V. De L'àBSORPTlON DANS LBS MBMSaANBS SftBBUSBS
Les membranes séreuses, les plèvres, le péricarde, le péritoine, la gaine vagi* lale, l'aracbnoide, les synoviales tendineuses et articulaires, les bourses muqueuses annales on accidentelles sont le siège d'une absorption très active qui, à Tétat hysîologiqae, porte seulement sur des produits versés dans leur cavité, et non anr es matières étrangères.
IMen que ces membranes soient peu vasculaires, leur faculté absorbante n'est pas BBioDop moindre que celle des muqueuses spécialement disposées pour recneillir s snfartances étrangères. Elles réunissent plusieurs conditions qui leur donnent ine grande perméabilité. Leur tissu, de nature celluleuse, tapissé par un mince *pilhélium, jouit sous plusieurs rapports des propriétés caractéristiques du tissu «Uolan; il absorbe aussi bien les principes solubles mis accidentellement en con- Ktavec Ini que les liquides qu'il exhale continuellement.
C'est principalement dans les grands sacs séreux que l'absorption est facile à dé- NMitrer, et que son activité est très évidente. Haller et Flandrin ont constaté |ae Pean injectée dans les plèvres et le péritoine y disparaît promptement, et ifers observateurs modernes ont fait la même remarque pour la strychnine, lidde oxalique, le prussiate de potasse, l'opium. Lebkuchuer a vu le prussiate k potasse en dissolution injecté dans le péritoine se retrouver dans le sang artéieletdans l'orine an bout de six minutes. Nous avons vu, M. fiouley et moi, 'enrait alcoolique de noix vomique étendu d'eau et injecté dans le péritoine déterliMf le tétanos et la mort beaucoup plus vite que lorsque celte substance est Rfrnduite dans les voies digestives.
Ainsi noos injectâmes dans le péritoine d'un premier cheval, par une petite onction an milieu du flanc droit, 32 grammes d'extrait de noix vomique étendu *ean. Nenf minutes après l'introduction du poison, tons les symptômes habituels e rintoiication se manifestèrent, et l'animal tomba sur le sol ; il mourut dix-sept mtes après l'injection.
La même dose de noix vomique fut poussée, de la même manière, dans la cavité Monéale d*nn second cheval de grande taille, qui éprouva des convulsions en MB» de sept à huit minutes, et mounit dix-huit minutes après l'injection.
Enfin nn troisième cheval, dans le péritoine duquel on ût pénétrer aussi 2 grammes de noix vomique délayée, mourut au bout d'un quart d'heure en raie à de violentes convulsions tétaniques.
Les matières colorantes sont aussi facilement absorbées dans les séreuses, car bodrin ayant injecté de la teinture de garance, de l'indigo eu dissolution, de encre dans le péritoine de plusieurs chevaux, vit ces substances disparaître en Xalité on en très grande partie; mais il ne les trouva point dans les lymphatiques ai partaient de celte membrane séreuse. Mascagni, qui avait noté l'absorption des
/i/i DE l'absobption.
liquides colorés, longtemps après la mort, u*avait eu affaire qu'à un phéaomèiit
cadavérique sans importance.
L'absorption «s'opère aussi à un certain degré dans les séreuses synoviales dei articulations, comme le prouvent les injections iodées que l'on emploie dans hs maladies de ces membranes.
Les phénomènes physiologiques ou morbides qui se rattachent aux fonctions dci séreuses suffisent, sans le secours des expériences, pour démontrer clairem^tb pouvoir absorbant de ces membranes.
L'absorption dans les séreuses est une conséquence nécessaire de l'exhalatioi d'une certaine quantité de liquide. 11 est indispensable que le fluide qui baigne h surface libre de ces membranes y soit repris dans les mêmes proportions qn'il y ci versé. Dès l'instant que l'équilibre entre ces deux actes, l'exhalation et l'abaoïf' tion, se trouve rompu, il se développe une hydropisie ; la sérosité s'accumule m quantité énorme et exige par la suite un travail de résorption extrêmement aciit En effet, celui-ci doit être considérable pour faire rentrer dans, les voies de k ci^ culation ces masses de liquides que renferment le péritoine et les plèvres à la suite de certaines affections de ces membranes.
La disparition plus ou moins complète des exsudations fibrino-albumineoses qi accompagnent la pleuriie, la péritonite, donne une preuve non moins rcmarqoahk que la précédente du pouvoir absorbant des séreuses. On sait avec quelle rapidili ces dépôts plastiques diminuent d'épaisseur, s'organisent et donnent lieu à des wôUr rences entre les organes et les parois de leur cavité, comme on le voit si sonvcil entre les poumons et les côtes, le testicule et la tunique vaginale, le foie et le diih phragme.
La résorption du sang épanché dans les cavités des séreuses s'y opère aussi tm trop de difficulté. Le chirurgien cl l'expérimentateur en ont sous les yeux de d6» breux exemples. A la suite de la castration de la chienne, de la truie, de la vacki^ il tombe dans le péritoine une quantité de sang souvent très considérable dont 3 al reste bientôt plus de traces. Après la ponction du rumen avec débridement, I b suite de l'excision de l'éplploon hernie, de la réduction de la hernie étranglée. Ci ' fluide disparait de même assez promptement. Enûn, lorsque l'expérimentaliv j^ a donné lieu à une hémorrhagie en établissant une fistule, ou au conduit pancrfl^'lj tique, ou au canal biliaire, ou aux vaisseaux chylifères des animaux ruminants, M ^ voit la résorption de ce fluide s'opérer en peu de jours, si l'hémorrhagie n'a po#* u terminer une péritonite violente avec production de fausses membranes.
Celte résorption à la surface des membranes séreuses est vraisemblableiBtfl ^ opérée à la fois par les veines et par les lymphatiques. D'après les expérienceià M. Magendie, elle aurait pour agents principaux les veines, car la ligature du ati « thoracique, et par conséquent l'interruption du cours delà lymphe, n'apportBil aucune modification aux effets des substances mises en contact avec Itt mtÊr branes.
VL Db l'absorption sur les surfaces accidentelles.
L'absorption peut avoir lieu dans les solutions de continuité, dans les cavi# anormales, sur les téguments dénudés. Ainsi elle s'opère activement dans les fià0
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simples, à la surface de la peau excoriée, sur les parties que le vésicatoire a dépouillées de leur revêtement épiderinique, sur les dartres, dans les crevasses du jarret, lu geoou , du pli du paturon , daus les trajets de sétons, les fistules du mal de taupe, du mal de garrot, dans les voies que fraye, au sein des tissus, la dent d'un animal ou l'instrument de l'opérateur. Mais ici il y a à la fois, d'abord une inoculatioo dans laquelle les vaisseaux, recevant directement les matières étrangères, sont dispensés de les saisir, puis une absorption analogue à celle qui a lieu dans les autres cirGODStances.
L'absorption des matières étrangères insérées dans les tissus par inoculation s'opère Décessairement partout où il y a des vaisseaux. Les accidents qui suivent la morsure des animaux enragés, des reptiles venimeux , la blessure faite par une Bêche empoisonnée, l'inoculation de la monre, du farcin, du charbon, de la cla<" relée, de la péripneumonie, en sont la preuve. Mais comme elle ne peut être placée ur la même ligne que les absorptions simples, puisqu'une partie de la substance étrangère est déposée directement dans les vaisseaux, nous n'avons pas maintenant à nous en occuper.
A la sorface des plaies, l'absorption est plus ou moins active, suivant leur ancienneté, la nature et le degré de vascularité des parties lésées. Dans les interstices moscalaires, dans le tissu cellulaire sous-cutané, elle jouit d'une activité remarqoable, que prouve l'action des médicaments et des poisons qui s'y trouvent déposés. On a TU cent fois la noix vomique, l'upas, le woorora, l'acide cyanhydrique donner lieu à un empoisonnement subit par l'absorption rapide qu'exerce le tissu cdlolaire divisé. Il n'était guère besoin , pour juger de celle-ci , de mettre sous la peao ou entre les muscles des morceaux de chair, des fragments de racine, d'albu- Bine coagulée, du bois, du cuir en lanières, et de suivre minutieusement les modificati<His que ces substances éprouvent après plusieurs jours et même plusieurs «Daines.
n s'opère souvent à la surface de vastes plaies, ou dans l'intérieur des abcès, ce qu'on appelle une résorption purulente, c'est-à-dire une absorption de certains principes du pus dont la composition n'a pas changé ou s'est modifiée au contact de l'air. Dans cette circonstance, le pus en nature ne passe pas dans les vaisseaux : sesglobnles ont un diamètre qui ne leur permet pas de traverser les parois vascu* hires comme peuvent le faire les principes qui sont en dissolution ; ses éléments floides seuls sont susceptibles de passer dans les voies de la circulation, et s'ils sont altérés par l'action de l'air, ils deviennent eux-mêmes le point de départ d'une ahératîon du sang et d'une série de troubles plus ou moins graves, constituant ce qa'on appelle l'infection putride. Celle-ci se distingue donc nettement d'un autre élat morbide, qui résulte de la dissémination dans les vaisseaux du pus que les vmes enflammées ont sécrété par leur surface interne, comme cela arrive si souvent à la suite du thrumbus, des lésions traumatiques ou de la phlébite sans causes extérieures, telle que celle de la veine porte, dont j'ai vu deux exemples, le premier à l'école de Lyon, sur* un âne vertigineux; le second sur un cheval, à la clioiqae de KL Bouley. Evidemment, dans ces deux cas, le pus, dont le tronc de la veine porte était rempli , devait se mêler au sang et circuler avec lui , s'il parvenait à triferaer k système capillaire du foie.
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