‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 109 sur 152 · DES SÉGUÉTIONS EN PARTICULIER · texte numérisé non relu

DES SÉGUÉTIONS EN PARTICULIER

Ui nombreuses sécrétions effectuées dans l'organisme diffèrent beaucoup les ndes antres, relativement h la structure des organes sécréteurs, au mode d'ac- P lé ceux-ci, k la nature et aux usages de leurs produits. £u égard à la consti- W des urgaues sécréteurs, Bichat les a divisées en trois classes : les sécrétions ■^^toires. les sécrétions folliculaires et les sécrétions glandulaires. Sous le

en des usages de leurs produits, la plupart des physiologistes les partagent en . ^es: les récrémentiiielles, les dépuratives et les mixtes. Sans nous attacher JT^onie de ces deux classifications, nous passerons successivement en revue : 1^ lécrétious interstitielles effectuées par le tissu cellulaire et le tissu adipeux; L^iCcrétions superGcielles des séreuses, de la peau et des muqueuses; 3" les P^BM glandulaires, dont les produits sont entraînés par des canaux excréteurs, ^-iHlIre celles des glandes lacrymales, des salivaires, du foie, du pancréas, des ^ des mamelles, des testicules ; W les sécrétions glandulaires dont les produits **tan dans les vaisseaux, faute de voies d'excrétion, comme celles qui ont lieii ^k rate^ les corps thyrobles, les capsules surrénales et le thymus.

6S0 DES SÈCRÉTIOIIS.

Scroûté eellulAÎre.

Les aréoles qae laissent entre elles les Gbrilles et les lamelles du lisso cdM contiennent une très petite quaniité de sérosité liquide, suffisante pour hume les éléments de ce tissu, faciliter leurs déplacements réciproques et ceux des pi qu*ils réunissent, mais trop peu considérable pour devenir libre et s'accon dans les régions déclives.

Cette sérosité, qui se réduit en vapeurs lorsqu'on vient à mettre à nu le t cellulaire sur Tanimal vivant, est légèrement jaunâtre, sans viscosité seod néanmoins, elle est susceptible de mousser par l'agitation. £lle renferme beauc d'eau, do l'albumine et les sels du sérum sanguin, avec lequel elle a beaoc d'analogie. LUe précipite par Talcooi, l'acide azotique, et se coagule sous riofla de la chaleur.

La sécrétion de ce fluide devient très abondante h la partie inférieure membres chez les chevaux à complexion molle, des pays humides, chez ceux séjournent longtemps dans les écuries sans preudre d'exercice; elle le den également dans la région sous*glossienne des bétes ovines affectées de la cach aqueuse* C'est elle qui constitue les œdèmes au voisinage des contusions m( plaies, sous la peau rubéfiée, au fourreau à la suite de la castration, sous le TCi lors de cerlaiues affections chroniques. C'est elle enfin qui détermine l'infiJinri générale connue sous le nom d*anasarque, qui se manifeste dans les maladie i cœur, des vaisseaux, et dans toutes celles où la circulation est languissante.

Le tissu cellulaire sous-aracimoïdien sécrète abondamment, comme Tout app les recherches de M. Magendie, un fluide séreux, limpide, non visqueux, quirei plit les mailles de la pie-mère et baigne la surface extérieure des centres nerrcfl notamment de la moelle épinière. M. Lassaigne lui a trouvé, pour le cbeTai,fl densité de 1,065, et la composition suivante sur iOO parties : eau, 98,180 ;(Mi zome, 1,106 ; albumine, 0,035 ; chlorure de sodium, 0,610 ; sous-carbouated soude, 0,060; phosphate de chaux et traces de carbonate delà m^mc base, 0,Mi

La quantité de ce fluide parait varier d'une manière sensible, surtout daiiiM maladies de la moelle épinière. D'après M. Renault, elle est, chez le cheval, de ifl à 430 grammes. J'en ai trouvé tant pour la pie- mère encéphalique qui en coativ fort peu, que pour la pie-mère rachidienne, 336 grammes sur un cheval deufl! moyenne ouvert immédiatement après la mort par elTusion de sang ; 305 graiM sur un second ; 295 grammes sur un troisième.

Le fluide si limpide des chambres de Fœil, ou l'humeur aqueuse, et celui frii sous le nom de corps vitré, remplit les cellules de la membrane hyaloîde, oflti^ faible densité et renferment l)eaucoup moins de matières organiques quelasrrt^ du tissu cellulaire. D*après Berzelius, le premier est formé de : eau, 98,10; U^ d'albumine ; chlorure de sodium et lactale, 1 ,15 ; soude et matière aniiualesoliW dans l'eau, 0,75. lAi second contient : eau» 98,40; albumine, 0,16;cUiif^ de sodium et lactate, 1,42 ; soude et matière animale, 0,02. Ces deux fluides s*^' cumulant dans la cavité de l'œil en plus grande quantité qu'i l'eut Dtf*'i augmentent la tension des membranes de cet organe; elles y deviennent i

DBS SÉCRÉTIONS BN PARTICCLIBR. ftSt

bles et le siège d'un dépôt parlicuiier à la fin des accès de Tophlbalmie Ddique des solipèdes. Leur régénération se fait assez promptement à la suite ponctions de l'œil. D'après Ilaller, il se fornua 23 grains d'humeur aqueuse 2 minutes chez un chien dont les cavités de l'œil avaient été vidées. I sérosité du tissu cellulaire et celle de la pic-mère paraissent être plutôt iu| oit de la perspiratiou des vaisseaux qui traversent ce tissu, qu'un résultat d'ua. il sécrétoire opéré par les éléments de celui-ci ; mais les fluides des cavilésocus sont probablement sécrétés par les membranes qui les renferment.

Oraîsse.

1 graisse, l'un des produits les plus abondants de l'organisme, est déposée

de petites vésicules sphé-

les, devenant polyédriques f^o. 81 (♦).

uite de leurs pressions remues, et entourées de ré- : capillaires. (Fig. 81.) s vésicules adipeuses, dont imètre s'élève tout au plus

centièmes de millimètre, groupées en masses plus ou » considérables dans le I cellulaire de la plupart des ODS du corps ; tantôt sous la )e de couches continues , me au-dessous de la peau isséreuses; tantôt sous celle Iseauxou de rubans, comme

l'épaisseur de l'épi ploon et

mésentères ; quelquefois

elotes ou eu coussinets bien circonscrits, comme à Torbite, à la fosse temporale utour de certaines articulations ; enGn, souvent en amas irréguliers dans les ces inter-musculaircs ou viscéraux.

^ tissu adipeux qui résulte de Tagglomération des cellules graisseuses se trouve rti dans un grand nombre de points, et en général sous la peau, dans les inter* s musculaires, en dehors des membranes séreuses, dans l'épaisseur de leurs replis,

le canal vertébral, autour des reins, dans les scissures du cœur, au pourtour capsules ariiculaircs. Il existe toujours, quel que soit le degré de maigreur des laux, dans la gaine fibreuse de Tœil, dans la fosse tem)X)rale, h la base de la lue, dans les scissures du cœur, autour de la dure-mère rachidienne et dans inal médullaire des os. Au contraire, il manque dans l'encéphale et la moelle ière, dans le tissu du foie, de la raie, des reins, des testicules, des corps thy-

) Fig. 81. — Vésicules et vaisseaux sanguins de la graisse, d*après Todd et Bowman. , vaisseau d*an lobule ; a, artériole ; v, veinule ; &, vésicules graisseuses isolées de leurs eaux; U, vésicules représentées dans leurs rapports avec les vaisseaux.

àii DÈS SÈCRÈTIOrtS.

roîdes, des cafisulcs surrénales, dans l^œil, dans l*épaisseiir des parois cat leis tendons, les parois vascalaires. Il manque aussi h peu près compIétei lèvres, aux paupières, aux naseaux, au scrotum et au sphincter de Tai répaisseur de l*utérus et de la vessie. Il y eii a ihfîniment peu sur le t i^isseaux qui rampent entre les tuniques de Testoniac, de l'îiitesiln, si chez les solipèdes et les ruminants très gras.

La graisse a, suivant les animaux, des lieux d'élection où elle s'accu grande quantité. Chez les bêles bovines, il y en a toujours beaucoup souj nnm, surtout à la partie antérieure, à la région scrolale, à la base de la q voisinage de la rotule, sur les côies. Elle forme dans ces régions, chez i engraissés et appartenant aux races perfectionnées, des masses cousidérab tantes parfois sous la peau ; elle s*y rassemble en masses énormes autour d dans Tépiploon et sous le péritoine qui tapisse les parois inférieures de Ta Chez les moutons de Barbarie, chez ceux du cap de Bonne-Espérance etd< quie asiatique, elle donne à la queue un volume extraordinaire et un poic 7 kilogi-ainmes. C'est elle qui forme, en s*unissant à du tissu fibreux, la i zébus, celte du dromadaire et les deux bosses du chameau, l'épaisse co lard dû paie et du sanglier, le spermaceti des sinus de la tête du cacha la baleine.

La graisse I, cUez les (divers aniuiaux, une couleur, une consistance, un et uiie savedr variables, suivant la quantité respective de chacun de ses èl ta pr6t)ortiou du lissu cellulaire et fibreux, et la nature des principes avec elle petit être sbsociée. Elle est presque liquide chez les poissons, les céiao molie chez les oiseaux aquatiques, molle et jaunâtre chez les solipèdes, bla plus consistante chez les porcs, et plus fet*me encore chez les ruminants, où solidifie par le refroidissement calbavérlqde. Néanmoins, quelque épai&seqac être sa consistance après la mort, elle est toujours molle et souple pendant

Les principes qui entrent dans sa composition sont, outre la substance pit qui forme les parois des vésicules, la stéarine, la margarine et l'élaîne. L mière, qui est solide, blanche, fusible h + UU degrés, est insoluble dans sôluble dans l'alcool bouillant, dont elle se sépare ensuite par le refroidifl sous l'aspect de longues aiguilles brillantes ; par l'action des alcalis, elle se de en acide siéarique et en glycérine. L'élaîne, soluble dans Talcool froid, «4 tore, fluide à la température ordinaire, solidiliable seulement à — 7" ceiitig et susceptible d'être aussi dédoublée par les alcalis. La margarine, qui exisi la graisse des ruminants et dans celle du |H>rc, est un |)eu moins fusible stéarine, dont elle ne se dislingue guère que par une plus grande solubilit t*éther. Ces prlncii)es, exposés à une forie chaleur, se décomposent et dooo l*hydrogène carboné, de l'acide carbomque, des acides acétique, warga oiéique, et une matière odorante. D'après M. Chevreul, elles ont la coup suivante :

Graisse de porc. Graisse de mouton.

Carbone 79,098 78,996

Hydrogèue 11.146 11,700

Oiygènc .H,7.*it> 9,304

DES SÈCRilTIONS £f4 TAfiTlCULIEIt. 43S

% sécrétjou de la graisse esL opérée par Jes vémcules de iialiire protérquc qui *enferment, vésicules qui auiii enlourées par des lacië réguliers de vaisseaux soins dc^tiJiés k faurnir d*abord la graisse pi oTcnant des alimenis, puis celle a'est formée dans l'écanomie par suite des inutailoiis de certaines subsiances* ii*u[-€tre ennti les maiériaui propres à coimiiluerde la graisse dam les vésicules i-mêiDes. Les vaisseaux ne déposent pas ce produit dans ks parois mdmcs de» cilles^ car cetEes-ci n*ont pas de capillaire.^ d.ius leur épjis^eur i ils Je versent à urfacc evlérieure des vésicules, qui s'en pétiélrent et hVn remplissent à divers rés. Lorsque ralitneutaiion est abtindautc, elles paraissent entièrement pleines matière grasse. Quand elle l'est moinn, elles reçoivent, h défaut d'une su Risan le ut lié de graisse, une certaine proportion de fluides séreux consiiluaut une sorte iTYOsphère à la graisse. Ceîïe-ci, d'après Buwmann (fig. 82), est même quelque*-

sépai'ée en deux ïoncs, une extérieure^ formée par rèlaïue, lae comrale, étuilée, formée |ïar la stéarine. Jl peut arriver ^^^^ ^^'

s dans le marasme, comme Tout vu GurtI et KOlliker, les liiles, ne rccevaut pîus de graisse, se remplissent de MTCJsiïé, Icvîeuucnt de véritables cellules séreuses. Ou sait, eu effet, ï la inoelle des os, chez lej* animaux émaciés, est eu grande lie constituée par un liquide jaunâtre, visqueux. On sait de ime que le lard des porcs mal notirris ou entretenus avec des ments peu nutritifs ei^t mou, comme juQhré. Mais jl n'est pas parfaitement ttiontré qu'une partie des vésicules adipeuses ne dispara tsseut pas en mCme temps «leur contenu, lors de ramaigrissemcnt, pour élre remplacées par des cellules MiQuvelle formation au retour de rembonpoint : cette disparition semble s^ opetr manifestement en beaucoup de {joints,

OUe sécrétion graisseuse ue présente pas, chez tous les animaux et datis toutes a parties de rorganisme, les mêmes caractères. Chez un certain nombre d'entre eux, Ei/umîuanis, fKir exempte, la quantité de stéarine qui se dépose dans les vé&ricules Kîwuscs est tri-s considérable; aussi la grabse y devient- elle très consistante et i*»Me seulement h it7 degrés centigrades. iAi^t les soiipédes, Tèlaïue étant prédoiwme, la graisse se maintient fluide à la température ordinaire. Enfin, cheî les iwsoni, les cétacés, et en général cbez les animaux aquatiques, la proportion êbînc e^t encore plus grande, et par suite îa graisse plus fluide* Dans cerlaines ifttoiis. comme autour des reins et dans les épiploons^ le tissu adipeux contient plus 6 «tèariiie que sous ta peau et dans lesespaces in terni usculaires» d'après les analyses ^ >L Lassaigue faites tout récemment sur te mouton- Très probablement aussi le f^^âit de formation du tij^su adijieux éprouve quelques autres variantes, suivant lllpft, les espèces et la tiature de ralitueutation.car la saveur, la couleur, Todeur feipilsseSfr changent d*une manière sensible dans ces dilTérentes conditions.

Il sécrétion de la graisse, qui commence à s'effectoer vers la ûji de la pretnière iojîjé de ta vie fœtale, prend peu d*activité avant la naissance, si ce n'est l l*or- Nei à la fos^e tetiiporale, dans le canal vertébral et dans l'épi ploon, sur le trajet 0 vaisseaux oii tl s'en dépose déjà des quantités notables. Pendant la durée ^ rallaitettieut , elle augmente d'une manière sensible, mais depuis la naisncejusqu'îi répfMH^e otj l'accroissement du corps est achevé, elle met le Xmn

6S& 1>B8 SÉCaSTIONS.

adipeux dans une jaste proportion de déYeloppement avec les autres parties de l'organisme. Néanmoins, grâce à nne alimentation abondante, les animaaz dome»tiqnes peuvent, bien avant l'âge adulte, arriver à un embonpoint des plus rniiarquables, puisque, ii trois ans, les bœufs Durbam et ceux de nos belles necf françaises pures ou croisées peuvent peser de 900 li 1,000 kHograoïmes, et ki porcs de race normande peuvent à un an atteindre un poids de 300 k 350 kilagrammes. A un âge avancé, l'engraissement devient difficile, surtout chei les aat* ; maux qui ont beaucoup travaillé, et chez ceux qui, dans le cours de leur vie, la : moutons notamment, ont éprouvé des alternatives de maigreur et d'embonpoiiL Il est à remarquer que, chez les jeunes sujets, la graisse se dépose en plus ferte -

proportion à l'extérieur du corps que dans l'abdomen, comme si alors la réservait aux viscères le plus d'espace possible, tandis que, chez les vieux animm, elle se concentre davantage sous le péritoine, autour des reins et dans les caviià | médullaires des os. D'ailleurs cela varie beaucoup suivant les races, car, d'apiè ^ M. Yvart (1), il y a un contraste frappant entre les races ovines anglaises qui, ié les premières années, amassent sous la peau une couche de graisse aussi épiÎM que le lard des porcs, et les mérinos soyeux qui ne s'engraissent guère qu'à partir de trois ans, et chez lesquels le tissu adipeux s'accumule surtout dans rabdoma. '

Parmi les nombreuses conditions qui favorisent la formation de la graisse, 1 "^ ftmt placer en première ligne une aliuientation abondante , riche en matiéffi ;^ grasses et en principes féculents, le repos, le calme intérieur, une températore f * douce et humide, l'extinction des désirs vénériens par suite de l'état de pléniink ï^ chez les femelles et de la castration |)our les deux sexes : aussi les animaux que Toi ^ veut engraisser sont-ils préalablement châtrés et les femelles fécondées. Ces aal- ;" maux, enfermés dans des établcs sombres, étroites et humides, condamnés i m repos absolu, reçoivent en abondance des aliments peu excitants, très nulritilscl de digestion facile. En quelques mois, les ruminants, déjà en bon état, acquicrert un embonpoint considérable, dont on peut juger par les masses de graisse forroéa ^ dans l'abdomen, et s'élevant à elles seules jusqu'au dixième du poids de Vêwai vivant. Le porc prend très vite de 30 à /lO pour 100 de graisse ; le bélier angbi ^ peut, d'après les observations de M. Yvart, donner on |)oids de graisse égal ) céi \I de sa chair, et l'oie maigre, après on engraissement d'un mois, arrive â donner oae ^ masse de ce produit représentant la moitié du poids du corps, et même quelqoeM davantage.

Les animaux sauvages, ayant à passer alternativement de la disette à nne noorri* ture abondante, passent aussi périodiquement de la maigreur â rembonpoîni. Ui * herbivores et les insectivores s'engraissent en été; les granivores et les fragivoicl en automne. Ceux qui, comme les hérissons, les marmottes, 1rs loirs, les serpni(*i doivent s'engourdir pendant la saison froide, sont chargés de graisse aux approcbs de l'hiver ; ceux qui ont une subsistance assurée pendant tonte l'année, cooMDe beaucoup d'oiseaux et de mammifères aquatiques, les |>hoques, les cvtxés, 11»^ popotame, conservent un certain embonpoint dans toutes les saisons. Il en e!>t i|«.

(I) Etudes sur la rate mérinos à laine soyeuse {Hecueil de mcdccitie vctérmaiic, l"-*p. 512).

DKS SÉCRÉTIONS Klf PARTICULIfiK. &35

k caose de leur subsistance précaire, comme les carnassiers, suit en raison de coQStitotion particalière, comme les lièvres, les lapins, les cerfs, demeurent Mirs maigres, on prennent proportionnellement moins de graisse que les autres. I tous les cas, ceux qui sont susceptibles de s'engraisser le font aussi très vite» me les cailles, les grives, les rouges-gorges, nous en donnent des exemples i les temps humides.

I graisse déposée dans les tissus provient en partie des matières grasses diverses enaes dans les aliments, et en partie d'autres principes alimentaires métamores dans l'organisme. Aussi les aliments conviennent-ils d'auunt mieux à l'cnsement qu'ils contiennent plus de matières grasses et de principes susceptibles s transformer en graisse ; cela, toutefois, dans des proportions mises en harmonie les forces digestives et la puissance d'assimilation.

ss matières grasses apportées en nature dans l'organisme par l'alimentation , pour les herbivores, la cire, les huiles qui existent dans les tiges, les feuilles B graines des plantes ; pour les carnassiers, la substance adipeuse associée à la r et les divers principes gras contenus dans le sang dont celle-ci est imprégnée. ( se trouvent en proportion notable dans la généralité des aliments végétaux, foins des prairies naturelles ou artificielles en renferment, terme moyen, de 1 centièmes; les pailles, l'avoine, le son, de 2 i 5 centièmes; le maïs, 7 cènes; les tourteaux de colza et d'œillette, si utilement employés, de 8 à 10 cènes. Or ces graisses, tant végétales qu'animales, parvenues dans les voies digesj sont divisées et émulsionnées par le suc pancréatique et les fluides intestinaux; passent dans le chyle, qu'elles rendent plus ou moins trouble et lactescent, que dans la veine porte ; de là elles sont disséminées dans le torrent circula- ; et enfin déposées dans les vésicules adipeuses. Celles des aliments végétaux mreraient dans le corps des herbivores, d'après d'habiles chimistes (1), sous aence de l'oxygène, un commencement d'oxydation qui les transformerait en es stéarique et oléique. En passant plus tard dans l'organisme des carnivores, seraient oxydées de nouveau, et donneraient de l'acide margarique qu'on f e dans leur tissu adipeux, puis, par une oxydation plus complète encore, elles leraient naissance aux acides gras volatils connus sous les noms de cuprique f ique et butyrique.

lais les matières grasses contenues dans les aliments ne sont pas toujours en Btité suflbante pour subvenir aux besoins de Tengraissement et à la sécrétion Ut; de plus, ces matières, surtout la cire verte et la cire blanche des plantes bicées, ne s'y trouvent pas sous une forme qui en permette, à beaucoup près, lorption intégrale dans les voies digestives ; car M. Liebig dit même, ce qui est reste fort contestable, qu'une vache nourrie avec du foin et des pommes de «peut fournir une grande quantité de lait, tout en rendant avec les excréments m près la totalité des principes gras contenus dans les aliments. Aussi est-il naire que des graisses se forment dans l'organisme aux dépens des autres cîpes de l'alimentation.

, Uy. Dsmas, BouMiogiull et Paycu, Comptes rendus des séances de VAoaéémh des eu, 1813, t. XVI, p. 348.

/l36 DES SÉCBÉTIONS.

Encffci, Hubcr, cl plus tard Gundlacb, ont vu les abeilles nouirtcs exdusircmcnt soit avec du sucre, soit a\cc du miei^ donner pendant longtemps de la die. M. Boussingault a constaté, par des expériences analytiques liabilemenl eiécolécSt que des porcs fixaient dans leurs tissus une quantité de graisse presque doibk de celle qu*ils prennent dans leurs aliments. Enfin M. Persoz, par des expériences analogues faites sur les oies, a démontré également que la quantité de graiae acquise dans un temps donne, par ces palmipi'des, était très sapérieare k celle qoe le travail digestif puisait dans leurs aliments.

Or, cette graisse nouvelle, de formation animale, provient indobilabieoieBt fa métamorphoses des autres principes introduits dans réconomie par les alimeili D*après M. Liebig elle dériverait de la fécule, du sdcre et des gommes qui se vrmr forment en graisse, en perdant uue certaine proportion de leur oxygène, lequel icnit éliminé de réconomie après avoir servi à la formation du sucre et de Taddecar* bonique. L'engraissement serait la conséquence de la disproportion entre la nom j^ des substances ingérées riches en carbone et celle de l'oxygène alisorbé par la m- ^ piraiion. Enfin, d'après M. Bous.siugault, ces matières grasses pourraient en ooui [^ provenir des substances azotées, telles que l'albumine, la fibrine, le caséum, la lé- '. gumine, puisqu'il est démontré qu'en dehors de l'organisme cessubstances peovfM, .^ dans certaines conditions, donner naissance à des acides gras. Toutefois, quelf|ie .^ puisse être la nature des changements par lesquels ces divers principes se converti' ^ raient en graisse, le fait de cette conversion est incontestable, et c'est tii le poiil ; capital de la question, le reste est un accessoire qui sera fixé peut-ôtre par les pi«« i, ^ grès ultérieurs de la chimie.

Il ne faudrait pas croire que la faculté que possède l'organisme de former de b graisse aux dépens de divers principes alimentaires soit illimitée. Â/obsenaCiM ^ démontre clairement que celte puissance a des bornes qu'elle ne peut dépasKr. Ainsi, les animaux nourris exclusivement avec des racines ou des tubercules IRI

pauvres en graisse, n'acquièrent de l'cmbonpint qu'avec une extrême lenteard

n'arrivent jamais h un engraissement avancé. Les femelles donnent un lail |Mi , butyreux et maigrissent pendant la durée de la lactation, car une partie de te graisse parait être employée à la formation du fluide sécrété par les mamelles. (M peut-être en vue de cette utilisation possible de la graisse à la sécrétion lactée fit ^^ la nature, toujours si intelligente, prédispose à Tengraissement les femelles pefdant le cours de la gestation.

Les usages de la graisse sont assez variés ; mais le premier et le plus iotéiesort d'entre eux est relatif à l'utilisation de cette substance dans les phénomènes rcsfii^

toires. Autrefois on regardait cette matière comme un aliment mis en réserve dtfl ^

l'organisme ))Our subvenir aux besoins de la reconstitution du sang et du renoivt^ lement des tissus lorsque l'alimentation devient insufffisante ; mais comme lagraiit est dépourvue d'azote, elle ne saurait se métamorphoser ni en albumine, »<< fibrine, ni en aucune autre matière azotée, même en admettant que les véskolrt, qui sont de nature protéique, soient résorbées en même temps que leur cooleoB' ^ dérant de cet uffice, la graisse en remplit un autre qui est incontestable, ceIoi<l^ servir à In respiration et à IVntretien de la chaleur animale. Toutes les foisqneb quantité d'oxigène introduite dans l'économie est trop considérable, relatiieoKtt' ^^^

DES SÉtllti%TIOÏ>!S EN FAHTtCUt.lER. |S7

roporÈîon des matières carbonées cl hydrogénfe fournies prralnnenialîorii tel gène brûle h graisse, il s^enipare de son caHîone et de son hydrogène pciur en oerde Tacide carbonique et de l'eau ; il laisse en liberté l*03tygêne de re [jiin- ) qui peut aussi concourir h la production de la chaleur au rnSnie litre que Il qui at*téamené de Taîmosphèrepar la respiration. Cette coinbusrion s*eiïecuie isefiiblablenieni sur place; elle ne fïaraît pas avoir besoin pour s'eiïectuin- que praJitefûk préalablement résorl>ée et amenée avec le sang; dansi les organes refîitoires. Dabord elle a lieu tin peu partout indistinctement» pins tard elle devient s active en certains points qu'en d'antres; enfin il arrive un moment ot\ elle

disparaître eomplétemejii la graisse sous-ctitanée , intermusculaîre^ sous-périelle* en resjîectant celle de l'œil, de la fosse temporale, du canal vertébral, des sures cardiaques dotil ta conservation est importante; néanmoins celle de ces nîers points éprouve aussi une ditiiinution notable el un changemnni d'aspect, (iibstancG médultatie de«î os louj^s devient plus fluide, et utie partie de la matière wm y est remplacée par do h sérusiié ; le coussinet de la fosse temporale, dans solipédes, prend une teinte rougeùtre et laisse voir plus disiinetement ses valant ; la gi aîîîse des scissures du cœur est comme infiltrée. Dans tous les cas, il n^eil

facile d'expliquer pourquoi ces quelques parties du syM&me adipeuse jouissent n privilège que ne partagent point les autres.

La graisse accumulée dans ruiganisine, sous Tintlnence d'une alimentation abonite, est ainsi peu à peu brûlée, pendant Ja saison rigoureuse, cfiez les berbtvores

ne trouvent plus qu'une cliétive nourriture, cbeî tous les mammifères liiherlU, les reptiles, ainsi que cbe£ les animaux inanitiés. Dans ces conditions, les matiK peuvent an i ver souvent â uu état voisin du marasme. La boKse du imadaire, si volumineuse à Tétat normal, peut alors se réduire au poids de i|>0 grammes; mais les couleuvres et les vipères, après cinq â six mois d'absiiicr, conservent encore dans la cavité abdominale des masses de graisse assez nmiactises. Du ne saurait trop admirer ces beureuses combinaisons par suite desriles ce produit surabondant de la digestion est mis en réserve dans les points où icllite je mouvement, embellit les formes, et dans ceu£ où sa présence ne peut re, pour ôtre uiilisé plus tard, une fois que l'économie aura à souffrir du défaut [laieQis ou d'une alimentation insutfisante.

>utre ce rôle important, la graisse a encore d'autres usages accessoires et la |iarl mécaniques. Elle comble fc vide des cavités médullaires et des spongiosil6$

os, régularise et embellit les formes, concourt à la formation des coussinets idu pied, constitue des pelotes souples et molles autour des articulations, ' deForeille. dans rorbiie, etc>

^mei

Béroiité d«i iéremef.

Les membranes séreuses splancbniqueSi le péritoine, les plèvres et raracbnoîde, menibrane interne du péricarde, constituées pér du tissu cel In taire condensé ou^eri d'un feuillet épîibélial, exbaïent par leur surface libre un fluide st-reux ikigue, sinon identique, h celui qui bumecte le tissu cellulaire. La »écrétion de ce liquide est opérée dans toute rêteudne de ces membranes.

438 DES 8ÉCRiTI0N&

soit dans les parties où elles tapissent les cavités, soit dans celies qui revâtouki organes, soit enfin dans celles qui forment des replis, des liganienlSp des franges m de petites saillies récemment qualifiées du titre de glandes projetées, comme si Mi la membrane séreuse elle-même n'était pas une vaste glande. Elle n*a d'aon agent que le tissu de ces membranes, car on sait depuis Rufsch qa'il n'y a pMÉ petits organes glandulaires dans leur épaisseur. Son activité parait peu coosidénHi ^ Tétat normal, mais il n'est pas possible de l'apprécier euctement, poisqi'm résorption incessante fait antagonisme à la sécrétion.

La sérosité des membranes dont nous parlons y est versée ii l'éUC liquide et if^ maintient sous cette forme, et non à l'état de vapeur, coomie le disent la ptopal des auteurs; il est facile de s'en assurer, sur les petits ruminants, ptroneeipirience très simple qui consiste ii enlever avec soin, dans une certaine étendue dn parois inférieures de l'abdomen, la tunique élastique et les muscles, de roanièfB I mettre k nu le péritoine. On voit alors, à la faveur de la transparence du périUMib la sérosité accumulée au niveau de la partie dénudée, pourvu que celle-ci soit ém une situation déclive. De plos, on se convainc par là que cette sérosité ne rénk point d'une vapeur condensée par l'action de l'air, puisque le sac péritonéal a'irt point ouvert L'opinion d'après laquelle cette sérosité serait ii l'eut de vapeariv l'animal vivant ne repose d'ailleurs sur aucune preuve; elle n'a eu sansdoii d'autre point de départ que cette observation, dite depuis longtemps, de la vapev qui s'échappe d'une cavité séreuse ouverte.

Ce liquide n'est pas seulement en quantité rigoureusement nécessaire psv humecter la face interne de la membrane, il y est encore asseï abondant psv s'accumuler en proportion notable dans les parties déclives. J'en ai toujours tiMl sur les chevaux, les moulons, les porcs ouverts immédiatement après la wftHt celle-ci déterminée avec ou sans effusion de sang. J'en ai trouvé de même daBib péritoine, les plèvres et le péricarde des animaux ouverts vivants pour desnpfc riences diverses, quelles que fussent, du reste, les conditions dans lesquelles se i valent placés ces animaux. Jamais je ne l'ai vue manquer dans l'une de ces i branes. C'est donc bien à tort que divers auteurs très estimables, et tout i ment encore Lacauchic, ont regardé comme un produit de transsudaiiou cadavér^tf celle qu'elles renferment après la niorU Évidemment la transsudation et rimbilMi peuvent en augmenter ou en diminuer la proportion suivant les circonstaooo^ l'état des organes, le temps qui s'est écoulé depuis l'instant de la mort, maiil serait ridicule de considérer ces variations, dans les quantités de sérosité troofàl sur les cadavres, comme une preuve de la non-existence de ce liquide pendant h vie. En général, chez le cheval ouvert immédiatement après la mort par effuMS de sang, j'ai trouvé de 80 à 110 grammes de sérosité dans le péricarde, de lOUt 200 dans les plèvres, de 300 à 1,000 grammes du même fluide dans le péritoioe. et de 5 à 8 grammes dans les ventricules encéphaliques. Cette proportion devient, pendant un certain tcmp, de plus en plus considérable k mesure qu'os s'éloigne du moment de la mort, car une nouvelle quantité de sérosité prodHii par transsudation s'ajoute à celle qui existait sur l'animal vivant ; mais plus uri elle diminue d'une manière notable.

«érosité, quelle que soit sa proportion, remplit les petits espaces des i

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branes qui ne sont point occupés par les viscères. Il ne reste pendant la vie, et mtoie après la mort, aucun vide ni dans le péricarde, ni dans la plèvre, ni dans k péritoine. Si, en quelques poinls, les viscères ne se touchent pas ou ne sont pas ca eontaa avec les parois de leur cavité, c*est dans ceux qu'occupe la sérosité. AiMM» dès qu'on vient à faire une ouvertura au péritoine, à la région du flanc, par nempie, l'air s'y engouffre avec bruit et fait un peu descendre la niasse intestinale ; y s*inGltre, en quelque sorte, entre les diverses circonvolutions, de manière À ne pouvoir |ilus sortir qu'avec difficulté et une extrême lenteur. De même, après la ■orl par effusion de sang, le péricarde est affaissé et appliqué avec force sur te CBDr; dès qu'on y bit une petite ouverture, l'air y pénètre bruyamment» le dilate cl l'éloigné de la surface externe de l'organe.

La sécrétion des membranes séreuses éprouve quelques variations remarquables, dérivant soit d'un état général de l'organisme, soit d'une modiGcalion apportée à hnr vitalité. Elle est plus abondante qu'à l'état normal, surtout dans le péritoine, ches les animaux à complexion molle, qui ont le tissu cellulaire de la partie infériaore du ventre et des extrémités un peu infiltré. Elle le devient excessivement éms riiydrothorax, dans l'ascite, l'hydrocéphalie, l'hydropisie des l)onrses. Au iMtraire, elle se suspend au début de l'inflammation des séreuses, pour se rétablir |ltt tard avec une grande activité en dotmant à leur produit des caractères Haveanz.

1^ sérosité des membranes séreuses est un fluide alcalin, clair, d'une teinte ■fièrement citrine, d'une densité de 1012 à 1020; elle n'est point coagulable itonDie Ilewson, Lower et d'autres observateurs disent l'avoir constaté : cependant pu TU celle du péricarde du bœuf récemment tué se coaguler après avoir été aite. Les analyses démontrent qu'elle a une composition analogue au sérum du I, c'est-à-dire qu'elle renferme de l'albumine, des chlorures, du carbonate, du aie de sonde; elle se charge, en outre, dans les inflammations, d'une propvtion notable de fibrine qui lui donne une grande tendance à développer les hMtes membranes. J'ai noté la présence normale du sucre dans la sérosité du ^fricarde, des plèvres, etc.

Les usages du fluide séreux paraissent être uniqtiement relatifs au jeu ou au dé* pkcemeDt des viscères contenus dans les cavités splanchniques. Il permet au corar k te ODOUVoir librement dans la cavité du péricarde, au poumon, de glisser à b hce interne des parois costales ; à l'estomac, aux circonvolutions intestinales. ^ ÉMger aisément de position et de rapports.

ByDOTÎe.

Les petites séreuses articulaires et tendineuses, commo rrlln« qui •^Mttne m»? irticoklionB diarthrodiales, au passage du coraco-radial dans la fjiiulfw immi mim t de l'olécrâne, à celui du ralranéum, dans les nirsit«» v:«nM^>i«> •" '«^ e, en avant du ligament capsulaire du carpe, entrr \vh flt'tJiIssLsi. tn ]»ài « iiint m région digitée, sont destinées à la sécrétion d'un fluide *nK\mvc «i» ^^ iiii<* > en des surfaces articulaires, ou celui des parties di*v»nf ri^mr ^ •■*•> v\v '

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