DE LA VIB EMBRYONNAIRE
geurs, )es carnassiers, 5 placenta unique, chez lesquels il y aurait une communication évidente entre les vaisseaux du fœtus et ceux delà mère ; l'autre renfermant les animaux à placenta multiple, les pachydermes, les solipèdes et les ruminants, où il ii*y a nulle trace d'une telle communication. Cette distinction se fondait : 1* sur ce que, suivant les animaux, les injections fines passeraient ou ne passeraient pas des vaisseaux utérins à ceux du fœtus; 2' sur ce que le décollement artificiel du placenta serait ou ne serait pas accompagné d*hémorrfaagie. Or, les injections ne passent pas de la mère au fœtus, ou si elles passent en partie, c*est par transsudation, à travers les parois vasculaires, ou par déchirure de celles-ci ; ensuite, si Ton sépare, sur Tanimal vivant, le placenta d*avec Tutérus, îl y a effusion sanguine, quelque précaution que l'on prenne, aussi bien sur les animaux à placenta unique que sur les autres, comme je m'en suis assuré sur la chienne et la vache.
Du reste, les observations anatomiques de Weber, de Bischoff, de Wagner, d'£schricht, et d'autres micrographes habiles , démontrent, du côté de l'utérus, qne les artères se continuent avec les veines sans offrir d'orifices libresà leurs extrémitéft et du côté du placenta, qoe les artères ombilicales, arrivées au sommet des villo8ités(fig. 111), se recourbent en arcades et se con-
(•) FIg. 111. — ViUosHét du placenta humain, diaprés Weber. — aa, rameifi d'artère ombilictle ; 66, rameau de veine du même nom , se contiiiuant Tan avec Tautre par les capînairet à anses terminales.
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tinuent avec les veines ombilicales. Il n'y a donc nulle continuilé, nulle commonicalion directe enire les vaisseaux de la mère et ceux du fœlus; par conséquent, le sang de la mère ne passe point au fœtus, et celui du fœtus ne revient point à la mm.
C'est donc à travers les parois des vaisseaux de l'utérus et du placenta, ï leun points de contact, que doivent passer de la mère au fœtus les matériaux nécessaires au développement de ce dernier ; c'est à travers ces parois minces et très perméib!es que le fœtus renvoie à sa mère les matériaux qui ne lui conviennent plus; enfin, c'e^ià travers ces vaisseaux que s'opère un échange indispensable au nuÎDtien de la constitution normale du sang fœtal.
Mais sous quelle forme les matériaux nutritifs fournis par la mère passent-ib ao fœtus, et à quel état se trouvent les matériaux que le fœtus rend à la mère?
Évidemment, le sang en nature, c'est-à-dire avec son plasma et ses globoks, » peut traverser les vaisseaux, soit pour passer de l'utérus au placenta, soit (MF revenir du placenta à l'utérus. Le plasma seul est susceptible de s'échapper aioâie ses vaisseaux les plus uns, comme il le fait, sans exception, dans tous les tissas de Torganisme pour les besoins de la nutrition et des sécrétions. Or, comme ce plasma renferme la fibrine, l'albumine, les matières grasses, les matières solides du sasg* ( t même une certaine quantité de fer, il peut, en entraînant avec lui de l'oxygène, donner aux placentas tous les éléments à l'aide desquels ces organes reconstitueront immédiatement un sang nouveau. Ce plasma, par lui-même, renferme tout ce qu'exige le travail d'assimilation : c'est du sang auquel il manque seulement des globules dont la formation peut fort bien avoir lieu dans le tissu placentaire.
Cependant, à en croire quel(iues physiologistes, les choses se passeraient d*unp manière bien différente. D'après Duvcrney (1), les cotylédons utérins seraient de véritables glandes destinées 5 séparer un suc particulier que le placeala absorberait pour la nutrition du fœtus. Kschricht dit que les glandes utriculaires, ou les follicules de la matrice, sécrètent un fluide blanchâtre un peu épais, dont TabsorptioD est effectuée par les vaisseaux du placenta et du chorion. Prévost et Morin, qui partagent cette opinion, ontanalysé ce prétendu suc provenant des cotylédons de ruminanis : ils y ont trouvé de l'albumine, de la fibrine, de la matière colorante do sang, une matière caséifotme, une matière gélatineuse, de l'osmazômc, de la graisse et différents sels. Une te!le manière de voir ne repose que sur une illusion : le prétendu suc utérin ou cotylédonaire est simplement un produit de décomposition cadavérique.
En effet, le suc blanchâtre, épais, qu*on voit dans certaines conditions chez h truie, la jument, la vache, la brebis, entre l'utérus et le choriou, entre les coiylcdons et les placentas, ne s'y trouve pas pendant la vie, ainsi que je m*en suis as>uré. de la manière la plus évidente, en ouvrant l'utérus d'une jument et d'une vaclK* pleines; ce suc ne s'y trouve pas méinc immédiatement après la mort, comme j** l'ai constaté maintes fois sur les vaches et les brebis sacrifiées dans les abatioif> à toutes les périodes de la gestation. Enfin, on n'y en rencontre pas six, douze, >ingt-quatre heures et quelquefois plus après la mort, quand la température ambiante n'active pas la décomposition. Mais, au contraire, et ceci a une siguiftcatiM
(1) CEurre$ analowiques, U I, p. 538.