‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 128 sur 152 · II. Des lois de là fécondation · texte numérisé non relu

II. Des lois de là fécondation

Dans le règne animal, de même que dans le règne végétal, la fécondation n'a fai habituellement qu'entre des individus d'une même espèce. Le pollen des orgMS mflles d'une plante, emporté dans les airs, reste sans action sur le pistil des j qui n'appartiennent point à l'espèce dont il provient. Le sperme du poisson, ' dans les eaux, rencontre en vain les œufs d'une foule de poissons ; il ne Utmk que ceux de son espèce, lorsqu'il vient à se mettre en rapport avec eux. Parmi ks animaux qui s'accouplent , 4es instincts génésiques ne sollicitent le rap(>rochemert des sexes qu'entre des individus de la même espèce. C'est par là que la nature assure l'immulabiliié et la perpétuité des espèces.

L'espèce, considérée à un point de vue philosophique, se dépeint et se caractérise nettement par la génération , c'est-à-dire par l'aptitude des êtres organisés I produire entre eux des individus jouissant d'une fécondité indéûnie. Elle est, soi* vaut les expressions de G. Cuvier, « la réunion des individus descendus les nm des autres ou de parents communs, et qui leur ressemblent, autant qu'ils se nh semblent entre eux. » Cette collection d'êtres semblables est une unité, un typi. • qui ne dérive point d'un type analogue, et qui ne donne point naissance à des typa j nouveaux ; elle ne se perfectionne ni ne dégénère ; elle reste indéfiniment ce ) qu'elle était à son origine.

L'immutabilité de l'espèce est prouvée par une foule de faits dont la valeur ctf j incontestable. Les animaux sauvages de la même espèce, qui vivent dans les di- i mats les plus divers, depuis l'équateur jusqu'aux pôles, qui éprouvent l'actioa « diversifiée du sol, delà nourriture, de la température, conservent leurs caractèfHi à part quelques variations dans la taille, la couleur de la peau, l'aspect des p^oda^ : tions épidermiques, et quelques détails des formes extérieures. Les animaux dooi** tiques, soumis en partie aux mêmes influences que les premiers, et placés de pài sous l'empire de conditions nouvelles, créées par l'intervention de l'homme, ciaservent leur individualité spécifique à travers les siècles et dans toutes les pani* dn monde. On sait, en effet, depuis les inmiortels travaux de Caviar, qoe le ie#

et le rcDêrd d'Afrique sont essentiellement les mêmes que le loup et le renard des pays du Nord ; que Thyène de Perse est semblable à celle de Tenipire de Maroc; qoe les crocodiles, les ibis, les oiseaux de proie, les chats el les chiens embaumés dans les monuments égyptiens du temps des Pharaons, c'est-à-dire depuis trente âècles, ne diffèrent pas sensiblement des crocodiles, des ibis, des chats et des chiens qui Tivent aujourd'hui.

Mais si les espèces se conservent indéfiniment avec leurs caractères essentiels, dks se modifient plus ou moins par l'action du climat, de la nourriture et delà dowslîcité. Il se forme ainsi dans l'espèce, des races ou des variétés qui se perpéiMot à leur tour par voie de génération.

Sons l'influence complexe du climat, la taille des animaux, les proportions des Averses parties du corps, la couleur, l'abondance et la finesse des poils se modifient considérablement. Dans les régions tropicales comme dansles contrées les plusfroides, le volume des animaux se réduit notablement, tandis qu'il atteint son maximum dans la pays tempérés. Dans les contrées chaudes, les animaux ont, en général, le pelage irios fourni, lesproductions cornées sèches ; dansles pays froids, ils ont des fourrures fisses très fines. Ces différences dans la taille des animaux, dans la couleur de la paaa, la longueur et la finesse des poils, suffisent à elles seules, quand elles sont ttés prononcées, pour caractériser nettement des races ou des variétés.

Par le fait de l'alimentation plus ou moins abondante, plus ou moins nutritive, iflbOitame ou excitante, il se crée des races grandes ou petites, massives ou élancées.

Enfin, par la domesticité, c'est-à-dire par Tinterveniion de l'homme, qui place ki animaux dans de nouvelles conditions d'existence, les soustrait, dans de certaines ■mîtes, à l'action du climat, leur fournit des aUmeuts variés, les soumet à des travaux pénibles, les mutile, leur impose des privations, dirige leur reproduction, il ae forme des races plus ou moins caractérisées dans toutes les espèces. Aussi avons-nous, dans les diverses parties du globe, un nombre prodigieux de races de kaob* de chevaux, de moutons et de chiens.

Tontes ces races ou ces variétés de l'espèce, créées par le concours des causes Ittérienres qui agissent sur les animaux, se perpétuent par la génération. Celle-ci, par eUe-méme, ne crée ni ne modifie rien ; elle tend à fixer et à conserver les modifications acquises, les caractères ou les attributs de la race, comme elle tend à conserver invariablement les caractères de l'espèce. Aussi, parmi les animaux saufages on parmi les animaux abandonnés à eux-mêmes, les races se maintiennent tant que les causes auxquelles elles doivent naissance continuent à agir sur elles.

Cependant, lorsque des animaux de races différentes s'allient entre eux, les |)rodnîts de cette alliance, ne pouvant réunir les caractères de leurs ascendants, préoratent des caractères mixtes. Le blanc avec le nègre donne le mulâtre ; le lévrier il le dogue produisent une variété intermédiaire. C'est par ces croisements qu'on obtient et qu'on perfectionne dans les espèces du cheval, du bœuf, du mouton, des races très précieuses, les unes pour le travail, les autres pour la course, la productkm de la chair, du lait, de la laine, etc. Aussi, comme l'a dit F. Cuvier, « on peot tonjonrs former des races nouvelles en prenant soin d'accoupler constamment des individus pourvus des particularités d'organisation dont on veut faire le caractère de ces raoea. »

528 DE Lk GiNÉRATION.

S Z. — 'Ùe 1a fîéoondatîon entre AotosAuz de même espèee oa d*efpèe«f dittrcalti.

La fécondation qui, liabiiiiellonaent, et dans le plan de la nalurc, a lieu seulemeac entre les animaux de la même espèce, peut quelquefois s*opérer eutre des indiTJdn appartenant à des espèces diiïérentes. mais voisines Tune de l'autre. Il résulte de cette alliance des hybrides généralement stériles on d'une fécondité bornée ï quelques générations.

L'hybridité, qui s'observe très rarement parmi les animaux h Tétat sauva^,! cause de la répulsion instinctive qu'éprouvent les individus d'une espèce pour ceai d'une autre, se voit souvent chez les animaux soumis à la domesticité. EDe pert avoir lieu entre les espèces appartenant au même genre, comme entre le cberalel Tâne, le bœuf et le bison, le bouc et la brebis, la brebis et le mouflon, le porc et le sanglier, le chien et le loup, etc. Aucun fait ne prouve que cette alliance Mit possible eutre des espèces de genres dilTéreiits, fussent-elles d'ailleurs de la ménr classe, du même ordre et de la même famille.

Parmi les carnassiers, le loup produit avec le chien, le chien avec le chaal,k tigre avec le lion. Le croisement du chien avec le loup est assez commuo. Pline it que les Gaulois so procuraient pour lâchasse certains métis, qu*ils obtenaient a faisant couvrir par des loups les chiennes attachées dans les forêts. BufTon, F. Givier et M. Flourens (1) en ont vu des exemples fréquents dans les ménageries : le chacal avec la chienne ou le chien avec la femelle du chacal ont produit plusîevs fois. M. Flourens a obtenu de ce croisement trois petits. L'un d'eux avait lepelap gris fauve du père, qui était un chacal, et les deux autres avaient la robe noire di leur mère. Ils avaient tous les trois des poils soyeux et des poils laineux comme k .généralité des animaux sauvages. Leurs allures étaient brusques et farouches.

Parmi les solipèdcs, l'hybridation est très ordinaire. L'âne produit avec la jnmeBt le mulet, si remarquable par sa conformation intermédiaire à celle de ses asceidants, par sa rusticité et ses autres qualités comme bête de somme. Le cheval avec ' l'ânesse donne le bardeau, moins répandu que le premier. Le zèbre pcoduit avec le cheval ; il produit avec l'âne ; celui-ci avecThémione. Tous les solipèdcs produiseit ' entre eux, car ils appartiennent tous à un genre unique extrêmement naturel.

Un assez grand nombre de ruminants s accouplent entre eux et donnent def hybrides. Le dromadaire produit avec le chameau des individus stériles ; le bœuf avec ' le bison; le bouc avec la brebis; mais la brebis avec le mouflon donne des prodails | féconds.

Les oiseaux nous montrent aussi des exemples d'unions fécondesentre les espèce ] voisines. On en connaît entre le coq elle faisan, entre le faisan commun cl les i» î sans de la Chine, entre le canard commun et le musqué, entre l'oie domestique et ; Toiedu Canada, l'oie et le cygne chanteur, le morillon et la sarcelle, le serin etk chardonneret.

Les espèces éloignées les unes des autres ne produisent jamais entre elles, et cdi dès quelles ne sont point du même genre. Buiïon, F. Cuvier, M. Flourens (!'. n'ont pu parvenir 2i déterminer des alliances, et des alliances fécondes, entrtli chienne et le renard, ni entre la renarde et le chien, quoique Aristotc dise qutl»

(I) Leçons orales au Muséum d'histoire naturelle, — 1851.

chiens de I^conîe vienneot da renard et de la chienne. Personne n'a encore va ao solipède produire avec an ruminant, un ruminant avec un pachyderme. Toot ce queles aoteurs rapportent des prétendus jumarts issus du cheval et de la vache ou de U jument et do taureau ou de celui-ci avec l'ânesse, est faux ou s'applique à des animaux difformes, plus ou moins monstrueux. Déjà, dans le siècle dernier, les naturalistes éclairés, Bufibn, Bonnet, révoquent en doute leur existence. Les exemples cités par Sténon, Blasius, Âdanson, Bourgelat, Bredin, Grognier, sont loin de porter la conviction dans les esprits. Bourgelat cite d*abord le produit d*un étalon navarlais, plein d'ardeur, qui couvrit une vache : le jumart vécut quatre mois ; il ressemblait beaucoup plus k la mère qu'au père et portait sur le front deux proéminences oommedansle veau naissant. Ce n'était évidemment qu'un veau. Le savant fondateur des écoles vétérinaires parle d'un autre jumart femelle dont la dissection fut faite sous ses yeux. Celui-ci avait le front et le mufle, la langue et la rate du taureau ; mais il avait pour tout le reste la conformation du cheval : même nombre de molaires et d'incisives ; même disposition des muscles ; même forme de l'estomac, de l'utérus et do foie que dans les solipèdes. C'était encore là, comme on le voit, un mulet ou un bardeau un [teu difforme, comme on peut en juger du reste par les figures qu'en donne Tupputi et par la têie qui est conservée dans les collections d'Alfort. Le jomart observé par Bredin avait le pied, la tête, le nez, les oreilles, la crinière, les dents, les organes génitaux de Tàne ; il avait seulement la croupe plus arrondie, le ventre plus volumineux el le front plus large que ce dernier ; mais c'était encore un loUpède, ou un âne, ou un mulet, ou un bardeau. Les jumarts nés dans les montagnes do Dauphiné, et vus par Grognier, avaient, à quelques légères différences prés, la conformation des mulets ou des bardeaux (1).

Les produits résultant de l'alliance de deux espèces différentes sont généralement stériles. Lorsque, par exception, ils jouissent de la faculté de se reproduire, leur fécondité est bornée à la première, à la seconde, el au plus, à la troisième gé- ■éralion. En frappant de stérilité ces produits, ou en ne leur laissant qu'une fécondité limitée et bien vite éteinte, la nature a voulu éviter le mélange, la fusion des espèces ou la formation d'espèces intermédiaires à celles qui peuvent contracter entre elles des alliances illicites. Ce qui se passe depuis un grand nombre de siècles entre l'âne et le cheval, deux espèces qui se ressemblent tant par leur conformation extérieure et par leur structureanatoroique, prouve que la fusion des espèces on la fonnation d'espèces mixtes est chose impossible. « Assurément, dit M. Fiourens, si jamais on a pu imaginer une réunion complète de toutes les conditions les pins favorables â la transformation d'une espèce en une autre, cette réunion se tronve ici. Et cependant y a- 1- il eu transformation? L'espèce de Tâne sVstelle transformée en celle du cheval, ou celle du cheval en celle de Tàne ? Ne sont-elles pas aussi distinctes aujourd'hui qu'elles l'aient jamais été? Au milieu de toutes ces races presque innombrables qu'on a tirées de chacune d'elles, y en a-t-il une seule qui soit passée de l'espèce du cheval à celle de l'âne, ou réciproquement (2) 7 d

La stérilité dont se trouvent frappés la plu|)art des hybrides ne tient pas à des causes faciles à apprécier. Les anciens l'attribuaient à une trop grande fluidité du

(1) SoUet hiMtoriqw surBaurgMat, parL.-F. Grognier. Paris, 1805, p. 187 (S) Hiaokn des iravamx de Cuvier, , p. 290.

If. 34

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sperme et à un vice de conformation de la matrice. Aujourd'hui, en ce qui i leg mâles, on sait depuis Bonnet que le s(|)orme manque de spermatcnoldes ou n*aqie des spermatozoïdes incomplets» à Féiatrudimentaire; oiaÎB les feroeUet, les andes, par exemple, n*ont rien d*anormal dans la disposition et la strudore de Tapparal génital ; le vagin et Tutérus ressemblent exactement aux mêmes partiesde la juuMl et de Tânesse; le col de Tutérus est ouvert, les trompes sont libres ; les ovairo, quoique un peu petits, possèdent des vésicules de de Graaf etdes ovules; néanmoios, d'après M. Coste, de qui je tiens celte observation, les vésicules et les ovules y son en faible proportion ; ces femelles, enfin, ont aussi leur rut périodique, et très probablement leur ponte ou leur ovulation spontanée, car j'ai va dans la eollcctioa du savant ovologiste, un ovaire de mule portant un corps jaune bien caractériié. On conçoit donc, d'après cela, que la stérilité des hybrides ne soit pas afasoloe;cl, en effet, il arrive que des mules soient fécondées et que d'autres hybrides se reproduisent k peu près régulièrement pendant les deux ou trois premières généraiion Arlstote dit qu'on a vu le mulet produire avec la jument, et la mule être fécoodii sans pouvoir amener son fruit à terme; mais ce qu'il dit des mules fécondes d'osi partie de la Syrie parait se rapporter à l'hémione. Buffon, Charles Bonnet, oM recueilli des exemples bien connus de cette fécondité des mules, et tout réceament, M. de Nanzio et d'autres vétérinaires en ont cité de nouveaux ; enfin, divers observateurs ont constaté une fécondité assez commune parmi les camassien et les oiseaux hybrides.

La fécondité est donc un moyen sûr de reconnaître l'identité de l'espèce. C'est une sorte de pierre de touche, à l'aide de laquelle on peut s'assurer qoe tels et tdi animaux appartiennent à la même espèce, au même genre, ou à des espèces et k des genres différents. Toutes les fois que des animaux produisent entre eux dfs individus jouissant d'une fécondité continue et indéfinie, ils sont de la mOme espèce. Le blanc produit avec le nègre, le nègre avec le mongol, des individus indé* finiment féconds, et c'est là nue preuve certaine de l'unité de l'espère hnmaîoe. Le mouflon de Corse ou, d'Espagne donne avec la brebis domestique des produits féconds, que Pline connaissait déjà : la brebis et le mouflon, si différents de prime abord, ne forment donc qu'une seule espèce. Le zébu et le boeuf de noscontrétf produisent également ensemble des individus jouissant d'une fécondité illimitée; ils ne sont encore que deux races appartenant à la même espèce.

Âu contraire, l'une produit avec le cheval, l'âne avec l'hémione, le dromadaire avec le chameau, le bœuf avec le bLson, le bouc avec la brebis, le chacal atec le cbien, le chien avec le loup, des individus généralement stériles ou des individos possédant par exception une fécondité qui s'éteint dès la première, la secondées la troisième génération. L'âne n'est donc pas de la même espèce que le c\wul l'hémione de la même que l'âne, eic. Ces animaux ont beau se ressembler par leur organisation, la configuration de leur squelette, de leurs muscles, de leurs viscères, et jusque par leur conformation extérieure, ils appartiennent chacun h une espèce distincte; mais ces espèces qui produisent entre elles sont du même genre.

Dès que des espèces en apparence voisines ne s'allient point ensemble, il diMÎiri extrênienient probable qu'elles n'appartiennent point au même genre. Le cbivu o^ produit pas avec le renard ni avec l'hyène : ces trois animaux sont de trois ^ewt^

Dl LA FÉCONDATION. 6M

reots. L'hyène lie doit point produire avec la lionne, ut la chienne avec le tigre,

qu'en dise Pline; car Thyène, la lionne, la chienne sont des carnassiers dé i genres distincts. Â plus forie raison le taureau ne doit-il pas produire avec la ja- A ou avec Tftiiesse; car ces animaux, non-seulement ne sont point de m6me rt , mais encore ils ne sont pas de même famille ni de même ordre, .e degré de fécondité des animaux est cscossivement fariable, suivant les espècss livaat les classes , mais les lois d*après lesquelles il est réglé ne sont pas enfcbiea déterminées.

«nni les fcrtébrés, les ovipares sont généralement plus féconds que les ?Î¥i« H, et chez les premiers, les laissons, qui |)ondcnt, comme on le sait, un nombre ob si considérable, doivent être placés en première ligne ; après eui les rep« « et après les reptiles les oiseaux. Les mammifères juuissent d'une fécondité le

soofent inférieure à celle des oiseaux. Parmi eux, la fécondité n'est en rapport fecc l'ordre et la famille, ni avec le régime. Cependant les quadrumanes ne font m ou deux petits, de même que les solipèdes, les grands pachydermes et les inants, tandis que les carnassiers, les rongeurs, les didelphes, en font générale^ t un grand nombre.

Hie fécondité parait être, suivant la remarque de Buffon. en raison inverse de iUe des animaux. Tous les grands mammifères, l'éléphant, la girafe, le droma* ^le cheval, le bœuf; tous les grands oi.Heaux, l'autruche, le casoar, l'aigle, le Dur, prcxiuisent peu ; mais le porc, parmi les animaux de moyenne taille, fait pUon. Tous les petits sont d'une fécondité remarquable, tels le chien, la sarigue, pin, le cochon d'Inde, les rats, la souris, etc.

■ ce qui concerne les mammifères, on sait que Télépliant, le rhinocéros, l'hiplame, le chameau, le dromadaire, les paresseux, les fourmiliers, font un seul à «chaque portée. La vache, la brebis, la biche, le lama, la jument, Tânesse foot qu'un seul aussi, et deux par exception ; la chèvre, le chevreuil, le cha- , OD, deux ou trois; le chat, le renard, le chacal, les martres, le blaireau, le , le lion, l'ours, Técureuil, le hérisson, de deux ii six: le chien, le loup, le NI d'Inde, de cinq à dix ; le sanglier et le |>orc domestique jusqu'à douze et B quatorze ; en6n, le surmulot porterait jusqu'à dix-neuf petits d'après BuObn. I assez grand nombre de ces animaux ne font qu'une seule portée par an, et i eux se trouvent nécessairement tous ceux dont la ge.station dure plus de six . comme les grands pachydermes, les solipèdes et les ruminants de grande

Les autres font deux portées et plus par an, tels le porc, le sanglier, le lièvre, ÉDt le furet, la souris, le loir, les rats. On sait que le lapin ei le cochon d'Inde ■iaent aisément six à huit portées annuelles.

riDÎ les oiseaux, les espèces les plus fécondes sont, en général, les plus petites, fiscaux de proie font un |)elil nombre d'œufs. L'aigle, le pygarirue, lorfraie, le mir, la buse, en pondent deux ou tiois, ré|>ervier quatre ou ciuq^ le faucon, ?-asereJIe, l'émérilloii, de quatre à six. Beaucoup de passereaux, l^ corbeau, la ïlUe, la pie, le geai, l'élourneau, la gri^e. le moineau, la liuoiie^ i^. ^^^^ le ».le chardonneret, le bouvreuil, Talouelte, le rossignol, en po^deiU cinq ou -«gallinacés sont encore plus féconds. La pintade , dans les |^^ ^ ^^ ^^ ^^^

«nvage, Wl àl% à dooxe œufs, le coq de bruyère huit, n^;^^ « ph» le

petit tétras de six k vingt, la perdrix de quinze à vingt-cinq, la caille de traie \ vingt, le faisan une vingtaine. Ceux des oiseaux de cet ordre, qui sont domestîqMi pondent» comme on le sait ù peu près tous les jours, excepté pendant la saisM é la mue et celle des grands froids. Plusieurs espèces de divers ordres, notaouM dans celui des passereaux, font plusieurs pontes par an ; ainsi le pigeon, le raorin la grive, le moineau, le bruant, etc.

La fécondité départie k chaque espèce animale est évidemment mise en kai monie avec les lois générales de la multiplication des animaux à la surface dogloh Les espèces qui vivent de substances végétales sont les plus nombreuses, et ték qui comprennent chacune le plus grand nombre dindividus ; d'abord, parce qa'd vivent aux dépens de la masse alimentaire énorme, représentée par les plaN herbacées, et ensuite» parce qu'elles doivent devenir Tunique aliment des anioM carnassiers. Ces espèces doivent donc être assez nombreuses en individus, pu que, la part des carnassiers étant faite, elles constituent encore une population €■ sidérable en rapport avec leurs moyens d*existence. D'un autre côté, les rsfia carnassières ne doivent se multiplier que dans une proportion très restreinte, sorti dans les parties du globe où l'homme, en étendant sa domination II la presque M lité de l'espace, y a fait disparaître la plupart des animaux herbivores saovap Aussi est-ce seulement dans les contrées à immenses déserts ou à vastes forêts, f les grands carnassiers sont pour la plupart relégués depuis longtemps

La fécondité des animaux est d'ailleurs proportionnée à la brièveté de la vieel la multiplicité des causes de destruction auxquelles ils sont exposés. Aosri I petites espèces , qui vivent peu et qui peuvent être souvent décimées par suite i intempéries des saisons, de la disette d'aliments, se reproduisent-elles aiecfl prodigieuse rapidité , comme on le voit, à de certaines années, chez les souris, I mulots, les rais, qui dévastent leif campagnes. Celte multiplication est telle, m<i parmi des animaux de taille moyenne, que, d'après les calculs de Vauban» uneHi elles dix générations qui en dérivent, pendant une période de douze années, pa vent produire plus de six millions d'individus.

11 est à remarquer que les cas de stérilité sont parmi les animaux infiniflfl plus rares que dans l'espèce humaine ; néanmoins, beaucoup d'animaux sauvifi une fois en captivité, cessent de se reproduire , comme l'éléphant , la girafe» lion, les singes nous en donnent des exemples, ou s'ils produisent quelqoefei c'est par exception. Quelques individus appartenant aux espèces domestiques pei dent aussi, sans cause appréciable, leur aptitude à la reproduction. Il n'est (lasm de voir devenir stériles les femelles dont l'engraissement est porté à un haut àtffi aussi bien chez les mammifères que chez les oiseaux de basse-cour (1}. On ot généralement que lorsque les femelles uniparcs donnent deux petits dans m

(1) Des roules de l'amour l'embonpoint inutile

Aux germes créateurs ouvre an champ moins fertile.

Hoc facinnl, nimio ne luxu oblusior usus Sit genitali arvo, et fulcos oblimel inertes : Sed rapial sitiens venerem inleriusque recondat.

VikCilr, Géorg.. livre III.

DK LA FÉCONDATION. 533

MTtèe» Tun mâle, i*aatre femelle, cclai*ci est frappé de stérilité. Le fait est inexaa Il ce qui coDceroc les brebis, mais il est quelquefois vrai pour Fespèce bovine. [00 père a élevé, il n*y a pas longtemps, une génisse et un bœuf provenant de la lûne portée ; le mâle est devenu très beau ; la femelle , c|ui a été conservée laqu'â l'âge de trois ans et demi, a éprouvé souvent, à partir de dix-huit mois, des lakurs périodiques, mais elle n'a jamais conçu.

S XX. — De rhérédité.

Qoe la fécondation s'opère entre des animaux de même espèce et de même race I entre des animaux d'espèces et de races différentes, il y a toujours transmission, IX êtres procréés, de l'organisation, des formes, de l'instinct, de l'intelligence, des lUtudes diverses des êtres procréateurs. Par celte transmission , connue sous le HD d'bérédiié, le descendant répèle et reproduit l'ascendant , la génération nou* îDe rend exactement la génération qui la précède, de telle sorte que l'espèce tout ise renouvelant indéfiniment, conserve les caractères distinciils qui lui ont été iprimés originairement par la nature. Constatons ici avec soin l'étendue et les Dîtes de l'hérédité dans le règne animal.

Ce qu'il y a de plus constant et de plus invariable dans la génération est d'abord répétition fidèle de l'organisation propre h l'espèce. L'individu nouveau doit rean exemplaire exact de l'individu ancien, non-seulement dans l'ensemble, lis encore dans les plus petits détails. Cet individu procréé doit rendre chaque Même, chaque appareil , chaque organe, chaque partie d'organe avec les pariicurills de configuration et de structure qui appartiennent à l'individu procréateur. ftot qu'il y ait, dans l'un comme dans l'autre, même nombre d'os, de muscles, de yft, de vaisseaux, de viscères, mêmes formes, mêmes rapports, même texture t ces différentes parties. Le temps , la multiplicité des générations successives altèrent pas le type ou le plan de celte organisation : le boeuf qui vit actuellement encore le squelette exactement semblable à celui qui vivait il y a trente siècles, et ut les monuments égyptiens nous ont conservé des restes; l'ibis qu'on trouve r les bords du Nil a aujourd'hui le squelette semblable à celui de l'ibis du temps s Pharaons ; les ossements d'animaux enfouis depuis des siècles dans les tourbières I dans les allnvlons ne se distinguent pas de ceux des mêmes espèces vivantes, anatomiste qui compare maintenant entre eux les animaux d'une même espèce ne convre que des différences légères purement accidentelles ou des monstruosités les à des causes qui ont perverti le développement normal des organes. En même temps que l'organisation se répète indéfiniment jusque dans ses DÎndres détails, l'ordre d'évolution et de développement des parties se perpétue avec même constance et la même uniformité. C'est toujours à une époque fixe que tel gane apparaît ou s'atrophie; c'est toujours au même moment que se forment tels vaux d'ossification, que disparaissent telles épiphyses, que sortent ou que tombent ( dents. C'est toujours suivant le même ordre que s'effectuent les métamorphoses s animanx inférieurs. Il y a sous ce rapport, à part quelques variations dues k des uses diverses, autant de fixité que dans la reproduction du plan organique. Ijà transmission des formes extérieures n'est pas moins remarquable que celle i l'organisation, bien qu'elle ne soit |^as toujours aussi invariable. Elle porîe sur

5S& DK LA GÉNÉBATIOU.

h taille, k volume du corps, les proportions des membres, du trooc, de la Ule cl de leurs différentes parties4 sur la couleur de la peau, des poils, des pluoifs, lorb forn>e des ongles, des sabots, des cornes. Rien n*est frappant parmi les espèces laa» ▼âges comme la constance des proportions, Tuniformiié du pelage, l'ideatité de h physionomie, de l'expression. Chez les animaux domestiques, la conformation eitèrieure, la couleur de la robe, les marques particulières seconsenrent sans altéraiiaa dans les races qui restent pures de toute alliance étrangère. On recoiinait le cheralde course anglais à la forme de Tencolure, de la poitrine, à la direction de la crcope; le bœuf Durham à la petitesse de sa tête, à la minceur de ses cornes, à la largeur de sa poitrine, de son garrot et de son dos, à la brièveté et à la finesse des régions ioiê* rienres des membres. Les races bovines de la Suisse, delà Franche-Conaté, de FAs* vergue» du Poitou ; les races équestres de TEspagne, de certaines parties de TAlfemagne ; les races de moutons de nos contrées ; les races de chiens, malgré la facilité dr leurs croisements réciproques, se distinguent encore : le léviier, le mâtin, le dogir, le terre-neuve, Tépagneul conservent assez nettement leurs caractères distûKtiL

La transmission du naturel propre h chaque espèce et à chaque race, ôtm caractère , de ses instincts et de son intelligence n*cst pas moins rGmarqnaUt Parmi les animaux sauvages, tout se perpétue sans la moindre altération seosible./ Ce que les plus anciens naturalistes nous ont appris sur les mœurs , les habitudo. de ces êtres est encore vrai aujourd'hui. Chaque animal a toujours le même genre de vie, les mêmes moyens d^attaque et de défense, les mêmes ruses pour surprendre» ennemis ou pour se mettre à l'abri de leurs agressions. L'abeille construit toujoai sa ruche sur le même plan, le castor élève ses habitations d'après la même arcbitttturc ; c'est toujours au même lieu et avec les mêmes matériaux que l'oi.seau constndt son nid ; c'est toujours de la mêtnc manière qu'il nourrit, qu'il protège et qui élève ses petits. Une longue série de siècles n'a point adouci le naturel du lion et da autres carnassiers; le voisinage de l'homme, l'influence de la domesticité n'ont ries ajouté à l'intelligence obtuse de la brebis. Les modifications imprimées à cerlaioa races sont devenues transmissibles au même litre que les dispositions innées et pri> mitives. L'aptitude à reconnaître et à suivre la piste du gibier est devenue héréditaire chez le chien de chasse, et c'est par l'hérédité que l'animal domestique communiqv à ses descendants l'empreinte qu'il a reçue de la domination humaine. Les animm souples et dociles transmettent à leurs produits un caractère analogue au leur.

L'hérédité s'étend ainsi à diverses aptitudes, à une foule de prédispositions, au tempéraments, aux maladies, etc. La constitution ou lymphatique , ou sangniae, ou nerveuse se transmet des ascendants h leur produit; l'aptitude à se bien nourrir, à engraisser, h donner du lait, la faculté prolifique, la rusticité, la faculté de réaiter aux fatigues, l'aptitude à la course passent très souvent aux descendants dei animaux qui possèdent ces qualités. Il en est de même des prédispositions àcoitracter telle maladie , telle infirmité auxquelles se trouvaient sujets les ascendaKi

Les animaux jouissent donc de la faculté de transmettre 5 leurs descendants, pv la voie de la génération, leur organisation, leurs formes, leur naturel, leurs instîartk leur intelligence, leurs aptitudes, leurs qualités et leurs prédispositions divenA Mais cette transmission tient-elle à l'influence du mâle ou de la femelle, ou àcdV des deux à la fois? La part d'action des deux facteurs est-elle la même dans toutes

DK LA FÉCONDATION. 5S5

les eipècM, dans Umtes les races et dans tomes les conditions T C*est ce qu'il importe ici de rechercher.

Le mâle et la femelle paraissent exercer chacun une influence particulière sur le produit de la fécondation. Le mâle donne, dit-on, à ses descendants la Tiguenr, râiergie, la conformation générale du corps, et principalement celle de la tête, de l'encolore et des membres antérieurs; la femelle donne la taille et imprime ses fannes à la partie postérieure du corps.

Pour apprécier eiactement la part d'action de chacun des ascendants sur lear produit, il importe de l'étudier isolément dans les diverses conditions oà elle devient susissable : 1* lorsqu'il y a union entre les animaux saufages de même espèce ; T lorsqu'il y a accouplement entre des animaux, soit sauvages, soit domestiques, de même espèce, mais de races ou de variétés différentes; 3' enfin lorsqu'il y a alliance entre des animaux appartenant à des esiièces voisines.

Dans la première condition, qui est la plus naturelle et la plus générale, l'influence do mâle se démêle di£Bcilement de celle de la femelle quand les deux sexes se ressemblent par leur taille, leur conformation, par la couleur de la peau, des poils on dct plumes; et, dans le même cas, ces deux influences ne se distinguent guère ■neax lorsque le mâle diffère considérablement de la femelle : le produit ressemble m père s'il est mâle, et à la mère s'il est femelle. Ainsi , dans respècc do lion , le jeDM mâle prend la crinière et la physionomie du père, et la femelle prend la robe ei le caractère de la lionne. Dans l'espèce du cerf, le mâle et la femelle, après avoir Itéaenté les mêmes formes et porié le même pelage, se différencient Tun de l'autre : k mile devient semblable au cerf par la forme de la tête, par la présence des bois; la prend l'aspect de la biche. Il en est de même dans l'espèce du bœuf, dans id'un assex grand nombre de mammifères et d'oiseaux, dont les mâles diffèrent très notablement des femelles. Ce n'est donc pas dans cette première condition que rMuence particulière de chacun des ascendants devient manifeste.

Lorsqu'il y a alliance on croisement entre des animaux de même espèce mais de faces ou de variétés différentes, l'influence de chacun des ascendiinis |)aratt plus distincte. Dans ce deuxième cas, le produit ressemble tantôt au père, tantôt â la Dière, d'antres fois il tient le milieu entre ses ascendants, soit par une fusion de lears caractères, soit par une association ou un mélange de ceux-ci.

Ainsi d'abord il arrive que les produits ressemblent presque exactement à l'un des ascendants, au mâle ou à la femelle. C'est ce qu'on voit surtout chez les animaux OMiltîpares, notamment chez les carnassiers. Hartmann (1) cite le fait d'une chienne terrière qui, ayant été couverte par un lévrier, mit bas deux lévriers et deux bassets ou terriers. Geoffroy Saint-Hilaire rapporte qu'une chienne lUi Saint -Bernard fut couverte par deux mâles de son es|)èce , un chien de Terre-Neuve de sa taille et on chien de chasse plus petit. Elle fit onze |)ctits : cinq mâles, semblables au chien de Terre-Neuve et denx fois grands comme les autres, et six femelles pareilles au chien de chasse. Souvent on voit, parmi les petits chiens d'une môme portée, des individus qui ressemblent exactement à leur père, non-scnlement par la couleur de b robe, mais encore par la conformation extérieure, et d'autres qui rappellent leur

(1) rroéftf dMâoroj, traduction françaiic, Paris, 1788, p. 48.

5S6 DK LA GBIfBHATION.

mère sous ce double rapport. On sait que les poulains et les veaax retteinbleil Uniôl i leur père, untôt à leur mère, par la couleur de la robe et ses marques pir* ticulières.

Le plus communément, cependant, les choses ne se passent poiot de cette manière : le produit est intermédiaire par sa conformation, la couleor deson pelage, et par» autres caractères, à ses deux ascendants. Il peat y avoir en lui fusioa des qualités et des défauts de ceux-ci , ou bien il peut donner un mélange sans fosioa de ces caractères; en d'autres termes, il peut avoir du père la forme de la télé, les proportions de Tencolure, et tenir de la mère la forme de la croupe, de la poitrine, ode du pied, la couleur de la robe, etc. En alliant le cheval arabe ou le coaraier anghii avec une jument de trait on obtient un produit qui n'est ni aussi svehe que asn père, ni aussi massif que sa mère ; il ne sera plus un lourd cheval de trait à tlie volumineuse, à encolure épaisse, à large croupe, à extrémités robnsies, maïs il M sera pas encore un cheval léger, à tête fine, à encolure mince, à pieds étroitaL Ht. même allie- t-on le taureau suisse à la vache des montagnes du Jura, le métis, sai atteindre la taille du père, dépassera celle de la mère : sa tête perdra la légèreté il celle de la race maternelle sans prendre tout à fait le volume de la tête et des oonM du père; les proportions des diverses régions, l'épaisseur de la peau, la couleur èm poils présenteront un intermédiaire plus ou moins exact entre les deux races asoci* dantes. Il en sera de même, chez les autres animaux, quant à la taille, h la conformation générale du corps, aux proportions de ses diverses parties, à l'aptitude à tel on tel service, à l'engraissement, à la sécrétion du lait. Aussi c*est à l'aide de ces cni« sements qu'on crée des races nouvelles intermédiaires à celles qui servent de souche. C'est par eux que les Anglais ont produit leur belle race de course, cl que tous les jours nous voyons se perfectionner nos bœufs, nos moutons, surtoot ceux qu'on destine spécialement à l'alimentation ou à la production des laines.

Dans les cas d'alliances entre des animaux d'espèces différentes, l'influence particulière de chacun des ascendants sur leur produit devient encore plus distincte que dans celui du croisement des races ou des variétés. Ici, on a pour sujet d'étode le produit de l'âne avec la jument, celui du cheval avec l'ânesse, du bouc avec la brebis, et un assez grand nombre d'hybrides, moins bien connus, parmi les ruminants, les carnassiers, etc.

Le mulet, provenant de l'âne et de la jument, est beaucoup plus grand que sos père, et souvent presque de la taille de sa mère. Il a communément le pelage uniforme, noir ou alezan brûlé. Il a la tête longue, volumineuse, les naseaux pes dilatés, les arcades sourcilières larges et proéminentes, les oreilles longues, vacillantes pendant la marche et rarement dressées. Son encolure est droite, presqae horizontale, mince, dépourvue de crinière ; le garrot est bas, le dos droit ou oiavexe, la croupe étroite, inclinée de chaque côté; la poitrine est étroite, la côte m peu arrondie, le ventre assez ample, la queue dépourvue de crins à la base, ks organes sexuels volumineux ; il a deux mamelons bien prononcés sur les côiéi du fourreau, les membres secs, les articulations assez droites; le sabot étroit, aplati latéralement et les talons hauts; les châtaignes de l'avant-bras dorment des plaques grenues, minces, circulaires ; celles du jarret, qui manqocat fort souvent, ont le même aspect, mais sont pi us petites. Cet animal a une expm-

DK LA FKGONDATION. 537

tioQ |)cu intelligente el sombre; il porte bas la tête, les oreilles inclinées; il n*est pas apte à la course, aox exercices rapides ; il n*a ni le hennissement du cheval, ni le braiement deTâne. 11 est d*un caractère têtu, revèche, d'une constitution nerteuse, irritable; il est sobre, dur à la fatigue et très rarement malade.

Cet hybride tient donc plus de la nature et de la conformation de l'âne, son père, que de la jument II tient de l'âne le volume de la tête, la forme des arcades «iiiiaîres, des dents, Tétroitesse des naseaux, la forme de la fausse narine, les profortioos des oreilles, la forme de l'encolure, le défaut de crinière et de crins à la bue de la queue, le peu de saillie du garrot, la direction du dos, la forme de la croope, des pieds, des châtaignes; le développement des mamelons, la sécheresse des extrémités. Il tient encore de son père le caractère, l'expression, les allures, la constitution, la rusticité, la sobriété, la vigueur, l'aptitude à conserver de la grûsse intérieurement avec les apparences de la maigreur. Il tient de sa mère liiiicîpalement par la taille, le développement de quelques régions et certaines IPfNMTtJons d'ensemble dont l'harmonie rappelle la gracieuse conformation de l'espèce maternelle. C'est un âne qui commence à se fondre dans le moule du cheval.

Le bardeau, issu de Tânesse et du cheval, lient encore beaucoup plus de l'espèce aine que de celle du cheval; il reproduit sa mère agrandie. Ses formes, quoique pteéralement plus belles que celles du mulet, sont encore celles de l'âne, reconnusaUes une à une à travers l'heureuse modiûcation qu'elles ont éprouvée sous rinfloencc du cheval. Le bardeau, toujours moins grand que le mulet, a la tête fine, bien proportionnée, ressemblant beaucoup à celle du cheval ; ses oreilles ne gyère plus longues que celles de ce dernier et se tiennent redressées ; les et les arcades orbitaires sont peu saillants; les naseaux sont assez dilatés, et ia fausse narine est diveriiculée. La crinière est passablement fournie et ses crins not assez longs pour tomber sur un des côtés de l'encolure; le dos et les reins sont dnMts et tranchants, la croupe est étroite, efBlée en arrière ; la queue est garnie db la base de crins longs et touffus ; les pieds ressemblent à ceux du mulet, mais il sont un peu plus larges, toutes proportions gardées; les organes génitaux sont très développés et les deux mamelons du fourreau très longs. La peau est mince, la poils sont de couleur uniforme et foncée, rarement d'une teinte fauve ; les chataigoes ont la forme de plaques minces et manquent rarement au urse. Le naturel, h voix, la constitution, les qualités et les défauts sont à peu de chose près ce qu'ils étaient chez le mulet.

Le bardeau tient donc de son père la forme de hi tête, des oreilles, la crinière» kscriDS delà base delà queue. Il tient de sa mère sa petite taille, la disposition de set fausses narines, la forme de son garrot, de son dos, de ses membres, et en parlicolier des pieds et des châtaignes. Il tient d'elle aussi son caractère, son peu d'aptitude aux allures rapides en raison de l'élroitesse des voies aériennes, sa vigWQr, sa rusticité, sa constitution ; il s'en rapproche d'autant plus que, comme cela arrive souvent, sa conformation devient parfois défectueuse et bizarre relativement il celle des autres solipèdes.

En somme, dans le produit des deux espèces, de l'âne et du cheval, c'est incontestablement rinfluence de l'espèce asinequi prédomine et qui porte son empreinte ï la fois sur les formes ettérieures, sur la constitution, sur le naturel, c'est-â-dire

■ VAVUTCMCvu» m Win» «tu viiwait.

Las neaf hybrides qae Batfen obtint de racconpiement da boac avec l a?aient plus de rapport avec l'espèce do père qa'avec celle de la mère. < hybrides, dont sept étaient mâles, avaient les poils bruns, longs et rudes i surtout sous le ventre, près do fourreau et aui pieds de derrière. Le c était moins arqué et la queue plus courte, et les membres pins longs que moutons. Ils avaient quatre mamelons, deux de chaque côté.

Les hybrides du chacal et de la chienne, obtenus par M. Flourens, ont, les animaux sauvages, un poil laineux et un poil soyenx. L'un d*enx est g comme le père ; les deux antres ont le pelage noir, tirant sur celui de la i ont les allures brusques, farouches. Leur première dentition marche plus celle des petits chiens.

Les hybrides parmi les oiseaux ont tantôt plus de ressemblance avec k tantôt plus avec la mère. Ils offrent généralement un mélange des a propres aux ascendants. Un hybride de cygne mâle et d*oie, observé par F. avait plus d'analogie avec sa mère qu'avec les cygnes ; il devint plus gros q

C'est d'après les rapports de taille, de conformation, d'énpr;;ie et de c entre les mulets et leurs ascendants, qu'on a voulu, k l'exemple de BnObn, ier l'influence du père et delà mère sur le produit de la conception. D'v c'est parce que le mulet ressemble à Vàue, son i)ère, par l'ensemble do < surtout par la forme de la tête, des membres antérieurs, |>ar Talisence d( nière, que l'on attribue au mâle la faculté de donner la conformation géo en particulier celle des parties antérieures. D'autre |)art, c>si parce que arrive â une taille très rapprochée de celle de la jumrnt, qu'on regarde comme donnant le volume du corps, l'aptitude à se nourrir et h se déi EnGn, c'est en raison de la rusticité, de la vigueur, de la résistance du mul

DK U rÈaiNDlTION. 519

celles de la tête, de II crinière, du dos, de la queue, des membres, des pieds, le bardeau qui, en somme, ne diiïère pas beaucoup du mulet, ressemble à Tftnesse, sa mère, par un très grand nombre de parties, la têie et la crinière exceptées. Donc, s*il est vrai que le premier tienne ses formes de son père, il ne l'est guère moins que le second les tienne de sa mère, et si les ascendants impriment leur conforma* tion aux parties antérieures du corps, ils le font à peu près de môme pour les par* ties postérieures. Par conséquent, ce que le père donne au mulet, la mère le donne ioasi, ou à peu près, au bardeau. En second lieu, si le mulet emprunte à l'ftne la constitution particulière, la force, la vigueur, le caractère, le bardeau emprunte les Dftmes choses à l'ânesse, car sous le rapport de la constitution, de la force, etc., les deux hybrides se ressemblent plus encore qu'au point de vue des formes exlérieores ; enfin, si le mulet emprunte sa taille à sa mère, pourquoi n'est-il pas aussi grand qu'elle? et si le bardeau tient cette taille ou le volume du corps de la sienne, pourquoi est- il plus grand qu'elle ? Il suffit de s'arrêter un peu sur le résultat de ce parallèle entre le produit de l'âne et de la jument et celui de l'ânesse et du cbetal, pour voir que les formules exprimant l'influence du n)âle et de la femelle MMt loin d'être rigoureuses. Si elles ne sont pas vraies dans ce cas particulier, eoument peuvent- elles être considérées comme l'expression d'une loi générale, HUtout en ce qui a trait, non plus aux produits issus d'animaux d'espèces diiïérentes, mais à ceux des animaux de même espèce 7

La question de l'influence du mâle et de la femelle sur leurs produits est donc une question à remettre à l'étude, car elle ne peut recevoir, en thèse générale, la solution indiquée par BuObn et acceptée depuis par tous les auteurs. On pourra aisénenC la résoudre en rapportant chaque caractère des pi*oduits à celui de leurs ascendants qui le possède; et cela, en considérant les produits naturels du croise- BKnt des races, de même que ceux qui pcnveiii provenir du croisement des espèces voisines. Les données recueillies jusqu'ici par l'observation sont déjà de nature à fixer les points principaux de cette solution. Indiquons rapidement les plus remarquables CD ce qui concerne les formes, la taille, le sexe, la constitution, la force, le caractère du prodoit.

Relativement à l'ensemble de la conformation et aux détails des fonnes, le pro* duit ressemble tantôt an mâle, tantôt â la femelle ; le pins souvent il ressemble aux deux, mais plus è l'un qu'à l'autre. Tout le inonde a remarquéque, dans une même famille, il est des enfants qui ressemblent d'une manière frappante à leur père, et d'antres, au contraire, qui ressemblent à leur mère. Le mulet ressemble surtout à «m père et le bardeau à sa mère. La chienne terrière dont j'ai déjà parlé, et qui int couverte par un lévrier, mit bas deux terriers et deux lévriers. Il n'est pas rare de Yoir une chienne fécondée par un chien d'une autre race donner à la fois et des chiens semblables à elle et des chiens rappelant la forme et la race de leur père. Il M est de même pour le cheval, d'après Hartmann et d'autres hippologues. C'est principalement parles mâles qu'où cherche à maintenir ou à perfecti»nner les races ; mais c'est surtout par les juments que les Orientaux croient conserver la belle race arabe.

Sous le rapport de la taille, les produits tiennent, soit du père, soit de la mère, ou desdenx, mais plus de l'on que de l'autre. La stature du mulet se rapproche beau-

540 DK LA GÉNÉRATION.

coup de celle de la jumeut; la uille du bardeau tire quelque chose de cette du cheval, puisqu'elle est supérieure à celle de Tàiiesse. Très sonvenl et chei divers ni maux, les mUes degraude taille douneut des produits dont le volume devient supérieur à celui de la mère. En faisant couvrir les vaches de petite race par des tanrean de grande race, on augmente la taille des produits, et souvent au point de rendreh parturition très laborieuse, notamment chez les femelles qui portent pour la prtmièrc fois. Les |)etiies chiennes couvertes par les dogues, les chiens de Terre-Neofe, meurent souvent sans pouvoir mettre luis les fœtus, dont le volume dépasM les dimensions du bassin de la mère.

Par la robe, l'eut des poils, des crins, et des autres productions épidermîqiies, k produit tient indisiinciement de Tun de ses ascendants oo des deox à la fois. Le métis du blanc et du nègre est mulâtre, n Les poulains provenant de deux ciwvaux de différents poils ont, dit Hartmann, presque aussi souvent le poil de b mère que celui du père, et il n'est pas rare qu'ils héritent du père une parlieA leur robe et l'autre partie de la mère. >» L'hybride du zèbre ou da dauw avecw femelle solipèdc est marqué de longues bandes noires comme son père. Le aèÉ '■ d'hémione et d'âuesse a la rol>e paternelle. Il n'est pas rare de voir la robedes îcni ; reproduire d'une manière frappante celle du taureau. Dans une portée de chiensM '^ dcchais, une partie des petits ont la robe du père, l'autre celle de la mère. Oessom . blanches accouplées avec des grises, ont donné des petits^ blancs et d'autres grs. ^ mais pas de robes mélangées. Des trois produits d'un chacal avec une cliiennCyra ^ avait le pelage gris fauve du père, l'autre le pelage noirde la mère. L'un des hyfarite du bouc el de la brebis, obtenu par fiuiïon, avait le pelage brun du père. Les tadNS de noir ou de blanc, si petites qu'elles soient, sur une robe uniforme, passent aux descendants. On a remarqué même que chez les chevaux, elles deviennent habituellement toujours plus grandes, de génération en génération, au point de donner des robes pies. Chose singulière, les taches des muqueuses donnent aux produits do taches à laj)eau, comme les anciens l'avaient observé sur le bélier (1). La naturc.b longueur, la finesse des productions pileuses se transmettent par l'un des asceo- i' dants. C'est surtout du bélier que les agneaux tirent la finesse de la laine, la beauté ^' de la toison. Le mulet a le poil court et ras de sa mère sans en avoir la crinière ; k j bardeau a le poil et la crinière de son père ; les métis de bouc et de brebis ont k poil droit, rude et grossier du père; ceux de chacal et de chienne avaient, comme je l'ai rappelé, le deux poils du père, le laineux et le soyeux. L'aspect, b forme, la couleur, la constitution des productions cornées tiennent des desi ascendants, dans ceruins cas plus de l'un que de l'auti^e : le mulet a le pied et ki châtaignes de son père ; le bardeau a le pied et les châtaignes de sa mère. U forme des cornes si caractérisée dans certaines races ; leur volume, leur couleur « transmettent principalement par les mâles. En employant à la reproduction ki animaux qui ont ces parties à l'état rudimentaire et ceux qui en manquent, m

(1) Si sa langue à tei yeux oflTrc quelque noirceur,

A répoux du troupeau choisis un successeur; Au lieu de rappeler la blancheur de sa mère , L^enfant hériterait dea taches de son père.

Dkulub, Géorg,, li?re IH.

DB LA PÉCORDATION. 5&1

par créer des races sans cornes, comme on l'a tu pour Tespèce du bosuf, et ine on le voit tous les jours pour celle du mouton. On sait que c*est seulement certaines races, celle de Barbarie entre autres, qu'on voit des moutons à re cornes dont parlent Oppien, Peyer et divers naturalistes. s sexe des produits parait, d'après les observations de A. Leroy et celles de u de Bnzareingues (1), dépendre de la prépondérance de l'un des reproducs dans la fécondation. Lorsque le mâle est adulte, bien constitué, plein de vi« ir, il donne plus de petits de son sexe que de l'autre. J'ai, en ce moment, chienne de chasse déjà vieille, qui, ayant été couverte par un énorme chien 'erre-Nenve d'un au, a mis bas six mâles, ressemblant tous k leur père. De le, quand la femelle est d'une constitution plus robuste que le mâle, elle donne de produits de son sexe que de celui du père. Ainsi, les brebis qui approit de l'âge adulte, qui sont vigoureuses, bien nourries, donnent un nombre nelles très supérieur à celui des agneaux. Au contraire, les brebis trop Jeunes, constituées, aiïaiblies, épuisées, malades, laissent prédominer l'influence du Tet donnent plus d'agneaux que d'agnelles. Les brebis adultes saillies par des Ts de même âge et de même force qu'elles, produisent sensiblement autant de s que de femelles.

I Tjgueur, l'énergie, la solidité de la constitution, la rusticité tiennent des deux ndants, mais principalement du père. Tout le monde sait que les mâles trop es, ceux qui sont épuisés par les fatigues de la monte, donnent des produits €Dt mous, débiles, plus disposés à l'engraissement que propres au travail. Au iraire, les mâles vigoureux, appartenant aux belles races orientales; ceux qui déployé beaucoup d'énergie dans les courses, transmettent â leurs produits ▼iTacité et leur force. Souvent aussi la femelle partage cette influence avec le f, car si le mulet tient de l'âne, son père, l'énergie de la constitution et une cité remarquable, le bardeau tient de l'ânesse, sa mère, les mêmes qualités. e naturel, le caractère, les instincts, l'intelligence, les aptitudes diverses, déri^ encore de l'un ou de l'autre des ascendants, et principalement du père. Le îi est irascible, têtu, comme son père ; le bardeau l'est aussi, comme sa mère. deux hybrides obtenus par de Spontin, du chien braque avec la louve, le i avait le naturel du loup, la femelle celui de la chienne. Pallas et Valmont-Bo- > ont vu des hybrides de chien et de loup, sauvages, farouches, hurleurs comme >ups. Dans certains cas, ces hybrides avaient, au contraire, la douceur et la ibilité du chien. Les métis du chacal et de la chienne ont les allures brusques rouches de leur père On sait que les animaux méchants, mâles ou femelles, tne ceux qui sont souples et dociles, donnent des produits qui leur ressemblent souvent sous ce rapport. L'histoire nous montre des exemples de personnages >Dt hérité du caractère pacifique, de la bonté ou des instincts despotiques et cruauté de leurs ascendants. Mais rien n'indique que la faculté de transmettre Uspositions appartienne exclusivement â l'un des deux sexes. I conformation, la robe, la taille, la constitution, le naturel et les diverses aptis des animaux, dérivent souvent, en partie, des générations antérieures. C'est

De la généralkm, Paris, «82ft, p. 153.

542 M LA OftMillATIOII.

une DOiion valgiire que les enfanti rcMemblent quelquefois plas I leur aïeul oo ï leur aïeule qu*li leur père ou à leur mère. Il n'est pas rare, 9ai?ant la remarqoeëc Hartmann, de voir des poulains dans lesquels reparaissent les béantes et les canctères, en apparence éteints dans le père, et qui sTaient distingué le grand-père «a la grand'mèrc. Gîrou a ?u reparaître dans les poulains miles le poil de leor aieiil. et dans les femelles celui de leur aïeule, qu'on ne trouvait ni aa père nll la mère. I..es agneaux issus de reproducteurs parfaitement blancs , présentent parfob dsi taches noires que portaient les générations antécédentes. Il n'est pis rare de nk renaître sur les produits de nos animaux domestiques des défectuosités, des tartf, qui avaient épargné une et même deux générations. Dans notre espèce» oertalMi maladies, certaines prédisponitlons demeurées latentes chei une générsiiei. reprennent leur empire è la génération suivante.

Enfin, il parait que certaines ressemblances de conformation et de pelage tieoBOl à l'influence des mâles qui auraient couvert une femelle li une portée aniérîenre. Oi cite une jument arabe qui, ayant produit un mulet, après avoir été saillie par ■ rouagga, fit dans la suite plusieurs poulains dont la robe était marquée de baiéa noires comme celles du solipède sauvage. Les brebis blanches qui ont été une première fois couvertes par un bélier noir, donnent, d'après M. Magne (1), lorsqu'ds sont ensuite fécondées par des miles blancs, des agneaux pies ou ayant les paupières, les lèvres et les jambes noiritres. Si le mile peut réellement, en fécondant os femelle, exercer une action sur les oeufs encore incomplètement développés q« contient l'ovaire et qui serviront aux gestations ultérieures, cette influence art bien difficile à concevoir.

La part d'influence que chacun des reproducteurs exerce sur le produit de b conception est donc complexe et multiple, puisque pour chacun, elle porte sur b taille, les formes, le pelage, la constitution, la vigueur, le naturel et les divenei }• aptitudes des animaux, c'est-à-dire k la fois sur la partie matérielle de l'organiMie ■ et sur ses manifestations dynamiques, (jette influence peut s'exercer dans toute si plénitude, s'accniitre, diminuer ou se modifier suivant plusieurs circonstances.

La première des conditions qui donnent h un animal la faculté de transmettre sA- ' rement ses caractères à ses descendants, c'est qu'il appartienne i une racecousti- ' tuée et aussi ancienne que |K)Ssible. L'empreinte que portent l'organisation et i«i iacultés de cliaque être vivant, pour être stable, pour avoir de la durée, doit être | fixée déjà depuis une série de générations. Sans cela, elle ne représente pas m * ty|)e |)ermaneni ; elle est fugace, éphémère ; elle se transmet difficilement et s'ef- ^ face par Tactioii des moindres causes. En effet, c'est avec une constance reroar- t quable que, dans les races humaines des différentes |)arties du globe, les carKtèrc» ^ de ces races se perpétuent de génération en génération. C'est avec une fixité uoa moins évidente, sans être aussi absolue, que les races domestiques de chevaui, de Ineufo, de moulons, se maintiennent avec leurs attributs. Dans les contrées où l'os n'a pas l'habitude de croiser ces races avec des races étrangères , leurs beastéi ou leurs défauts se conservent et se transmettent avec une égaie sûreté. 11 o'f '. sous ce rapport, aucun privilège en faveur des formes gracieuses et des aptitoda

(1) Traité d'hygiène vétérinaire appliquée, Paris, 1S44, 1. 1, p. 206.

M LA PiGONOATIOH. 941

rbomme a iolérét à coosenrerel à étendre. Les races les moûns fiYoriséet de ature, si elles sool abandonnées k e Ues-mêmes, se conservent intactes au même que les races les mieux partagées sous tous les rapports ; la pureté des unes >erpélne comme celle des autres, car suivant la remarque Judicieuse de lusard, toutes les races non croisées, non mélangées, sont pures, les plus comtes, les plus grossières aussi bien que les plus distinguées. La qualification de pur-sang, donnée par les hippologues au cheval oriental et au coursier an- , est încoiitestablement une épiibète vide de sens en physiologie. s» animaux qui se reproduisent lèguent donc à leurs descendants l'empreinte lur race en même temps que celle qui leur est particulière. Ils transmettent aoi i qo*ils procréent le type dont ils sont des représentants plus ou moins fidèles, mdent à Tembellir s'ils en réunissent les attributs les plus parfaits; ils tendent, Mitraire, à le foire dégénérer ou k le dégrader s'ils en possèdent im certain bre de débuts ou d'imperfections. Cette empreinte, celte forme typique est si :e dans quelques espèces qu'elle se conserve même dans les races dont le mét s'opère très souvent. Ainsi, n'est-il pas étonnant que, dans l'espèce du chien, tous les individus s'accouplent entre eux depuis des siècles, on distingue re un grand nombre de types nettement caractérisés, ceux du dogue, du », de l'épagneul, du basset, du lévrier, etc. Quand on songe à la variété et ïéquence des alliances entre ces divers types, on se demande comment il se pie Feepèce tout entière ne soit pas exclusivement représentée par ce produit «, si heureusement appelé par Buiïon le chien des rues, produit sans race parlière, parce qu'il dérive du mélange de toutes les races, a tendance à la transmission du type de la race par les reproductein*s qui irtiennent à celle-ci, est tellement naturelle et conforme aux lois de l'hérédité dans les croisements qui ne sont pas poursuivis très longtemps, on voit bientôt s quelques générations les produits reprendre peu après les caractères de la que Ton se proposait de modifier; et ils reprennent d'auuint plus vite ces ctéresque les influences extérieures agissent dans le sens dé l'hérédité. influence des reproducteurs est aussi profondément modifiée par l'âge, l'état I cxinatitntion et la vigueur du sujet. On a remarqué que les animaux très es, mâles et femelles, alliés ensemble, n'ont pas dès la première fois des endaots aussi grands, aussi robustes que ceux qu'ils donnent dans la suite. Ml de Buzareingues a constaté que les béliers très jeunes accouplés avec des lia adultes et vigoureuses, laissaient à celles-ci une prédominance traduite par production numérique de femelles supérieure à celle des mâles. An contraire, M»u du bélier dans la force de l'âge avec des femelles vieilles, débiles ou ma* », a, d'après lui, |)our résultat, de donner plus de mâles que de femelles. En >ral, un reproducteur imprime d'autant plus facilement et plus sûrement les ctèrcs de sa race et ses qualités particulières, qu'il a plus de vigueur et d'énergie. rééoiinence est pour le mâle s'il se trouve le mieux dans ces conditions; elle M>ur la femelle dans le cas contraire : atissi, les jeunes animaux ressemblent-ib loi de leurs ascendants qui emprunte sa prééminence à l'âge, â l'énergie de NMiitution, etc.

a tranaaisaioa des caractères des espèces et des races par la génération est donc

5U M LA GiNftEATIOlf.

un phénomène constant qui a dea Mt fixea, invariablea. C'est celte irai héréditaire qui assure la perpétuité et l'iminutabilité des espèces ; c'est elle encare qui assure la conservation des races dans les limites tracées par les causes cilirieores dont l'action permanente s'exerce sur les animaux. Cette transmission pvtant à la fois sur les qualités et les défauts, l'espèce et la race tendent égaleoMl l'une et l'autre à conserver leurs caractères distinctifs.

L'observation démontre, en effet, que les races humaines, aussi bien quels races animales, tiennent de l'hérédité le principe de leur conservation indéfinie I travers les siècles. La race blanche, qui a toujours tenu le premier rang de ladri* lisation, la race mongolique, la nègre, ne se perpétuent-eHes pas avec une finie presque aussi grande que celle qui appartient aux espèces elles-mêmes? La nu arabe, parmi les races équestres; les principales races de chiens, malgré la facSiH et la fréquence de leurs croisements fortuits, ne conservent-elles pas la kmt typique, l'empreinte plus ou moins accentuée qui les caractérise? Dans cIii|K pays ne voit-on pas ces petites races de bœufs, de moutons, de porcs, coofinésAai la circonscription étroite d'une province, se propager, se multiplier avec leur fkf» sionomie particulière ? Ne reconnalt-on pas au premier coup d'oeil, le bœuf aoiirgnat, le charolais, le normand, le breton ; le mouton flamand, celui du Bcrrv.éi la Sologne 7 Et cependant, ces types ne sont-ils pas soumis à Tinflucncc d'une Me de causes qui tendent à les modifier et à les fusionner 7 Ils ne se conservent pv moins, et ils se conserveraient mieux encore si les éleveurs ne cherchaient pv mille moyens à les modifier, à les perfectionner, c'est-à*dire à les mettre en rappart avec les exigences de l'époque.

Les races n'ont par elles-mêmes aucune tendance ni au |)orfectionnement oi ib dégénération ; elles tendent à se maintenir telles qu'elles sont, à consenerreapreinte caractéristique qu'elles ont reçue du temps, des influences extérieures et 4e la domesticité ; aussi, lorsque, par le croisement, on infuse à une race un s«| étranger, elle se modifie bien momentanément dans de certaines limites: nubi , l'on ne continue pas ces alliances avec persévérance, bientôt la race que l'on voalai modifier revient peu à peu à son type primitif. C'est pourquoi sont devenus iofrac- . tueux tant d'essais d'améliorations de nos races domestiques par des croisemeiS temporaires avec des races exotiques plus belles ou mieux appropriées i b0 .. besoins. i

Pourtant, à en croire Buffon et les hippologucs qui ont, pour la plupart, adopté | ses idées sur ce point, les races domestiques auraient une tendance à la dcgéorf»- . tion; elles dégénéreraient de même que les espèces sauvages. l4i dégénératiooseni \ une nécessité fatale à laquelle tout serait soumis dans le règne organique, les plaaM [ et les animaux.

Ainsi, d'après l'illustre naturaliste, chaque espèce sauvage subissant, dai0 àt certaines limites, l'action des influences extérieures, se modifierait plus ou moiasit se dégraderait à mesure qu'elle s'écarterait des conditions dans lesquelles h nata* l'a appelée à vivre. « Le sanglier, dit-il, a pris en Guinée des oreilles longnotf couchées sur le dos ; à la Chine, des jambes courtes et un ventre pendant. IcttA dans les localités monlueuses et sèches, a perdu la moitié de sa taille et pn$« nelage brun ; dans les contrées froides et humides, sa taille s'est élevée h «

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