‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 142 sur 152 · DB LA VIE EMBRYONNAIRE. 60S · texte numérisé non relu

DB LA VIE EMBRYONNAIRE. 60S

matériaux de Tœuf chez les ovipares; cependant on a prétendu que le fœtus trouvait ailleurs les matériaux de son développement.

Les anciens, et h leur suite beaucoup de modernes très célèbres, Harvey, de Graafy Boerbaave, Heister, Haller, pensaient que le fœtus se nourrissait des eaux de l'amnios ingérées dans les voies dîgestives par suite d'une véritable déglutition. Vieoss€D8, Buffbn, Lobstein, attribuaient aussi le même usage au fluide amniotique absorbé par la peau au lieu d'être pris par la bouche. Cette opinion s'était étayée de plusieurs faits qui n'ont |)as une grande valeur, comme le mouvement de déglutition que l'on aurait vu effectué par des fœtus encore dans leurs enveloppes , la présence d'un glaçon étendu depuis les eaux de l'amnios jusqu'il l'estomac, sur des fœtus que Heister avait soumis à la congélation ; la présence de poils dans les liquides gastriques ou intestinaux , dernière particularité fort commune chez les animaux. Mais tout cela est loin de prouver suffisamment la nutrition du fœtus aux dépens du fluide amniotique. Il peut très bien se faire que cette liqueur soit déglutie en certaine proportion par le fœtus parvenu à un certain âge , car j'ai trouvé fort souvent de petites touffes de poils dans les liquides de l'estomac de fœtus pendant le dernier tiers de la gestation, et même du méconiom quelque temps avant l'époque de la naissance. Ce liquide peut être dégluti dans le but de dilater le tube intestinal, d'atténuer l'action de la bile accumulée dans l'intestin, et même de céder certains principes à l'assimilation. C'est à cela, probablement, que se borne le rôle du fluide dégluti. Ce fluide contient trop peu de principes nutritif pour remplir la destination qu'on lui prête, et d'ailleurs les fœtus qui sont, comme ceux privés de bouche, dans l'impossibilité de le déglutir, ne se développent pas moins.

QoeJque puisse être le rôle de la petite quantité du fluide amniotique reçu dans les voies digestives du fœtus, il n'en est pas moins certain que le développement si rapide du fœtus se fait aux dépens des matériaux placentaires.

SéeréUcm*. — Beaucoup d'organes glanduleux jouissent déjà de très bonne heure, pendant la vie fœtale, d'une très remarquable activité : les glandes de Teslomac et de l'intestin, le foie, les muqueuses des voies aériennes, les reins, rentrent dans cette catégorie.

Parmi les glandes annexées à l'appareil digestif , celles des premières voies sont peu actives ; elles se bornent à fournir des mucosités qui enduisent la muqueuse de la bouche et de l'œsophage; mais de très bonne heure l'estomac se remplit d'un flaide blanchâtre, ou plutôt incolore, visqueux, dans lequel il y a une grande proportion de cellules épithéliales et de noyaux de cellules. J'en ai trouvé 229 grammes dans l'estomac d'un poulain à terme, de 150 à 180 grammes dans celui des agneaux à terme, 200 à 300 grammes dans l'estomac des veaux vers le milieu de la gestation, et 500 à 600 grammes dans celui des veaux à terme, quelquefois même davantage. Ce fluide a cela de remarquable qu'il est neutre ou faiblement alcalin, et qu'il renferme, chez les fœtus de solipèdes et de ruminants, surtout pendant les deux derniers mois de la gestation, une très grande quantité de sucre, comme je l'ai annoncé le premier dans une communication à l'Académie des sciences.

Ce fluide doit être considéré non comme un simple produit de la sécrétion gastrique, mais comme un mélange, en proportion indéterminée, de ce produit et du liquide amniotique qui peut être dégluti par le fœtus.

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La sécrétion biliaire s*étab)it aussi de très bonne heure chez rembryon* et y devient d'une abondance remarquable. Elle ne parait pas, dans le fœtus humain, entirr en activité avant la naissance ; mais à cette époque on rencontre déjà dans la vésicule des fœtus de vache une petite quantité de bile claire ayant un léger reflet verdâtrc. Au quatrième mois, le gros intestin de ces fœtus et celui des fœtus de solipèdes est déjà plein de méconium reconnaissable, à travers les parois de rintestin, par sa teinte verdàtre.

La bile du fœtus, d'autant plus épaisse et plus colorée qu'on se rapproche davantage de la naissance, est fade et alcaline. M. Lassaigne, qui a analysé celle d'un fœtus de vache de six mois, y a signalé la présence de deux matières colorantes, du mucus, do carbonate et du chlorure sodiques, du phosphate de chaux, mais il n'y a point irooTé de picromel. Mêlée aux fluides exhalés par l'intestin et à ceux qui parviennent danscrt organe, elle y forme la matière connue sous le nom de méconium, laquelle est coropo sée, suivant Simon, cité par fiischoff, de : cholestérine, 16,00 ; matière exiractiveet résine biliaire, 10, dO ; matière caséeusc, 3^,00 ; picromel 6,00 ; matière verte UM* cellules, mucus, albumine, 26,00. Ce méconium, peu abondant aux premières époques de la vie fœtale, a été trouve blanc chez des fœtus dont le foie manquait, et chez d'antres dont l'intestin était oblitéré au-dessous de l'insertion du canal cliolédoque. Il se trouve en forte proportion dans l'intestin au moment de la naissance et y présente une assez grande consistance. Un poulain à terme, dont l'estomac contenait 229 grammes d'un fluide visqueux, blanchâtre, m'a présenté 216 grammes de méconium grisâtre dans l'intestin grêle, et 559 grammes de méconium vert dans le gros intestin. Ce produit est souvent expulsé en certaine proportion pendant les derniers moments de la gestation dans les eaux de l'amnios, qu'il colore en jaune, et i! est même alors dégluti et retrouvé en petites masses dans l'intérieur de l'estomac.

La sécrétion biliaire paraît remplir chez le fœtus un rôle de dépuration sur lequel on n'est pas fixé; mais cette sécrétion n'est peut-être pas le seul produit de l'activité du foie.

La sécrétion urinaire jouit aussi d'une certaine activité pendant la vie intrautérine; elle parait même s'efiectuer par les corps de Woliï avant que les reins soient développés et aptes à fonctionner, car Jacobson a reconnu de l'acide urique dans le fluide allantoîdicn des oiseaux avant l'apparition des reins, observation faite aussi par Prévost et Leroyer dans des conditions analogues. Mais ce n'est que vers la fin de la gestation qu'on trouve une quantité notable d'urine dans la vessie, et, d'après Dulong, de l'urée dans le liquide allantoîdien de la vache.

Les connexions de la vessie avec l'allantoîde ont fait regarder celle-ci comnie servant de réservoir à l'urine du fœtus. Mais il est certain que le fluide allantoîdien n'est point l'urine du fœtus, car sa proportion est relativement d'auunt plus grande que le fœtus est plus jeune, et la communication entre la ves»eei l'allantoîde devient d'autant plus étroite et moins perméable, que le terme de la gestation approche davantage.

Néanmoins on conçoit que l'allantoîde puisse recevoir une certaine quantité d'urine dans son intérieur, urine qui peut également être versée dans l'amnios de tous les animaux, et surtout chez le fœtus humain, dont l'allantoîde dis|>araitdeirp bonne heure.

DE LA PAHTURITION. 605

Quaiil aux corps thyroïdes, au thymus, i la rate, aux ca|>sules surrénales, il est actuellement impossible de rien présenter de satisfaisant sur leurs fonctions pendant la vie fœtale, fonctions déjà si énigmatiqoes à Tâge adulte.

En ce qui concerne le thymus dont le développement est si considérable, le rôle dont Uewson croyait cet organe chargé est peut-être le moins hypothétique parmi tous les usages qui lui ont été attribués. Néanmoins, suivant la remarque de Bischoiï, si le thymus prend quelque part à la formation des globules du sang, ceux-ci peuvent se former sans lui, puisqu'ils apparaissent avant qu'il soit con!»titué.

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