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Zh VÊ L*ABSOEPTION.
heures» et dont le pylore venait d*étre lié, 3 grammes de salfate de strycbiiiii dissolution dans 200 grammes d*eau. L'animal n*éprouTa aucun symptôme d'empoisonnement ni le jour de Tinjection, ni le lendemain. Il fut sacriGé au bout ds quarante-buit heures. Le liquide retiré du viscère, et pesant 8 kilogrammes* fut filtré, pais injecté dans l'cesopbage d*un autre cheval , afin de voir s'il avait coo* serve ses propriétés. Ce second solipède, dont le pylore était libre et dont les iierfii étaient intacts, éprouva bientôt de violentes convulsions, et mourut trente-cinq minutes après l'injection. Par conséquent le sulfate de strychnine, malgré son séjour de quarante-huit heures dans l'estomac du premier cheval , avait conservé tome son activité toxique.
 un gros cheval entier, à la diète depuis deux jours, on injecte, après la iigitare du pylore, 3 grammes de sulfate de strychnine dans l'œsophage. Le csel etf dissous dans un litre d'eau. Le solipède n'ayant présenté aucun symptôme d'empoisonnement, est sacrifié au bout de vingt-quatre heures. On retire de l'estomac sept litres d'un liquide verdâtre, à peine visqueux et non acide, dont la dixième partie est injectée lentement par l'œsophage d'un chien qui meurt empoisonné en un qijart d'heure. £nfm on reprend le liquide poussé dans l'estomac de ce chien» d on l'injecte dans l'estomac d'un second animal de la même espèce. Celui-ci vomit une partie du véhicule toxique ; néanmoins il en conserve une partie, et meurt au milieu des convulsions après une période de quatre à cinq heures.
 un autre cheval de grande taille et à jeun, on injecte par Tcesophage, le pylorr étant lié, U grammes de sulfate de strychnine en dissolution. Le solipède, pendant les trente-neuf heures qui suivent l'administration de l'agent toxique, n'éprouve pas le plue léger symptôme d'empoisonnement. Au bout de ce temps, il meurt des màbeê de la péritonite, comme cela arrive par suite d'une simple ligature du pylore ou deTinteslin, sans qu'on ait rien injecté dans l'estomac A l'autopsie, le réseriair gastrique esl dilaté par dix-huit litres d'un liquide visqueux sécrété depuis l'ai^pKcationdu lien sur l'orifice pylorique; car, après l'injection, l'cesopbage avait été Ké au-dessous de la ponction, de même que dans les autres expériences. Ce liquide filtré est employé aux expériences suivantes, qui montrent que le sel vénéneux en dissolutioB a conservé ses propriétés.
On en injecte dans la jugulaire d'un cheval cinq décilitres, c'est-à-dire la treni»sixième partie de la quantité totale. L'animal tombe bientôt sur le sol , et meoit en moins d'un quart d'heure dans de violentes convulsions. Il avait donc reçu à peu près 11 centigrammes de sel dans les jugulaires. Or 10 centigrammes de suUait de strychnine tuent le cheval en injection dans les veines,
La quaran^ème partie du liquide primitif est injectée par l'œsophage dans l'es* ttynac d'un chien. Celui-ci, en moins de douze minutes, expire au milieu des convulsions.
£nfin un trois-centième du même liquide (30 grammes) est injecté lentement dans la jugulaire d'un chien de taille moyenne, qui meurt au bout de Urois minutes.
M» Pérosino et ses collègues de Turin ont répété plusieurs de ces expériences avec la noix vomiquc et le valérianalc de strychnine. Ils ont vu , comme nous, que les animaux dont le pylore est lié conservent pendant douxe* vii^t-
ABSORPTION SUPEBFICIBLLE. 35
quatre heures et plus, les substances toxiques dans Testomac sans qu'il se mani feste aucun symptôme d'empoisonnement II n'y eut d'exception à ce résultat que dans les cas où le pylore, imparfaitement serré, laissait passer une partie de la substance dans l'intestin, et dans ceux où la ligature fut appliquée sur le duodénum, même à lA centimètres loin de l'estomac, comme l'avouent ingénuement les expérimentateurs italiens. En injectant dans le viscère une dissolution de cyanure de fer et de potassium, ils ont vu qu'au bout d'un temps a>scz long l'urine contenait de légères traces du sel , c'est-à-dire l'indice d'une absorption à peine sensible.
Nous avons aussi substitué le prussiate de potasse à la noix vomique et aux sels de strychnine, afin de voir dans quelles limites Testomac pouvait absorber les substances qu'on force à faire un long séjour dans sa cavité. Pour arriver à des résultats concluants, il fallait: 1** lier le pylore en avant de son anneau muscnleux; 2<* i'élreindre exactement |Kir des liens uon susceptibles de se relâcher; 3^ éviter, pendant les manipulations de l'expérience, de blesser la muqueuse si délicate du sac droit, ^ travers les parois du viscère. On conçoit qu'il suffit do laisser libre, du côté de Veslomac, un pli de la muqueuse duodénale, d'érailler la muqueuse gastrique en serrant trop le lien, ou de rendre possible le passage de quelques gouttes de liquide de l'estomac dans l'intestin grêle pour laisser une prise sudisante à l'absorption, et par coflséqueot pour entacher d'erreur toutes les données de l'expérimentation.
Nous injectâmes dans l'estomac d'un cheval à jeun depuis plus de deux jours, et dont le pylore était lié, une dissolution aqueuse de tiO grammes de cyanure de fer et de poiassiom. Quatre heures après l'injection , l'urine rendue, traitée par le persulfate de fer, ne montra aucune trace de cyanure. Deux heures, quatre heures plos lard, et jusqu'au moment de la mort, elle n'en présenta pas davantage. Vingts quatre heures après le commencement de l'expérience l'animal fut sacrifié, et Tautopiie en Ah laite sur-le-champ avec beaucoup de soin.
L'cstoisac fut détaché et enlevé. La ligature du pylore se trouvait bien placée et encore très serrée. Ce viscère contenait huit litres et demi d'un beau liquide épais, visqueux, an peu opalin et à réaction alcaline, qui devenait d'un bleu très foncé par l'action du persulfate de fer. Le contenu du duodénum renfermait quelques traces de cyanure; mais les liquides du reste de l'iniestin grêle, du coBCum et du côlon n'en offraient aucun vestige. Le sérum du sang de la jugulaire, de la veine cave, de la veine porte, la sérosité du péritoine, celle des plèvres, du péricarde, la synovie des articulations, l'urine de la vessie, des bassinets du rein , la salive n'en contenaieni pas. 1^ surface de l'estomac et de l'intestin , le canal thoraclque, les ganglions niésentériques, les épiploons, la muqueuse de la vessio, du rein, des uretères, le tissu du poumon , des muscles et des autres organes furent mis en contact avec du pcrsulfete de fer sans déceler les moindres iraccsdu cyanure qui avait été injecté dans l'estomac.
ÏJà mOme expérience fut faite de nouveau sur un autre cheval qui reçut dans l'eMomac 50 grammes de cyanure. Le sérum du sang, extrait des veines pendant le prunier jour, et l'urine des quatre premières lienrest, no présentèrent pas de traces Ho sel injecté. Mais Turino, à partir de la cinquième heure, commença h montrer quelques petits flocons bleuâtres lorsqu'elle était traitée par le persulfate de fer. L'animal étant mort trente et une heure après l'opération, fut examiné très atten-
36 DB l'absorption.
tivement Le pylore était parfaitement lié, car le persulfate versé à l'intérieur do duodéooro, près de la ligature, ne développait pas de teinte bleue. L'estomac contenait dix litres d'un liquide visqueux, opalin, donnant un précipité bleu très abondant. Sa muqueuse, à trois ou quatre travers de doigt du pylore, offrait une déchirure de 2 centimètres et demi, à rebords écartés et ecchymoses, laissant à découvert le tissu cellulaire et les vaisseaux sous-muqueux. Le sérum du sang de la veine porte, celui de la veine cave, des jugulaires etc. , la sérosité rousse du péritoine, celle des plèvres et du péricarde, la muqueuse des bassinets rénaux, des uretères, de la vessie, le tissu du poumon, des ganglions mésentériques ne montraient pas de traces de cyanure. I>a muqueuse des canaux biliaires faisait seule exception à cette règle. Elle prenait une teinte légèrement bleuâtre par l'action du persulfate ferrique.
Ainsi cette fois l'estomac du cheval n'a pas été tout à fait imperméable. L'absorption y a puisé des traces du sel injecté. Mais la déchirure de la muqueuse a po suffire pour laisser prendre aux absorbants les quelques atomes de cyanure retrouvés dans les urines et sur la muqueuse des canaux biliaires.
Il ressort évidemment de ce qui précède que l'absorption est à peu près insensible dans l'estomac du cheval , tandis qu'elle est très active dans celui du cbieo. Cette différence très remarquable tient aux particularités d'organisation de la moqueuse gastrique, et se trouve en rapport avec le mode d'action du viscère dans les solipèdes et les animaux carnivores.
Chez les solipèdes, en effet, la muqueuse gastrique, dont l'étendue totale ne dépasse guère ^0 décimètres carrés, est divisée en deux parties distinctes : l'une est mince, blanchâtre , peu vasculaire et recouverte d'un épithélium pavimenteux qui lui donne tous les caractères de la muqueuse cesophagienne ; l'autre, qui est fort épaisse, très vasculaire et affectée à la sécrétion du suc gastrique, se trouve enduite d'une couche de mucus dense et très difficile à détacher. Or, pour la première, l'obstacle à l'absorption est incontestablement l'épithélium pavimenteux, et pour b seconde, la couche épaisse de mucus, couche qui n'a pas, à beaucoup près.li même consistance, la même cohésion et la même épaisseur chez les autres animaux.
Chez les carnassiers, au contraire, la muqueuse gastrique est partout très vascalaire, dépourvue d'épithélium pavimenteux et enduite d'une faible couche de mucus peu consistant et facile à détacher. Celte muqueuse, dont la surface est da reste fort étendue, n'a rien dans son organisation qui mette obstacle à l'absorption.
Le but physiologique d'tme telle différence n'est pas difficile à saisir. Les aliments et les liquides, séjournant très peu dans le petit réservoir gastrique du cheval, ne pourraient y céder aux absorbants qu'une faible partie de leur masse. De plus, la petite surface muqueuse, qui est chargée de la sécrétion du suc gastrique, ne pour* rait, en raison même de son cxiguité, sécréter et absorber tout à la fois, ou da moins les modiûcations de texture qui lui donneraient de l'aptitude à l'absorption seraient peut-être préjudiciables à l'exhalation du sucgaMrique. Au coutraire, chez le chien , dont l'estomac est énorme relativement à la taille de l'animal et à la capacité de l'intestin , les phénomènes les plus importants de la digestion se passent au sein de ce réservoir. Les aliments y sont déjà assez profondément modiGés pour qu'une partie de leurs principes puisse y être absorbée sans passer dans l'intestin.