‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 136 sur 152 · DE LA* VIE EMBRYONNAIRE · texte numérisé non relu

DE LA* VIE EMBRYONNAIRE

Le jeu de la machine animale, si compliqué qu'il soit lorsque cette machine est achevée, est loin d*é(re aussi merveilleux que celui de la machine qui se crée d'elle- Béme et dont chaque rouage fonctionne progressivement d*après une série de modes en rapport avec les étals transitoires, par lesquels il passe avant d'arriver à sa forme déidlilive. Le physiologiste, habitué à considérer seoicment les manifestations dynaappareils et des organes dont le développement est complet, se trouve i avec des difficultés nouvelles dès qu'il est en face de cette activité à Tétat «lîamldans un organisme en voie de formation. Ce ne sont plus les simples résul* tau des dispositions matérielles de Torganisme qui s'offrent à ses yeux. Pour la première Ibis II est appelé à analyser des phénomènes d'un ordre élevé dont le but est h création^ le perfectionnement successif de ce qui, plus tard, sera le point de départ « la condition matérielle de toutes les manifestations propres à l'activité vitale.

Or* de même que nous avons précédemment cherché è reconnaître le mode suivant lequel chaque organe se forme et l'ordre de ses développements successifs, aoos devons aussi maintenant (enter de saisir les premiers essais de l'activité de ces ronages qui, d'abord imparfails, deviennent de mieux en mieux appropriés à leur destination future.

Wmmm$Mmmm mcnremm^m. — L'embryon se forme et se développe sans l'intervenilon nerveuse de la mère chez les mammiR'res et les autres vivipares, aussi bien que chez les ovi|)ares. Il n'y a aucune communication entre les nerfs de Tutérus et les enveloppes fœtales ; il n'y a pas de nerfs dans celles-ci non plus que dans le cordon ombilical. L'animation progressive du nouvel être ne saurait donc dériver d'une propagation immédiate, d'une sorte d'extension directe de l'activité nerveuse de la mère II son produit. Cette animation a son point de départ dans l'embryon ; elle se développe spontanément en lui sous rinfluence de causes insaisissables.

Le système nerveux, qui, dès le commencement de la vie extra-utérioe, tient sous ta dépendance la généralité des actions de l'organisme, parait dès le début du développement sans aucune influence possible sur les phénomènes de la vie embryon-

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naire. D*abord, les premiers changeineots qui surviennent dans l'œuf, b disparition de la vésicule germiuative» la segmentation du vitellus, le dép^ d*aiie coocfae albumineuse auiour de la zone transparente, la formation du blastoderme, la séparation de SCS feuilieis, l'apparition de la ligne primitive, sont antérieurs à la formation des premiers linéaments des centres nerveux. Ensuite, pendant que les rudiments du système nerveux se forment, ceux de plusieurs autres parties se développent aussi parallèlement. Enfin, alors que ce système est déjà passablement développé, il ne paraît pas encore réunir les conditions qui lui |)ermettent d*agir dès le débot de la vie embryonnaire. On voit dans le plasma homogène de Tœuf, dans k cytoblastèmc commun, se former en même temps ou successivement mille parties différentes. Ces parties se développent les unes indépendamment des autres, comme si chacune avait en soi la raison de sa formation et de ses perfcclionneDients uhé' rieurs. Le système nerveux parait lui-même soumis aux lois communes; il ne dépend d'aucune autre partie de Fembryon, comme aucune ne dépend de lui. Gei'ot pas seulement au début que les phénomènes de la vie embryonnaire s'accomplisBcst sans Tintervention d'une influence nerveuse excitatrice; plus tard, alors que le système nerveux est entièrement constitué, les opérations de la plasticité paraisent encore s'effectuer sans l'intervention de ce dernier. Du reste, on sait que les monstres sans cerveau et sans moelle épinière peuvent arriver même au terme de leur développement fœtal.

Cependant, certains faits ont paru démontrer que le développement des parties était dépendant de l'action nerveuse. Tiedemann a vu sur les monstres les orfUMi manquer lorsque les neris qui devaient se distribuer à ces organes ne s'étaient poiit développés, el il a vu plusieurs organes se souder entre eux quand leurs nerbie confondaient ensemble, et un même organe éprouver une division, un fractionoement correspondant à la division accidentelle de son nerf. Alessandrini a consuté que les muscles de la moitié postérieure du corps manquaient chez des fo&lus de vache et de truie dont la partie correspondante de la moelle était avec ses neii» très imparfaitement développée. Mais ces faits ne prouvent nullement que l'ahseoce des ner^s ait été la cause du non-dévclop))ement des muscles. Il y a dans ces cas une corrélation entre la non-formation du nerf et celle du muscle : la cause qui a empêché le nerf de se former dans telle partie de Téconoroie a empoché aussi le mosde de se constituer au même point. Il en est de même, jusqu'à un certain point, des vaisseaux relativement aux parties dans lesquelles ils se distribuent. Primitivemeit dans le plasma homogène se développent les éléments divers d'un organe en même temps que ses vaisseaux; la force qui crée la fibre cellulaire, la nerveuse, la mmculaire, crée aussi les éléments du vaisseau, ceux de l'artère , de la veine, àa capillaires. Ces formations diverses sont liées entre elles, elles marchent de pair. Si les vaisseaux n'apportent plus une quantité suffisante de matériaux plastique le travail de développement des parties languit, et, par contre, si celles-ci n'emploient pas ces matériaux, si elles s'atrophient, les vaisseaux cessent d'en apporter ou en apportent moins; ils s'atrophient ou ils ne continuent pas 2i croître.

Le système nerveux une fois arrivé à un certain degré de dévelop|>emc*nt nvc peu à peu en action ; mais les premières manifestations.de son activité sont tr ' obscures. Les impressions qu'il est susceptible d'éprouver de bonne heure sin^^

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