DU COURS DU CHTLB ET DB LA LTMPHB
eaux cbylifèrcs et les lymphatiques jouissent de la propriété de revenir promptelent sur eux-mêmes, c'est-à-dire de s'affaisser en se débarrassant des fluides qu'ils ontiennent. U suffit, comme le savent tous les physiologistes, d'étaler le mésentère a coouct de l'air pour que les vaisseaux blancs goi^gés de chyle se vident brusquement et deviennent à peine lisibles. Le même phénomène se produit lorsque Is lyaupbatiques de toutes les parties du corps sont mis à découvert ; et il a lieu iB»i bien pour les vaisseaux d'un diamètre considérable que pour ceux d'un très [Ktit calibre ; néanmoins il est peu marqué aux larges vaisseaux de la partie diarDoe du diaphragme qui paraissent fortement adhérents par leur surface exlemc au tissu de cette cloison, ils se resserrent encore à un plus haut degré sons i'infloeoce de l'air froid , du contact de l'alcool , des acides affaiblis et de divers rritants chimiques. Le ressort des vaisseaux lymphatiques arrive à son maximum lorsqu'ils sont isolés des parties environnantes. Ils s'affaissent alors tellement, que la diamètre d'une plume ils se réduisent à l'état de fils très déliés : maintes fob j'ai [m Caire cette observation en établissant des fistules aux vaisseaux lymphatiques du oou du cheval, i ceux de la saphène et même au canal thoracique des carnivores. Lesgaugliooseui-mêmes, notamment ceux qui sont celluleux et plexiformes conune les ganglions spléniques et sous-lombaires du cheval , s'affaissent à un haut degré, poorvo que la lymphe dont ils sont remplis puisse s'écouler par leurs vaisseaux ou i travers une solution de continuité.
Le ressort des lymphatiques sur eux-mêmes ne dépond pas évidemment d'une DQOtractilité inhérente à leurs parois. Tiedemann , Millier et Schwann n'ont point reooonu de contractions vermiformes , ni aux lymphatiques de l'intestin, ni au canal thoracique, soit k l'état normal, soit à la suite d'une irritation exercée sur les parois de ces vaisseaux. Les deux derniers observateurs , en examinant sous le microscope le mésentère du lapin, n'ont aperçu aucun mouvement des valvules, ni aucun déplacement vibralile à l'intérieur des chylifères. Millier a constaté seulement un resserrement très faible, quelque temps après avoir fait agir une pile mr le canal thoracique de la chèvre. Du reste, I anatomie microscopique ne démontre pas de tunique musculeuseaux parois des vaisseaux blancs, excepté pour le canal thoracique où Yalentin a vu quelques fibres contractiles dont la nature est encore in peu équivoque.
Il est probable que la faculté rétractile des vaisseaux blancs dérive simplement d'une propriété de tissu, d'une sorte d'élasticité, car celle faculté s'exerce aussi bien nr le cadavre, et longtemps après la mort, que sur l'animal vivant; néanmoins elle est plus prononcée pendant la vie que dans toutes les autres circonstancea Quoi qu'il en soit, la réaction qu'elle produit sur la lymphe et le chyle est très énergique lorsque les vaisseaux sont distendus. Alors si l'on fait une petite ouverture à leurs parois, leur contenu s'en échappe sous forme de jet en arcade souvent assez élevée; mais lorsque la distension n'est pas considérable , l'écoulement a lieu lentement et soos forme de nappe.
La rétractilité des vaisseaux lymphatiques n'est pas également prononcée dans tontes les parties du système. En général, elle est d'autant plus sensible que les vaisseaux ont on moindre calibre ; elle est plus forte dans les vaisseaux sinueux et entoures de beaucoup de tissu cellulaire , comme ceux de l'aine , du cou et de la ré-
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gion sous-lombaire, que dans ceux dont les parois adhèrent iulimement aux partki adjacentes. Elle ne paraît pas être en rapport direct avec Tépaisseur des parois vasculaîres, car les branches lombaires et la citerne, dont les tuniques sont toojows excessivement minces, reviennent mieux sur elles-mêmes que le canal tboradqML Il y a cependant une exception à cet égard pour les solipèdes, dont la citerne intimement à Taorte et au corps des viscères lombaires. Enfin elle est plus oa marquée au canal thoracique suivant les animaux : très peu chez le chef al, oà cft canal , fixé h Taorte, à Tazygos et aux vertèbres, ne peut que s*aplatir sans se ro» serrer circulairement lorsqu'il est vide ; beaucoup plus chez les ruminants, où il cH complètement entouré de tissu adipeux.
Ainsi donc, continuité de l'absorption et rétraclilité des parois vasculaîres, lelks sont les deux premières causes du mouvement des liquides dans le système lyropha» tique. L'absorption continuelle, en faisant pénétrer dans les vaisseaux des moléciries nouvelles, donne à celles qui s'y trouvaient déjà une impulsion plus ou moins fort&' A elle seule elle ne déterminerait le déversement de la lymphe et du chyle dans le système veineux qu'à partir du moment où les vaisseaux blancs seraient distendust et dès qu'elle cesserait, ces fluides s'arrêteraient et stagneraient dans ces vaisseaux dilatés. La rétractilité des parois vasculaires ajoute une impulsion santé à la première ; elle pousse la lymphe dans le système veineux avant qae kl vaisseaux qui la contiennent en soient distendus ; elle expulse le contenu des chy« lifères lorsque l'absorption du chyle se suspend ; enfm elle emporte les fluides qne les vaisseaux renferment au delà d'une ligature ou d'un obstacle quelconque, fluides qui ne peuvent plus recevoir aucune impulsion de ceux que l'absorptioa -^ continuelle introduit dans les radicules vasculaires. Ces deux forces principakiN suffisent à la progression lymphatique : il en est d'autres qui devienneni les auxi- ^ ^ liaires de celles-là. ^ ^
La contraction musculaire et le resserrement de certains tissus concourent gf* ^ néralementà la progression du chyle et de la lymphe , qu'ils peuvent aussi gêner ^ ^ dans quelques circonstances. Les contractions de l'intestin ont été depuis long- ^ . temps regardées comme jouant un rôle important dans le développement de l'iin- ^ i pulsion communiquée au chyle, à l'origine de ses vaisseaux. Dans ces dernieis 4 temps Lacauchie a même prétendu que la contraction de la villosité était une i des> premières causes du mouvement du chyle ; mais il n'est pas bien démontré ^ que la villosité, dont j'ai donné la figure d'après cet observateur, se raccourcisse ^ et se fronce transversalement pendant la vie comme elle le fait souvent après la mort. Cette cause additionnelle de la progression des fluides dans les vaisseaux lymphatiques ne porte pas sur la totalité du système : les vaisseaux sous-cutanés, ceux des séreuses et de plusieurs viscères, n'en ressentent nullement l'influence.
I^ pression exercée sur les vaisseaux , dans plusieurs parties, favorise notablement la progression du chyle et de la lymphe. I\l. Magendie a observé que le chyle coule en plus grande quantité par une fistule au canal thoracique, lorsqu'on vient à comprimer le ventre ou à fouler les viscères abdominaux, que dans les circonstances ordinaires. Cette remarque est très exacte, et je l'ai faite bien des fois sur le cheval pendant la vie et après la mort Quand on a placé un tube aux lymphatiques du cou, il suffit de ))asser la main sur la région parolidienne et le trajet