‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 42 sur 152 · III. Du RHTTHME DE L'INSPIRATION ET DE L'EXPIRàTION · texte numérisé non relu

III. Du RHTTHME DE L'INSPIRATION ET DE L'EXPIRàTION

L'analyse isolée de l'inspiration et de l'expiration étant faite sous le rappor leur mécanisme, il nous reste à étudier ces deux actes dans leur succession n lière, à voir quels sont les phénomènes appréciables qui traduisent leur accom] sèment normal et les variations éprouvées par ceux-ci suivant les conditions f. siologiques diverses dans lesquelles les animaux se trouvent placés. Cette éUHk indispensable pour fixer le terme de comparaison auquel on doit rapporte! modifications si nombreuses qui résultent des lésions morbides des organes n ratoires.

Le rhyihme normal des mouvements respiratoires est assez difficile à saisir le cheval en repos, parfaitement calme, dont les formes sont arrondies et leii lies musculaires masc|uécs par la graisse. Tes côtes ne se dessinent pas soo peau, les espaces intercostaux ne se creusent pas sensiblement; le flanc 0** de concavité bien marquée, sa corde se met peu en relief; les hypochoodr les dernières côtes ne se délimitent point à leur réunion avec les parois ab<l nales. Il faut un léger exercice de quelques instants pour donner aux mouvel respiratoires une étendue qui permette à Tobservateur d'en saisir toutes les \ cularités, mais sur les animaux à peau fine, dont les muscles sont nettemeO sînés et sur tous les sujets sans embonpoint, ils sont bien caractérisés.

Dans l'inspiration, les parois tboraciques se soulèvent tout d'une pièce ; le^ deviennent plus apparentes, s'écartent les unes des autres en se |>ortant en a les sillons intercostaux se creusent légèrement; la corde du flanc s'a|)latit et flots U concavité de cette région augmente un peu; le ventre descend, se

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dehoi-s et s'élargit ; la dépression qui existe an niveau du grassét, entre la cuisse la partie fuyante du flanc, diminue sensiblement.

Dans Teipiraiion, les parois thoraciques s'sbaissent en masse ; les côtes retienni en arrière, se rapprocbent les unes des autres, perdent de leur relief et s'ef- KeDt en quelque sorte plus ou moins complètement; les dépressions intercosiks perdent de leur profondeur; il se forme sur la ligne de l'hypochondre une ■Uie longitudinale qui n'est pas produite par le cercle cartilagineux lui-même, ■Hspar 11 partie charnue du grand oblique de l'abdomen ; cette saillie au-dessous b laquelle se trace une dépression assez marquée remonte tant que dure l'expi- MioD; la corde du flanc se détache, se tend, se projette en dehors en éprouvant B léger mouvement ascensionnel ; le ventre remonte et se rétrécit ; enBn le creux h granet se prononce davantage. ^

i'ivpiration et l'expiration n'exigent pas pour leur accomplissement ira temps i|il(ie part et d'autre. La première, qui est la plus courte, ne semble guère de- Msderpius de la moitié de l'espace que la seconde met h s'effectuer. L'intervalle ou FîMlattde repos qui sépare ces deux actes est excessivement court; néanmoins il •rttppitciable tant que la respiration est parfaitement calme. Il esta noter, d'après V- (Girard, qu'à l'état normal , entre cinq, six, sept respirations de même étendue, il i« opère une beaucoup plus profonde.

I^cbo^ se passent toujours ainsi à l'état normal , avec cette différence que, Dosluiflaence des efforts ou de l'exercice, les mouvements respiratoires devienlent plus étendus, mieux accentués et se succèdent avec une plus grande rapidité. .Lcrliyihmedcs mouvements respiratoires est profondément modiûé, cliex les so- ÎpUeSt dans ce qu'on appelle la pousse, dont la cause, encore peu connue, paraît ■Mer le plus généralement en un emphysème pulmonaire, (^ette altération se tra- Apar une interruption plus ou moins sensible de l'expiration, et quelquefois même t l'inspiration, qui se font chacune en deux temps, entre lesquels il y a un arrêt ■M soubresaut particulier. Ainsi, lors de l'expiration, l'hypochondre, après avoir ktoé la moitié de son abaissement, s'arrête, rebondit légèrement, puis descend iMuvean jusqu'à sa limite ordinaire. De même, le flanc, après être arrivé vers le ^ de son affaissement, s'arrête, éprouve un léger soubresaut, puis achève son ■Wîement

l^ue l'altération est portée jusqu'à ses limites extrêmes , elle devient maniât ^l'iospection isolée des côtes, des hypochondres, du flanc, de la partie inféode l'abdomen et des naseaux. Le flanc est plus ou moins retroussé ; sa corde ^^cisine fortement, et son creux se remplit d'une manière sensible dans l'expira- ^« le soubresaut devient très marqué et se produit souvent à la fois dans l'inspi- ^ et l'expiration. Le mouvement des parois abdominales se communique aux "^de la face antérieure de la cuisse ; le fascia lata se porte en dehors et s'af- ^ ^ItemaUvement ; la secousse éprouvée par les parois costales est sensible '^ tonte leur étendue; les muscles de U croupe, au niveau du ligament sacrol'^liqae, sont soulevés dans l'expiration et déprimés dans le mouvement opposé; ^os est alternativement refoulé en arrière et re|K)rié en avant par un mouve- ^t saccadé et interrompu ; le corps entier de l'animal participe même quelque- ^i b secousse produite par les muscles affectés à la respiratîoo.

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Les naseaux reflètent dans leur jeu les modifications éprouvées par celui d0 parois thoraciques et abdominales. Leur dilatation, qui est extrême et permaneott, augmente encore beaucoup dans Tinspiration : l'aile interne d'un naseau est forte ment rapprochée de celle du naseau opposé, et lorsque le froid condense la vapetf qui s'échappe des cavités nasales, on la voit distinctement sortir en deux boufléo, séparées par un temps d'arrêt très court.

Les changements apportés au rhythme de la respiration s'expliquent assex bM par la nature de la lésion qui parait habituellement donner lieu à la pousse. Gooifll l'emphysème pulmonaire est la cause la plus fréquente de celle-ci , et coouH cet emphysème vésiculaire, parfois fort difficile à reconnaître de prime abori, diminue tellement l'élasticité du poumon que cet organe éprouve une grandi^ peine à s'affaisser, on conçoit qu'il faille, du côté des puissances expiratrices, dÉ efforts assez considérables pour en réduire le volume au degré convenable. Or ém l'expiration, après que les parois thoraciques ont commencé à revenir sur elh»* mêmes en vertu de l'élasticité dont jouissent leurs parties constituantes, si la réri^ tance du poumon arrête leur abaissement, et même si elle les repousse, il frU qu'un redoublement de l'aciion musculaire vienne achever l'expiration : de là is deux temps de cet acte et le soubresaut qui les sépare.

La vitesse avec laquelle s'cffeciuent et se succèdent les mouvements respiratoîrs varie beaucoup suivant les animaux et les condiiions diverses dans lesquelles il peuvent se trouver. Néanmoins chaque espèce animale a, dans un calme parfait, ■ nombre de respirations à peu près invariable.

D'après les auteurs vétérinaires (1), le nombre d(*s inspirations, en ce qui coa» cerne les animaux domestiques, est pour le cheval jeune de 10 à 12 par minottl le cheval adulte, de 9 à 10; le jeune bœuf, de 18 à 20; le bœuf adulte, de 15 à i$t l'agneau, de 16 à 17; le mouton, de 13 à 16; le jeune chien, de 18 à 20;lechiflfi adulte de 15 à 18. |

Pour les animaux sauvages que j'ai pu observer dans le calme le plus inrfrii; I j'ai compté 10 respirations au rhinocéros; 7 à 10 à rhip|>opotamc hors é l'eau; 3 à 4 au môme pachyderme sous l'eau; 23 au buffle de Valachie; de 11 à 22 au lama et à l'alpaca; 10 à 11 au dromadaire; 8 à 10 à la girafe; 22 à 2&I Tyach ; 16 à 17 au cerf; 16 à 18 au daim; 12 à 15 à la panthère; 1^ à ISH jaguar; 12 à 13 au lion.

Ce nombre des respirations varie dans des limites très étendues, suivant les ooiditions où peut se trouver l'animai. Le repos, les exercices divers, les efforts, kl impressions morales, le sommeil, l'état des fonctions, la température cxtérieonb enfin la fièvre et les maladies sont les causes ordinaires de ces variations, doit voici quelques exemples.

Un cheval en repos, respirant 10 fois par minute, fit au pas un trajet de quel* ques cenuines de mèties, et dès qu'il s'arrêta, il respirait 28 fois dans le mêoe temps. Au bout de quelques minutes sa res))iration était revenue au chiffre ordinaire. Lancé au trot pendant 5 minutes, il avait en s'arrêunt 52 respirations, pai

(1) Delafond, Traité de pathologie et dé thérapeutique généraies, — Raioard, TrûUéà pathologie vétérinaire, etc.

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0 seulement 3 minâtes après, 33 plas tard encore. Soumis à ane course de 5 miintes au galop, il respirait en s'arrêtant 65 fois et 60 fois à la minute suivante.

Le cheval attelé à une lourde voiture, qu'il traîne avec une certaine lenteur, ou

i un véhicule moins pesant qui lui permet une allure modérément rapide, n*a pas

h respiration très accélérée, car le rhythme de cette fonction doit être compatible

wec le développement des efforts musculaires; mais dès que le solipède vient à

: l'irrêter, la respiration s*opère avec une vitesse presque égale à celle du cheval après

ve course rapide. Il en est à peu près de même pour le bœuf qui en traçant

. m sillon respire lentement, et te met à haleter aussitôt que sa marche se suspend.

Un mouton en ruminant paisiblement respire 15, 16, 17 fois par minute;

. 1(0 après il ploie la tête contre ses pattes comme pour s'assoupir, sa respiration

, faœnd à 14 par minute, et soudain un bruit étranger qui le tire de sa quiétude

lÉcaose une telle émotion qu'il arrive subitement à respirer U5 fois dans l'espace

pris pour unité. Ce ruminant, après une course de quelques instants, respire jus-

fi*^ 110 et même 140 fois par minute.

Ln mêmes variations s'observent à l'égard des animaux sauvages. Un lion couché a soleil et déjà un peu excité respirait 40 fois par minute, quand un coup donné à h porte de sa loge attira son attention : aussitôt il eut 70 respirations. Un lama, fB avait 20 respirations étant couché, en eut 40 dès qu'on l'eut forcé h se relever. Les carnassiers en général et les animaux très timides paraissent être les plus exposés à ces sortes de variations.

On sait que les animaux hibernants respirent avec une extrême lentetir quand Il sont engourdis: Prunelle, Saissy et d'autres s'en sont assurés. Ils respirent de phs en plus vite à mesure qu'ils sortent de leur torpeur. J'ai vu une chauve-souris ttposée à un froid glacial respirer 5, 6 fois par minute, puis 50 à 60 fois et plus lorsqu'une température élevée venait la tirer de son engourdissement. Nous verrons plus tard les rapports intimes qui existent entre la vitesse des mouvements respiratoires et celle des contractions du cœur.

L'air qui s'engage dans les voies respiratoires au moment de l'inspiration, et qui a est expulsé lors de l'expiration, produit dans la trachée, les bronches et le pou- ■00, des bruits particuliers dont les caractères sont faciles à reconnaître en appli* qoant l'oreille à la partie inférieure du cou et sur les côtés de la poitrine.

Le soufDe trachéal qui se fait entendre sur les côtés, de même qu'à la partie inférieure du grand conduit aérien, et depuis le larynx jusqu'au poitrail, est assez intense pour être perçu très distinctement, même lorsque la respiration est aussi câline que possible. Il se produit en deux temps, séparés par un très court internile. Dans le premier, qui coïncide avec l'inspiration, ce souffle est faible ; dans le second, qui répond à l'expiration; il est plus fort et plus prolongé. H rappelle 48KZ bien, par les nuances de son intensité, le bruit que l'air produit à son entrée cti sa sortie des naseaux pour peu que la respiration s'accélère. Sa force s'augmente coosidérableoient à mesure que la respiration se précipite et qu'elle devient pénible ; «De s'accroît de même en raison de la difficulté que l'air éprouve à traverser le larynx ou les cavités nasales ; enfin elle reste assez grande lorsque la trachée est ouferte sur on point de sa longueur.

Le bruit qui se produit au sein du poumon a deux nuances ou plutôt deux degrés

au D£ LA. HKSPlKàTlON.

d'intensité, que l'oreille appliquée sur les parois thoraciques peut distinguer sh grande difficulté. Tout à fait en arrière de l'épaule des grands quadrupèdes, et a niveau du tiers supérieur des côtes, c'est-à-dire sur la ligne de la bronche priao pale et de la naissance des bronches secondaires, il est plus fort qu'en aucun aMi point des parois costales : c'est le murmure bronchique. Sur tout le reste i l'étendue des |)arois du thorax, il est beaucoup plus faible : c'est le murmure \éi culaire. (;es deux nuances ne sont pas absolument distinctes l'une de l'autre , m partout le mouvement respiratoire se produit simultanément dans les bronches! les vésicules pulmonaires.

Le murmure respiratoire s'entend sur toute l'étendue des parois thoracique 11 est |)erceptible, suivant la remarque très exacte de Al. Delafond, à traven ^ masses musculaires de l'épaule et du bras, comme dans les régions moyeoMe postérieure du thorax. A la partie antérieure de la poitrine, il se produit arec ^ grande intensité dans la région thoracique de la trachée, l'origine des broncha le sommet dos lobes du |)oun)on ; mais il parvient à Foreille très affaibli pir~3 deux rayons osseux et les masses musculaires qu'il a traversées. Â la partie pccs ricure de la poitrine, tout à fait dégagée en arrière de l'épaule et du bras, il se pn^ a\ec une intensité beaucoup moindre qu'en avant, car il nait seulement des difii^ bronchiques déjà fortement rétrécies et du tissu pulmonaire, mais il s'amortit ^ peu en traversant les parois costales, et parvient à l'oreille avec une force i^d rieure à celle du murmure perceptible au niveau de l'épaule.

L'intensité du murmure respiratoire est à son maxinmm vers le tiers sopéi ' des septième, huitième et neuvième côtes, précisément sur le milieu de la loDgt^* du thorax. A ce point, les parois costales sont dégagées de leurs connexions ^^ l'épaule ; elles correspondent à la partie la plus épaisse du poumon et au tnjet ^ la grande division bronchique assez rapprochée du bord supérieur de l'organe r^ piratoire. De là ce bruir s'affaiblit progressivement et perd de sa netteté, d'r»^ part, à mesure qu'on se rapproche de la dernière côte, et d'autre part à mesi*^ qu'on descend vers l'hyiwchondre. La diminution d'intensité du murmure rep ratoire vers les i^arties postérieures et inférieures du thorax résulte de l'atténoatili progressive des bronches et de l'amincissement graduel du poumon. Quant ï M moindre netteté de ce murmure sur toute la ligne de l'hypochondre et destk^ nièris côtes, elle est la conséquence de la transmission aux parois thoraciques àl bruits produits dans les viscères abdominaux.

L'intensité des bruits bronchiques et vésiculaires éprouve normalement desf» riations assez étendues qui dérivent de l'état des animaux, de leur âge, et sorMi de la lenteur ou de la rapidité avec laquelle s'effectue la respiration. Aussi, pouri faire une idée exacte de ces bruits et en saisir toutes les nuances, convient-il d'en miner les animaux après les avoir soumis graduellement à des exercices qui aocè lèrent les mouvements respiratoires.

Le murmure respiratoire perceptible par l'auscultation est un frémisKiM faible, prolongé, qui augmente sur la fin de l'inspiration et diminue lorsque res|i ration va s'achever. Il tient aux vibrations de l'air qui se meut dans les caTM pulmonaires, et à celles des parois membraneuses plus ou moins tendues des brtf ches et des vésicules puhnonaires. Celles-ci, en se distendant et en revenant ahcf

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lent SUT clles-inémes, vibrent comme les vésîculies sèches dans lesquelles sse de l'air avec une certaine force. Ce bruit se reproduit avec une intensité îe, et s'entend à distance quand on insuffle le poumon retiré de la cavité que. Son mode de formation est absolument le même dans les deux cas. lent dans le second la vitesse avec laquelle l'air s'engage dans les voies resres et l'absence des parois thoraciques donnent et laissent au bruit une force eure à celle avec laquelle il parvient à l'oreille à travers les parties qui for« les parois de la poitrine.

respiration, envisagée sous le rapport de la rapidité de la succession de Douvements et de plusieurs autres particularités , offre diverses nuances bciles à distinguer les unes des autres. Elle est lente^ lorsque, dans un temps é, le nombre des inspirations et des expirations est peu considérable ; aecé' ?, lorsque ce nombre dépasse de beaucoup le chiffre normal. £lle est égale^ si, rt les variations habituelles, les inspirations ont toutes à peu près la même loe ; irréguiih^e, quand des inspirations courtes alternent sans ordre avec des ntioDseï des expirations prolongées. On Ta dit entrecoupée^ si le premier ou ooal de ces actes se fait en deux temps, comme dans le cas d'emphysème ^m; courte, si la dilatation du thorax et l'affaissement de cette cavité sont f^nireints ; profonde , si , au contraire, ces mêmes mouvements sont très •ns; haletante, si, étant très précipitée, elle s'accompagne d'un léger bruit; ii^€, lorsqu'elle fait entendre un bruit particulier plus ou moins aigu, comme dacornage du cheval; ronflante, lorsque ce bruit est sourd et prolongé, à P^tel que le chat le fait entendre en quelques circonstances; p/ain/tve, Kllebmit est l'expression de la souffrance.

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