‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 112 sur 152 · II · texte numérisé non relu

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eossent, connue le sucre, la propriélé d*opérer la réduction. Mais il faat le sang qui réduit la liqueur cupro-poiassique donne de l'acide carix»! Falcool (Nir la fermentation, et que de plus il se comporte au polarimètr les liquides sucrés. Ces trois moyens, qui se contrôlent réciproquement, d tent guère de doutes sur la nature du principe recherché, néanmoins la serait plus complète si Ton parvenait à isoler ce sucre en proportion asse: rable pour en constater directement l'ideiitité.

En admettant, et te fait est à pea prêt certain , que les trois moyen indiquent bien réellement Tcxistence dn sucre, il sera hors de doute que les Teines sus-hépatiques contiennent de h matière sucrée, car dans tenu dilionsqui ont été indiquées, le tissu du foie et le sang des veines hépatiqi sent Toxyde de cuivre, donnent de Talcool et de Tacide carbonique par 1; talion; mais est-il également incontestable que ce sucre du foie soit fo cet organe et qu*il n*y soit point apporté par Tartère hépatique ou pa porte. Ici le doute est permis en ce qui concerne les herbivores, chez le foie, dans les conditions normales, reçoit du sucre à la fois de la veine p l'artère hépatique. Néanmoins, ce doute peut être facilement dissipé en trait aux animaux exclusivement nourris de chair.

Chez les carnassiers nourris de chair, la veine porte amène bien au foi< iVi, Figuier Ta observé et comme je l'ai aussi reconnu moi-même , < pendant la digestion; mais comme ce sucre, puisé dans Tintestin et v le foie par la veine porte est en faible proportion, tandis que celui qui se organe paraît en quantité plus considérable, il senible que la plus grande sucre emporté par les veines sus-hépatiques a été formée dans le foie li Toutefois, |X)ur être autorisé à considérer l^foie comme un organe con( où s*accumuleiait le sucre qui lui est fourni par la veine |)orte, il faudrait d qu'il en arrive à cet organe plus qu'il n'en sort, car s'il en reçoit contini pendant la digestion , il en donne aussi cuntinuelleineni.

S'il y a bien réellement production de sucre dans le foie , cotte produc elle exclusivement localisée dans cet organe ou bien a-t-elle lieu en mêi) en divers |)ointsde l'économie? Les ex|)ériences (i) que j'ai faites sur espèces domestiques me paraissent établir que le sucre prend naissance c sieurs organes.

D'abord le sang artériel et le sang veineux de toutes les parties du co tiennent, dans les conditions ordinaires, des quantités très notables de su les chevaux, tes bœufs et tes moutons. Ils en reiiformenl même chez ces h à jeuu depuis un ou deux jours, et chez ceux dont la digestion a été si pendant des journées entières par suite d'opérations cbirurj^icales très doulc ce qui prouve que ce principe ne se détruit pas ti es rapidetuent sous Tinfl la respiration. N'ayant encore jusqu'ici observé aucune exception à ce fait que la présence normale du sucre dans le sang des herbivores , signalée par M. Magendie et réceumient par M, Figuier, est incontestable.

Le sang artériel et le sang \eineux paraissi>nt en contenir l'un et l'autrt

mple* rendus de r Académie des sciencesy 11 Juin 1855.

DES SÉCRÉTIONS SN PAHTICULiEH. *67

iroporlioiis peu différentes. CeJui qu'on obtient d'une large blessure aux gros eaux de l'entrée du thorax en contient un peu plus que celui de la jugulaire ;

qu'on retire du cœur et du tronc des veines caves immédiatement après la , sur les ruminants sacrifiés par bémorrhagie, en renferme plus que les prêté* s. Enfin le sang des veines sus-hépatiques en présent^, comme l'a reconnu À. Bernard, plus que le sang des autres parties du système vasculaire. Néants, dans les opérations h l'aide desquelles on a dosé le sucre du sang des veines tiques, une cause d'erreur, entièrement méconnue, a fait exagérer la propor« do sucre de ces veines. Pendant le temps (fui s'écoule entre l'instant de la mort moment où le sang est recueilli, ce fluide stagnant dans le foie s'y charge d'une itilé de sucre bien supérieure à celle qu'il possède lorsque la circulation s'efle, sur l'animal vivant, avec-sa vélocité ordinaire. C'est aussi par suite de cette Mtion que le sang du foie perd une grande partie de sa fibrine et de sa coagU'v ité, car il se montre aussi fibrineux et aussi coagulable, d'après mes recherches^ celui des autres vaisseaux» si on le recueille pendant la vie ou seulement sur mimaux expirants.

* sang de la veine porte des solipèdes contient généralement beaucoup de K, même pendant que la digestion est suspendue. Celui de la veine porte carnivores, nourris exclusivement de chair à demi putréfiée , m'en a aussi tré une quantité notable pendant la digestion, et cela sur des animaux dont HOC de la veine avait été rapidement lié ou serré par une pince à pression iooe, afin de prévenir toute espèce de reflux du sang hépatique vers les viscères itisaux.

e chyle des chevaux et des chiens pris, soit dans le canal thoracique, aoil dans larne sous-lombaire, immédiatement après la mort ou recueilli pendant la vie, aoyen d'un tube d'argent fixé à l'extrémité antérieure du canal, contient ton* s du sucre. Il en est de même du chyle non mêlé à la lymphe, qu'on relire le fistule établie aux grands vaisseaux chylifères du mésentère des bêtes bovines*

en dessous de leur abouchement dans la citerne. Ce sucre du chyle provient emment, chez les herbivores, de celui qui est tout formé dans les aliments ou s'y développe par la métamorphose des matières féculentes. Il doit, chex les ia»ien, prendre naissance dans l'appareil digestif, aux dépens des principes aiiotifide la chair ; car celle-ci ayant, dans mes expériences, subi un commeo* eot de décomposition avant d'être donnée aux animaux, a perdu, par une trans<latîon en acide lactique, le sucre qu'elle pouvait tenir dn sang qui l'imprégnait i donc aussi, et bien à tort, qu'on a jusqu'ici considéré les chylifères comme ■f«>rs à l'absorption des matières sucrées.

a lymphe prise dans les vaisseaux sous-lombaires, immédiatement après la t« celle qui est recueillie parfaitement pore, à l'aide de tubes d'argent fixés aux pbatiqoes do cou des dievaox vivants, contiennent du sucre dans les conditions maies, comme aussi sur les sojets dont la digestion est susfiendue. Ji sérosité dn péricarde, recueillie sur les chevaux, les bœufs et les cliiens expi- Is, csit toujours très sucrée ; elle parait même contenir chez les herbivores beaup plos de sucre que le sang veineux et le sang artériel. La sérosité des plèvres, e du périloÎMe, le fluide céphalo-rachidien, le liquide jaimâtre des vésicule»

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ovarieuucs de la jumciil, les ôchinocoques du poumon des ruuiiiiiiiits, le liquide qu'on trouve quelquefois dans les kystes des corps thyroïdes du bœaf, en renferment aussi des proportions fort considérables. U bile prise sur lesiDÎmaax Ti«»is, dans la vésicule ou dans le canal cholédoque, est elle-même, maïs très légèreoifM, sucrée. Je ne sais pourquoi M. Cl. Bernard affirme que normalement il n'y a ps de sucre daiis les produits de sécrétion, le fluide céphalo-rachidien excepte. Beancoip de ces produits, même les plus aqueux, ne montrent pas de trace de sacre. U sérosité qui s'accumule en grande quantité dans la poitrine des chevaux pleoi n'en présente pas habituellement, si j'en juge du moins par trois observaiîoiis sur des chevaux dont les plèvres contenaient de 25 à 35 litres de h'quide, et cepesdant sur ces animaux la sérosité du péricarde et le sang en contenaient encore.

Chez les fœtus de ruminants, il s'en trouve non-'Seulement dans les eaux de l'asnios et de l'allantoMe, dans le foie, le poumon et les muscles, comme M. Bcmari l'a observé le premier, mais il en existe encore, et à tous les âges, à partir de dcn mois et demi, dans le sang, les reins, et surtout dans les liquides visqueux qui mplissent les quatre compartiments de l'estomac. Cependant, et ceci mérite d'éiic noté, il n'y en a pas dans les cotylédons utérins, ni dans le suc cotylédonaire. '*«-

D'après ce qui précède, on voit qu'à l'état normal, chei les herbivores, le sooc '^ existe dans le sang, le chylc, la lymphe, divers produits de sécrétion, comme b sérosité du péricarde, celle des plèvres, du péritoine, le contenu de restomac il fœtus, celui des vésicules ovarieimes, la bile, etc. De plus, chez les camasMi exclusivement nourris de chair faisandée, dont le sucre, s'il en existait, a été détrail, une certaine quantité de matière sucrée se produit dans l'appareil digestif et x trouve absorbée par la veine porte et par les vaisseaux chylifères. Toutefois, il retfc à déterminer si le sucre des produits de sécrétion, celui du lait notamment, dériic du sang, ou s'il est formé, soit partiellement, soit en totalité, dans les organes léciêteurs. il y a donc formation de sucre à l'origine des radicules de la Teine pone et des vaisseaux chylifères, aux dépens des matières qui n'en cimtiennent pas A traces, de même qu'il semble y avoir production de ce principe dans le Ussn do foifr

Il semble rationnel de penser que, chez les herbivores, dont les aliments tottieiment beaucoup de sucre ou de fécule susceptible de se métamorphoser eo nu* ticre sucrée, le sang qui reçoit ce sucre tout formé dans l'intestin et celui qai cii produit dans le foie doive en contenir beaucoup plus que le sang des camaisier& Et en effet, on trouve toujours une quantité considérable de sucre dans le ûék nutritif des premiers, tandis que dans le sang des seconds il y en a bien moins. Oi ne s'explique guère comment, suivant iM. Ci. Bernard, la quantité de sucre potf^ rait être sensiblement égale chez ces deux catégories d'animaux, k moins d'admettre avec lui que le sucre absorbé en si grande quantité dans l'intestin est détruit ém le foie et transformé en matière grasse émulsive. Mais pourquoi du sucre toot forât dans l'intestin, et provenant de matières alimentaires qui en contiennent joiqi^ 70 |H)ur 100, serait-il détruit par le foie, qui en fabriquerait d'autre destiné à M brûlé un peu plus loin? Direqtie les aliments sucrés ou féculents n'augmentent pi la proportion de sucre dans l'économie, et que le régime azoté en produit aoial ^•ne le régime végétal ; enfin, prétendre que le sucre puisé dans l'intestin se détruit I le foie et s'y transforme en graisse, pendant qu'il se forme un sucre noavii*

DBS SÉCRAtIONS en PABTICOLISR. ft69

destiné à un autre office, c'est avancer autant d'assertions très paradoxales, dont il serait bon de donner la démonstration.

Qnaot à déterminer quels sont les principes alimentaires aux dépens desquels se ivodoit certainement le sucre dans Tintesiin et probablement dans le foie, ce n'est pas chose impossible. Ces principes ne peuvent être, pour les carnivores nourris de chair prirée de graisse, que de la fibrine ou de l'albumine, à moins que le sucre ne dérive l'on principe appelé inosite par Schérer, et qui offre la même composition chimique fÊt le sucre lui-même. On conçoit bien que chez les carnassiers, dont les aliments esBtiennent des matières protéiques en excès , ces dernières puissent être sans iMoovénîent employées à la formation de la matière sucrée; mais chez les herbivores, qui ne tirent de leurs aliments qu'une très faible proportion de ces matières ootèes, il paraît peu probable que des principes aussi précieux soient affectés à cette destination , alors que le sucre est puisé en grande quantité dans l'intestin. D^aillenrs, l'argument sur lequel on se fonde pour appuyer l'hypothèse de la for- I du sucre dans le foie aux dépens des principes alburoinoldes n'a pas une I valeur. L'absence de fibrine signalée par Lehmann et par M. Bernard, dans ksang qui sort du foie par les veines sus-hépatiques, est fort douteuse. Ce sang n'a pndu la plus grande partie de sa fibrine que quand il est recueilli quelques minutes ipris la mort, et par suite de sa stagnation dans le foie; mais il se coagule très bien, ss sépare même en caillot blanc et en caillot rouge chez le cheval, et donne à peu frts la quantité normale de fibrine, pourvu qu'on le recueille rapidement, soit pandant la vie, soit sur l'animal expirant. La formation du sucre dans l'organisme, quand elle aura été mieux étudiée, se Btera très probablement sous un aspect variable suivant les animaux, et surtout ni les herbivores comparés aux carnassiers. Dès à présent je puis dire, en me int sur des expériences que je poursuis, que chez les solipèdes la formation du ï dans le foie m'a paru souvent très restreinte, et à tel point que sur des chevaux t la digestion était k peu près .suspendue depuis dix à douze heures seulement , b foie et le sang des veines sus-hépatiques présentaient à peine des traces de ■atière sucrée, et cela pendant que le chyle en contenait une quantité fort notable.

UrlM.

La sécrétion urinaire, l'une des plus importantes de l'économie, est destinée k lion de la plupart des matières superflues que l'absorption a fait pénétrer le système circulatoire, et à celle des produits résultant des métamorphoses

Les reins, qui sont chargés de cette sécrétion, paraissent avoir, dans le règne

■rioul, une existence aussi générale que le foie, bien qu'ils ne soient pas très faciles

I pseoonattre parmi les classes inférieures. Ils se montrent chez les insectes sous

I de tubes plus ou moins allongés et ouverts dans l'intestin, tubes dans les-

M a trouvé de l'acide urique; Ils constituent chez beaucoup de mollusques

; on one poche ouverte au voisinage de l'anus ; mais c'est seulement chez les

I qu'ils s'offrent à l'état de glandes compactes.

Chei les pMsons myxinoldes, les reins ont une structure des plus simples, que

' a fait connaître. Sur la longueur de l'uretère de ces poissons existent, de

h 70 DBS St€EiTI01f&

distance en^istance, de petits sacs séparés par un rétréciasetnent d'oneciK l'intérieur de laquelle pend une petite pelote Tasculaîre. Chcs les auim pois èbez les reptiles, ils sont composés de canaux déliés» plus ou moins difisés,lQ en cnl-de-sac a? ec ou sans renflement vésiculaire. Enfin , cbex les oiaeaurj mammifères, les canalicules urinifères, fig. 85, sinueux daas la partie ton droits dans la partie rayonnée du rein, sont terminés en cul-de-sac oo aoasti entre eux è leur extrémité périphérique, et ouverU à leur extrémité centra la cavité du bassinet, qui est simple chez la plupart des mammifères et '

chez ceux qui ont les reins lobules, comme le bœuf, l'élépbant. Tours, la k les phoques, le marsouin et les autres cétacés.

Les vaisseaux sanguins forment dans le tissu du rein des réseaux csf^Us inailles très fines, et dans la substance corticale, entre les sinuosités des tobrsi fères, ils se rassemblent en petits peletons, sortes de réseaux admirables (r^^ qui ont depuis longtemps reçu la dénomination de corpuscules de Milpif^ paraîtrait, d'après les observations de [Mûller et celles de Bowmann, qoecci mérules vasculaires sont renfermés dans une capsule membraneuse tr^ ^ continue aux canalicules urinifères.

Chez les reptiles et les poissons, les reins reçoivent, outre le sar^t qui ^ fourni par Fartère rénale, du sang noir provenant des i^arties postérieures du os Les veines de la queue et des extrémités |)ostérieures, au lieu de se joiiNirf n rement au tronc de la veine cave iMistérieure, donuent des branches qui ivtski se distribuer, les unes dans le rein, les antres dans le foie, de manière i n«ti<

DBS SÂCBtTIONS BN PABTICULIBR. hli

des veines portes rénales et héiiatîqacs; mais, ainsi que le pense Cn?ier, il poor* rait bien se faire qoe ces divisions, au lieu d*ôirc aiïércntes, fussent efféri'ntes; c'est-à-dire destinées à emmener hors du rein le sang que les artères ap|K>rtent à cet organe.

Le mode suivant leqnel s'eiïectuc la sécrétion urinaire a une grande analogie arrc celui des autres sécrétions dépuralives. Cette sécrétion est continue, l'exci-étioD de son produit seule est intermittente. Pour s*en convaincre, il suffit , comme je l'ai fait sur le cheval, d'adapter à Turetère sans ouvrir le péritoine un tube qui lort k l'extérieur k travers une plaie du flanc On voit par ce moyeu que l'urine s'échappe lentement et goutte à goutte, plus abondammont dans certaines circonstances que dans d'autres. Elle devient très active lorsque l'absorption fait pénétrer dans le système vascolaire une grande quantité de liquide; elle diminue, au contraire, ï mesure que la proportion des principes aqueux du sang devient moins considérable ; néanmoins, elle ne se suspend jamais d'une manière complète; elle s'entretient pendant tout le temps que les animaux sont privés d'aliments et de boissons.

Comme la sécrétion biliaire, celle de Turine a une rémitteuce manifeste qui est subordonnée aux époques de la digestion et de l'absorption, et à l'activité de la transpiration cutanée. Tout le monde sait qu'il y a un antagonisme remarquable entre l'action des reins et celle de la peau, que la première est plus abondante dans les saisons froides et humides, et la seconde dans les saisons chaudes, et que les cau»fs qui surexcitent l'une d'elles produisent généralement sur l'autre un effet opposé. Dans les conditions qui tiennent le milieu entre ces extrêmes, celte sécrétion fournit, terme moyen, chez le cheval, de !:> è 25 litres d'urine en vingt-quatre heures, d'après les observations exactes que j'ai pu recueillir.

La sécrétion de l'urine s'effectue uniquement aux dépens du sang artériel apporté en grande quantité au rein par son artère courte et volumineuse. i.es prétendues communications directes entre l'estomac et les voies urinaires n'ont jamais existé, et le reflux, dans le rein, du sang de la veine porte et de la veine cave, sup- |)0sé tout récemment pour expliquer la rapidité avec laquelle les liquides sont éliminés par les urines, est une pure fiction que re(K)ussent à la fois les notions les plus élémentaires de la physiologie et des ex|)ériences déjà fort anciennes, expériences dans lesquelles Chirac, Ilelvétius, Astruc, Veslrumb, Krimer, ont vola sécrétion urinaire se sus|)endre après la ligature des artères rénales.

Les propriétés physiques et la com|X)sition du produit de la sécrétion urinaire varient beaucoup, suivant les espèces d'animaux, leur mode d'alimentation et une looie de circonstances diverses qui se rap|K>rtent à l'état de santé ou aux maladies. En général, suivant l'observation déjà ancienne de Reil et de Bordach (1), l'urine des carnivores est acide, claire, très odorante et fort putrescible; celle des herbivores, et en particulier des ruminant, est alcaline, tmuble, visqueuse, et peu disposée à la putréfaction ; mais cette réaction peut changer a\ec le régime, l'abstinence et les maladies. M. Magendie a noté autrefois que l'urine des chiens nourris avec do substances non azotées devenait alcaline comme celle des herbivores ; M. Ber-

(f) Traité âephytMogiê considérée comme science d'ohsen'^tiony traduction française, t. VIII,p. 191.

&72 DIS SiCRÉTiœià.

oard, généralisant cette observation, a reconnu que l'herbifore nourri avec de h chair rend des urines acides, et que le camivore entretenu avec des aliments végétaux les rend alcalines; enGn, il a vu que sous Tinfluencede l'abstinence les ariMi deviennent acides aussi bien chez les premiers que chez les seconds. J'ai noté la mêmes |)articulariiés sur le cheval, le bouc, le porc et le chien, parmi nos < domestiques.

Des principes qui entrent dans la composition de Turine, les ons sont muns à la généralité des animaux, les autres sont propres à quelques- mi d'entre eux ; ce sont : l'urée, l'acide nrique, des matières animales extractiveict divers sels.

L'urée est un des éléments les plus remarquables de l'urine. Lorsqu'elle est isolée ^ l'état de pureté, elle se présente sous la forme d'aiguilles prismatiques iranspsresiai» sans odeur et d'une saveur piquante. Elle est neutre, déliquescente, trte soloUe dans l'eau, fusible à la température de + 120* centigrades, et décomposaUe, loss l'influence de la chaleur, en carbonate d'ammoniaque et en acide cyanuriqoe. Ht est formée, d*après Wœlher et Liebig, de carbone, 20,02; hydrogène, 6,71; azote, 46,73; oxygène, 26,5/i.

Ce principe azoté parait exister à l'état normal dans le sang en très faible prsportion ; mais il n'y devient facilement reconnaissable, comme Prévost et Dom l'ont appris, qu'à la suite de l'extirpation des reins. Il résulte très probablement du métamorphoses opérées dans les divers tissus par l'action de l'oxygène, et prai naissance lorsque les matières protéiques ont perdu une certaine quantité de le«' carbone et de leur hydrogène. L'analyse faite par Al. I^ssaigne de l'urine d'ss aliéné privé de tout aliment pendant dix-huit jours tend à prouver que l'urée se dérive pas directement des aliments, puisque, à la suite d'une abstinence aussi pro* longée, elle existait encore dans le fluide excrémentiticl. Mais sa proportion varie dans plusieurs circonstances : elle diminue dans les maladies nerveuses, dans le diabète, dans les hydropisies; elle augmente au contraire dans les phlega aiguës, pendant le cours desquelles le travail de combustion interstitielle i redoubler d'activité.

L'acide urique trouvé d'abord par Scheele dans les calculs vésicaux existe es grande quantité dans l'urine des carnivores, des animaux ovipares, et au contraire en proportion excessivement faible dans celle des herbivores. A l'état de pureté, cet acide est blanc, pulvérulent, inaltérable à l'air, à.peu près insoluble dans Feao. décomposable par la chaleur, qui le convertit eu carbonate d'ammoniaque, c}auhydrate de la même base et en divers produits analogues à ceux qui résultent de la décomposition des matières animales azotées. Il contient plus de carbone que Turte, mais moins d'hydrogène et d'azote. Cet acide augmente dans les urines, d'autant plus que les animaux font un usage plus exclusif d'aliments azotés, et dans ceiifs des animaux affectés de maladies inflammatoires ; il apparaît en quantité notable dans les urines des herbivores soumis à l'abstinence ou nourris de substances animales. Au contraire, d'après les analyses de M. Ghevreol, il disparaît totalement, de même que les phosphates, dans l'urine des carnassiers soumis à la diète exdnsivement végétale. On le rencontre à l'état de pureté ou en combinaison avec l'aoi* moniaqne dans les calculs urinaires de l'homme et des carnivorse (i'est lui qm, i

DIS SÉCiiTIONS M PABTICULISR. klZ

l'eut d'unie de chaax ou de soude, concourt à former les concrétions arthritiques de la goutte.

L'acide hippurique ou uro-benzolque, dont la présence \ient d'être constatée à l'état Donnai dans le sang de bœuf par M. Yerdeii, se trouve dans l'urine du cheval et des autres herbivores en combinaison avec la soude. 11 est Manc, peu soluble dans l'eau, cristallisable en prismes quadrangulaires, fusible et facilement décompoiable par l'action de la chaleur. Il contient beaucoup plus de carbone que l'urée et l'acide urique, mais il ne renferme qu'une très faible proportion d'azote.

Enfin, les acides lactique, sulfuriquc, phosphorique, carbonique , existent dans rurine k l'état de sels en proportions variables. Le premier s'y trouve même en firtîe à l'état de liberté dans toutes les circonstances chez les carnassiers, et pendÉtt Tabstinence chez les herbivores , où il contribue à la réaction acide de ce tpide.

La composition de l'urine présente des différences remarquables suivant les Ufèces animales, le mode d'alimentation et les diverses conditions normales ou ■irbides dans lesquelles les animaux peuvent se trouver. Celle des carnivores, qui Olclaireet acide, contient beaucoup d'urée, d'acide urique et de phosphates. Hyero- ■W a trouvé dans l'urine du lion et du «tigre, examinée aussi par Yauquelin, sur parties: eau, 8^6,1 ; urée, extrait alcoolique et acide lactique, 132,2; acide e, 0«22; mucus, 5,1 ; sulfate de potasse, 1,2 ; sel ammoniac et chlorure de i , 1,16 ; phosphate terreux, t ,76 ; phosphate de potasse et de soude, 8,02 ; phoiphate d'ammoniaque, 1,02 ; lactate de potasse, 3,30.

L*urine des herbivores, trouble, chargée souvent, sur les solipèdes notamment, tmme grande quantité de mucus, ne contient pas ou ne renferme que des traces dTadde urique. Les phosphates y sout remplacés par des carbonates qui lui donnent Il propriété de faire effervescence par les acides. Elle renferme de l'acide hippviqoe que Yauquelin et Fourcroy avaient déjà trouvé chez le cheval, le mouton, ,b rhinocéros, l'éléphaut et le castor. Fourcroy et Yauquelin ont trouvé celle du cheval composée de: eau, 940; urée, 0,007 ; sous-carbonate de chaux, 0,011 ; M»-carbonate de soude, 0,009 ; hippurate de soude, 0,024 ; chlorure de potasin, 0,009.

D'après de fiibra, l'urine du bœuf a donné dans deux analyses :

Eau 912,01

MatièrM extractivei soloblei de Peau.

Matières iufolubles

Sete solublei de Teaa

Sels insolublet.

Orée

Adde hippurique

Les analyses qui ont été données pour différents mammifères indiquent quelques ^^ariantes aiseï notables. John a trouvé de la silice et de Toxyde de fer dans l'urine ^ cheval. Yogel a rencontré ces deux substances dans celle du rhinocéros, et

ATft DIS SÉCRiTIOllS.

M. Chcvreul dans celle du chameau. Si l'on en cnAt Togel, t*acide hip rhuile rousse manqueraient chez i'élé))hant.

L'urine des oiseaux, généralement versée par les uretères dans le cloaque i elle se mêle aux matières fécales, est peu abondante et très riche en sabstaae fixes, et notamment en acide urique. Celle de l'autruche, reçue dans an réseni particulier analogue à la vessie des autres animaux, est rendue sans être roélaïf avec les matières excrémentitielles. Vauqoelin a pu ainsi l'analyser séparémcal, y a trouvé de l'eau, de l'acide urique, de très grandes proportions de cfahvh drate d'ammoniaque, des sulfates de potasse et de chaux, du phosphate cakaa du mucus et une matière grasse. D'après Goindet, l'urine des oiseanx herbîfon blanche, onctueuse, contient de l'acide urique, du phosphate de chanx, de Tu moniaque, mais pas d'urée. Celle des oiseaux carnivores, plus fluide, soscepd même d'être rejetée à part, contient de l'urée, de l'acide urique, du phoipli calcaire, de l'ammoniaque, et, déplus, des sulfates, des phosphates de soude cl potasse. C'est Ik la forte proportion de ces matières fixes que les urines des oistt doivent la propriété de former des masses blanches faciles à réduire en pooaA

Chez les reptiles, l'urine est tantôt épaisse, demi-solide, rendue à de rares ÎM valles, comme chez les serpents et les lézards, tantôt fluide et très abondante, < chez les tortues et les batraciens. Prout, qui a examiné celle d'un boa, y a t acide urique, 0,9016 ; potasse, 0,03/i5 ; sulfate de potasse et chlorure de potaaifl 0,0095 ; phosphate et carbonate de chaux et de magnésie, 0,0080 ; mucus ei onil colorante, 0,029/i.

Enfin l'urine des mollusques et des insectes a donné de l'acide urique, de Tm d'ammoniaque, une matière organique et divers sels.

Le régime auquel on soumet les animaux modifie les caractères et la compoMi de l'urine d'une manière très remarquable. Il suffît de donner à un herbivore N raeniation du carnassier, pour que les urines du premier deviennent semblabia celles du second, et réciproquement. C'est ce que M. Chevreul et M. Magendîec constaté depuis longtemps sur des chiens, dont Turine n'offrait plus d'acide urif ni de phosphates, lorsque ces animaux étaient entretenus avec des substances v^ taies ou avec des principes non azotés, comme le sucre, la gomme, les graioe J*ai vu aussi des porcs, nourris avec des pommes de terre et de la farine. doa« une urine alcaline faisant eiïervesccnce par les acides, et d'autres porcs, vi\aat^ chair, présenter des urines claires et acides. De plus, M. Cl. Bernard a obsenéf tous les animaux herbivores ou carnassiers, privés d'aliments, donnent bientôt à urines claires et acides, parce quo, dans ces conditions, ils vivent les uns et les auiK aux dépens de leur propre substance. CVst aussi ce qui arrive pendant les nub dies aiguës, à réaction fébrile assez intense pour sus|)endre le travail digestif.

L'urine éprouve des modifications remarquables sous l'influence des maladies t général, elle devient alors moins abondante et plus chargée de sels cl de muci«iû qui la rendent épaisse et vi8C|ueuse, surtout chez les soli|)èdes, e[ chez la juMi en particulier ; elles sont épaisses, troubles, et laissent quelquefois déposer uu mé ment jaune grisâtre chez les sujets calculeux ; elles se chargent d'albumine daasaa affection a.ssez rare parmi les animaux ; elles deviennent sanguinolentes daM né maiurie, sucrées dans le diabète ; mais ces changements n'ont pas encore été bîB

DKS SÉCRtTlOIfS Bf PARTICULIER. &T5

odiés en ce qui concerne les animaux domestique». John a troufé dans celle d'un levai diabétique : eau, 9(i8,50 ; extrait aqueux et alcoolique, 33,30 ; urée, 33,90 ; iBCus et carbonate de chaux, 0,80; acide hippurique, 1,/|0; chlorure de poias- Din« traces ; urates de chaux et de potasse, O.id ; phosphate de chaux, 0,70 ; car- Miates de chaux et de magnésie, 3,92; oxydes de fer et de manganèse, traces; iliites, phosphates et chlorures alcalins, i1,(iO ; sulfate de potasse.

Les substances étrangères introduites dans réconomie par une voie quelconque, ; notamment par Tappareil digestif, sous forme de médicaments ou avec les aliments i les boissons, agissent sur la sécrétion urinaire et sur les qualités de son produit. eue sécrétion, essentiellement dépurative, est alors surexcitée pour opérer plus fte Télimination de ces matières et ramener ainsi le sang à sa countitoiion nor- •le. Divers observateurs y ont retrouvé de Fiode, du soufre, de Tarsenic, de l'an- DMÎne, du mercure, du fer, du sulfure de potassium, du cyanure de potassium, B cyadure ferrico-potassique, du sulfo-cyanure de potassium, des sulfates de Nide, de potasse, de magnésie, du sulfate de quinine, de Taxotate et du carbonate de e, du chlorure de baryum, de potassium, des acétates, oxaiates, laciates, etc., matières résineuses et des matières colorantes. La gomme-gutic*, la rhup, la cbélidoine la rendent jaunâtre, la teinture d*indigo lui fait prendre une riMe bleuâtre; les merises, les mûn*s, les baies de sureau, le bois de campèche, ■e teinte rouge. Elle prend une odeur de violette sous Tinfluence de Tcssence de hébendiine, Todetir de ki myrrhe par la valériane et le castoréum, une odeur Ude par Tasperge. Les diurétiques, en excitant l'aciion des reins, sont éliminés avec vine, soit en nature, soit après avoir éprouvé quelques légères modifications.

Woehier n*a pu retrouver dansTurine, ni le fer, ni le plomb, ni Talc^Mil, Téther, I nosc, le camphre, la teinture de tournesol.

L'élimination des substances étrangères par les voies urinaires commence â 'dfecioer peu de temps après que l'absorption les a fait |)énétrer dans le système licolaîre. Les expériences de Stehberger, celles de llering et de beaucoup d'autres fcjsiologisteB, démontrent que cette élimination, en général très rapide, ne Test pas

■ même degré pour toutes les substances. Le cyanure de fer et de potassium. Éjecté dans les veines, se montre déji dans Je rein au bout de une h deux minutes, t dans l'urine de la quatrième à la dixième minute; la teinture de safran, injectée Ins la trachée, a teint i'uriue eu vert au bout de huit minutes; Tesscncc de téré- ■nthine, inspirée, lui a donné une odeur de violette aptes quinze minutes ; Findigo, riministré par l'estomac, se montrait dans ce fluide après un quart dlieure ; l'acide Sdiqoe après vingt minutes; la garance apri^s un temps variable de vingt à qua- Hte-cinq minutes.

L'élimination de ces substances continue plus ou moins longtemps, suivant la jMolité qui en a pénétré dans l'organisme, leur nature et leur aptitude à être ■traînées par divers émonctoires. L'indigo, donné en petite quantité par les voies H^ntives, ne fut complètement éliminé qu'après cinq lieures dans les expériences le Stebberger. l'acide gailique après quatre heures, la rhubarbe après vingt-quatre mrfs, le cyanure de fer et de potassium après plusieurs jours. Cette élimination

■ prolonge pendant des mois entiers pour certaines substances, qui se dépf).sent luo* Mntanément dans ïes tissus, ou qui passent dans des fluides résorbés en partie ou

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en totalité, comme le suc gastrique, la bile, la salive, les sérosités des branes, etc»

La composition de Turine et les variations qu'elle éprouve, soivint le rtgMK des animaux et une foule de circonstances diverses, font pressentir le riMedeh sécrétion urinaire.

Cette sécrétion et celle de la bile ont pour but essentiel Télimiiiation des prodrii résultant des méumorphoses des éléments du sang et des tissas, prodaitsdontk carbone et Thydrogène, ayant été brûlés en grande partie, ne sont plus apMsl éprouver de nouvelles muutions. Les uns, très riches en carbone, s'associent Ih soude, et 8*en vont sous forme de bile ; les autres, très aiotés, donnent l'niéa, Tacidc urique et Tammoniaque de Turine. La soude de la bile qai a été brUie flnit même, d'après Liebig, par revenir dans Turine, associée k des acides, c'est-è» dire sous la forme de phosphates, de carbonates et d'hippurates.

(Jiezles herbivores, dont les urines sont alcalines, l'acide urique est rempbcl par l'acide hippurique et par l'ammoniaque. Les carbonates alcalins existent m très grande pro|x>rtion, parce qu'ils abondent dans les alimenu, undis que kl phosphates manquent ou ne se montrent qu'en proportion insignifiante. Ches ta carnivores, au 'contraire, qui ont une urine acide, on voit prédominer l'adis urique, et avec lui les phosphates et les sulfates provenant ï la fois des aliments tt des tissos, puis du soufre, ainsi que du phosphore des matières protéiques méuaM^ phosées, soufre et phosphore acidifiés peut-être, comme le pense le savant chinÉMS de Giessen, par l'oxygène que la respiration introduit dans l'organisme. Cnfin, < tous les animaux indistinctement, quel que soit leur régime antérieur ou sous l'Influence de rabstinencc, l'urine prend des caractères uniformes, devicM alcaline, oiïre de l'urée, de l'acide urique, des phosphates et des sulfates proveoM des tissus qui se détruisent. Alors, dans l'urine, l'eau ne vient plus ni des alimcali ni des boissons; Turée, l'acide urique et les sels ne dérivent plus que des princiftf du sang ou de la substance des tissus.

La sécrétion urinaire a donc pour. office d'éliminer une grande partie de Tcas superflue provenant des boissons et des aliments, une foule de matières étrangers que l'absorption a fait pénétrer dans l'organisme, et enfin les produits axotés é salins provenant des mutations des tissus.

L'excrétion de l'urine s'opère suivant un mode li peu près uniforme, quant ï m caractères essentiels, chez la généralité des mammifères. Le fluide qui suinte pv les petits orifices des pyramides malpighiennes s'accumule dans le bassinet en pelin quantité, et coule lentement dans l'uretère, qui, en vertu de sa contractililé, k pousse goutte à goutte dans la vessie, où il ne saurait pénétrer sans one imp capable de vaincre la résistance résultant du trajet oblique décrit par le canal i la muqueuse et la tunique charnue du réservoir. Une fois parvenue i la vcM l'urine ne peut refluer dans Turetère, à cause de Tobliquité même de fon insertioi, comme Galien en avait déjà fait la remarque. A mesure que de nouvelles qoantitfi de liquide y arrivent, elle cède passivement, éprouve one dilatation graduelle; il membrane charnue s'amincit ; ses faisceaux s'écartent les uns des autres ; les plii de la muqueuse diminuent et finissent par s'eiïacer; le réservoir, refoulé en arrière du iNissin lors de sa vacuité, se porte en avant, de manière que sa moitié antérif««

DKS SftCHÊTlUMb EN PARTICULIBR. Ikll

dciiasisc le pubis, el viconc reposer directement sur les parois inférieures de Tabdonieo. Quand la distension approche de son ternie, la Tessie a reçu jusqu'à 6 ou SOO grammes d'urine chez les chiens de grande taille; 3, U. 5 litres elplus ches le cheval et les grands ruminants. Cet état fait naître le besoin d*uriner, qui est ■ne sensation interne du genre de celles dont nous avons déjà parlé dans plusieurs cMlroits. L'impression produite sur les nerfs spinaux que reçoit la vessie est trans- BÎse aux centres nerveux, lesquels, par une action réflexe en partie soumise à la volonté, fout cesser ki contraction du sphincter, du col vésical, et mettent en jeu le diaphragme et les muscles abdominaux, de même que, |)our l'expubion des ■atières fécales, il se produit un effort qui est pour beaucoup d'animaux incomlatible a%ec la marche, la course, et la plupart des exercices musculaires un peu pénibles.

L'urine est expulsée de diverses manières, suivant les animaux. Les solipèdes ■aies ou femelles se campent, c'est-à-dire écartent les membres postérieurs des utérieurs, redressent les jarrets et les articulations méiatarso-plialangiennes. Le ■Ile entier sort en partie le pénis du fourreau, et lance l'urine avec force par un jtt continu. Les dernières portions seules sont rejetées par saccades, coïncidant ■ne avec une forte contraction des muscles abdominaux et du muscle accéléra dont l'action achève de débarrasser le canal de l'urine qui s'y trouve sur la ii de rémission. Chez les femelles, on voit dans les derniers moments de vives CMractions des lèvres de la vulve qui s'écartent et se rapprochent alternativement, ^ A on mouvement particulier du clitoris encore mouillé d'urine. Le bœuf et le tau- . nta^ le bélier, le bouc, ne se campent pas sensiblement; leur urine tombe par un ■et mez peu considérable. La vache se campe en rapprochant fortement le train . 1b derrière de celui de devant ; la croupe proémine en arrière, et la colonne , dHso-lombaire se vousse en contre-haut ; l'urine est lancée sous la forme d'un large . jn très fort Le verrat urine par saccades, et son urine, en sortant du canal de rnrètre, passe dans une vessie préputiale à parois musculaires, qu'elle distend pndanl toute la durée de l'émission. Cette vessie, découverte par Lacauchic, ^ achève de se vider par l'action de ses muscles. Le jeune chien fléchit les membres, . écarte les postérieurs des antérieurs, de même que la chienne, mais vers l'âge de " dix mou, il tient une patte de derrière levée tant que dure l'expulsion de l'urine. D'autres animaux urinent encore autrement que nos espèces domestiques. L'éléphant femelle écarte les deux membres postérieurs, et lance son urine claire en krge nappe souvent conique. Le rhinocéros mâle fait sortir la verge du fourreau, A prcjelte ce fluide par saccades très fortes complètement interrompues. La girafe ■Ile reporte fortement en arrière les membres postérieurs, et rend son urine en ■B mince Glet non saccadé. Le dromadaire mâle se campe comme la vache, et précaénient en sens inverse du cheval. L'ouverture du fourreau, déjà recourbée eu has et en arrière, se courbe encore davantage dans ce sens. Le pénis, qui reste CKbé» éprouve avec le fourreau, tant que dure l'excrétion, et même assez long- I après, des mouvements très répétés. Le jet d'urine est dirigé en arrière \ les cuives. Le buffle, si rapproché de notre bœuf domestique, n'urine pourt pv comme lui ; il rejette le fluide par saccades séparées par des intervalles at leaqoelf rien n'est expulsé. Sa femelle urine quelquefois étant couchée.

^78 DBS SBCHKT10N8.

L'excrétion de l'urine se renouvelle plus ou moins fréqueumeott suifam ^m, l*cspëce des animaux, les habitudes contractées, etc. Elle 9e produit sooTeotcka les jeunes animaux, chez les femelles en chaleur, chez ceux dont les voies arinaiis sont irritées. La peur et quelquefois la joie la provoquent chez le chien Les eio** cices continus s'opposent à son accomplissement chez les bœufs et les cïmm employés à des travaux pénibles; aussi doit-on les Interrompre de temps en tenpi afin qu'elle puisse s'effectuer. Lorsqu'elle s'opère très rarement, le travail de résvrp lion qui a lieu dans la vessie fait disparaître une certaine proportioo d'eau, et au reste une teinte plus foncée.

Glandes thyroïdes.

Les glandes ou les cor()s thyroïdes que l'on a considérés comme des diverticoitf sanguins du larynx, du cerveau, et même de l'axe cérébro-spinal tout entier, o*«f rien dans leur volume ni dans leurs connexions avec ces parties qui poiiîse josùto le rôle dont on les suppose chargés.

Ces corps existent, chez tous les mammifères, sur les côtés du larynx osài premiers cerceaux de la trachée artère, rarement isolés l'un de l'autre, maisle|Éi souvent réunis par une bandelette de même nature que le reste de leursab«tMt Cuvier et Duvernoy n'en trouvent pas de traces dans les vertébrés ovipares, set n'est chez les serpents, où ils semblent remplacés par une glande ^ larges ceM située en avant du cœur.

Ix)buleux dans quelques animaux, l'éléphant entre antres, ces corps se présHk^ généralement sous l'aspect de masses compactes, homogènes, riches en utatsM sanguins et lymphatiques ; mais leur structure intime est celle des glandes t»i* laires sans canaux excréteurs. Le microscope y fait découvrir des cellules coiBfW' temeut closes plus ou moins grandes, pourvues d'un noyau, cellules qui, d'ipt Ilenle, en renferment d'autres plus petites» pleines de liquide et de granubtii* des cellules persistantes seraient disposées, suivant KOlliker, de oaanière i circ«* scrire des espaces plus ou moins grands, destinés à contenir des liquides et tapiril par un épiihéiium. Depuis longtemps Cuvier et Meckel ont signalé l'existeoceà ces vésicules, visibles à l'œil nu, dans beaucoup d'animaux, plus grandes encore dtf d'autres, et hypertrophiées dans le gottre. Cuvier les a vues polygonales et plriiA d'une gelée transparente jaunâtre chez les singes; arrondies et renfermant «t matière blanche demi-tra nsparente chez les ophidiens. Sleller y a recoooo. à» le lamantin du nord, deux fluides différents |)ar leur couleur et leur con^iX^'* l'un lactescent contenu dans les petites vésicules, l'autre épais, amer, refifcf^ dans un sac membraneux au centre de la glande.

La structure vésiculaire m'a paru le plus marquée dans la glande tbyndieA dromadaire. Les vésicules, du volume d'un grain de chènevis k celui d'uae pt" lentille, étaient jaunâtres, arrondies, très rapprochées les unes des antres, hf^ par une membrane translucide : elles contenaient un liquide jaunâtre «isqiK*!-'' vésicules de la thyroïde du bœuf, qui habituellement sont assez petto» P^ devenir très volumineuses, et donner à cette glande l'aspect d'un ovaire ^v** ou de jument, dont les vésicules sont hypertrophiées inégalement. J'aiei T

DBS SÉCRÉTIONS IN PAETICULIER. &79

r, far un bœuf parfaitement sain, un curieui eiemple de cette uiodificatiou, sonne, je crois, n'a encore signalée cbex les animaux. La glande, trois à ois plus volumineuse que dans les circonstances ordinaires, était irrégulière lée. A sa surface, comme dans son épaisseur, se montraient des cellules (S à parois demi-transparenies, grosses, les unes comme des pois, les autres des noisettes, et deux d*enlre elles comme une petite noix. Ces vésicules, soient closes, sans communication les unes avec les autres, renfermaient iin aunâlre translucide, d'un aspect analogue à celui du contenu des mélicéris ?s du cheval. Ce liquide visqueux, mêlé à l'eau, produisait une émulsioo re épaisse. Soumis à l'action de la chaleur, il laissait précipiter quelques 3Cons albumineux. Traité par le réactif cupro-potassique, il prit une belle dette semblable à celle du manganate de potasse, teinte que prennent du lutres liquides, et notamment les fluides albumineux. Enfin ce liquide le légère réduction de Toxyde de cuivre, indice de la présence du sucre >re de ses éléments constitutifs; malheureusement l'analyse ne put en être

'uctnre anatomiqoe des corps thyroïdes montre donc clairement qne ces sont de véritables glandes, dont les prodoits ne peuvent être éliminés par ordinaire des canaux excréteurs, mais qui doivent sortir des vésicules par alion et rentrer dans la masse du sang. Ce sont des glandes vasculaires dans s les veines font l'office de canaux excréteurs. Leur produit est évidemment fiu des vésicules, contenu dont il reste à savoir la composition et surtout

ÏS.

it naturel de penser que le sang veineux, chargé du fluide sécrété par les thyroïdes, pût 00*1^1* une composition un peu diflérente de celle du sang qui arrive à la glande. Pour voir si cette différence serait sensible, j'ai adapté d'argent à la veine thyroïdienne d'un cheval, tout près du point où elle se le la glande. Le sang recueilli, analysé par M. Bcrtlielot, et comparativement sang de la carotide et celui de la jugulaire retirés au même moment, a précomposition suivante :

Artère carolid». Veine thyroïdienne. Veine juguttUreé

£aii. 83.36 82,61 79,58

Albumine. . . . 9,72 8,25 9,24

Globules .... 6,8t 8,81 10,92

Fibrioe 0,05 0,33 0,26

smble donc, d'après cette analyse, que le sang qui sort de la thyroïde ait on peu d'eau et d'albumine, gagnant, par compensation, des globules et de ne; mais ce sont Ik des différences légères, dont il est difficile de préciser la lation.

iportance du rôle des thyroïdes dans l'économie ne paraît pas très grande* si juge par l'innocuiiéde leur extirpation, déjà faite par divers expérimentateurs, hot la fréquence du goitre dans l'espèce humaine, les rap|)orts qui existent et état de la thyroïde et l'état général de l'économie ; la relation qui se maentre Je développement de celte afleciion et certaines conditions de climat.

&80 Dlë SÂCRtTlONS.

de régime, clc, portent à croire que les fonctioDS de celte partie ne sont pas loai à fait accessoires. Très probablement les modifications éprouvées par la glande daai cette circonstance, au lieu de constituer une dégénérescence, comme les ODédedai le pensent, ne tiennent qu*à une augmentation de volume coïncidant avec Teug^ ration du travail fonctionnel de cet organe. Il serait curieux de suivre les efletiè i*ablation de ces corps sur les goitreux et de l'opérer sur de jeunes animaui, nr des chiens, par exemple, que Ton observerait avec soin pendant tonte la durée di Taccroissement, et cela en suivant parallèlement des animaux de la même portée pris pour terme de comparaison.

Thym as.

Le thymus est, comme la ibyroidc, une glande vasculaire sans canal excrétear. Les lobules dont il se compose sont formés de petites cellules spbéroldales cousnant un fluide lactescent, et au centre de chaque lobule se trouverait, d*aprèsdiftB observateurs, une cavité plus ou moins spacieuse renfermant un liquide demlai aspect, et probablement aussi de même nature que celui des petites cellules^ la contenu de ces dernières est coagulable par la chaleur et par les acides; comme b fluides albumineux, il donne des chlorures et des phosphates alcalins, mais pas 4 fibrine. La substance même du thymus du veau n offert à Morin de Teau, deTaka* mine, de Tosmazome, de la gélatine, de la fibrine, une matière animale particnlièRb une graisse acide, du lactate de potasse, du chlorure de potassium, des pliospbM de potasse, de soude et de chaux.

Il sera question de cet organe au chapitre de Tembryogénie.

Rate.

La rate, dont nous avons déjà examiné le rôle comme diverticulum du sysièai de la veine porte, est une glande vasculaire sans canal excréteur, analogue aux éem précédentes.

Elle existe chez tous les vertébrés, à part peut-être les cyclostomes et les myxînoîdes parmi les poissons. Sous le rapport de sa forme, de son volume, de sa est* sistance et de ses connexions avec l'estomac, elle offre beaucoup de variétés chcies animaux. D'après Cuvier, son volume serait en général proportionné à celui do We parmi les mammifères ; elle serait plus petite chez les herbivores que chez lescvnassiers, plus petite encore chez les espèces à estomac multiple, dont le foie oi peu volumineux, que chez les espèces monogasiriques. Habituellement simple, elle se montre multiple dans la plupart des cétacés, notamment chez les dauphiasd les marsouins; mais alors il y a toujours une rate principale qui a pour satellitesà petites rates surnuméraires, dont le nombre peut aller jusqu'à sept, et dont le volaor maximum ne dépasse pas celui d'une châtaigne. La présence des rates accesniM est assez rare chez la plupart de nos animaux domestiques, le cheval excepté oà dk est commune. Elles sont situées vers le bord adhérent de la rate principale. Letf forme est celle d'un disque aplati, de même couleur et de môme aspect (jue b grande. Chacune a une petite artère entourée de filets nerveux ganglionnaire» « se trouve accompagnée d'une ou plusieurs veinules qui se jettent dans la graa^ veine splénique.

DIS sicRinoNs m partiguliib. iliSI

A siroctare de cet organe est des plus remarquables. An-dessous de son enie- )e péritonéale très adhérente se trouve une membrane propre, résistante, eiten* e, élastique, qui envoie dans la substance de l'organe de nombreux prolongemrnts relacés dans tons les sens. Cette enveloppe et ses prolongements, connus sous le D de irabécules» sont formés par des fibres blanches, des fibres jaunâtres et des "es contractiles de nature musculaire, auxquelles KOlIiker a donné la qualifica- B de fibres-cellules. Ces dernières ont été vues dans Tcnveloppe et les irabécules s Tâne, le porc et le chien, et seulement dans les trabécules chez le mouton, le nf, le cheval et le lapin. Elles donnent k la rate la faculté de se resserrer d*one inîère très évidente en plusieurs circonstances, comme I^I. Magendie Pavait déjà iené, notamment sous l'influence de l'air froid, de l'électricité, du sulfate de inine. A Tintérienr de l'enveloppe et dans les mailles du tissu spongieux formé par ^ prolongements, se ramifient une artère volumineuse entourée de nerfs énormes, rtOQt chez les solipèdes , des veines à larges sinus tapissés par une membrane nce et des vaisseaux lymphatiques. Enfin, dans les interstices vasculaires se Binent disséminés les corpuscules ou les éléments glandulaires de l'organe. Ctt corpuscules (fig. 85}, décrits par Maltji dans la rate des animaux ruminants, ^^^ 86f*).

^ ^>héroîdaux, réguliers, et d'un diamètre S ae dépasse pas 1/2 millimètre. Ils forment ptûls sacs creux dont les parois sont dé|)our- ^intérieurement d'épithélium et extérieuretit de la membrane amorphe des glandes, ^r cavité est remplie par des granulations ou des cellules de même volume à peu près ^ les globules sanguins et les granulations de lie spléniquc. Ce sont elles qui paraissent stitaer le produit du travail sécrétoire des poscales.

)oant h la pulpe splénique, rougeâtre, molle et extra-vaFCulaire, elle se come, d'après la plupart des micrographes, de cellules h noyau sphéroîdalcs, de i€Dsioos inégales, mêlées à des globules sanguins sortis de leurs vaisseaux, et tJnés à subir des tran>formations encore peu connues.

.e rôle de la rate a été très diversement apprécié par les physiologistes, suivant lerpréution qu'ib ont donnée de l'état des corpuscules, de l'as^neci de la i^ulpe tntque, et de la composition du sang de cet organe. M. Donné, se fondant sur la Elde quantité de globules blancs, à diverses périodes d'évolni ion. que renferme le S splénique, prétend que les globules de ce fluide se forment dans la rate et qu'ils reanent naissance par la transformation des globules blancs. KOlIiker, «nu con^^ re, pense, d'après ses observations, que la rate est destinée à détruire les gk) es du sang qui la traverse. Cet habile micrographe a vu dans le sang de la veine

^) Fig. 86. — Corpuscule de Malpighi de la rate du bœuf grossi i r>0 fois, d'après KùU ^. — o, parois du corpuscule; b, son contenu; c, paroi de l'arière sur laquelle il repose; ^ gatne.

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