‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 108 sur 152 · IV. Des caractères généraux des sécrétions · texte numérisé non relu

IV. Des caractères généraux des sécrétions

L'activité des organes sécréteurs, considérée d'une manière générale, penièW continue, rémittente ou intermittente. Continue, dans les glandes dont la sécrêtitf n'a pas d'interruption normale, comme celle des reins et du foie ; rémittente dal les glandes dont la sécrétion, sans jamais cesser complètement, est plus on mflii abondante, comme celle des sublinguales, des maxillaires, des glandes sudoripiR>; intermittente dans les glandes telles que les parotides de la plupart des animni. les mamelles, les glandules du suc gastriqiie, dont la sécrétion momcnUnêeH suspend complètement 5 des intervalles plus ou moins rapprochés.

Les sécrétions continues sont les sécrétions chargées d*un rôle de déporalii qui ne peut soufl'rir d'inteiruption sans danger pour l'organisme ; elles se nait tiennent dans 1rs conditions les plus diverses avec leurs caractères ordinaires. SJti la sécrétion biliaire et Turinaire persistent chez les animaux épuisés par la sorf france, les fatigues, l'abstinence prolongée : les grandes plaies faites ï l'abdort dans un but expérimental, la péritonite , les troubles qui font cesser la sécrMi du suc gastrique, du fluide pancréatique, ne |>envenl les arrêter. L'inanition p* longée qui tarit la plupart des sécrétions leur laisse, surtout h celle do ft»ie. ■! activité remarquable que prouvent les déjections biliaires des animaux épaisés p une longue abstinence.

Les sécrétions rémittentes et intermittentes sont les sécrétions i usages ombc* tanés, p('M-iodiqnes. Il ne faut du suc gastri(|ue que pendant la digestion slomidk du lait que pendant la période où la mère nourrit ses |)etitH, du sperme qo'i H* pendant l('(|uH il y a aptitude à la reproduction, etc. Les glandes qui eo «I cliarj;ées ont besoin, pour entrer en a/tion, pour se réveiller, rumnse le «W

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, d*êlrc excitées, el d*aiitnni plus vivement que leurs sécrétions doivent is abondantes. Il faut aux glandes salivaires l'impression de l's^liment oa ubstance sapide sur Torgane du goût; aux glandules gastriques, le contact nentavec la membrane interne de l'estomac ; au pancréas, aux mamelles, des >ns d'une autre nature. Ces excitations sont parfaitement réglées quant ^ ;ré d'intensité et à leur i)ériode de retour, d'après le rôle que les produi^ doivent remplir. Leur eflct est tantôt immédiat et tantôt extrêmement len( iiifester. La salive, par exemple, afflue ù la bouche, le suc gastrique coul^ stomac aussitôt que les aliments parviennent à ces cavités ; au contraire, *s glandes, longtemps inactives, ne peuvent reprendre leur action qu'aprè^ gue préparation, comme on le voit aux mamelles qui se développent peu ij n avant le moment de la parturition.

!»écrétions, à quelque espèce qu'elles appartiennent et à quelque rôle qi^g être employé leur produit, entretiennent entre elles des relations plus oi{ mimes. Files sont jus(|u*à un certain point solidaires les unes des autres, cap ennent les matériaux de leur produit dans le sang, et tirent le principe de leur au système nerveux. Or, comme, d'une part, la quantité du sang, sa composes propriétés stimulantes sont réglées, et comme, d'autre part, l'action di^ e nerveux est plus ou moins vive et forte, régulière ou diversement modlGée, rrétions, dans leur ensemble, sont toutes en rapport avec les divers états dd .'t du système nerveux. Elles s'affaiblissent simultanément quand le sang Qvrit, et que l'action du système nerveux est languissante; elles acquièreD| troit d'activité lorsque le sang est abondant et riche, et que l'influx nerveux oportionné à l'état du fluide nutritif; elles s'altèrent, quant à leur caractère 1 composition de leur produit, quand la com|)Osition du sang est elle-même ï, et que l'action nerveuse est plus ou moins troublée, rdre suivant lequel le système nerveux met en jeu l'activité des diverses s, pour les besoins de l'organisme, a pour résultat d'exalter d'une manière »i\o l'action de la plupart d'entre elles, comme nichât en avait déjà fait la que. Pendant la mastication, toutes les glandes salivaires sécrètent en abon- ; puis, le repas achevé, elles ne donnent plus que ce qui est nécessaire pour cter la bouche, et les glandes gastriques versent le suc dissolvant ; enfin, à e que les aliments passent dans l'intestin, ils provoquent le déversement de la lu fluide pancréatique et des sucs intestinaux. Il semble, suivant les expresse Bichat, qu'il y ait une somme de vie pour tout le système des glandes, et 'Surcroit d'activité de quelques-unes ne puisse exister sans un alTaiblissement celle des autres. Cette particularité S4' conçoit très bien, quand on se rappelle ■Kn-mes quantités de fluides et de matières fixes que les glandes salivaires, par vie, soustraient à la masse du sang dans un temps très court, car de pareilles ^tiuus diminuent rapidement la quantité totale du fluide nutritif, et font ^ d'une manière sensible la proportion de ses princi|)es constituants. *> glandes à sécrétion continue ne peuvent, pas plus que les autres, jouir toutes Kid'anc grande activité. La prépondérance de quelques-unes d'entre elles ^acquise qu'aux dé|)ens des autres, dont l'action se ralentit. Ainsi, dès que la «piration cutanée augmente, la sécrétion urinaire diminue, et \ice versa;

qaand les exhalations du tissu cellulaire et des séreuses deviennent abondantes, c'est au délrioicnt des sécrétions cutanées et muqueuses ; lorsque celle du lait tarit, celle de la graisse redevient rapide. Cet antagonisme entre les sécrétioii normales, les unes relativement aux autres, se produit également pour lessécrétioii morbides spontanées ou provoquées dans un but thérapeutique. Aussi est-ce d'après la connaissance de ce fait que, dans le traitement des maladies, on active ne sécrétion pour en tarir une autre : celle de Tintcstin pour affaiblir celle des m* melles, celle des reins ou de la peau pour ralentir les exhalations séreuses ;c*at dans le même but aussi qu'on détermine des sécrétions factices, des exutoîres, pav L combattre les hypercrinies. Alors cependant ce moyen de dérivation ne détint efficace qu'autant que la sécrétion surexcitée ou la sécrétion nouvelle est eflediil par un tissu ou un organe d'une autre nature que celui de la sécrétion qoiàl être diminuée; il ne faut pas exciter la sécrétion d'une muqueuse pour tarir cdk l^ d'une autre membrane de ce genre, il faut encore moins provoquer une sécrèàm dans une partie de la peau pour suspendre celle d'une autre partie du méoiel^i* ment, car chaque muqueuse a des sympathies avec toutes les autres, etcliafi|^ partie de la peau avec les autres parties de l'enveloppe cutanée. D'ailleurs la rM* jBion ne saurait devenir bien efficace, si la sécrétion nouvelle ne soustrait pas il nuissc du sang plus de matériaux que celle que l'on doit modifier ou suspendre. ^^

Les divers organes sécréteurs, bien qu'ils aient entre eux de nombreux nppoUk ^ n'en conservent pas moins chacun leur individualité fonctionnelle. Cbaconan / vie propre, nettement caractérisée, c'est-à-dire son mode d'action et soo ''kljL^^ spécial. Chacun a, pour mettre en jeu et pour régler sa sécrétion, des eiciOÊÊt '^ "^ propres : le rein ne fonctionne pas comme le testicule, et celui-ci comme lesn- '^ melles; la parotide mémo n'agit pas comme la maxillaire, la maxillaire coimiek. /^ sublinguale ; les glandes salivaires d'un animal n'agissent point comme celles i'a J' animal d'espèce différente. Les glandes d'un côté peuvent ne pas agir delà oM;^ ,7 manière que celles du côté opposé. . >^ *

Chaque glande fabrique un produit spécial caractérisé, et les glandes pttiff^. ■ ,^ semblables peuvent fournir des liquides très différents. Le produit des tabès Ml .. muqueuse intestinale n'a aucune analogie avec celui des tubesdela muqueosegi^;»-, ^ que, la salive de la parotide u*a ni les caractères ni la composition de la saliTel^. . maxillaires ; celle de la sublinguale diffère aussi des deux précédentes; tasiliî**la glande molaire supérieure des ruminants n'est point identique avec la salive ^ molaire inférieure : aussi chaque organe sécréteur se distingue-t-il mieoxf»^'' spécialité de son produit que par sa structure anatomique. Jamais une gUo'^

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sépare le fluide d'une autre glande mise dans Tiuipossibilité de fonctionner' ment, certaines d'entre elles peuvent rejeter des principes tout formés dans k^^r- ^ i quand les glandes chargées de l'élimination de ces principes suspcndeflt '^ V ,^ ^ action. Ainsi, la peau élimine Turéc mêlée à la sueur lorsqu*il y a obstacle ï f^ - .. ^^ lement de Turine. : *- .*

Les diverses glandes ont chacune leur sensibilité propre, leur affinité (tf^^ *4âw lière pour telle et telle substance introduite dans l'économie. Au plus léger ('•^ - -^ ment, à la moindre irritation vive, le pancréas cesse de fonctionner, tandistp* péritonite, les contusions, les blessures profondes, l'inflammation du foie, l«*^

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er la sécrétion biliaire. Toile glande est impressionnée par une cause qui ans action sur une autre. La sécrétion du lait est uodiOée sous i'influenco ssions, de i*amour, celle de l'urine éprouve le contre-coup de divers états IX. Certaines d*en|re elles se chargent d'éliminer des produits que d'autres »ttent pas. Les salivaires entraînent, comme on le sait depuis longtemps, les ations mercurielles , les reins expulsent les principes résineux, les huiles elles, beaucoup de sels, le nitrate de potasse» le cyanure ferrico-potassique ; melles éliminent plusieurs substances purgatives, etc. :tion des glandes en général, et celle de chaque glande prise en particuliert

caractérisée qu'elle soit, est susceptible d*un grand liombrede modifications es aux divers états du sang, du système nerveux, aux âges, au sexe, au cliux saisons, aux maladies et à d'autres causes.

ant les âges, les sécrétions présentent des modifications remarquables qui Ht à l'état de la nutrition générale et au caractère particulier des fonctions» nt la vie fœtale, la plupart des sécrétions qui se rapportent à la digestion ne pas encore mises en jeu. Les canaux des glandes salivaires sont seulement s de mucus; l'estomac, au lieu de suc gastrique, exhale un fluide visqueux K>ndant. La muqueuse des voies aériennes sécrète du mucus qui remplit les s nasales, le larynx, la trachée et les bronches. La peau, chez beaucoup d'ani- , reste nue, tandis que chez d'autres elle se recouvre de poils assez abon*

Ses productions cornées, chez les solipèdes, y sont jaunâtres et très molles, icrétions dépuratives, et quelques sécrétions propres à la vie fœtale, y jouis-* eules d'une activité remarquable. Dès la fin du premier tiers de la gestation, : est fabriquée en quantité assez considérable, et elle continue à s'accumuler e concentrer dans l'intestin, qu'elle remplit plus tard sous la forme de méim. L'urine est sécrétée en petite quantité, et ses caractères ne paraissent pas ceox qu'elle présente après la naissance. Les produits des cellules du thymus mt être alors assez abondants, si l'on en juge par le volume de cet organe tant la vie intra-utérine. Au moment de la naissance, toutes les glandes enoies, excepté celles de l'appareil reproducteur, entrent subitement en action» glandes salivaires envoient la salive dans- la bouche aussitôt que le petit saisit amelle de sa mère ; le suc gastrique est exhalé dès que le lait parvient à l'esto- •: enfin les diverses sécrétions instestinales qui, jusqu'alors, paraissaient n'avoir Dé qne du mucus, entrent en exercice et prennent les caractères qu'elles con- '<ront plus tard. La bile, outre son rôle précédent de dépuration, prend une l an travail digestif. L'urine, qui n'avait encore emporté que des matériaux lilesàla nutrition, emporte de plus l'excédant des produits utiles que la diges* 'fournit à la constitution du sang. La muqueuse respiratoire commence à ^erTacide carbonique, et la peau des animaux, nue en naissant, se couvre ^^ peu de poils; la corne nouvelle prend progressivement plus de consistance ^ remplacer les productions fœtales, qui éprouvent très vite une chute par- ^ Fendant le cours de la vie, les sécrétions cutanées prennent de nouveaux '(léres vers l'âge où se développe l'aptitude à la reproduction ; il apparaît des ^toiokles dans le fluide séminal. A la môme époque il se produit dans lovaire orofps susceptibles d'être fécondés. Enfin, à un âge avancé, l'accroissement de

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certaines productions est arrêté, la coulcnr des poils modifiée, la sécrélioQ deli graisse ralentie, l'ovaire ne donne plus d*ovules qui paissent être fécQodés,k sperme n'a plus d'infusoires.

Suivant les divers états de l'organisme, les sécrétions peuvent éproaverdes» difications très nombreuses, dont les principales se rattachent à la cumposiiioiè ^ sang et aux lésions matérielles ou dynamiques des parties. Ainsi, aussitôt ^If 'qualités et la composition du sang sont changées, les diverses sécrétions tnnl| . pour ramener ce fluide à sa constitution normale. Les sécrétions dépuratifOfirt| prennent des caractères nouveaux, et la plupart des autres sont plus oo hêê altérées. Le rein élimine un très grand nombre de substances étrangères (pi^ pénétré dans le torrent circulatoire : les huiles essentielles, les matières résiiMii|| les matières colorantes, le fer, le mercure, Tarsenic et une foule de sels; lapé donne issue au soufre sons forme d'acide sulfhydrique, au mercure, i l'iokil hodurede potassium, à l'azotate d'argent, à plusieurs substances volatiles eiu^ nées aussi par la transpiration pulmonaire et les exhalations intestinales. Leil^ nielles éliminent aussi de l'iode, des préparations mercurielles, des purgatifsfe principes amers, des matières colorantes. Il n'est pas jusqu'aux sécréU'oDsdofll| produits doivent demeurer dans l'organisme qui ne ressentent quelque îdIi^} des variations de l'éint du fluide nutritif.

L*état du sang, modifié par le régime, réagit sur les sécrétions. L'urine den|| bivore, qui est alcaline, chargée de carbonates, sans acide urique. devient wàl se charge de phosphates et prend les antres caractères de celle des carnivores q"* le premier est nourri avec des substances animales ou soumis à une ab>tlniiff { un peu prolongi'e. Le lait changea l'iiifini quant h sa couleur, à son goût. Jl^i^j portion respective de chacun de ses éléments suivant le caractère de ralimonta-^^i | celui des femelles carnivores, peu coagniable et presque dépourvu de sucn.dtti^i plus coagniable et plus sucré dès qu'elles sont entretenues avec des aliiucni^ngétaux.

Les divers états pathologiques de l'organisme, et ceux des glandes en partircli^i impriment des modifications remarqnables aux sécrétions. En génêial, auccb^ d'une phlegmasie dans un organe sécréteur, la sécrétion diminue on 5esu>pot comme on le v(»it pour Teslomac, le rein, le pancréas et les diverses nienih fenuqueuses ou séreuses ; bientôt elle s'y rétablit et, peu à peu, devient très abow en donnant à ses produits de nouveaux caractères. La salive^ qne fournit uiwg dont l'irritation .^e calme, est trouble et charger des épithéliums des canaux leurs; le suc, [lancréalique a le même aspect dans ces conditions, et uo reoi^! qu'une faible proportion d'albumine, aussi alors sa propriété émulsive t^st-elkc^! sidérablemtMit réduite; le lait est trouble, granuleux, souvent saugninuleni 1^ que la sécrétion se rétablit h la surface des séreuses enflammées, clic y jVfnJ j teinte roussâtre, son albumine augmente, et il s'y montre delà fibrine quipo^ ane grande tendance aux pseudo-morphoses. La synovie, les larmes, le>iD)ù^ isébacées, la sueur, le mucus lui-même changent aussi plus ou moins de canrtifl iwua l'influence de l'irritation des [parties qui les sécrètent. QueI(|U«s pnfduiiS" sécrétion acqnirrent des propriétés virulentes : la salive, par exenj|>k ckrt" animaux liMJnipholM's, les mncsiiés des voies gênitairs dans quelques rarr*"^

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S contagieuses. Un certain nombre d'entre eux, notamment l'urine, le lait et ranspiration cutanée, éprouvent des altérations considérables, consécutives à rses affections générales. La plupart sont ralenties lorsqu'il y a débilité et épuient, et quelques-unes se 8ust)endent.

Snfin les sécrétions se modifient beaucoup par un grand nombre d'infliieiices Meures, celles de la température, de Tétat hygrométrique de i'aimosph(ïre, du iit, des saisons, etc. Dabord toutes les sécrétions s'activent par suite des irrità- » extérieures , celle des larmes parles frottements exercés sur les paupières, ' les émanations ammoniacales; celle de la peau par les frictions sèches, celle nie gastrique par le contact de la muqueuse de l'estomac avec des corps' tes tout à fait insolubles. La chaleur et la sécheresse activent la transpiration bonaire et la transpiration cutanée ; le froid et l'humidité rendent plus aboiiles les sécrétions séreuses et urinaire ; l'humidité favorise la sécrétion de lai ■m; la lumière celles des productions pigmentaires. On sait que dans les saisons ides la sécrétion biliaire, les sécrétions cutanées, prennent un surcroît d'acti- • qiie dans les saisons froides, au contraire, ce sont celles du tissu cellulaire, du mz, des membranes muqueuses et des reins. Tout le monde connaît l'influence nntdable des divers climats sur la coloration de la peau et de ses appendices, faboodance et Tétat des productions pileuses. Les nombreuses modifications i en dépendent sont autant 'd'empreintes laissées par les agents extérieurs sur produits des opérations les plus mystérieuses de l'organisme.

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