‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 17 sur 152 · I)B L*ABSORPTION · texte numérisé non relu

I)B L*ABSORPTION

gique que les tissus sont moins humides; car, d'après les recherches de MM. Chevreul et Liebig, ces tissus s'imprègneut d*une quantité d*eau qui est d'autant ploi considérable que leur dessiccation était plus complète.

L*in]bibiiion ou la pénétration des liquides à travers les porosités invisibles dei tissus est un pliénoniène indépendant de la vie, qui devient Télément initial de toute absorption. Elle se produit facilement dans le tissu des membranes et des parois vasculaires, comme le prouvent les expériences de M. Magendie.

D'abord , dans les tissus privés de vie , l'imbibition est incontestable. M. Magendie (1), ayant fixé un tube de verre à chaque extrémité d'un segment de jugulaire dépourvu de branches collatérales, fit passer dans l'intérieur de cette portion de veine un courant d'eau tiède pendant (|u'ciie plongeait à l'extérieur dans un liquide légèrement acide. Au bout de cinq à six minutes, l'eau du courant, qui passait dav la veine, avait arquis une acidité très sensible. L'acide avait donc pénétré par imbibition à travers les parois de la veine pour venir se mêler au liquide que celle-d contenait

La même expérience fut faite avec un segment de la carotide d'un chien. L'imbibition eut lieu également à travers les |)arois artérielles; mais elle fut beaucoup plus lente que celle des veines, dont les |)arois, plus minces, jouissent conséquemment d'une plus grande perméabilité.

L'imbibition eut lieu aussi sur l'animal vivant M. Magendie mit à découvert, sur toute sa longueur, la jugulaire d'un jeune chien, et après l'avoir complétemeol isolée des parties voisines ei défiouillée des petits \ aisseaux qui rampaient sur sei parois, il glissa une carte au-dessous d'elle et étendit à la surface du vaisseau dénudé une dissolution concentrée d'extrait alcoolique de noix vomique. Quatre uiînuia s'étaient à peine écoulées depuis l'application de la substance vénéneuse que kl premiers effets de rem|)<»isonnement se monifestèrent. Le même résultat fut obtena, mais seulement au bout dv dix minutes, sur un gros chien, dont les i)arois veineaiei étaient beaucoup plus épaisM's. Knfin l'imbibition eut encore lieu à travers lesparaii des grosses artères. La noix vomique, appliquée sur la carotide d'un lapin, pith duisit des effets d'intoxicali(»n au bout d'un quart d'heure, et le sang qui se troivait en contact avec la face interne de l'artère avait acquis l'amertume caractériitique de la noix vomique.

Fodera, ayant injecté ^ur l'animal vivant de la noix vomique dans un segment de la carotide compris entre deux li^^atures, a vu rem|M)isonnement se produire kb suite d'une imbibition de l'intérieur vers l'extérieur du vaisseau. Il a constaté qie le cyanure de fer et de |)oiassium (lé|H)>é dans les plèvres venait C(»lorer en V^ . le sulfate de fer injecté dans h* {tériioine, et réciproi|uemenl. Le même résultatl été obtenu à travers les parois de la vessie, lorscpie l'un de ces sels avait été injccii dans ce réservoir et l'autre dans la ca\iié [>éritonéale. L'eau iutroduitedanslaplèvit a bientôt teint en noir le tissu d(* cette séreuse', celui du péricarde, des lamcf fibrenM^s intercostales. I^*s substances employées en frictions se rrtmuveut eu ploi fortes pro|)orti(ms dans le tissu cellulaire sous-cutané que dans le sang. La flècbe de Ja\a, enfoncée dans les chaire, a bientôt communiqué à toutes les i)artie8 uiollo

(1) Ottu. ci/., t. II. p. 277.

DU MÉCANISltfE DE l' ABSORPTION. 51

|ui coioureDt la blessure, et dans une épaisseur de plusieurs lignes, la teinte jaunerunâtre et la saveur anière du poison.

Sans doute ces expcriences ne démontrent pas toutes péremptoirement l'imbibi- 00 des tissus vivants. Lorsqu'une artère et une veine sont dénudées sur une grande tendue et complètement isolées des parties voisines, leurs parois, privées de leurs «tiLs vaisseaux de nutrition, ne se trouvent plus, à beaucoup près, dans leurs oaditJOQs normales de vitalité. Lorsque ensuite on applique à la surface de ces aisseaux des substances toxiques, il peut bien se faire que ces substances pénètrei^t ussi dans leur cavité par les petites ouvertures des branches qui ont dû être couées ou blessées par le fait de la séparation complète du vaisseau des parties adjacotes. Néanmoins fensemble des résultats montre assez que les membranes des aisseaux , la peau , les séreuses, se laissent traverser par imbibition. Or si cette énétration s*opère à travers les parois des veines et des artères les plus épaisses, 'esi-il pas évident qu'elle pourra s'effectuer aussi , et avec beaucoup plus de facile, à travers des parois aussi minces et aussi déliées que celles des petites veines» Les lymphatiques et des capillaires.

La pénétration des liquides à travers les tissus animaux est donc un phénomène incontestable dont il faut étudier le mécanisme, les conditions diverses et les causes ipprécîables , mais sans trop se préoccuper des dénominations que l'on a données i ses principales variétés.

Dntrochet est le premier qui ait constaté les effets très remarquables de la pénémion des liquides à travers les membranes animales. Il observa que de petites vésicules, complètement closes et plongées dans l'eau , absorbaient de ce liquide et basaient en même temps échapper une partie de leur contenu. Les parois de ces vésicules étaient traversées par deux courants opposés, l'un de dehors en dedans et l'antre de dedans en dehors. Le premier faisait pénétrer dans la petite capsule membraneuse une partie de l'eau dans laquelle elle plongeait; le second faisait sortir de cette même capsule une certaine proportion du fluide qu'elle renfermait, Le premier de ces deux phénomènes simultanés reçut le nom d*endosjmse et le Kcond celui d'exosmose.

Lorsqu'on plonge dans un vase plein d'eau un tube fermé inférieurement par nne membrane et contenant une dissolution saline plus ou moins concentrée, on roit s'élever insensiblement le niveau du fluide que renferme le tube. Au bout d'un certain temj)S, le contenu du tube et celui du vase sont devenus homogènes. L'eau l'est portée vers la dissolution saline, et celle-ci s'est portée vers l'eau.

Lorsque l'eau a été mise dans le tube et la dissolution saline dans le vase, le contenu du tube bais.se insensiblement; mais il s'opère toujours un mélange des deux liquides jusqu'à ce qu'ils soient devenus homogènes.

Les mêmes effets se produisent entre l'eau pure et l'eau sucrée, l'eau pure et Peau albumineose, l'eau et l'alcool, en un mot entre un liquide quelconque et un intre liquide de nature ou de densité différentes.

Il s'établit donc entre deux fluides séparés par une membrane un double courant, duquel résulte fînalemcnl un mélange homogène. iVlais ces deux courants soDt inégaux toutes les fois que les fluides sont de densité différente. Kn général, le courant le plus considérable a lieu du liquide le moins dense vers le plus dense.

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comme de l'eau pure vers Teau salée, de Teau pure vers la dissolution de gomme, d'albumine, etc. Cependant Tinverse s*observe quelquefois; le courant le plm intense se porte de l'eau vers l'alcool , de Teau vers l'acide chlorhydrique étendn, de l'eau vers la solution faible d'acide oxalique. La différence d'intensité qui existe entre les deux courants est quelquefois si marquée que l'un des deux est très rapide tandis que l'autre reste très faible. Il y a même des cas dans lesquels il ne se pro* duit qu'un seul courant, soit d'endosmose, soit d'exosmose. Ainsi l'eau distillée se porte vers l'albumine pure sans que celle-ci se porte vers l'eau ; mais les faits de ce genre sont assez rares.

La direction et la vitesse du courant sont modifiées par la nature des cloisons qui séparent les deux liquides. Toutes les membranes animales, la peau, les muqueuses, | les séreuses se laissent facilement traverser, même par des fluides très denses» ï h ! condition que ceux-ci pourront les mouiller, c'est-à-dire adhérer à leur tisso else mêler aux liquides dont il est imprégné. On a vu que les courants sont plus rapides dans la peau, de la face interne à la face libre, que dans le sens opposé, ils acqoiè» rent plus d'intensité dans les membranes fraîches que dans celles qui ont éprouvé un commencement de putréfaction , et cette intensité, pour deux liquides d'ui nature déterminée, varie un peu suivant l'espèce de membrane interposée. L*actiot de celles ci sur les courants ne paraît pas tenir seulement à leur degré de pehDéabililé» car il est des substances poreuses qui sont loin de se comporter comme des membranes. A travers une séreuse ou une muqueuse, l'eau se porte vers l'alcool; I travers une lamelle de caoutchouc, c'est l'alcool qui se dirige vers l'eau. L'alooel étendu , renfermé dans une vessie, se concentre insensiblement; son eau travera les parois de la vessie et se volatilise ; l'alcool reste. Il n'en est pas de même si ce mélange est contenu dans un réservoir d'une autre nature et à parois égalemeil poreuses: l'évaporation enlève les deux fluides à la fois.

Ces courants, qui traversent les membranes animales et qui amènent un méUifi des liquides, ont été attribués à plusieurs causes : l*" à l'électricité qui se dévelep- ' perait au contact de deux liquides de densité différente, et séparés par une doisol perméable; 2''à l'attraction inégale que deux liquides exerceraient l'un sur l'autre; 3* à l'attraction inégale ([ue les membranes éprouveraient pour divers liquidée; U"* enfin à l'inégale facilité avec laquelle les fluides traverseraient les membranes et les autres tissus réduits en lames plus ou moins minces.

Evidemment ces phénomènes ne peuvent dériver que d'une attraction moléd* * laire exercée, d'une part, entre les membranes et les liquides, d'autre part, eoue ^ deux liquides de même nature et de même densité, ou de nature et de densité dit* ' férentes. Si les deux fluides s'attirent également et traversent avec une même br ^ cililé la membrane qui les sépare, on conçoit que les deux courants opposés aieil ' une intensité parfaitement semblable. Si les deux s'attirent inégalement, que b ^ premier ait pour le second une attraction plus forte que le second pour le preniicr« les deux courants seront inégaux, et la différence de leur rapidité réciproque seit proportionnelle à la différence dei deux forces, pourvu que le degré de perméabilité de la membrane soit le même pour les deux fluides. Kufin si ceux-ci ne Ira* versent pas la membrane avec la même facilité, le courant du fluide qui passe k plus aisément doit être plus rapide que l'autre. De plus, si l'attraction que les no*

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