DB LA VIE EMBRYONNAIRE
tr^s nctle,(i^s que les placentas se désengrènent spontanément, ou sous l'influence de la moindre traction, c*est-h-dirc vingt-quatre, quarante-huit heures après la mort, plus ou moins, suivant la température extérieure, on voit le suc blanchâtre ou jaune rosé en grande quantité entre le chorion et la muqueuse utérine, baignant les faces correspondantes de ces membranes ; de plus, en pressant les placentas et cotylédons, on en exprime une grande quantité de ce suc, et d'autant plus, que la décomposition a fait plus de progrès. On voit même, h un certain moment, surtont chez la chèvre et la brebis, la substance propre des cotylédons se résoudre en cette bouillie, si bien qu'il ne reste plus rien de ces organes, auparavant fermes et très épais. Tout cela prouve clairement, si je ne me trompe, que le suc utérin, le suc oolylédonaire, est un produit du ramollissement, de la dissolution progressive de la muqueuse utérine, de ses cotylédons et des placentas eux-mêmes. Aussi n'est-il pas élonnant qu*on trouve dans ce produit de l'albumine, de la caséine, des matières grasses, des sels et autres subsunces qui entrent dans la composition des tissas utérins, placentaires, et dans celle du sang dont ceux-ci sont imprégnés. A coup sûr, si la muqueuse utérine sécrète un suc pour la nutrition du fœtus, ce n'est pas celui dont il vient d'être question.
Quelles que puissent être la nature et la forme des matériaux donnés par la mère au fœtus, il est certain que ces matériaux, dès qu'ils sont saisis par les villosités placentaires, sont transformés par elles immédiatement en un sang homogène dont les caractères et la composition n'ont pas encore éit'* déterminés avec soin, et comparativement avec les caractères et la composition du sang maternel. C'est ce sang qui, après avoir été distribué au fœtus, employé partiellement à sa nutrition et à ses diverses sécrétions, revient au placenta se charger de nouveaux matériaux et se revivifier en absorbant de l'oxygène au sang maternel.
Puisque le sytitème vasculaire du fœtus est parfaitement distinct et isolé de celui de la mère, il faut que la circulation fœtale soit déterminée et réglée par les contractions du cœur du fœtus. C'est en effet ce qui a lieu. Le cœur, dès le moment de son apparition, sous la formed'un canal cylindrique, au début de la vieembryonnaire, se dilate et se resserre alternativement pour recevoir le sang des veines et le chasser dans les artères. Les observations très intéressantes de Naegele ont appris qu'il n'y a nul rapport entre le nombre des battements cardiaques du fœtus et celui de ces mêmes battements chez la mère. Ce savant est arrivé par l'auscultation, c'est-à-dire en appliquant l'oreille sur l'abdomen de la mère, à reconnaître les deux bruits du cœur du fœtus, celui de la diastole et celui de la systole; il a constaté, qu'en moyenne, le cœur du fœtus bat 135 fois par minute, jamais plus de 180 fois ni moins de 90 ; enfin, il a remarqué que le nombre des battements de cet organ*; est sensiblement le même depuis l'âge auquel ils sont perceptibles (quatre mois .et demi) jusqu'au moment de la naissance.
Ayant eu l'occasion d*ou\rir vivantes une jument pleine de neuf à dix mois, et une vache dont la gestation pouvait dater de trois mois, j'ai pu faire quelques observations à cet égard. Lorsque l'utérus de la jument eut fait hernie à travers la longue incision pratiquée â la ligne blanche de la mère, j'ouvris l'utérus, lechorioo, l'allantoîde et l'amnios pour mettre à découvert le fœtus. Celui-ci, qui se déplaçait avec vivacité, se mit à respirer profondément et à de rares intervalles : les artères
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ombilicales et la veine du même nom donnèrent do sang par de petites piqûro faites h leurs parois ; les premières battirent avec onc certaine force et leurs polsations étaient fort rapprochées. Une fois que le cordon fut coupé en travers et lié, le fœtus parut mort : il n*y eut plus de mouvements spontanés et la respiration cessa. J'ouvris à ce moment le thorax et la cavité abdominale. Le cœor se contractait spontanément et avec force, et l'on sentait très distinctement les pulsatjoosde l'aorte et des artères ombilicales. D'abord, les contractions des oreillettes alternaient régulièrement avec celles des ventricules, comme h l'état normal ; mais bientôt, ûasi que cela arrive sur les animaux expirants, les oreillettes se contractaient plusieurs fois de suite avant qu'il s'effectuât une contraction des ventricules : on eût dit qo'il fallait plusieurs systolesdes oreillettes pour remplir les cavitésdes ventricules; àcbaqof contraction, les oreillettes diminuaient beaucoup de volume, se vidaient à peu pris complètement et devenaient très pâles : elles reprenaient leur teinte rouge violacre lors de leur diastole. Sur la fin, le rhythme des mouvements de l'organe se pen«tit tout II fait : les ventricules et les oreillettes éprouvèrent simultanément des coqtractions fibrillaires très rapprochées, mais de plus en plus faibles. Elles cessèrcst une demi-heure après que l'on eut ouvert le thorax.
La vache sur laquelle je pus étudier la circulation fœtale eut le flanc largement incisé et une corne utérine attirée hors de l'ouverture. Quelques placentas furent séparés très difficilement de leurs cotylédons et saignèrent ensuite de même que ces derniers. Lorsque le cordon ombilical eut été mis à découvert, on sentait très distinctement les pulsations de ses artères fortement tendues : la compression de celles-ci les faisait gonfler entre le fœtus et le point comprimé, remarque autrefois faite par Waleus et indiquée dans une lettre à Bartholin. Lorsque le fœtus fut retiré de la matrice, il ne fit, comme avant, aucun mouvement appréciable, mais il n'afait que de (rois ii quatre mois. La poitrine ayant été ouverte, laissa voir les monvenients du cœur avec les caractères qu'ils présentaient sur le fœtus de jument. Il y eut :M pulsations dans la première minute qui suivit l'ouverture du thorax, 18 ï la troisième minute, 11 à la quatrième, 21 à la cinquième: elles cessèrent au bout de vingt-cinq minutes.
Dans ces deux expériences, et dans d'autres faites sur de petits animaux, il m*a été impossible de reconnaître une différence de coloration entre le sang des artères et celui des veines ombilicales qui, tous les deux, m'ont paru présenter une teinte interniédiaire à celle du sang veineux et du sang artériel de l'adulte. Cette différence, qui semble devoir exister, et que Hérissant, Swammerdam, Blumenbacb, ont cru reconnaître, peut-être sur des animaux qui avaient déjà fait quelques iospirations, n'a pu être appréciée par Haller, Hunter, Bichat, MûUer, et d'autres observateurs habiles. Si la différence existe, elle doit être très légère, et pour ne pas se faire d'illusion h cet égard, il importe de recueillir en même temps les deox sangs sur des fœtus qui n'ont encore faitaucuneinspiration dans l'air, et delescooh parer sur-le-champ; car celui des deux sangs recueilli le premier devient sensiblement plus vermeil que l'autre dès qu'il est laissé quelques instants au contact <k l'oxygène atmosphérique.
Nutrition. — La nutrition de Tembryon et de ses annexes a lieu incontestahl^ ment aux dépens du sang placentaire chez les mammifères, et du sang formé dr