IG
mort
31= Poids lolal.
Dans plusieurs autres portées de chiens, j'ai eu l'occasion de constater avec précision un accroissement plus rapide que celui du tableau précédent. La rapidité de cet accroissement est à son maximum lorsque les femelles ont un grand
appélil, iiuolles reçoivent une abondante nourriture et donnent beaucoup de lait, trois circonstances qui ne se lient pas toujours. En voici un eveaiple remarquable, presque exceptionnel. Une chienne du poids de 25 kil., après la mise bas, élève sept petits pesant ensemble à la naissance 2 870 gr. ou en moyenne chacun UO gr. Ils furent pesés de 7 en 7 jours pendant cinq semaines, Au trente-cinquième jour, ils avaient sextuplé de poids; par conséquent chacun avait ajouté à son poids initial le poids de cinq chiens pris au moment de la
naissance.
Poids initial des 7. 2 874s^
Poids tiaal de la 1" sem. -4550.
Augra.
équiv. à 4 chiens à la naissance,
itale.
Augm. te
équiv. à 36 chiens 1/2.
Et, chose remarquable, pendant que la mère produit la somme de lait nécessaire à la constitution de ces lo kilog. de chair représentant 36 chiens du poids au moment de la naissance, elle fabrique encore pour son propre compte, c'està-dire s'assimile plusieurs kilogr. de chair qui s'ajoutent momentanément à la sienne; ainsi, 3 200 gr. dans la première semaine, l 7o0 dans la seconde, puis elle perd dans la troisième, alors que les forces digestives commencent à fléchir, forces qui, dans la semaine précédente, réussissaient à élaborer de quoi produire 4 620 gr. de chair, tant pour les petits que pour elle. Dès la quatrième, l'alimentation directe commence à apporter un appoint au lait maternel et cet appoint bien digéré rend l'accroissement continu et lui donne de grandes proportions, sauf dans les cas oîi le sevrage entraîne des pertes qui ne trouvent pas de compensation.
Chez les oiseaux, comme on l'a vu déjà au chapitre de la nutrition, l'accroissement est encore dans beaucoup d'espèces, plus rapide que chez les mammifères. Je puis en donner une nouvelle preuve relative à celui du merle. A partir de l'éclosion jusqu'au moment où il sort du nid, c'est-à-dire, dans la période qui correspond à l'allaitement chez les mammifères, cet oiseau augmente de 8 à 9 fois son poids initial, puis encore une à deux fois dans la première semaine qui suit sa sortie, une fois et demie dans la seconde, après laquelle son augmentation est insignifiante, car au delà de la troisième semaine, il a presque acquis son poids d'adulte.
Ainsi, quatre merles qui devaient peser ensemble en sortant de l'œuf 24 à 25 gr. pesaient au moment de quitter le nid, 222 gr. et demi, soit chacun 55 gr. 5. — 272 gr., ou chacun 68 gr. à la fin de la première semaine; — 310 gr. ou chacun 77 gr. 5 à la fin de la seconde ; — 3 1.2 à la fin de la troisième. Il en résulte qu'à la fin du premier mois après la naissance, le merle pèse douze merles sortant de la coquille.
Tableau de V accroissement d'un chien pendant les deux premiers mois.
ir.
en C5
Ed
Z '^ en
2z gg
ta s
1er
9e lOe lie 16e
42e 43e 44e 54e 64e Poids le 618 jours.
Dès que le jeune animal est sorti du sein de sa mère, la respiration s'est établie, et avec elle la circulation s'est modifiée. Le cours du fluide nutritif s'est limité tout d'un coup au fœtus : le sang qui allait se vivifier dans le placenta est porté, dans le même but, au poumon pour s'y mettre en rapport avec l'air atmosphérique ; ce même fluide qui, jusqu'alors, avait emprunté des matériaux à la mère, par l'intermédiaire du placenta, va les puiser dans l'intestin où le premier aliment se digère avec une extrême facilité.
Par suite de ces premières modifications, les dispositions anatomiques qui réglaient le cours du sang pendant la vie intra-utérine s'effacent : le trou de Botal s'oblitère peu à peu, ainsi que le canal artériel, le canal veineux, la veine et les artères ombilicales. Le trou de Botal se ferme aux dépens de la valvule qui le circonscrivait en grande partie ; son oblitération est complète, d'après les observations de Flourens, au bout de douze jours sur le cochon d'Inde, de seize sur le lapin, de vingt-trois sur le chien ; mais elle ne l'est que de un à deux ans dans l'espèce bovine. Le canal artériel s'oblitère en moins d'un mois, et dès les premiers jours sa cavité est si rétrécie et ses parois sont si épaisses, qu'il cesse à peu près complètement de donner passage au sang. La veine ombilicale et le canal veineux s'affaissent très vite ; dès les premiers moments, le sang ne coule plus dans la première, bien que sa cavité puisse encore persister longtemps, même pendant six mois, comme j'ai vu sur le lion. Les artères ombilicales cessent aussi d'être parcourues par un courant sanguin, bien qu'elles restent encore un peu perméables au sang, surtout à leur partie supérieure, quelquefois pendant toute la vie, comme les injections le font voir souvent sur le cheval. Les vaisseaux omphalo-mésentériques, l'artère et la veine qui, déjà, avant la naissance, n'avaient plus de lumière, disparaissent totalement. Néanmoins, on les voit encore très bien sur les chiens de un à deux mois.
La rapidité de l'accroissement est bien moindre chez les jeunes animaux qui, au lieu de recevoir le lait de la mère, sont soumis à une alimentation j)eu en rap-
port avec les forces de l'appareil digestif. On a remarqué que les enfants sevrés prématurément deviennent cliétifs, qu'ils prennent un abdomen volumineux et donnent des signes de rachitisme (J. Guérin). D'après les statistiques, la mortalité des nourrissons sevrés hâtivement est quelquefois de 20, 50, 60 pour 100, tandis qu'elle n'est que de moitié et souvent moins parmi les enfants élevés par leur mère. Les animaux sont à peu près dans le même cas : les agneaux, les "veaux, les chiens qui ont reçu trop tôt, au lieu de lait, l'alimentation des âges ultérieurs, prennent un aspect misérable, un ventre énorme; leurs muscles demeurent mous et grêles, etc.
La durée de l'accroissement, qui doit s'étendre bien au delà du sevrage, n'est pas, quoi qu'on en dise, proportionnelle à celle de la vie fœtale, puisque, chez l'homme, l'accroissement dure vingt-deux à vingt-trois fois la vie utérine, et cinq lois seulement chez le cheval. Mais cette durée se proportionne mieux avec celle de la vie totale ; car, suivant Buffon, la vie des mammifères est égale à six ou sept fois la durée de l'accroissement, et à cinq fois, d'après les calculs de Flourens \ qui a pris pour mesure le temps écoulé entre la naissance et la soudure des épiphyses. Or, d'après ce principe, la durée de la vie humaine doit être de cent ans ; celle du chameau, de quarante ; du cheval, de vingt-cinq. La règle pourrait être vérifiée si l'on connaissait exactement, d'une part, l'âge auquel a lieu la soudure des épiphyses, et, d'autre part, la limite de la "vie. Or, ces deux termes sont à peine connus pour les animaux que nous avons constamment sous les yeux.
Le thymus ne tarde pas à diminuer de volume relativement au reste du corps, mais il ne disparaît cependant pas très vite ; car, sur les chiens et les chats de deux à trois mois, il offre encore un développement considérable, et l'on en trouve, du reste, sur le bœuf et le cheval, jusque dans le cours de la deuxième année. La peau, chez les animaux nus au moment de la naissance, se couvre de poils. Les paupières des chats commencent à se décoller et à s'écarter l'une de l'autre à l'angle nasal le luiitième ou le neuvième jour; celles des chiens, le onzième ou le douzième, et quelquefois seulement le vingtième. Mais les yeux ne s'ouvrent pas tout d'un coup : en générai, le premier jour il ne se fait qu'une petite fente; le second, le décollement est à demi-effectué, et le troisième, il l'est entièrement ; du reste, dans la même portée, il est des petits qui sont deux ou trois jours en retard sur les autres. Sous ce rapport, il y a un contraste remarquable entre ces animaux si longtemps aveugles et les petits des solipèdes et des ruminants qui voient si bien et jugent des distances avec tant de précision tout en sortant du sein de la mère.
Peu à peu, les jeunes animaux prennent de la vivacité. Les petits carnassiers qui, d'abord, ne faisaient que ramper, commencent, au bout de quinze à vingt jours, à marcher, puis à se tenir assez bien debout. Alors, la mère n'est plus obligée de les emporter avec ses dents quand elle veut les faire changer de place. Mais, dès les premiers jours, les petits solipèdes et ruminants se tiennent bien debout et sont capables de suivre leur mère.