‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 137 sur 152 · DE LA VIB EMBRYONNAIRE · texte numérisé non relu

DE LA VIB EMBRYONNAIRE

simples impressions tactiles qui se traduisent par des mouvements plus ou moins appréciables. On sait que, chez les vaches et les juments, après Hngcstion duoe grande quantité d'eau froide, le fœtus, dès la fin du second tiers de la gestation, et sarloutdans Icsderniers mois, exécute des mouvements parfois assez prononcés pour être reconnus en appliquant la main sur les parois abdominales. Ces mouvements réOeies ou automatiques peuvent déterminer des torsions du cordon ombilical et devenir même une cause prcdis|)osanie de ravortcinent. Ayant eu loccasion d'ouvrir vivante une jument, deux à trois mois avant le terme de la gestation, j'ai vu, aossilôt après Tincision des parois abdominales de la mère , le fœtus se débattre vÎTcmcnt dans l'utérus sans qu'il y fût sollicité par des excitations extérieures ; il se déplaçait en masse et replaçait sa tête ou ses membres dès qu'on venait à lui pincer quelque partie du corps à travers l'utérus et ses enveloppes ; mais il cessa d'exécuter aucun mouvement un quart d'heure après avoir été séparé de sa mère et dt'gagé de ses enveloppes. Wrisberg avait déjà vu un embryon humain de cinq mois qui, Itors de la matrice, ployait et allongeait les membres.

Les mouvements du fœtus doivent être certainement très marqués et môme as^sez énergiques à l'époque du part, car à ce moment le fœlus change de position pour se préparer à franchir les détroits du bassin. Ainsi le fœtus des solipèdes, qui, pendant toute la durée de la gestation, a eu l'abdomen tourné en haut et les membres postérieurs logés dans la plus grande des deux cornes utérines, se retourne de manière k avoir le ventre, les membres en bas, et le cordon ombilical sur l'un des côtés do corps.

Dn reste, le fœtus, à partir d'une époque assez reculée, peut exécuter des mou- Tenieols de déglutition, car il avale des poils tombés dans les eaux de l'amnios, fxiils qu'on retrouve souvent en quantité notable dans son estomac.

Ate«rpUoB. — Les phénomènes de l'absorption jouent un rôle considérable dans k développement de l'œuf des ovipares et des mammifères:. Dès que cet œuf microscopique des mammifères est parvenu dans l'utérus, son envelop|)e vitelline ou fa zone transparente se hérisse de prolongements déliés, de villosités sans vaisseaux, qui s'imprègnent des fluides exhalés par la muqueuse utérine et les transmettent de proche en proche aux feuillets du blastoderme. A cette première période, la surface absorbante est infiniment petite, aussi raccioisscment de la masse de l'œuf est-il très lenL Cependant cette légère absorption suffit pour augmenter de quarante à cinquante fois le volume de l'œuf avant que les feuillets de la membrane blastodermique et l'aire germinalive soient entièrement formés.

Plus tard, lorsque la vésicule ombilicale s'est constituée aux dépens des feuillets muqueux et vasculaire du blastoderme , les vaisseaux de cette vésicule absorbent des matières dissoutes qui viennent s'ajouter à la masse des éléments nécessaires à l'accroissement de l'embryon, matières prises h la fois dans la vésicule môme, surtout dans les ovipares, où elle renferme le jaune, et en dehors d'elle chez les mammifères, où le contenu vitellin n'a, au début, que des proportions très exiguës.

Enfin, une fois que le chorion définitif est organisé avec ses myriades de papilles

f asculaires, dont l'ensemble forme les placentas disséminés ou agglomérés, l'absorp-

lion prend une nouvelle activité : elle va puiser sur toute l'étendue de la muqueuse

utérine et dans l'épaisseur de son tissu tous les élém?nls de la nutrition du fœtus.

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