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CHAPITRE XXXIII

DE l'absorption INTERSTITIELLE.

L'ab8orplion interstitielle est celle qui s'opère dans la trame des tissus, soit wm leurs propres éléments, soit sur les fluides qui les pénètrent. Elle donne lieu , àuê toutes les parties de l'économie, à un grand nombre de phénomènes variés, im > moins remarquables ^ Tétat normal que dans certaines circonstances accidentelki. Indiquons les principaux de ceux qui se manifestent dans le tissu cellulaire, la tissu adipeux, les muscles, les os, les glandes, la peau et les membranes muqoeotak

L'absorption des fluides qui remplissent les aréoles du tissu cellulaire est néceisalrement liée à une exhalation continuelle avec laquelle elle doit toujours être €• équilibre parfait. Klle devient très active, et par conséquent très sensible, lorsqu'cNt fait disparaître rapidement les œdèmes des parties déclives, les infiltrations des membres, les engorgements produits par les sinapismes ou les frictions irritâmes, l'emphysème plus ou moins étendu, le sang infiltré des ecchymoses, etc. Son activité est telle , dans ces circonstances , qu'elle réintroduit dans les vaisseau k fibrine, l'albumine, la matière colorante du sang, aussi bien que l'eau et les sdl de la sérosité.

Dans le tissu adipeux , elle n*est pas moins manifeste. Ses effets peuvent tet facilement appréciés au tissu adipeux sous-cutané, à celui des interstices miisah Laires, des cavités des os. Lorsque l'amaigrissement survient, on voit diminuer pm disparaître les pelotes de graisse qui existent au-dessus de la base de la queue, à h pointe des fesses, sur les côtes et au poitrail. La bosse simple du dromadaire, ki deux bosses du chameau s'alTaisscnt et deviennent flasques, la queue énorme du m«^ ton de barbarie s'amincit, la partie supérieure de l'encolure du cheval perd sa mollesse particulière , le pannicule graisseux sous-périionéal des ruminants perddesat épaisseur et se réduit presque à rien, les masses capsulaircs qui envelpppeut le tm se réduisent à de minces pro|)ortions. Les mésentères deviennent transparents et au» trent leurs nerfs, leurs vaisseaux à découvert. Les rubans de i'épiploon des car siers et des ruminants se rétrécissent; la graisse du canal médullaire des os 1 des aréoles des os courts, disparaît en partie; l'os acquiert de l'aptitude à hhncfcif et ne se laisse plus facilement traverser par ce qu'il conserve après la mort. Mail cette absorption demeure très lente en quelques points ; elle respecte une partiedi ta graisse des scissures du cœur, des coussinets de l'œil , de la fosse temporale, dl la base de l'oreille, du pourtour de certaines articulations, de la face ioleme il canal rachidien.

Dans le système musculaire, elle détermine, sous l'influence d'une alimenlalioi insuffisante, d'une abstinence prolongée, d'une maladie organique, une atrophia plus ou moins prononcée. £ile amène le même résultat^près que les vaisseiux ki plus considérables ont été oblitérés plus ou moins complètement par des caillolg, lorsque les nerfs des muscles ont été déchirés , coupés en travers ou paralysés pm une cause quelconque. On en voit des exemples frappants au larynx des \

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Dème sans qu'il y ait une gêne marquée de la respiration ; à Tencolure, lors de ertaines déviations latérales qui simulent des luxations, aux membres dont queU [ues uerfs lésés ont produit des paralysies partielles.

L'absorption qui s'exerce sur le système nerveux , quoique peu active , devient ort seDsibk dans certaines circonstances. Elle détermine fréquemment l'atrophie le la couche superficielle des corps striés lorsqu'il existe, comme on le voit si souvent hex le cheval , de volumineuses concrétions du plexus choroïde. Elle donne lieu à ne dépression au niveau des exostoses de la face interne du crâne ; elle creuse dans isobstaoc^ des hémisphères, chez le mouton, dont le cerveau renferme des cœ- «ret, une cavité d'abord très petite, puis successivement agrandie, jusqu'à atteindre is proportions de celle d'un œuf; elle réduit à l'état d'un mince cordon grisâtre i nerf optique du cheval frappé depuis longtemps de cécité. Enfin elle fait dispaikre les épanchements sanguins formés au milieu de la substance cérébrale, soit •r saite de la rupture de quelques vaisseaux , soit par l'effet d'une cause trau-

A la peau, cette absorption reprend la matière jaune de la bile déposée pendant la durée de l'ictère ; elle détermine un amincissement, puis une perforation au ■îveaa des abcès superficiels; elle ulcère les parties qui correspondent aux tumeurs brtmenaes; elle amincit les bords renflés et calleux des crevasses et des autres soluioatde continuité qui vont se cicatriser; elle amincit les cicatrices et en réduit progressivement l'étendue.

Aux membranes muqueuses, elle se traduit par les ulcérations de la pituitaire du ètval morveux ; par celle des lames du feuillet chez les ruminants, dans quelques URs circonstances, par celle de la muqueuse intestinale dans Teutéritc, qui compKque chex la vache la tuberculisation avancée du poumon ou'des ganglions lymphatiques. Cette absorption entraîne Tatrophie périodique des cotylédons utérins des ruminants pendant les intervalles de la gestation , et leur disparition complète ï la suite de la métrite, provoquée par le séjour prolongé dans Tutérus d'un fœtus Biorton de ses annexes.

Dans les viscères, dans les glandes, elle s'exerce souvent avec activité. Elle fait passer l'induration rouge du poumon à l'état d'induration grise, puis détermine la résolution de cette dernière. Elle réduit les engorgements du foie, et produit sou- «al one atrophie partielle de cet organe , comme on le voit fréquemment au lobe droit du cheval Elle creuse la substance du rein autour d'un calcul, fait diiparakre le stroma de l'ovaire transformé en kyste, réduit à de minces proportieos le tissu de la mamelle, lorsque la sécrétion du lait se suspend , atrophie cette liHide sor les femelles que l'âge rend infécondes; flétrit et rapetisse, consécutive- MBt il b castration par torsion, le testicule énorme du bélier et du taureau. Elle fil disparaître le thymus, la membrane pupillaire atrophiée, un ovaire et un ovitete, chez les oiseaux, les corps de Wolf des mammifères, la queue des têtards des batraciens, leurs branchies et leurs arcs branchiaux.

Dans les os, l'absorption interstitielle est aussi manifeste qu'au sein des parties molles et des tissus les plus vasculaires. Elle s'y exerce de plusieurs manières, dont il soffit de considérer les principales. C'est elle qni creuse, chez le fœtus, un canal médullaire autour des vaisseaux

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nourriciers des os longs , qui agrandit insensiblement ce canal jusqu'à l'âge le pi» avancé. Elle contribue à la formation des sinus des os du crâne et de la face» amincit et perfore quelquefois les cloisons qui les divisent. Elle enlève le diploé dci os du crâne pressés de dedans en dehors par un cœnure ou par une tomenr; elle déprime les vertèbres contre lesquelles battent des dilatations anévrismales » peribn les os du nez, longtemps soumis à une pression énergique de la muserolle do Uool; elle enlève la garance déposée dans le tissu de Tos, réduit le volume des exostoM» fait disparaître, après la consolidation des fractures, le cal intérieur et rextérieofff c'est-â-dire le cylindre solide formé dans le canal médullaire, au niveau de b fracture, et la virole qui circonscrit celte dernière ; elle réduit insensiblement la miM des os anciens dans les séquestres, enlève les éléments terreux des os dias b rachitisme, l'ostéosarcome, etc. ,

Cette résorption s'exerce jusque sur les parties les moins vivantes. Elle apblitli racine des denu caduques comprimées lors de l'évolution des dents nouvelles, eb les creuse en divers sens, comme on le voit aux incisives du bœuf el du chevilk elle use de la base vers la surface libre les molaires caduques de ces mêmes heriii* vores, et les réduit à l'état de disques plus ou moins minces.

Enfin, c*est elle qui détermine la résolution des tumeurs molles, ou indurées, IM engorgements tendineux, des épanchcments sanguins. Elle joue par là un graii rôle dans les actions médicatrices, comme dans les phénomènes réguliers de h nutrition. t.

L'absorption interstitielle a pour agents les veines et les lymphatiques ; les pn* mières seules dans les parties où les lymphatiques n'existent pas, les premièroil^ les secondes à la fois dans la plupart des tissus et des organes. Mais il n'est paspM sible de préciser la part qu'y prend chacune de ces deux espèces de vaisseaux.

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