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FiG. 5i2. — Testicule flottant dans labdomeu
alors de 3o à 4U grammes, a un diamètre transversal trois fois aussi grand que celui de l'anneau inguinal.
D'après cela, il est facile de concevoir le mécanisme de la descente du testicule et de la formation de la gaine vaginale. En effet, lorsque, par les progrès de l'accroissement, le repli péritonéal dans lequel est renfermé le testicule avec ses vaisseaux et son canal excréteur est devenu assez grand pour amener les organes près des parois inférieures de l'abdomen, le crémaster commencée agir. Ce muscle tire sur la gaîne, la plisse, la renverse de dedans en dehors, en entraînant d'abord la queue de l'épididyme, et plus tard le testicule lui-même qui se rapproche de l'épididyme dont la condensation est progressive.
Mais dans ce mécanisme, il faut bien se garder de tout rapporter à i'inter-
(*) A, ligament péritonéal du testicule Tenant de la région lombaire; B, testicule; C, gubernaculum testis; D, anneau inguinal.
vention du crémaster. Avant que ce muscle puisse agir, le travail nutritif a allongé le large frein péritonéal qui attache le testicule aux parois de l'abdomen, et a amené cette glande vers l'entrée du bassin et de l'anneau inguinal, puis les fibres musculaires lisses du gubernaculum ont attiré l'épididyme dans le trajet. Le crémaster vient achever le déplacement, une fois qu'il a acquis assez de force pour remplir ce rôle. La meilleure preuve à donner de la participation du travail d'accroissement à cette migration est (Jue, chez les grands ruminants, le testicule est déjà entièrement dans les bourses à la fin du premier tiers de la gestation : il y est même alors tellement enfermé, qu'il est fort difficile, en raison de l'étroitesse de l'anneau inguinal, de le faire rentrer dans l'abdomen. Jusqu'à cette époque, le crémaster est pâle, extrêmement mou, et fort difficile à distinsruer.
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Fjg. 243. — Testicule attiré près de l'anneau inguinal (*).
Quelquefois il arrive chez les solipèdes, chez le chien et d'autres animaux, que les deux testicules, ou un seul d'entre eux, restent pendant toute la vie dans l'abdomen. Alors on remarque, du moins je l'ai vu plusieurs fois, que le tube crQux intra-abdominal est réduit à un petit cordon très grêle, sans trace de cavité, ou avec une cavité très étroite, dans laquelle on reconnaît avec peine quelques fibres pâles du muscle crémaster atrophié. Dans ce cas, c'est évidemment à l'étroitesse de cette gaîne vaginale non renversée, et à l'atrophie du crémaster, qu'est due l'impossibilité de la descente du testicule.
En réfléchissant à ce que je viens de dire, on voit sans peine que le gouver-
(-") Mêmes lettres que dans la précédente; C, portion interne du gubernaculum testis; C, portion du gubernaculum devenue externe en s'invaginaut sur elle-même au-dessous de l'anneau inguinal.
DEVELOPPEMENT DE L EMBRYON
nail, le gubernaculum testis décrit par Hunter, est bien, comme le croyait ce savant anatomislo, un repli périlonéal creux dans lequel le testicule est entraîné hors de Tabdomon, sinon exclusivement, du moins en partie parle muscle crémaster.
Les canaux déférents, qu'on a considérés comme résultant d'une métamorpbose des conduits excréteurs des corpsdeWol[T,se développent, d'après Bischolî, dans un blastème accolé à ces derniers canaux. La partie la plus voisine du testicule n"a d'abord que de légères flexuosités. Ce n'est que par la suite qu'elle se plisse pour former l'épididyme; ce plissement a lieu, même assez tard, chez les fœtus dos solipèdes, comme je l'ai observé, et, dès qu'il a formé, à une certaine distance du testicule, un commencement d'épididyme, celui-ci est entraîné dans la gaine vaginale où le testicule parviendra longtemps après lui.
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FiG. 244. — Testicule engagé dans l'anneau inguinal (*).
Au point de jonction des voies génitales a»vec les voies urinaires, ou à ce qu'on appelle le sinus uro-génital^ il se développe, d'après Rathke, sur la portion d'allantoïde, qui deviendra la vessie, deux petites bosselures coniques qui se creusent d'une cavité et s'ouvrent au même point que les canaux déférents : elles doivent constituer les vésicules séminales.
Le pénis, ses enveloppes et celles des testicules ne se montrent que très tard. Leurs premiers rudiments apparaissent sous forme d'un tubercule saillant creusé d'un sillon à son bord inférieur, lorsque l'intestin et les voies génito-urinaires se
{*) Le ligament du testicule n'est plus -visible, la gaine vaginale s'est formée par le renversement du jubernaculum au-dessous du trajet inguinal.
confondent dans un véritable cloaque. L'extrémité de ce tubercule se renfle pour pour former le gland; les plis qui s'élèvent sur ses côtés deviennent le fourreau et le scrotum; enfin, les deux bords de la fente inférieure, en se soudant, se transforment en canal de l'urèthre. Jusqu'à ce moment, ces parties sexuelles ont montré la plus grande ressemblance avec celles de la femelle : le pénis rappelait le clitoris, et les deux replis placés sur ses côtés figuraient les lèvres de la vulve.
Le développement des organes reproducteurs femelles a une très grande analogie avec celui de l'appareil génital du mâle.
Les ovaires se forment, comme les testicules, au voisinage des corps de Wolff; mais ils s'éloignent peu à peu de la région sous-lombaire enveloppés dans un repli péritonéal plus ou moins allongé suivant les espèces. D'après Valen tin, il apparaîtrait d'abord dans le tissu de l'ovaire de petites languettes qui se décomposeraient en d'autres plus petites donnantnaissance à des tubes, dans l'intérieur desquels on ne tarderait pas à reconnaître les follicules primitifs : ceux-ci, formés d'une membrane transparente et d'un contenu granuleux, donneraient naissance aux ovules : c'est ainsi que les choses se passeraient dans l'embryon de la vache et de la brebis. Cependant Bischoff n'a pu parvenir à reconnaître dans l'ovaire les languettes et les tubes, dont l'existence temporaire est d'ailleurs très courte; mais il a vu se former les follicules par une agrégation de cellules primaires se confondant en une membrane transparente, à l'intérieur de laquelle se dépose une couche de cellules épithéliales. C'est dans cette vésicule glandulaire très grande que ce dernier observateur a vu, un peu plus tard, se développer une seconde vésicule plus petite, qu'il regarde comme la vésicule germinative; puis, autour de celle-ci, les granulations vitellines; et, enfin, la zone transparente, c'est-à-dire, en un mot, les diverses parties constituantes de l'œuf.
Dans quelques animaux, les solipèdes par exemple, l'ovaire est énorme pendant la vie embryonnaire, surtout à partir du milieu de la gestation ; son stroma y est rougeâtre et d'une mollesse extrême, tandis que chez d'autres animaux, en particulier les ruminants, cet organe n'est pas alors proportionnellement beaucoup plus volumineux qu'il ne le sera dans la suite.
Les trompes de Fallope se développent sur le trajet des canaux excréteurs des corps de Wolff, à peu près comme les canaux déférents auxquels ils correspondent.
La matrice procède, d'après les observations de Rathke, d'une petite bosselure située en haut du sinus uro-génital, au point d'abouchement des deux trompes de Fallope. La dilatation de la bosselure devient le corps de l'utérus ; celle de l'extrémité inférieure des trompes constitue les cornes. Si le développement de la bosselure médiane a une très grande prédominance, on a un utérus simple comme celui de la femme et des singes. Si, au contraire, la prédominance appartient aux trompes, il se produit un utérus à deux cornes plus ou moins longues.
La vulve et le clitoris apparaissent en arrière du sinus uro-génital sous la forme d'un appendice saillant, bordé de deux replis, entre lesquels se trouve l'orifice du vagin.
Quant aux mamelles, elles se forment de très bonne heure, et le mamelon est
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déjà perforé sur de très jeunes fœtus. Celui-ci se voit aussi très distinctement dans le premier mois de la vie embryonnaire des fœtus milles, en même nombre et aux mêmes régions que chez les fœtus femelles.
Voilà, à grands traits, comment s'opère le développement des principaux organes. Cet aperçu général suffit pour nous donner une idée de l'admirable travail de formation, suivi dans tous ses détails parles observateurs habiles qui, de nos jours, ont porté à une perfection si étonnante la science de l'embryogénie. Avant de rechercher comment la machine en construction s'essaye à fonctionner, jetons encore un coup-d'œil d'ensemble sur les progrès successifs de son développement.
Ce qui frappe le plus dans l'étude générale de l'évolution embryonnaire, c'est la lenteur du travail aux premiers moments qui suivent la fécondation, et la rapidité qu'il acquiert peu de temps après. Déjà Harvey, qui ne pouvait suivre les premiers changements éprouvés par l'œuf fécondé, avait fait cette remarque. Il avait vu qu'après des débuts fort lents et après la première apparition du cœur, quelques jours suffisaient à toutes les parties du corps pour devenir distinctes. Haller avait aussi constaté que, jusque vers le dix-huitième jour, le fœtus de brebis n'était qu'une petite masse gélatiniforme noyée dans le fluide amniotique, laquelle ne tardait pas à laisser voir les principales parties du petit animal. La lenteur de l'évolution, aux premières périodes delà vie embryonnaire, s'explique en partie pour les mammifères, par la petitesse de l'œuf, aux dépens duquel doivent se faire les premières formations, et par le défaut de connexions directes entre l'embryon et les vaisseaux utérins.
Les parties qui, dans l'œuf des mammifères, prennent l'accroissement le plus rapide dans les premiers temps de la gestation sont les membranes et les liquides qu'elles renferment. Dans Fœuf de la brebis, vers la fin du premier quart de la gestation, les membranes pèsent à elles seules de cinq à neuf fois autant que le fœtus, et à la même époque, les fluides allantoïdien et amniotique réunis ont un poids huit à dix fois aussi, considérable que ce dernier. La masse des liquides de l'œuf augmente d'une manière absolue du commencement à la fin de la gestation, excepté peut-être aux derniers jours. Mais cette augmentation, extrêmement rapide dans les premiers temps, se ralentit beaucoup vers l'époque moyenne de la gestation. Et comme à partir de ce moment le développement du fœtus devient très actif, la proportion des fluides diminue d'une manière relative. Vers la fin du quatrième mois ils représentent environ le tiers du poids du fœtus ; puis un sixième au moment de la naissance de l'agneau, c'est-à-dire quelques jours après la fin du cinquième mois.
Le développement du fœtus est si lent pendant les premières périodes de la gestation, que l'agneau, au bout de quarante jours, c'est-à-dire à peu près à la fin du premier quart de la vie embryonnaire, a à peine la trois-centième partie du poids qu'il a acquis au moment de la naissance. A deux mois, il n'a encore qu'un soixantième de son accroissement utérin. Mais à partir du milieu delà gestation, et surtout à la fin du second tiers de celle-ci, il se développe très vite. A l'expiration du quatrième mois, l'agneau n'a plus à gagner qu'un tiers de son poids total. En jetant un coup d'œil sur les deux tableaux suivants, que j'aurais
Tableau de rnccroissemenl du fœtus de brebis et de dièvve.
Age
Poids
Poids
Poids
Poids
it
total de
des
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de la
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de
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et de son
loppes
fœtus.
mère.
contenu.
l'utérus.
fœtales.
Poids
du fœtus.
Poids
Poids
du
du
liquide
liquide
allan-
amnio-
toïdien.
tique.
OltSF.RVA- TIONS
Fœtus de brebis.
jours.
gr.