ABSORPTION SUPERFICIELLE
En OQtre, les liquides s*y accumulent a?ec les alimenls et y font un séjour prolongé. Aussi, à cause de ces diverses particularités, l'absorption devient utile dans Testomac des carnivores.
Si les premiers réservoirs gastriques de certains animaux et Testomac simple n'absorbent point ou n'absorbent que d'une manière peu sensible, l'intestin possède à an haut degré, dans toutes ses parties et chez tous les animaux, la faculté d'absorber. L'action des chylifères le démontre clairement pour l'intestin grêle : la^disparition progressive des liquides, le durcissement des matières stercorales, et diverses expériences établissent le fait en ce qui concerne le gros intestin.
L'intestin grêle est incontestablement de toutes les parties du tube digestif celle Mk l'absorption s'opère avec le plus d'activité : Torganisation délicate de sa mu* ^ueose, la présence de villosités, la multiplicité extrême de ses prolongements facilitent la pénétration des matières susceptibles d'être absorbées et leur transport au centre de la circulation. Quand on injecte directement l'extrait alcoolique de noix vomiqoe dans une anse de cet intestin, l'animal, au bout de trois. ou quatre minutes, est pris de convulsions, et en moins d'un quart d'heure la quantité de poison absorbée sufiBt généralement pour donner la mort. Le cyanure de fer et de potassioffl, an bout de cinq à six minutes, se retrouve déjà dans le sang des veines mésentériques. L'acide cyanbydrique, qui pénètre les tissus avec tant de rapidité, toe en trois à quatre minutes , et communique son odeur au sang des diverses parties do corps en un temps seulement égal à la moitié de ce court espace.
Le CŒCum absorbe aussi, mais avec moins de rapidité que l'intestin grêle. Il acquiert, sous ce rapport, une grande importance chez les espèces où il est très développé. C'est lui qui absorbe, chez les solipèdes, une grande partie des liquides qui ne séjoament pas dans l'estomac et traversent rapidement l'intestin grêle ; c'est lui qui aussi recueille très probablement les principes assimilables entraînés dans le gros iolestin, et suflSsamment modifiés pour concourir à la reconstitution des fluides OBUitifis. Sa muqueuse, fine, souple, très vasculaire, à épithélium délié, réunit la plupart des conditions favorables à l'absorption. Nous nous en sommes assuré par les expériences suivantes.
On fit, sur un cheval à jeun depuis deux jours, une toute petite incision aux parois abdominales au-dessous de l'hypochondre droit, et par cette incision on retira la pointe du cœcum , dans laquelle ou injecta 32 grammes d'extrait alcoolique de noix vomique, préalablement étendus d'eau. Dix-huit minutes après l'injection, les convulsions et le tétanos commencèrent à se manifester, et huit minutes plus tard le solipède mourut. L'absorption fut cette fois très rapide, parce que le cœcum contenait seulement six litres et demi de matières alimentaires très fluides.
On injecta de même par la pointe du cœcum 32 grammes de noix vomique délayée. Vingt-deux minutes après, il se manifesta quelques convulsions ; l'animal devint irritable, éprouva de violentes secousses musculaires, et mourut cinquantequatre minutes après avoir reçu la substance vénéneuse. Le cœcum, sur ce second animal , renfermait des aliments moins délayés que celui du premier. Cette seule circonsunce suffit pour expliquer le ralentissement de l'absorption.
Enfin on injecta dans le cœcum d'un autre cheval 28 grammes de la substance précédemment employée. Au bout d'une beurç, l'animal éproqva. ka symptômes
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habituels de l'empoisoiinement et tomba ; il moarut ane heure quarante-huit minatei .après Tinjection, bien que le coBCum Gondnt dix-sept litres de liquide et de matières alimentaires.
Ainsi Tabsorplion est très active dans le coecnm ; mais II ne fendrait pas croire que son activité diminue lorsque le réservoir est rempli par des aliments plus ob moins délayés. L'absorplkm y est toujours aussi rapide; seulement les sabstancei qu'on y injecte passent d'autant plus vite dans les voies de la circulation qu'elles se trouvent disséminées dans une plus petite masse de matières étrangères.
Le côlon et le rectum jouissent aussi à un degré très prononcé de la facullé absorbante^ car leur muqueuse a les mômes propriétés que celle du cœcitm. Un cheval, auquel nous injectâmes dans le rectum, préalablement vidé, une dissolution aqueuse de 32 grammes d'extrait de noix vomique, eut des couvulsions, lomba an bout d'une heure et mourut dix-sept minutes plus urd. Une suture avait été faite à l'anus pour prévenir l'expulsion de la substance vénéneuse.
On conçoit, en réfléchissant aux phénomènes de la digestion, que TabBorptioB intestinale doive jouir d'une grande activité pour recueillir, outre les produits alimentaires nutritifs, les liquides apportés du dehors ou versés par la veie des organes sécréteurs. En effet, les réservoirs gastriques et intestinaux d'un cheval nourri de fourrages secs reçoivent journellement : 1» au moins 30,000 grammes d'eau pour boisson, 62,000 grammes de salive, 5,000 grammes de bile, 5,000 grammes de suc pancréatique et certainement plus de 5,000 grammes de suc intestinal, ea tout 87,000 grammes de liquide, dont 62,000 sont résorbés, les 25,000 autres étant rejetés avec les matières stercorales. Or cette absorption active, qui rend ao sang ce qu'il a prêté aux organes sécréteurs et qui lui donne de quoi compenser ce qu'il a perdu dans les actes divers de la vie, cette absorption, dis-je, est exercée par une surfece immense ; car nous savons que la muqueuse intestinale d'un bœof a plus de 7 mètres carrés, et que celle d'un cheval en a plus de 11, c'est-à-dire une étendue double de celle de la peau. Il en résulte que, en supposant l'absorption à peu près également active , chaque mètre superficiel de membrane muqueuse aurait à recueillir pour sa part 5,600 grammes de liquides, sans compter les principes solides des aliments.
Il est facile de suivre les progrès de cette absorption en examinant l'état des matières contenues dans les diverses parties de l'intestin. Dans l'intestin grêle, les aliments sont mêlés à une énorme «quantité de suc jaunâtre visqueux : dans le cœcum, ils sont noyés au milieu d'un liquide dépourvu de viscosité; enfin, dans le côlon, ils se dessèchent progressivement , se tassent et se rassemblent en pelotes vers le rectum, de telle sorte qu'au moment d'être éliminés, ils ne renferment plus que l'humidité dont la pression des parois intestinales n'a pu les priver.
Quant aux agents de ceUe absorption si active, nous savons que ce sont les lymphatiques et les veines. Les premiers prennent les principes assimilables et les liquides sous la fonoe d'un chyle lactescent, dans l'intestin grêle, et limpide dans le reste du tube digestif. Les secondes se chargent incontestablement d'une forte proportion de liquide, et probablement d'une ceruine quantité de principes assimilables et de matières salines; mais il n'est pas possible, avec les données actuelles de la science, de faire la part rigoureuse que chacune de ces deux espèces de vais-
ABSORPTION SUPBRFiaSLLB. M
waox prend à rabsorption întestiDale. Une telle détenninarion ue saurait être iMée que rar des analyses minutieases du chyle et du sang de la veine porte recieiiUa aux diflérentes périodes de la digestion.