'action des reins, sont éliminés avecrurine, soit en nature, soit après avoir éprouvé quelques légères modifications,

Woelher n"a pu retrouver dans l'urine, ni le fer, ni le plomb, ni l'alcool, non plus que l'éther, le musc, le camphre, la teinture de tournesol.

Parmi les substances éliminées par les reins, les unes le sont à titre de substances solubles, comme les matières colorantes, odorantes, l'alcool, et y passent sans modilication ; les autres sont oxydées et y passent sous une forme nouvelle : le sulfure de potassium, après s'être converti en sulfate de potasse, l'acide tannique en acide gallique, l'acide benzoïque en acide hippurique, l'acide urique en urée, acide oxalique, etc., la salicine en saligénine. Les citrates, tartrates, y passent convertis en cai^bonates,-Ies acides oxaliques, tartrique, à l'état d'oxalates, de tartrates, l'iode à l'état d'iodure, le soufre sous la forme de sulfate et de sulfure.

L'élimination des substances étrangères par les voies urinaires commence à s'effectuer peu de temps après que l'absorption les a fait pénétrer dans le système vasculaire. Les expériences de Stehberger, celles de Héring et de beaucoup d'autres physiologistes démontrent qu'elle est, en général, très rapide, mais non au même degré poui- toutes. Le cyanure de fer et de potassium, injecté dans les veines, se montre déjà dans le rein au bout de une à deux minutes, et dans l'urine de la quatrième à la dixième minute; la teinture de safran, versée dans la trachée, a teint l'urine en vert au bout de huit minutes ; l'essence de térébenthine, inspirée, lui a donné une odeur de violette après quinze minutes ; l'indigo, administré par l'estomac, se montrait dans ce fluide après un quart d'heure; l'acide gallique après vingt minutes; la garance au bout d'un temps variable, de vingt à vingt-cinq minutes.

L'élimination de ces substances continue plus ou moins longtemps, suivant la quantité qui en a pénétré dans l'organisme, leur nature et leur aptitude à être enti'aînées par divers émonctoires. L'indigo, donné en petite quantité par les voies digestives, ne fut complètement éliminé qu'après cinq heures dans les expériences de Stehberger, l'acide gallique après quatre heures, la rhubarbe après vingt-quatre heures, le cyanure de fer et de potassium après quelques jours. Cette élimination se prolonge pendant des mois entiers pour certaines substances^ qui se déposent

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momentanément dans les tissus, on qui passent dans des fluides résorbés en partie ou en totalité, comme le suc gastrique, la bile, la salive, les sérosités des membranes, etc.

C'est en opérant ces diverses éliminations que la sécrétion urinaire joue le premier rôle dans la dépuration du sang. Aussi l'animal ne peut-il survivi'e qu'un temps très court à l'ablation des reins ou ce qui revient au mèine pliysiologiquement à la suppression de leur fonction.

Lorsque le rein, par le fait de lésions de son tissu cesse de jouer ce rôle d'élimination, le sang reste vicié, et il devient toxique une fois que les matériaux nuisibles sont accumulés en quantité considérable. Et ces matériaux sont fort nombreux, l'urée, l'acide urique, les différents déchets de la nutrition et des combustions. Il n'est donc pas étonnant que l'urine normalement chargée de ces matériaux toxiques, devienne elle-même toxique. Sa toxicité est telle, d'après M. Bouchard, que la quantité de poison urinaire produite par l'homme, en cinquante-deux heures, suflirait pour le tuer à la fin de cette courte période, si elle était retenue ou réintroduite dans le sang.

La toxicité de l'urine, d'après ses recherches, varie suivant une foule de conditions : elle est plus grande pendant la veille que pendant le sommeil, plus, pendant l'abstinence qu'en présence de l'alimentation ordinaire; très considérable dans certaines affections hépatiques; elle est due à des principes extractifs encore indéterminés, à la potasse plutôt qu'à l'urée et à l'acide urique.

Toutefois, comme la toxicité est déduite des effets qui résultent de l'injection de l'urine ou de ses éléments constitutifs dans les veines, elle se montre dans les conditions expérimentales à un degré qu'elle ne saurait atteindre lorsque la rétention ou la rentrée de ces éléments a lieu comme à l'état normal et qu'elle marche parallèlement à leur élimination.

La composition de l'urine et les variations qu'elle éprouve, suivant le régime des animaux et une foule de circonstances diverses, font pressentir le rôle de la sécrétion urinaire.

Cette sécrétion et celle de la bile ont pour but essentiel l'élimination des produits résultant des métamorphoses des éléments du sang et des tissus, produits qui, étant dépouillés d'une grande partie de leur carbone et de leur hydrogène, ne sont plus aptes à éprouver de nouvelles mutations. Les uns, très riches en carbone, s'associent à la soude, et s'en vont sous forme de bile; les autres, très azotés, donnent l'urée, l'acide urique et l'ammoniaque de l'urine. La soude de la bile qui a été brûlée finit même, d'après Liebig, par revenir dans l'urine, associée à des acides, c'est-à-dire sous la forme de phosphates, de carbonates et d'hippurates.

Chez les herbivores, dont les urines sont alcalines, l'acide urique est remplacé par l'acide hippurique et par l'ammoniaque. Les carbonates alcalins y existent en très grande proportion, parce qu'ils abondent dans les aliments, tandis que les phosphates y manquent ou ne s'y montrent qu'en proportion insignifiante. Chez les carnivores, au contraire, qui ont une urine acide, on voit prédominer l'acide urique, et avec lui les phosphates et les sulfates provenant à la fois des aliments et des tissus, puis du soufre, ainsi que du phosphore, des matières

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protéiques métamorphosées, soufre et phosphore acidifiés peut-être, comme le pense le savant ciiimisfede Giessen, par l'oxygène que la respiration a introduit dans l'organisme. Kniin, chez tous les animaux indistinctement, quel que soit leur régime antérieur ou habituel, sous rinlUience de l'ahstinence, l'urine prend des caractères uniformes, devient acide, offre de l'urée, de l'acide urique, des phosphates et des sulfates provenant des tissus qui se détruisent. Alors, dans l'urine, l'eau ne vient plus ni des aliments ni des boissons; l'urée, l'acide urique et les sels ne dérivent plus que des principes du sang ou de la substance des tissus attaqués par le travail de désassimilalion.

La sécrétion urinaire a donc pour office d'éliminer une grande partie de l'eau superilue provenant des boissons et des aliments, une foule de matières étrangères que l'absorption a fait pénétrer dans l'organisme, enfin les produits azotés et salins provenant des mutations des tissus. Par la grande quantité de liquide qu'elle soustrait au sang elle devient, comme on l'a dit avec raison, un grand agent modérateur de la tension vasculaire.

L'excrétion de l'urine s'opère suivant un mode cà peu près uniforme, quant à ses caractères essentiels, chez la généralité des mammifères. Le fluide qui suinte par les petits orifices des pyramides malpighiennes s'accumule dans le bassinet en petite quantité, et coule lentement dans l'uretère qui, en vertu de sa contractilité, le pousse goutte à goutte dans la vessie, où il ne saurait pénétrer sans une impulsion capable de vaincre la résistance résultant du trajet oblique décrit par le canal entre la muqueuse et la tunique charnue du réservoir. Une fois parvenue à la vessie, l'urine ne peut refluer dans l'uretère, à cause de l'obliquité de l'insertion du conduit, comme Galien en a fait la remarque. A mesure que de nouvelles quantités de liquide arrivent à la vessie, elle cède passivement, éprouve une dilatation graduelle; sa membrane charnue s'amincit, ses faisceaux s'écartent les uns des autres; les plis de sa muqueuse diminuent et finissent .par s'effacer; le réservoir, refoulé en arrière du bassin lors de sa vacuité, se porte en avant, de manière que sa moitié- antérieure dépasse le pubis, et vienne reposer directement sur les parois inférieures de l'abdomen. Quand la distension approche de son terme, la vessie a reçu jusqu'à 6 à 800 grammes d'urine chez les chiens de grande taille; 3, 4 litres et plus chez le cheval et les grands ruminants. Cet état fait naître le besoin d'uriner, qui est une sensation interne du genre de celles dont nous avons déjà parlé dans plusieurs endroits. L'impression produite sur les nerfs spinaux que reçoit la vessie est transmise aux centres nerveux, lesquels, par une action réflexe, en partie soumise à la volonté, font cesser la contraction du sphincter du col vésical, et mettent en jeu le diaphragme et les muscles abdominaux. Alors, de même que pour l'expulsion des matières fécales, il se produit un effort qui est, pour beaucoup'd'animaux, incompatible avec la marche, la course, et la plupart des exercices musculaires un peu pénibles.

L'urine est expulsée de diverses manières, suivant les animaux. Les solipèdes mâles ou femelles se campent, c'est-à-dire écartent les membres postérieurs des antérieurs, redressent les jarrets et les articulations métatarso-phalangiennes. Le mâle entier sort en partie le pénis du fourreau, et lance l'urine avec force par un jet continu. Les dernières portions seules sont rejetées par saccades, coïncidant

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chacune a\'ec une forte contraction des muscles abdominaux et du muscle accélérateur, dont l'action achève de débarrasser le canal de l'urine qui s'y trouve sur la tin de l'émission. Chez les femelles, on voit, dans les derniers moments, de vives contractions des lèvres de la vulve qui s'écartent et se rapprochent alternativement, et un mouvement particulier du clitoris encore mouillé d'urine. Le bœuf, le taureau, le bélier, le bouc, ne se campent pas sensiblement ; leur urine tombe par un filet assez peu considérable. La vache se campe, en rapprochant fortement le train de derrière de celui du devant ; la croupe proémine en arrière, et la colonne dorso-lombaire se vousse en contre-haut ; l'urine est lancée sous forme d'un large jet, très fort. Le verrat urine par saccades, et son urine, en sortant du canal de l'urèthre, passe dans une vessie préputiale à parois musculaires, qu'elle distend, pendant toute la durée de l'émission. Cette vessie, découverte par Lacauchie, achève de se vider par l'action de ses muscles pro])res. Le jeune chien fléchit les membres, écarte les postérieurs des antérieurs, de même que la chienne, mais vers l'âge de dix mois, il tient une patte de derrière levée, tant que dure l'expulsion de l'urine.

D'autres animaux urinent encore autrement que nos espèces domestiques. L'éléphant femelle écarte les deux membres postérieurs, et lance une urine claire en large nappe souvent conique. Le rhinocéros mâle fait sortir la verge du fourreau, et projette le fluide par saccades très fortes, complèlementinterrompues. La girafe mâle reporte fortement en arrière les membres postérieurs, et rend son urine par un mince filet non saccadé. Le dromadaire mâle se campe, comme la vache, et précisément en sens inverse du cheval. L'ouverture de son fourreau. déjà recourbée en bas et en arrière, se courbe encore davantage dans ce sens. Sa verge, qui reste cachée, éprouve avec le fourreau, tant que dure l'excrétion, et même assez longtemps après, des mouvements très répétés ; le jet d'urine est dirigé en arrière entre les cuisses. Le buffle, si rapproché de notre bœuf domestique, n'urine pourtant pas comme lui ; il rejette le fluide en sacccades séparées par des intervalles pendant lesquels rien n'est expulsé. Sa femelle urine quelquefois étant couchée.

L'excrétion de l'urine se renouvelle plus ou moins fréquemment suivant l'âge, l'espèce des animaux, les habitudes contractées, etc. Elle se produit souvent chez les jeunes animaux, chez les femelles en chaleur, chez ceux dont les voies urinaires sont irritées. La peur et quelquefois la joie la provoquent chez le chien. Les exercices continus s'opposent à son accomplissement chez les bœufs et les chevaux employés à des travaux pénibles ; aussi doit-on les interrompre de temps en temps, afin qu'elle puisse s'eflectuer. Lorsqu'elle s'opère très rarement, le travail de résorption qui a lieu dans la vessie fait disparaître une certaine proportion d'eau, et donne au reste une teinte plus foncée.

GLANDES THYROÏDES,

Les glandes ou les corps thyroïdes que l'on a considérés comme des diverticulums sanguins du larynx, du cerveau, et même de l'axe cérébro-spinal tout entier,

GLANDES thyroïdes. 855

n'ont rien dans leur volume ni dans leurs connexions avec ces parties qui puisse justilier le rôle dont on les suppose chargés.

Ces corps existent, chez tous les mammifères, sur les côtés du larynx ou des premiers cerceaux de la trach«e-artère, rarement isolés l'un de l'autre, mais le plus souvent réunis par une bandelette de même nature que le reste de leur substance. Cuvier et Duvernoy n'en trouvent pas de traces dans les vertébrés ovipares, si ce n'est chez les serpents, oîi ils semblent remplacés par une glande à larges cellules située en avant du cœur.

Lobuleux dans quelques animaux, l'éléphant entre autres, ces corps se présentent généralement sous l'aspect d^ masse? compactes, homogènes, riches en vaisseaux sanguins et lympliatiques : mais leur structure intime est celle de glandes vasculaires sans canaux excréteurs. Le microscope y fait découvrir des cellules complètement closes, plus ou moins grandes, pourvues d'un noyau, cellules qui. d'après Henle, en renferment d'autres plus petites, pleines de liquide et de granulations. Suivant Kûlliker, ces cellules ont une paroi propre, transparente, homogène, paroi qui est tapissée intérieurement d'un épithélium à cellules polygonales. Leur contenu est fluide, visqueux et albumineux; conséquemmenl elles ont les caractères des organes glandulaires. Depuis longtemps Cuvier et Meckel y ont signalé l'existence de vésicules, visibles à l'œil nu dans beaucoup d'animaux, et hypertrophiées dans le goitre. Cuvier les a vues polygonales et pleines d'une gelée transparente, jaunâtre, chez les singes; arrondies et renfermant une matière blanche, demi-transparente chez les ophidiens Steller y a reconnu, chez le lamantin du Nord, deux fluides difl'érents par leur couleur et leur consistance : l'un lactescent, contenu dans les petites vésicules ; l'autre épais, amer, renfermé dans un sac membraneux au centre de la glande.

La structure vésiculaire m'a paru très marquée dans la glande thyroïde du dromadaire. Les vésicules, du volume d'un grain de chènevis à celui d'une petite lentille, étaient jaunâtres, arrondies, très rapprochées les unes desautres, formées par une membrane translucide : elles contenaient un liquide jaunâtre, visqueux. Les vésicules de la thyro'ide du bœuf, qui habituellement sont assez petites, peuvent devenir très volumineuses, et donner k cette glande l'aspect d'un ovaire de truie ou de jument, dont- les vésicules sont hypertrophiées inégalement. J'ai eu l'occasion d'étudier, sur un bœuf parfaitement sam, un curieux exemple de cette modification, que personne, je crois, n'a encore signalée chez les animaux. La glande, trois à quatre fois plus volumineuse que dans les circonstances ordinaires, était irrégulière et bosselés. A sa surface, comme dans son épaisseur, se montraient des cellules arrondies h parois demi-transparentes, grosses, les unes eommedes pois, les autres comme des noisettes, et deux d'entre elles comme une petite noix. Ces vésicules, complètement closes, sans communication les unes avec les autres, renfermaient un liquide jaunâtre, translucide, d'un aspect analogue à celui du contenu des mélicéris des lèvre^^ du cheval. Ce liquide visqueux, mêlé à l'eau, produisait une émulsion blanchâtre épaisse. Soumis à l'action de la chaleur, il laissait précipiter quelques légers flocons albumineux. Traité parle réactif cupro-potassique. il prit une belle teinte violette semblable à celle du manganate de potasse, teinte que prennent du reste d'autres liquides,

notamment' les fluides albumineux. Entin ce liquide opéra une légère réduction de l'oxyde de cuivre, indice de la présence du sucre au nombre de ses éléments constitutifs ; malheureusement l'analyse ne put en être faite.

La structure anatomique des corps thyroïdes montre donc clairement que ces organes sont de véritables glandes, dont les produits ne peuvent être éliminés par la voie ordinaire des canaux excréteurs, mais qui doivent sortir des vésicules par transsudation et rentrer dans la masse du sang. Ce sont des glandes vasculaires dans lesquelles les veines font l'oftice de canaux excréteurs. Leur produit est évidemment le contenu des vésicules, contenu dont il reste à trouver la composition et surtout les usages.

Il était naturel de penser que le sang veineux, chargé du fluide sécrété par les cellules thyroïdes, put olfrir une composition un peu différente de celle du sang artériel qui arrive à la glande. Pour voir si cette différence serait sensible, j'ai adapté un tube d'argent à la veine thyroïdienne d'un cheval, tout près du point oiî elle se dégage de la glande. Le sang recueilli, analysé par M. Berthelot, comparativement avec le sang delà carotide et avec celui de la jugulaire retirés au même moment, a présenté la composition suivante :

Artère carotide. Veine thyro'idienne. Veh^e jugulaire.

Eau 83,36 82,61 76,58

Albumine... 9.72 8,25 9,24

Globules.... 6,87 8,81 10,92

Fibrine 0,05 0,33 0,26

Il semble donc, d'après cette analyse, que le sang qui sort de la thyroïde a perdu un peu d'eau et d'albumine, gagnant, par compensation, des globules et de la fibrine ; mais ce sont là des différences légères, dont il est difficile de préciser la signification.

L'importance du rôle des thyroïdes dans l'économie ne paraît pas très grande, si l'on en juge par l'innocuité de leur extirpation, déjà faite par divers expérimentateurs. Cependant la présence du goitre dans l'espèce humaine, les rapports qui existent entre cet état de la thyroïde et l'état général de l'économie ; la relation qui se manifeste entre le développement de l'affection et certaines conditions de climat, de régime, etc., portent à croire que les fonctions de cette partie ne sont pas tout à fait accessoires. Très probablement, les modifications éprouvées par la glande dans cette circonstance, au lieu de constituer une dégénérescence, comme les médecins le pensent, ne tiennent qu'à une augmentation de volume coïncidant avec l'exagération du travail fonctionnel de l'organe. Il serait curieux de suivre les effets de l'ablation des thyroïdes sur les goitreux et de l'opérer sur de jeunes animaux, sur des chiens, par exemple, que l'on observerait avec soin pendant toute la durée de l'accroissement, et cela en suivant parallèlement des animaux de la même portée pris pour terme de comparaison.

THYMUS.

Le thymus est, comme la thyroïde, une glande vasculaire sans canal excréteur. Les lobules dont il se compose sont formés de petites cellules sphéroïdales

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contenant un fluide lactescent, et au centre de chacun se trouve, d'après divers observateurs, une cavité plus on moins spacieuse renfermant un liquide de même aspect, el probablement aussi de même nature que celui des petites celhiles. Le contenu de ces doriiicres est coagulabic par la chaleur et les acides; comme les fluides albumineux, il donne des chlorures et des phosphates alcalins, mais pas de (ibrine. La substance même du thymus du veau a ofl'ert ù Morin de l'eau, de l'albumine, de l'osmazôme, de la gélatine, de la librine, une matière animale particulière, une graisse acide, du Jactate de potasse, du chlorure de potassium, des phospiiates de potasse, de soude et de chaux. D'après les études plus récentes de Friedleben, le thymus renfermerait, de plus, du sucre, de l'acide lactique et de la matière pigmentaire en proportion variable suivant les âges.

Quant à ses usages, ils sont inconnus. Les uns ont pensé que le produit de ses cellules passe dans les veines et sert, à la manière du chyle, à la nutrition du fœtus. D'autres ont prétendu qu'après la naissance il fournil au sang des matériaux utilisés pour le développement du jeune sujet. Quelques observateurs, considérant son grand volume chez les hibernants, lui ont fait jouer un rôle indéterminé dans les actes de la respiration.

Il est à noter que cet organe ne s'atrophie pas avec la même rapidité dans toutes les espèces et chez tous les sujets d'une même espèce. Je l'ai vu souvent assez volumineux- sur les chevaux adultes. Tout récemment sur un vieux cheval; il avait ses cellules hypertrophiées et pleines de dépôts blanchâtres.

Sur une jeune vache bretonne âgée de un an et demi, il pesait encore 140 grammes et 25 grammes sur un chien d'un an, du poids de 10 kilogrammes. Il est fort commun de le trouver encore assez volumineux sur les lapins aptes à la reproduction. Tout porte donc à croire qu'il continue, dans certaines limites, à jouer son rôle pendant la vie extra-utérine jusqu'à une période plus ou moins rapprochée de l'âge adulte.

Il sera question de cet organe au chapitre de l'embryogénie.

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