‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 37 sur 152 · DU COCUS DU CHYLE ET DE LA LYMPUE · texte numérisé non relu

DU COCUS DU CHYLE ET DE LA LYMPUE

g^i d'aloès. Le laureaa reçoit du vin et des infusions aromatiques ; le lendemain il ^i mange de la farine et quelques brins de fourrage , puis il se rétablit en huit à iuti dix jours.

^ T1,:, In second taureau, un peu plus grand que le précédent, eut Tune des branches >çM£ ^ canal thoracique ouverte pendant huit jours. La totalité du produit de la olrs» Me fut seulement recueillie pendant dix heures , après lesquelles le tube fut r^ qj fcnDé puis enlevé le lendemain. A partir du deuxième jour, bien que les lèvres àe\a plaie fassent maintenues rapprochées, la lymphe et le chyle, continuant à q\i' ii.- imicr, déterminaient au poitrail et à l'encolure une infiltration considémphat:; nUc. L'animal mangeait, et paraissait bien digérer, mais il maigrissait ù vue le hm": '«l, de sorte qu'au bout de huit jours il avait perdu 65 kilogrammes de son >mbr^;' pMs initial.

Q, ilsK f'Mnaissant la rapidité avec laquelle les fluides se meuvent dans les vaisseaux r^nai .<. If^pfcitiqnes, les masses énormes de chyle et de lymphe que ce système apporte «érKïîri ■■te torrent de la circulation, les effets remarquables que la déperdition, même ^ qtn ir PWîttleces fluides produit sur la nutrition , nous devons naturellement reexp^n* ^««krce qui résultera de l'interruption du cours du chyle et de la lymphe t>te G" l*Mol)8iaclc quelconque apporté à leur afflux dans les veines.

'^isfortlontemps déjà l'attention des physiologistes s'est fixée sur cette inté-* qot fi: ''WDie question. Lower, Duverney, Flandrin, Dupuytren et d'autres, ont tenté de le ï\^ Iwairdr, mais, malgré leurs expériences devenues célèbres, ils l'ont laissée en- ' : oi!mî **coaTertc de beaucoup d'obscurité.

i s co 1 Iflwer, pour reproduire une blessure analogue à celle du canal thoracique ob* mèii.^:iv*»fcsar l'homme et citée par Bartholin, coupa en travers le canal sur deux ird scr *tis. Ces deux animaux moururent des suites d'un épanchemcnt de chyle dans •^ lièvres. L'expérience imaginée par ce physiologiste habile était mal instituée : i là r.xv* n'apprit rien.

>uict: .' DnTprney fit mieux, sîms cependant faire bien. Il cul l'idée de lier la veine sousr^ non- Ôwière près de l'insertion du canal, et les chiens ne moururent qu'au bout d'une xi-qa-î pDzaine de jours. Son expérience ne pouvait avoir aucune signification précise, *i de quelque manière qu'elle fût faite, la ligature n'était pas susceptible d'enipêt qa,..- wria lymphe et le chyle de se mêler à la masse du sang. Appliquée entre le canal a« U ;:f'bpartic périphérique de la veine, cette ligature n'apportait aucun changement au c jta^OBndo liquide ; placée entre l'insertion du canal et le cœur, elle avait pour ré- "^ '-\v*lwde faire refluer ce liquide avec le sang jusqu'au point où une anastomose -a,. Mn b soQs-cIavière et les veines voisines lui permettrait de reprendre son cours '<.:> IBS le cœur. L'expérience eût mieux rempli son but par deux ligatures, l'une en '" r^ %i. fantrc au delà de la terminaison du canal, et encore elle eût entrahié pcmr ^ > * fiapiication fiichease une gêne extrême, sinon une suspension du cours du sang >" - nibeax dans le membre antérieur gauche.

^- Flandrin , dont le nom tient une place honorable dans les fastes de la science,

^^ CBmprit que, pour interrompre sûrement le cours du chyle et de la lymphe, il

ttait lier le canal thoracique lui-même près de son insertion. Ce savant vétérinaire

b le canal sur dix chevaux, soit avec des fils cirés, soit avec des fils de plomb. La

"«^ fbpart de ces anlman furent tués quinze jours après l'opération, et Ton trouva

iili DE L* ABSORPTION. f

autour du canal lié un engorgement considérable qui se propageail dans la pc trinc. L'un d*eux fui conserve deux mois ut demi ; son canal s*était cicatrisé et ligature était tombée.

Los expériences de Flandrin sont loin d'être complètes. Cet expérimentale s'est assuré que le canal n'était pas double sur les deux premiers de ses citevao mais il ne paraît pas avoir recherché si celte disposition se retrouvait chez les a très. 11 ne dit pas si le canal était oblitéré sur tous, ou si sa cavité s'était rétab au niveau de la ligature. Pour le dernier même, dont le canal était cicatrisé et ligature tombée, il nous laisse ignorer si cette cicatrisation consistait dans i'obiit ration du canal vers son insertion, ou si , ce qui est fort différent, elle tenait il réunion de deux parties que la ligature avait dû séparer et au rétablissement po sible de la lumière de ce canal.

Dupuytren répéta plus tard, et sur le cheval même, les expériences précédente il lia le canal tlioracique à plusieurs chevaux dont les uns moururent au bout < cinq ou six jours, tandis que les autres guérirent. Chez les premiers, les înjcclif ne passaient point de la partie postérieure du canal dans les veines; chez les s conds, les matières injectées s'arrêtaient au niveau du point lié et parvenaient di le système veineux par des branches collatérales qui s'ouvraient dans la sous-d vière. En conséquence, il était à croire, d'après cela, que la mort d'une partie é animaux employés aux expériences tenait à ce que le chyle et la lym|)he I pouvaient plus arriver dans les veines , et , d'autre part , que la guérison é derniers résultait du rétablissement du cours de ces fluides par des v«i| collatérales. i

Enfin, Astley Cooper, sur la fin du siècle dernier, et assez récemment MM. Le«l cl l.assaigne, firent des tentatives analogues sur le chien. Les animaux auxquebl premier fit la ligature du canal moururent du deuxième au dixième jour, et qact ques-uns à la suite de la rupture du canal : un seul se rétablit, grâce à une oo» municalion qui existait entre le canal lié et un canal supplémentaire resté Ubreà côté op|)osé. Quant à l'expérience que MM. Leuret et Lassaignc répétèrent sorfl seul chien, elle est très incomplète. Le Carnivore qui en fait le sujet guérit à lasaM de la ligature du canal et prit même de l'embonpoint 11 fut tué cinquante-M jours après l'opération. Les expérimentateurs, l'ayant ouvert, acquirent « la certi* ludc que le canal était unique et qu'il avait été bien lié un peu en avant de k première côte, » et remarquèrent, en outre, que ce canal, de même que la ciienCt contenait une petite quantité de chyle. Malheureusement ces physiologistes ne dtstâ pas si le canal était oblitéré à l'endroit où la ligature avait été appliquée, ou biet si sa cavité s'était rétablie. Faute de cette indication, on ne sait si le chyle et h lymphe de leur chien continuaient à ariiver dans les veines, ou si ces fluides iB trouvaient dans l'impossibilité d'y parvenir. iNéaninoins ils tirent de leur exprience celte singulière conclusion, que le chyle absorbé dans l'intestin a passé (kl cliylifères dans les racines de la veine porte ; d'ailleurs ils ne s'inquiètent né lemeni de la voie que la lymphe a dû suivre pour arriver dans les vaioeaD ^anguins.

J'ai, h mon tour, lié le canal ihoraciquc sur un jeune taureau dont le chyle et i Ivsnphft avaient été recueillis par une fislule pendant quatre jours. Le petit i

D€ COURS DD CUYLE Et DB LA LYMPIÏE. iI5

mol »*çst parfaitement rétabli. La plaie de^ légunients et des luuscles se cicatrisa m molm de quinze jours. L'ayant sacrifié k la fin de la septième semaine , je trouvai le canal oblitéré et ses parois épaissies dans orie étendue d(! 5 à ti rentitoètre!» à partir de son insertion : ii éiait bimpîe, mais sa partie restée libre donnait I des hrauches qui alïaieni s'ouvrir à droite dans les veines, et qui. par conséqtieiii, ||fendaiem le cours du chjle cl de la lymphe à peu prés aussi libre qu'avant Topéniion.

Avec ces riclicsscs apparentes la science resle très painrc. Toutes les expériences que je viens de rappeler ne peuvent tranclicr la question de savoir si l'iiilerruplioit du cours du cbyle et de la lymphe entraîne inévitablement la mort* ou si elle est compatible avec la vie- En cfTet, les expériences de Lower et de Duverney sont trop imprfait^s pour entrer en ligne de compte sur ce point; celles de Flnndtin ne distut pas si, sur les cttevauK qui ont survécu quekjues semaijics à la ligaïute du catiil, celui-ci était on non oblitéré, lorsqu'il n*y niait ni cauaLsupplénieutaire ni bnnthes collatérales ouvertes directement dans les veines ou anastomosées avec le tronc lyrn|di.itif|ne droit ; celles de Uupuytrcn nous montrent des brandies collatélaloréubltssajït le cours du cUyIe chiiz les anlmauit qui guérissent des suites de niion ; celles d'Astley Cooper indiquent h même conamunication sur le seul ishpii survécut à Tapplication du lien. Qu^rnl h l'expérience de MM. Leuret et igïic^ elle ne prouve rien et la mienne oe prouvt* pas davantage. Lts observations pathologiques relatives à robliiératîun du cajtJtl rroni pas une signification plus précise que les expériences; cïlcs appartiennent toutes à Tespèce biuuatne* U'aprés quelques-unes rapportées par M\L Andral et Rayer» il y avait h rtlé du canal obîitéi^é nu autre canal libre; d'après celle d'Astley Cooper, la |tar(ic jfifêrkure seule était obstruée, la supérieure restait libre et recevait des lympbaliqni's dérivés dincteuient de la cauté abdojjiinale, Crpendant lobl itération aurait élécouipléte dans le cas observé par Chestoti et dans quelques auires plus récents; ttais il e^X |irobablc que cette oblitération totale a dû cau<;er la ninrt des ijidividtis sur lesquels on Ta cons!aïée. Il rcput^ne ïi Tcsprît d'admettre qu'il s'éuiblit, alors» comme "Wutxer dit Tavoîr observé, des annstomoscs entre le canal, au invcnu des points où il est encore libre, et la veine a^ygos. De telles commun fcations élabîte^i aecidêntellemêut pour parer Ik rintluence funeste d'une oblitération, seraient cbose fort curieuse. Je les crois impossibles, quoique Faniizaaît prétendu, assez récemmeni, qu'elles existaient h rétat normal chez le porc, ce dont je n'ai pu ufassurer pif phisteurs injections.

En somme, il n'y a pas dans tout cela un exemple avéré de non-communication

ftitre le système lymphatique et les veines qui ait été compatible avec la vie, an

niojns pendant tin certain lemps. Au contraire, dans les cas où la cojnjnnnication

I été interrompue entre ces deux ordres de vaisseaux, la mort est survenue plus

\M moins rapidement. Les animaux n'ont survécu que dans les cas d'une counnu-

aicatîon libre etfeciuêe soit par suite du rétablissement du canal lié, soit pai^ le lait

(F un C4iial supplémentaire, ou par celui de branches se ponant d'un canal sinrple

ftAiisle ironc lymphatique droit, ou encore directement dans les veines axitlaires.

^pD un mot, la vie ne s'est entretenue qu'à la condition de la ]>ersistance du cours

B ticlivlG et de la lymphe*

116 DB L'aBsOBPTIO^Ï.

Pour en Gnir sur ce point, il suflBt d'iuR* nûuk cxjiérfcncc qui consiste h Her m masse le canal thoracique simple ou double et le tronc lymphaUqtie droit, de mi^ nière qu'il ne parvienne plus un atome do chyte nï de lyniplie dans le système %éneux. Alors il arrivera nécessairement l'une de ces trois choses :oa la déchirure du canal et Técoulement total à Tcxtéricur des deux Huides réprateurs, ou Toblitération des canaux, ou enfin leur rétablissetuent. Dans les deui premiers cai li mort sera inévitable, et dans le dernier seul raniinal }>oiïrm vivre. Je regrette iitfiniment de ne pas avoir exécuté celte opération importante, qui eût substitué mt solution expérimentale à la solution rationnelle du problème pliysiologique tfàt]^ I viens d*analyser. Sans cette dernière expérience il ^na impossible d'arriver an résultat décisif, car en pratiquant seulement fa ftgaïuic dti tâual comme on Yttà jusqu*lci, on n'empêche point la lymphe et le chyle d'arriver dans les veines, dM quand le canal est simple. Ces deux fluidcfit arrêtés par ta ligature, pa^^sent é^mk\

FiG. 70

PïG Tl,

A, canal Ihoracique. B, Tronc lymphatique droiU C, U, imniloiaoiai ctubltei «nlift'eux pris de Leur i

tronc lymphatique droit au moyeu des anastomoses C, D (fig. 70 et 7i) ( ntre les deux canaux, et ils parviennent ainsi à leur destination bahituelle.

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