‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 296 sur 310 · Vov. ^Vuudei'lich. ouvr. cité · texte numérisé non relu

Vov. ^Vuudei'lich. ouvr. cité

elles-mêmes, la température, quoique supérieure à celle de la peau à l'état normal, n'est pas toujours plus élevée que .celle de l'aisselle ou du rectum ; si l'augmentation existe, elle est faible, d'après la plupart des observateurs. Suivant Hunter même, elle serait nulle dans les phlegrnasies] provoquées expérimentalement.

Dans quelques maladies graves, telles que le tétanos et les lésions de la moelle cervicale, l'élévation va jusqu'à 42 degrés. C'est le maximum observé sur l'homme, et Unterberger, de Dorpat, l'a également constaté dans le tétanos des animaux.

Au contraire, dans divers états anormaux ou morbides, un abaissement plus ou moins marqué a été noté, savoir : dans les paralysies, dans le sclérème, les hémorrhagies, les affections cancéreuses, dans les cas de grands traumatismes, de brûlures étendues, et, en général, sous l'influence de secousses violentes, de chocs nerveux très intenses. La dépression des fonctions cérébrales a aussi ce résultat, soit immédiatement, soit après quelques périodes de 24 heures. Une simple dénudation du cerveau sur le lapin fait descendre le lendemain la température à 35, quelquefois à 30, à 25, lorsque la prostration est extrême. Certaines altérations du sang, les infiltrations étendues, l'anasarque, l'œdème produiraient aussi un abaissement plus ou moins marqué. Au milieu des infiltrations, le tissu de l'œdème a une température inférieure à celle de la peau et à celle des muscles superficiels, du moins c'est ce que j'ai constaté sur le cheval. J'ai noté une dépression thermique très prononcée sur un cheval qui portait un sarcocèle monstrueux et de grandes masses cancéreuses dans la cavité abdominale. C'est surtout dans le choléra, à la période algide, que l'abaissement devient très considérable; il descend alors dans les parties internes à 34, quelquefois à 33 degrés, comme Doyère l'a souvent noté; il est peu considérable encore, proportionnellement, aux extrémités et dans toutes les parties superiicielles du corps; mais, au moment de la mort, la température remonte presque toujours à son chiffre normal, et quelquefois le dépasse. L'abaissement thermique, dans le choléra, coïncide avec une réduction de 2 cinquièmes dans la consommation de l'oxygène.

Une dépression thermique plus ou moins marquée s'observe encore dans divers états douloureux : dans la manie, dans les diverses formes d'asphyxie, notamment celle qui résulte de l'application d'enduits imperméables à la surface de la peau. Il en est de même, comme Duméril et Demarquay ^ l'ont constaté, sous l'influence de l'opium, de l'éther, du chloroforme. Quelquefois, cependant, j'ai vu l'i-njection dans les veines de la teinture d'opium, à haute dose, produire, avec une stimulation très vive et des sueurs abondantes, une élévation notable de la température des parties superficielles.

En ce qui concerne les animaux, peu de recherches ont été tentées sur la calorification dans les maladies. M. Gamgée et quelques observateurs anglais ont noté une élévation considérable de température sur les bêtes bovines à la période prodromique du typhus contagieux. Dans quelques expériences faites récemment

1. Duméril et Demarquay, Comjites rendus de l'Acad. des sciences, 1848.

aux hôpitaux de l'Ecole i^d'Alfort, nous avons obtenu, M. Reynal et moi, les chiffres suivants sur une dizaine de chevaux :

Page 1