‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 28 sur 152 · DU COURS DU CHYLE ET DE LA LYMPHE · texte numérisé non relu

DU COURS DU CHYLE ET DE LA LYMPHE

a jugulaire, I de fréquents inlervalles, pour doubler en un temps donné Télement de la lymphe. On sait que les chylifères ne se remplissent plus dès que domen est ouTert, tandis qu'ils continuent I absorber pendant plusieurs heures, ne après la mort, si ses parois sont intactes.

« momrements qu'exécutent les parties accélèrent sensiblement la marche de fmphe. Pendant que l'animal mange ou qu'il remue simplement les mâchoires, iiantité de celle qui s'échappe des vaisseaux de l'encolure est augmentée d'un rt,d*un tiers et même d'une moitié dans un temps déterminé. J'ai fait très sout cette observation après avoir fixé de petits tubes aux lymphatiques du cou, qui :irès développés chez le cheval et surtout chez les grands ruminants, nfin les pulsations des artères contribuent encore à faciliter la progression du le et de la lymphe dans les vaisseaux satellites de ces artères. Quelques physiosies ont cru que c'était en vue de mettre à profit l'influence des pulsations artéies que la nature avait groupé les gros troncs lymphatiques dans le voisinage vaisseaux sanguins. Peut-être cette idée est-elle vraie, dans de certaines limites. ileffHS il ne faut pas oublier que les grandes voies ménagées avec art pour les ères servent encore à une grande partie des veines et des nerfs. Les vaisseaux DCS qui ne suivent pas ces voies , et ils sont fort nombreux, forment d'immenses Biox sous la peau et à la surface des viscères. Ceux-là ne peuvent recevoir aucune nlsion marquée des artères.

"ootes ces causes auxiliaires du mouvement du chyle et de la lymphe exercent icîpalement leur influence sur le canal thoracique et le tronc lymphatique it. Le canal thoracique pénètre dans la poitrine entre les deux piliers du diaigme , il s'accole à l'aorte dans la plus grande partie de son trajet, passe au-desde la base du cœur, et vient sortir du thorax entre les nombreuses divisions troncs brachiaux.

jts piliers du diaphragme, entre lesquels passe le canal thoracique pour pénétrer I le thorax , ont-été regardés par Haller comme exerçant une action énergique la progression du chyle et de la lymphe. Cet illustre physiologiste a prétendu I, lors de l'inspiration, les piliers contractés comprimaient l'origine du canal et nKûent son contenu vers les parties antérieures, tandis que, lors de l'expiration, piliers relâchés laissaient revenir la citerne sur elle-même et lui permettaient de "efoir une nouvelle quantité de liquide qui serait chassée à sou tour au moment ine seconde inspiration, et ainsi de suite. Pour lui, cette suite de contractions et Klâchements alternatifs des piliers aurait sur le chyle Finfluence que la systole et iiastole du cœur exercent sur le sang. Cette action des piliers n*est peut-être iiiissi importante que le pense Haller ; mais elle est réelle pour tous les animaux, tqoe les solipèdes et les carnassiers, chez lesquels le canal thoracique pénètre isla poitrine entre les deux piliers, et non pas en dehors du pilier droit, comme

I arrive chez les grands ruminants.

>s mouvements respiratoires exercent sur la progression des fluides, dans le al thoracique , une influence plus prononcée et plus évidontc que celle dont B venons de parler. Lors de l'inspiration , la tendance 5 la formation d'un vide s le thorax détermine une sorte d'aspiration sur les afférents du canal, notam-

II sur la citerne, les branches sous-lombaires et intestinales; le canal se remplit

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et se disteod. Au moment de t*expiratian, au contraire» les parois ihoracâquet el kl poumons, en s'aibissaot, exercent sur le canal une pression qui accélère le de la lymphe et en pousse une forte ondée dans les veines. Cet eSet detîeat | lorsque Textrémité antérieure du canal est mise à décou? crt» et surtout lorsqe*fi y a fixé un tube qui (ait couler h l'extérieur les fluides charriés par ce coodoit. Dhk le premier cas, on voit, à chaque expiration, et surtout è chaque expIratioD pn» fonde, la partie antérieure du canal se gonfler, et rebondir à la manière dee i sens le doigt de l'expérimenuteur. Dans le second cas, le jet de lymphe s*é à une certaine hauteur, puis s'abaisse lors de l'inspiration pour s'élever de ne»» veau , et ainsi de suite. Les mouvements respiratoires déterminent ainsi daai h canal une suite de pulsations parfaitement isochrones avec eux-mêmes; pv 1 ils rendent l'écoulement de la lymphe saccadé, c'est-à-dire bible dans rimpiraliM et plus fort dans l'expiration. Ces phénomènes, que j'ai observés sur le dbmà et les grands ruminants, sont d'autant plus sensibles que la respiration esl ftm. gênée et que l'animal fait des efforts plus violents. Les pulsations do canal saH parfois si prononcées, qu'elles se répètent dans un tube de caoutchouc adifi au tube méullique que l'on a fixé au canal dans le but de recueillir le chyle db lymphe.

Enfin, les secousses communiquées au canal thoracîque par l'aorte posléricM la base du cœur, l'aorie antérieure, les troncs brachiaux et leurs nombreuses dii^ sions, peuvent certainement accélérer le cours des fluides qu'il cJiarrie, d'à mieux que ces vaisseaux se trouvent en contact avec lui, et que plusieurs dV eux se glissent dans l'espace qui le sépare du tronc lymphatique droit L'infla de ces secousses me paraît très utile; car chez les grands ruminants, les car et quelquefois même chez les solipèdes , le canal , avant de se terminer daof I veines , se contourne sur la cervicale inférieure gauche qu'il embrasse dans i anneau étroit, quand il se termine par deux branches. t

L'aspiration que le cœur, en se dilatant, exerce sur le sang veineux peut Ml encore considérée comme l'une des causes qui activent le cours des fluides datf If canal thoracique. Celte action aspiratricc, qui se fait sentir dans des points tfC éloignés du centre de la circulation, doit avoir une certaine énergie à riosertioill canal, qui est à peine chez les solipèdes h 2 décimètres des oreillettes. \

L'influence que ces différentes causes exercent sur la progression du chyle etii la lymphe dans le canal thoracique rend compte de l'utilité du long trajet que 4 dernier parcourt avant de se terminer dans le système veineux. Si son aboochi^ ment avec les veines se fût effectué dans l'abdomen ou en arrière du thorax» Il cours des fluides eût été moins favorisé ; s'il se fût opéré près du diaphragM dans le thorax, le canal eût décrit un trajet assez considérable pour desceedn des côtés de l'aorte jusqu'à la veine cave, et peut-être il n'eût pas trouvé Ib entre les deux poumons, des conditions favorables à son insertion. D'ailleonk dans ces deux hypothèses , il eût toujours fallu un abouchement particalier potf le tronc lymphatique droit et les nombreux vaisseaux que le canal thoracique nfrii dans son trajet et vers son insertion. Or il était plus rationnel que le lieu d'ékction du déversement de la lymphe et du chyle servît à tous les vaisseaux à la foit» et que, par suite, les mouvements respiratoires, les battements des artères, l'aipi*

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