‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 284 sur 310 · EAU · texte numérisé non relu

EAU

dans 100

depuis le

de lait.

part.

jours.

D'autres conditions ont aussi sur cette sécrétion une influence notable. Le repos, la stabulation, comme Playfairl'a constaté, augmentent la quantité du lait et la proportion du beurre, mais diminuent celle de la caséine. Au contraire, l'e.xercice rend la proportion de la caséine plus forte, en faisant baisser celle de la matière grasse.

Suivant les saisons et même les heures de la journée, le produit de la sécrétion mammaire change de caractère. En hiver, suivant Boussingault et Dumas, il y a dans le beurre 186 de margarine pour 100 d'oléine, tandis qu'en été la proportion de margarine redescend à 66, ce qui explique la diminution de consistance du beurre dans cette dernière saison. On a constaté une différence entre la traite du malin et celle du soir, notamment sur les vaches qui passent la journée au pâturage et la nuit à l'étable. La première a, en général, donné moins de beurre que la seconde.

L'âge de la lactation a une influence marquée. Du premier au huitième mois, suivant Vernois et Becquerel, la densité du lait va croissant de 1 031 à 1 039 chez la vache, et les matériaux iixes augmentent en bloc dans le même rapport. Sur deux vaches dont la lactation durait depuis quatre ans, ces observateurs ont vu la quantité de caséum et de matières extractives diminuer de moitié pour l'une et d'un tiers pour l'autre. A la fin de la période, si la bête est pleine, il perd son caséum, son sucre, et devient très albumineux, par conséquent, coagulable sous l'influence de la chaleur.

La très grande activité de la lactation rend le lait très aqueux et diminue notamment la quantité de caséum et de beurre.

D'ailleurs la composition du lait n'est pas la même à tous les moments de la traite, comme Parmentier et Deyeux l'avaient remarqué. Le lait obtenu a la fin de cette opération contient presque une fois autant de beurre que celui du commencement. Et en divisant la traite en deux, la première moitié donne, d'après

Heynsius, 8 centièmes de matières fixes, et la seconde 12. Peligot ^ en divisant la traite en trois parties, a obtenu les chiffres suivants :

Composition. Au commencement. Au milieu, A la fin de la traite.

Beurre.. 0,96 1,02 1,52

Sucre de lait 6,50 6,48 6,45

Caséum 1,76 1,95 2,95

Matières soluhles 9,22 9,45 10,92*

Les différences constatées sur l'ânesse se montrent dans les autres femelles. M. Reisetles a observées sur la vache où elles sont également prononcées. Elles paraissent tenir, soit à ce que dans les sinus de la mamelle les éléments du lait se disposent dans l'ordre de leur densité, comme ils le font dans un vase inerte, soit, ainsi que le pense Milne Edwards, à ce que les parties butyreuses fournies par les culs-de-sac des canaux ne s'en échappent qu'après les parties plus aqueuses provenant des canaux plus volumineux.

Une fois que la sécrétion est bien établie, la condition essentielle qui entretient son activité et la porte à son maximum est l'évacuation de son produit répétée à des intervalles assez rapprochés. On pense généralement que pendant que le petit tette ou lorsqu'on trait une femelle, la sécrétion lactée est très abondante; mais l'expérience démontre que, dans ces deux conditions, l'excitation n'a pas d'effet immédiat bien sensible. Seulement l'évcicuation du lait, en rendant les canaux et les sinus galactophores entièrement libres, est bientôt suivie d'un redoublement du travail sécrétoire. Pour m'assurer du fait, j'ai fait traire une vache pendant deux jours de suite, une fois le matin et une fois le soir, en alternant l'ordre suivant lequel les mamelons étaient privés de leur lait, et je n'ai pas vu, à part les différences d'activité des quartiers de la mamelle, que le second trayon donnât plus de lait que le premier, le troisième plus que le second, le quatrième plus que le troisième.

in

MATIN DU PREMIERJOUn

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