‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 18 sur 152 · DU MÈCANISMB DE L* ABSORPTION · texte numérisé non relu

DU MÈCANISMB DE L* ABSORPTION

écoles d'an floide exercent entre elles est de beaucoup supérieure à celle qu*exer- -«nt sar elles les particules d*un autre fluide , il pourra se faire qu*il n'y ait qu*uD eol coarant, comme entre l'albumine pure et Teau.

Il ioaporte de tenir compte de toutes ces circonstances : densité des fluides, visntité de ceux-ci , facilité plus ou moins grande à adhérer aux membranes, degré le perméabilité des tissus. Chacune d'elles peut modifier la vitesse, la force et néoie le sens des courants. Quant à rechercher la cause immédiate de ces modiûatioDS, c'est une tâche qu'il faut laisser au physicien» parce qu'elle est exclusivenent de son ressort.

Ces phénomènes remarquables, qui s'opèrent au contact des fluides avec les issus animaux privés de vie, ne se passent point, à beaucoup près, de la même nanière dans l'organisme. On s'abuserait étrangement si Ton croyait, avec plusieurs physiciens, da reste très habiles, qu'il y ait identité entre les actions qui s'effecnent quand des fluides immobiles traversent des membranes mortes, et celles qui ièrîvent dn contact d'une substance étrangère avec un tissu que parcourent dans tontes les directions les courants vasculaires sanguins et lymphatiques. Les condilioDS sont infiniment différentes dans le second cas de ce qu'elles étaient dans le premier. Elles le sont principalement, par la nature et l'eut des fluides, par l'eut des membranes et des tissus susceptibles d'absorber, enfin par la circulation ou la progression rapide des fluides que les vaisseaux contiennent.

Les matières que l'absorption saisit aux diverses surfaces ou dans la trame organique revêtent différents éuts : elles sont gazeuses, liquides ou solides, et, parmi ca dernières, les unes sont déjà en dissolution, les autres se dissolvent dans kisocs qu'exhalent les surfaces, ou dans ceux dont les tissus sont imprégnés; enfin qoelques-uoes, insolubles, se décomposent au conUct des éléments organiques et deviennent, par suite de combinaisons nouvelles, susceptibles de passer dans les vaisseaux. Quant aux nsatières solides insolubles , elles ne |)euvcnt être absorbées, quel qoe soit leur degré de division , de même que les corps non fluidifiés ne peofent se combiner entre eux, selon le vieil axiome des chimistes.

Les gaz traversent les membranes avec une grande facilité pour venir se dissoudre dans les fluides en circulation. L'oxygène est absorbé par la muqueuse pulmonaire chez tous les animaux à respiration aérienne ; il l'est aussi par la peau chez les reptiles nus et beaucoup d'espèces inférieures; l'hydrogène sulfuré est absorbé par la peau; divers gaz le sont également par la muqueuse intestinale, par le tissu cellulaire sous*cuuné.

Les liquides dépourvus de viscosité, et ceux dont la densité est. faible, comme Tcan, l'alcool , l'étber, les huiles essentielles, traversent aisément les membranes iborbantes; l'eau chargée de sucre, de gomme, de mucilage Jes dissolutions sa- Eaes un peu concentrées, s'absorbent moins bien ; les liquides visqueux , les huiles hes» les graisses s'absorbent très difficilement ailleurs que dans l'intestin, où elles trouvent des sucs qui les émulsionnent d'une manière plus ou moins complète. CerUins fluides ne paraissent pas susceptibles d'être absorbés : tel le venin de la vipère, qui peut être impunément, suivant la remarque de Fontano, ingéré dans kt voies digestives. Mais i part cette exception, tous les fluides miscibles à l'eau d ao sang peuvent être saisis par l'absorption • quel que soit du reste le v^^V^^

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de densité qui existe entre eux et la partie séreuse du sang. C'est là an bit remarquable, en contradiction avec les pliénoinèncs ordinaires de Fendosmose à traven les tissus privés de vie.

Les substances solides solubles s'absorbent, pour la plupart, sans grandes difficultés, (belles qui, étant insolubles, peuvent entrer dans de nouvelles combinaison solubles, passent aussi de cette manière dans les vaisseaux. Ainsi on a vu que la ma- ^ gnésie acquérait de la solubilité par Taciion du suc gastrique , que les substancfs i résineuses étaient placées dans des conditions analogues par les alcalis de la bile, da ^ suc pancréatique et des fluides intestinaux; que les composés de plomb se tram- 3 formaient en chlorures, le proto-chlorure de mercure en deulo- chlorure, eic. *« Quant aux solides insolubles, ils ne peuvent, si divisés qu*ils soient, traverser k [> tissu des membranes et pénétrer dans les vaisseaux. L'assertion d'OEsterlen, qoi j^ avait vu passer le charbon pulvérisé des \oics digestivcs dans le sang de la veirii j^: porte et dans celui de toutes les autres parties du corps, a été contredite par Is jt recherches de plusieurs observateurs. 's?

La pénétration des fluides ou des matières fluidifîées à travers les tissus ne s'opère i pas toujours avec une égale facilité et sui\ant un mode identique, (^e phénomèiie » offre des nuances infinies qui dépendent de la nature des tissus, de leur degré de it vascularité, de l'état des surfaces absorbantes, de la présence sur ces dernièrei \m d'un re\étement épithélial, ou d'une couche plus ou moins éjKiisse de mucosiléi ^

Toutes les membranes qui sont le siège d'une absorption, la peau, la muc]aen8e « digestive, celle des voies respiratoires, des voies génito-urinaires, des glandes, etc, les synoviales articulaires, tendineusi'S, les séreuses splanchniq nés, sont tapisrfci ^ à leur face libre par un épilhélium et en outre, pour quelques-unes, par un eodnil * muqueux spécial. Or c'est d*abord cette double barrière que les substances fluidifiées doivent franchir pour se mettre en contact avec le tissu propre da membranes.

L'épiderme de la peau , si épdis et si dense chez certains animaux et dans phsieurs régions, se laisse difficilement traverser par les liquides. Les cellules qui k constituent fonnenl plusieurs couches superposées: celles des couches profondes sont sphéroïdes ou polygonales, |)ourvues d'un noyau et pleines de liquide; cello des couches superficielles se déforment, s'aplatissent, perdent leur fluide intérieur, leur noyau, prennent l'aspect de petites écailles unies entre elles par une matièit ^ amorphe. Par suite de cette stratification des cellules pavimenteuses, l'épideme r* n'offre qu'une perméabilité très bornée; néanmoins il s'imbilic lentement d» ^ licpiides non vjsqueux appliqués à sa surface ; ses cellules se gonflent de proche et ^ pro<:he, les plus superficielles se disjoignent, enfin la substance à absorber vientie ^ mettre en rapport avec les vaisseaux du derme. Nous avons vu , en effet, qae la peu . des batraciens et celle di*s oiseaux, dont l'épiderme est mince, absorbe avec rapi- ^ dite; ((ue celle du chat, du cheval absorbe encore, mais avec plus de lenteur; ^ qu'enfin la peau si bien cuirassée des Irzards et des ser()ents finit par recevoir i ^ travers ses écailles épidermiqueii les poisons que l'on met en contact avec elle.

On conçoit que si un tel revêtement est perméable aux li(piides, répithéliant plus minc<f et plus souple, des muqueuses et des membranes screases, devra l'Ilf* encore bien davantage.

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L'épithéUum pavimenteui stralifié qui recouvre la muqueuse de la bouche, du pharynx, de Tœsophage, chez ]a plupart des animaux, la muqueuse du sac gauche de l'estomac du cheval, celle des trois premiers réservoiis gastriques des raniiiiants et des tardigrade^, du gésier des oiseaux , n'a encore qu'une perméabilité assez obscure. Comme nous ra\ons vu |)our les premiers estomacs du bœuf et J'eslomac simple des animaux soli|)èdcs , il ne se laisse traverser aisément que par des fluides qui ont une action chimique sur ses cellules ou par les substances qui sont très subtiles, comme l'acide cyanhydrique.

L*épithêlium , mince, microscopique, peu adhérent, et h cellules qui se désagrègent facilement, devient d'une très grande perméabilité aux muqueuses de Tintestin grêle, du gros intestin, des réservoirs glandulaires, <les canaux excréteurs, des glandes. Constitué par une seule couche de cellules cylindriques placées de champ les unes contre les autres, c'est-à-dire perpendiculairement à la surface hbre de la muqueuse, il se détache aisément et se renouvelle régulièrement à des périodes souvent très rapprochées. Goodsir a même prétendu que celui des villosités ÎDicstiiules tombait pendant la chylification et se régénérait ensuite avec rapidité; mais ses observations n'ont ))oint encore été confirmées par les micrographes. Les cils vibratiles que présentent à leur extrémité libre les cellules de l'épithélium k cylindres des voies respiratoires, des cavités génitales, des voies digestives de quelques animaux, peuvent, |)ar leurs mouvements si rapides et si \ariés, contribuer en quelque chose à l'absorption.

Enfîn répitliélium pavimenteux simple ou à une seule couche de cellules des membranes séreuses et des conduits excréteurs les plus ténus laisse passer avec ane extrême facilité les fluides mis en rapport avec les surfaces qu'il tapisse. Sa perméabilité paraît être au moins égale h celle de l'épithélium à cylindres, si répandu k la surface des muqueuses.

Les épithéliums ainsi interposés entre les matières à absorber et les parties ?ascnlaires et vivantes des tissus font l'office d'un filtre qui, en lais.snnt passer ce qui est apte à entrer dans les voies de la circulation, relient Us particules grossières on insolubles. Ces épithéliums laissent probablement passer les fluides, à la fois, à travers les parois de leurs cellules et dans les espaces que ces cellules laissent entre elles. Les cellules épiihéliales, étant déjà, pour la plupart, |)leines de lirpiide, détiennent le siège de courants analogues à ceux de toutes les membranes dans les phénomènes ordinaires de l'endosmose. Les fluides mis en contact avec elles les traversent, les gonflent et s'en échappent pour se propager dans les parties vivantes et vasculaires des tissus. Peut-être leur mode d'action est-il identi(|ue à celui des spongioles radiculaires des plantes, dont la faculté absorbante est |5ortée à un degré s remarquable.

Outre leur revêtement épiihétial, les surfaces absorbantes offrent encore souvent on enduit muqueux plus ou moins épais, que les fluides doivent traverser avant de s'engager dans les vaisseaux. Cette couche de mucus a une épaisseur et une consistance remarquables dans le sac droit de l'estomac des solipèdes; elle devient plus molle et moins adhérente dans l'intestin , très mince dans les conduits excréteurs des glandes. Les fluides la pénètrent , la gonflent et fmissent par la délayer et l'entraîner ; aussi se renouvelle-t-ellc avec rapidité, em|>ortant avec elle une prodi-

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giease quantité de débris des épithéliums, dont la mue parait se répéter à des périodes très rapprochées dans restomac, Tintestin et les voies glandulaires.

Lorsque les fluides sont parvenus à traverser les couches d'épithéliuro et de mucus qui revêtent les surfaces absorbantes, ils pénètrent la substance des tissus et les |)aroisdes petits vaisseaux sangt^ins et lymphatiques. Cette pénétration s*opère facilement, et par conséquent avec rapidité, aux membranes muqueuses fines, comme la conjonctive, la membrane interne des bronches et des vésicules pulmonaires; aux membranes séreuses splanchniques, telles que Tarachnoîde, les plèvres, le péritoine; elle est fort lente à travers les tendons, les ligaments, les cartilages et le tissu des nerfs. Dès que le tissu est imprégné de la substance étrangère, celle-ci passe sans difliculté par les interstices invisibles des parois vasculaires les plut déliées , puis elle se mêle au sang et à la lymphe.

I^ premier acte ou le premier élément de Tabsorption est donc un simple phénomène physique, qui dépend de la perméabilité des parties organiques. Les deux autres éléments de cette importante fonctibn sont du ressort de la vie et tout i fait étrangers aux actions qui se passent dans les corps non organisés.

Le deuxième acte de Tabsorption consiste dans la mise en mouvement des ooatières mêlées avec les fluides que contenaient les vaisseaux , c'est-à-dire dans leur enlèvement plus ou moins rapide. Celui-ci résulte de l'impulsion à laquelle obéissent le sang et la lymphe, impulsion très énergique pour le premier qui la reçoit des contractions du cœur, mais peu intense pour la seconde qui la tire seulement des parois vasculaires. Il est donc intimement lié à la circulation , et par conséquent il doit être subordonné à sa vitesse et aux autres circonstances de son acti* TÎté: aussi l'absorption veineuse est-elle pius rapide que l'absorption lymphatique.

Ce second acte , qui ne s'opère pas après la mort , fait nécessairement de l'absorption qui a lieu sur le cadavre une simple imbibition, ou une simple transsudation. Son accomplissement, pendant la vie, ôte à l'imbibition le caractère qui Ta fait regarder comme un phénomène purement cadavérique. M. Magendie a le pre* niier parfaitement saisi ce fait et réfuté ainsi les objections que l'on a présentées contre la doctrine de Tabsorption par une pénétration phy8i(|ue des fluides k travers les tissus vivants. On conçoit fort bien que les fluides qui traversent les mem» branes et les tissus vivants n'y demeurent pas pour les gonfler, les ramollir, leur communiquer leur couleur particulière; car ces fluides, à mesure qu'ils pénètrent dans les tissus, entrent dans les réseaux vasculaires nombreux et serrés dont les tissus se com|)osent, et sont emportés avec les courants sanguins et lymphatiques qui les parcourent dans tous les sens. L'observation attentive de ce qui a lieu sur les vastes surfaces absorbantes montre que les choses se passent bien ainsi. La sérosité des séreuses splanchniques , de Farachnoîde , des plèvres , du péritoine, du péricarde rentre ainsi , d'une manière insensible, dans le torrent de la circulation, à mesure que de nouvelles quantités du même fluide sont sécrétées pour remplacer celles qui disparaissent. L'énorme quantité de salive, de suc gastrique, de fluide intestinal versée dans l'appareil digestif revient progressivement dans les vaisseaux , comme le prouve la consistance toujours croissante des matières sterco« raies qui cheminent vers leur orifice d*élimination. Il n*y a pas d'exception à cet égard : seulement, pour les fluides dont la résorption eût été nuisible, si elle se fût

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lans des limites trop étendues, la nature a pris les précautions propres à iodre autant que possible. La bile, Turine, le venin de la vipère, sont conns des réservoirs étroits, dont la surface très restreinte est protégée par che isolante de niucus qui se renouvelle sans cesse. Ces fluides ne rentrent rîrculation qu'en proportions trop minimes pour troubler Forganisme ; ils fsorbent en grande quantité que par suite de circonstances morbides, et ent par l'eflet d*uD obstacle op))osé à leur excrétion régulière. Les arti- ODt été employés pour que l'urine, la bile, les venins ne traversent point s de leurs réservoirs sont analogues à ceux qui permettent à l'estomac du e conserver fort lon;;temps les poisons dans sa cavité, sans qu'il en résulte jrmptôme d'intoxication.

l'absorption comprend un troisième acte, qui consiste en une modiûcala sut^tance qui a pénétré dans les voies de la circulation. Cette modificaectoée en même temps que les produits traversent les tissus et sont enlar les courants vasculaires, ne porte que sur quelques substances. Beaucoup lorbées sans subir de changements appréciables dans leur état physique, ï kor constitution moléculaire , ni dans leur composition. L'eau, l'alcool les dissolutions salines, les huiles essentielles sont dans cette dernière ca- Les principes organiques, la fibrine, l'albumine, qui sont absorbés à l'étot lotion, éprouvent en partie une transformation globulaire. On ne sait à iQse immédiate rapporter le développement des globules dans la lymphe et chyle. L'action des tissus que les matières absorbées traversent, celle des iscalaires qui les pressent et les mettent en mouvement, le contact des natériaux du sang et de la lymphe , donnent probablement lieu à cette ition, qui est la plus élémentaire de celles que subissent les fluides en on.

esse avec laquelle s'opèrent ces divers phénomènes de l'absorption est pro- : elle peut être mesurée approximativement pour la plupart des tissus et dbranes absorbantes.

vitesse dépend d'abord : l^'du degré de perméabilité des parties qui absortt qu'elles se trouvent tout à fait dénudées, soit qu'un épithélium ou une ie mucus en recouvre la surface ; 2"* du degré de miscibilité de la substance ( fluides qui imprègnent les tissus ou qui remplissent les vaisseaux ; 3" de ité plus ou moins grande de la circulation.

rméabililé du tissu est la circonstance qui influe le plus sur la rapidité de lioD. Nous avons vu, en cfl^et, avec quelle lenteur les fluides traversent le la peau recouvert de son épiderme , et avec quelle promptitude, au coulis pénètrent les membranes séreuses et les muqueuses minces, comme es bronches et des vésicules pulmonaires. Pour apprécier exactement le lécessaire à l'imbibition d'une membrane mince. Millier tendit sur le col icon , contenant une solution de cyauure potassique , la vessie d'une greet sur un autre la membrane réticulée du |X)umon de cet animal. Ayant ^ sur la face libre de ces membranes une goutte de chlorure de fer, et h au même instant les deux flacons, il vit en moins d'une seconde se former be bleue dans le point touché par le sel de fer. Il n'avait donc fallu qu'une

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seconde pour que le cyanure traversât le tissu membraneux et vint se comU avec le sel ferrique. Or la couche mince qui sépare les réseaux vasculaîres di surface libre d*une villusité ayant une épaisseur moindre que celle de la membr pulmonaire des batraciens, les villosités doivent s*imprégner pour aiusi dire iosl tanément des fluides mis en contact avec elles. Puis les courants sanguins peuvc en les saisissant immédiatement , leur faire décrire un tour complet de circulai en moins d'une minute. Mille faits prouvent cette extrême vitesse de l'absorpli

Fontana a constaté depuis longtemps qu'un pigeon mordu par une vi|)ère met si l'amputation du membre sur lequel le venin a été déposé n'est pas pratiquée moins quinze secondes après la morsure : passé ce temps, l'amputation ne p sauver l'animal. Donc eu quinze secondes le venin est absorbé et répandu dans voies de la circulation. Ségalas a vu l'extrait alcoolique de noix vouilque injc dans les voies aériennes produire ses effets ordinaires en un espace de quinze coudes. Le sulfate de strychnine en dissolution versé dans le bec de petits oise leur donne le tétanos en moins de vingt cinq secondes, d'après mes propres oh vations. Le même sel, à la dose de 25 centigrammes dissous dans 15 grammes d* et injecté brusquement dans les bronches d'un chien, détermine un tétanos i lent en quarante secondes, a)mme je l'ai constaté sur un animal très viguure Nous avons vu, M. Bouley et moi, l'acide cyanh\drique injecté dans Tinte grêle du cheval déterminer la chute de l'animai au bout d'une minute à une i nute et demie. Mayer a retrouvé dans le sang, après deux à cinq minutes, lec nure ferrico-potassique injecté dans les bronches d'un chien. J'ai constaté la f sencedece même sel à la quatrième miimte qui suivit son injection à la dose 50 grammes dans la trachée d'un cheval. La noix vomique injectée en dîssolulio la dose de 32 grammes dans la plèvre d'un cheval dévelop))e le tétanos en II minutes. Dans ces dernières circonstances, si l'absorption parait plus lente ( dans les premières, c'est qu'une quantité un peu considérable de poison ou sel doit s'accumuler dans le sang pour y devenir sensible et déterminer dans F ganismedes effets appréciables. Or, en moins d'une minute, il entre dans le torr circulatoire une somme de strychnine suffisante jH)ur donner le tétanos ; eu tra quatre minutes, il j)énètre dans la masse du sang assez de prussiate de potasse f y être reconnaissable, quoique mêlé à \iiigl ou vingt-cinq litres de ce fluide. S doute au bout de quelques secondes il s*en trouve déjii dans les vaisseaux, d en proportions trop minimes pour y être retrouvé.

Partant de ces données parfaitemi'Ut établies, il ne faut point s'étonner de Iloc cacité des cautérisations employées au bout de cinq à six minutes pour prévc les effets des virus inoculés dans les plaies. Il ne faut i)as une |)ériode aussi !oii| que celle-là pour qu'une partie du princi|)e virulent soit absorbée et fasse pluaîe fois le tour de l'arbre circulatoire. Néanmoins la logique indique qu'il ne faut j négliv;er l'usage de ces moyens, même au bout d'un temps bjen plus con^idérd car les virus mêlés à des nmcosiiés épaisses, comme celui de la morve, ou il salive visqueuse, comme celui de la rage, ne sont pas dans les meilleures cm lions pour être tptalement et rapidement absorbés, d'autant qu'ils peuvent A enveloppés de sang extravasé et en rap|)ort avec des |)arties conluses dans lesqoJ les courants tasculaires sont ralentis ou momentanément suspendus. Do iti

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