‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 139 sur 152 · DE LA VIS EMBRYONNAIRE · texte numérisé non relu

DE LA VIS EMBRYONNAIRE

Ix)rsqiie les deux oreillettes sont remplies^ le contenu de chacune d'elles passe dans le ventricule correspondant au moment de leur resserrement simultané, et dès que ceux-ci Tiennent à effectuer leur systole, le sang du ventricule droit s*engagc dans l'artère pulmonaire, et celui du ventricule gauche dans Taortc primitive; maiscommo les branches de Tartère pulmonaire sont très petites et que le tissu du |)oumon, qui nefonctionne pas encore, est peu perméable, le sang qui est entré dans Tarière pulmonaire passe en grande partie dans l'aorte en traversant le canal artériel étendu entre le tronc de Tartèrc pulmonaire et Taorte, canal énorme, plus large même que le premier des deux troncs, qu'il fait communiquer ensemble.

Une fois dans le tronc aortique, le sang en parcourt les branches et les rameaux; il ¥3 par l'aorte antérieure dans les membres thoraciques, le cou et la tôle ; par l'aorte postérieure, dans tout le reste du corps. De plus, une partie du sang de l'aorte postérieure, parvenu dans les iliaques internes, s'engage dans les deux artères ombilicales qui longent la vessie etl'ouraque, puis il est ramené par lesdivisionsdeces artères dans le placenta, d'où il était parti.

Cet itinéraire du cours du sang, déjà indiqué par Harvey, pour le fœtus comme pour l'adulte, a fait le sujet de quelques difficultés parmi des anatomistes célèbres, mais seulement en ce qui concerne le rôle du trou de Botal et du canal artériel. Duveroey (1), dans sa dispute avec Méry, soutenait avec raison que la valvule du trou ovale était disposée de manière h donner un libre passage au sang de la veine cavedans l'oreillette gauche; mais il avait tort en prétendant que celte valvule empêche complètement le sang de celte oreillette de revenir dans la droite. Depuis, BertiD, Sabatier, Bichat, qui sont revenus sur ce |)oint, n'ont signalé aucune disposition anatomique qui soit de nature h modifier le cours du sang dans les diverses cavités du cœur.

Ainsi, le sang puisé dans les placentas  (fig. 110), est amené par les deux veines ombilicales B'B', qui se réunissent en un tronc commun B pour pénétrer dans le foie. Dans cet organe, le sang se mêle à celui de la veine porte D, par l'anastomose C, qoi a lieu entre ces deux vaisseaux ; de là, une partie de ce sang passe par le canal veineux E, dans la veine cave postérieure F, et l'autre partie passe dans cette dernière par l'intermédiaire des veines hépatiques ; il arrive directement dans l'oreillette droite, et indirectement dans la gauche par le trou de Botal, descend et dans le fentricnle droit G, qui le lance dans l'artère pulmonaire H, et dans le gauche, qui le chasse dans l'aorte JJ.Une grande partie de celui de la première passe dans la seconde par le canal artériel I ; enfin, de l'aorte, il est renvoyé au placenta par les artères ombilicales K, qui s'anastomosent en L à l'extrémité périphérique du cordon.

D'après cela, il est manifeste que le sang placentaire se mêle plusieurs fois avec edui du fœtus : une première fois, à l'anastomose de la veine ombilicale avec la feine porte ; une seconde fois, à Fabouchemeut du canal veineux et des veines hépatiques dans le tronc de la veine cave postérieure ; une troisième fois, daus lus oreillettes par l'intermédiaire du trou ovale ; et une quatrième dans le tronc de l'aorte et de l'artère pulmonaire par le canal artériel. Ce mélange si répété est intime, et il a lieu entre le sang placentaire et celui de toutes les parties du fœtus sans

(1) Hémoiretde V Académie Ae% sciences, 1699, p. 253 et suiv.

aiiléneure recueilli dans la moitié anlérleure tlti cGvp^; enfin, dans Taorteet Tartît* pulmonaire. La ciiculaiion fœlaleesl donc une circulation de repiile exagérée, car cheile reptile, le sang artériel se mêle .seulement une foi» au sang tHq«ui, et m tînseul point de son trajet, c'est-à-dire dans les cavités du cœur.

Ainsi circule le sang du fœtus et de ses annexes, ^Jai^ cette circulation rst-dk continue h celle de la mère ou en est-elle jsoléo ? Est-ce le sang des artères tifériio qui passodans les vaisseaux du fœtus pour revenir de ceui-ci aux veîaefutérifiii? Vieussens, Haller, $ênac« et la plupart des pfti'slologistes, croyaient autrafiaii i{ne le sang de la mère était le même que celui du îœim, et qu'il passait directe des vaisseaux de Tune dans ceux de f'autre : cela |>araiisait m naturel et st i qu'on ne songeait pas à eu chercher des preuves. Cependant, tout démo )a circulation de la mère n'est pas continue à celle du fœtus» et que lesaitgmiti ne passe pas à Tembryon.

ht Flourens(l), en cherchant h élucider cette qtiestion* avait cru pemmiril^ ser les mammifères en deux grandes classes, Tune comprenant la feiiimc, lai

(t) Courxiiur la génération, romtùgieel l embryologie. Pjirisi, IIÏ3G» |i, f m.

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