‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 62 sur 310 · Bouchardat et Sandras, Aiinuaire de thérapeutique · texte numérisé non relu

Bouchardat et Sandras, Aiinuaire de thérapeutique

IgQ DE l'absorption.

le ch\le donne de l'huile ou du suif tuivant que l'animal a mangé lun ou l'aulre

de ces corps gras.

Le liquide des lactés compte le sucre au nombre de ses éléments normaux et constants comme je crois l'avoir établi le premier ^ dès I800. Tiedemann et Gmelin avaient bien déjà trouvé des traces de sucre dans le liquide mixte du canal thoracique d'un herbivore dont les aliments sont riches en l'écule et en sucre tout formé, qui se transforment l'un et l'autre en glycose. Lehmann ^ avait aussi affirmé qu'il s'y trouve dans cette circonstance, mais on ne savait pas si son existence était constante et s'il se montrait dans le chyle des carnassiers dont les aliments ne contiennent ni fécule, ni sucre. Or, j"ai fait voir que le chyle de l'herbivore renferme normalement du sucre dans la proportion moyenne de loO à 160 milligrammes pour 100 grammes de chyle, et celui des carnassiers dans la proportion de 120 à 140. Ce sucre, dont on a cessé de contester l'existence depuis que les chimistes ont confirmé mes observations, ne réduit pas seulement les liqueurs cuivriques; il fermente et donne de l'acide carbonique et de l'alcool.

Quant à la dextrine que contient le plus souvent le chyle de l'herbivore et du carnassier soumis à un régime mixte, elle se trouve dans le sérum dépouillé d'albumine et traité par l'alcool. Le précipité obtenu, repris par l'eau, donne la dextrine qui prend par l'iode une couleur violacée, et se transforme en sucre sous l'influence de la diastase salivaire.

Les matières extractives n'ont encore été ni déterminées ni isolées les unes des autres. Lehmann ^ les dit plus abondantes que celles du sang.

Les acides gras volatils qui donnent au chyle son odeur, dégagée surtout par l'ébullition, sont multiples. Wurtz, qui a eu l'occasion de les retirer des masses de chyle que j'ai mises à sa disposition, devait les faire connaître dans un travail particulier. Il y a trouvé aussi, comme dans la lymphe, de l'acide formique et de l'acide lactique.

L'urée que Ton s'était habitué à considérer comme un produit de désassimilation, est un des éléments du chyle. Wurtz l'a trouvé d'abord dans le chyle du taureau, puis dans celui du chien ; sa quantité ne s'élève qu'à une fraction de millième, 0,12, 0,18. Elle provient plutôt de la lymphe mêlée au chyle que des matières absorbées dans l'intestin, car il est peu probable qu'elle se forme déjà, soit dans le chyle, soit à l'origine des lactés.

Enfin, le chyle contient des matières salines et minérales : du chrorure de sodium entrés forte proportion, 5, 6, 7 millièmes, des carbonates alcalins, du carbonate calcaire, des sulfates de potasse et de soude, du phosphate de chaux en quantité beaucoup moindre, en tout 6 à 10 grammes par kilogramme. Les alcalis qui dominent parmi ces derniers sont, d'après Lehmann , combinés avec l'albumine, les acides gras, l'acide lactique, etc. Le fer y existe également, quoique divers analystes ne l'aient pas signalé. On le trouve dans le chyle mésentérique pur comme dans le liquide mixte du canal thoracique. C'est du chyle que le sang tire ses matières minérales.

1. G. Colin, De la formation du sucre dans l'organisme {Comptes rendus de l'Acad. des sciences, 11 juin 185.^).

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