DIS PHÉNOMÈNES CHIMIQUES DE LA RESPIRATION
orterait à 3 litres la somme de gaz pour les 26 litres de sang d'un cheval ; 2® que lOO volumes de sang veineux contiennent 7,68 de gaz, dont 5,50 d'acide carbo* Dique, 1,17 d'oxygène, 1,00 d'azote, tandis que 100 volumes de sang artériel renferment 10,42 de gaz, dont 6,69 d'acide carbonique, 2,61 d'oxygène» 1,51 d'azote. Conséquemment le sang artériel contient à la fois et plus d'oxygène^ et plus d'acide carbonique que le sang veineux.
Mais si le sang artériel contient deux fois autant d'oxygène que le sang veineux, le premier ne renferme qu'un cinquième d'acide carbonique de plus que le second ; d'où il suit que, relativement à sa quantité d'oxygène, le sang artériel tient en dissolution moins d'acide carbonique que le sang veineux. Il impoRte de se rappeler ces résultats pour comprendre les phénomènes intimes de l'hématose.
Ainsi donc le sang artériel et le sang veineux diffèrent l'un de l'autre par leur couleur, leur température, la quantité d'eau , de globules, de fibrine, d'albumine et de gaz qu'ils renferment. Ils se distinguent encore sous le rapport de leur coml)ositiun élémentaire, en ce que le premier est moins carboné et plus oxygéné que le second ; mais en définitive ces différences sont très légères , comme le dit H. Bérard, à cause de la rapidité avec laquelle la masse sanguine devient alternati- ^ffleot veineuse et artérielle ; aussi sont-elles constatées à grand'peine, même les pfos saillantes, par les analyses chimiques, trop souvent en désaccord ou en opposition complète les unes avec les autres. Cependant rappelons-nous que de telles iiiTérences, pour être si peu saisissables, n'en ont pas moins une importance capi- ^; car le sang veineux , qui cesse pendant quelques instants de se transformer iaos le poumon en sang artériel, a bientôt frappé de mort tout l'organisme.
La connaissance de la constitution des deux sangs et des particularités qui les M'nguent l'un de l'autre, exprime les modifications que ces fluides éprouvent ^s le système cepillaire général , c'est-à-dire lors de la conversion du sang arté« el en sang veineux , car ce que le sang veineux contient de moins que le sang tériel , il l'a perdu dans les capillaires ; ce qu'il contient en plus, il l'a acquis ms ces mêmes vaisseaux; enfin les propriétés nouvelles que le sang noir revôt it leur point de départ, leur source unique, dans ces canaux déliés qui sillonnent, ivant mille directions diverses, la trame des tissus organiques. Mais ces particularités de composition et de propriétés qui distinguent les deux )gs ne sont plus l'expression exacte des changements qui ont leur siège dans le (tème capillaire de la petite circulation ; ils ne traduisent point d'une manière ioureuse les résultats des phénomènes chimiques de la respiration. £n effet, dans
capillaires du poumon , ce n'est pas seulement le sang veineux qui se transme en sang artériel , comme dans les capillaires généraux , par une opération rerse et diamétralement opposée, le sang rouge se transforme en sang noir. Dans les ;anes respiratoires, le sang veineux n'est que l'un des trois fluides qui se conrtissent en sang artériel : c'est le principal , à la vérité ; néanmoins les deux Ires, qui sont le chyle et la lymphe, prennent à la formation du sang artériel te part plus grande qu'on ne le pense généralement.
Si donc les chimistes, au lieu d'analyser comparativement le sang de la jugulaire celui de la carotide, avaient examiné, d'un côté, le mélange du sang veineux de ^\es les parties avec le chyle et la lymphe, tel qu'il pénètre dans le poumon , et
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de l'autre le sang artériel, tel qu'il sort de cet organe, nous pourrions, par dWércMti indiquer avec précision en quoi consiste Thématose ou rartérialîsation du fiqoià nutritif. I^ sang Yeineui , le chyle et la lymphe. Intimement mêlés enirriTiatii poumon, seraient comparables à Tair inspiré. Le sang artériel, sortant de ci fiieii^ ^frespondrait à Tair expiré. Ce qui aurait été ajouté ou soustrait au sang vM du foyer de Thématose serait le fait de la respiration, de même que eeqnitf ^outé ou soustrait k l'air expiré est le fait de cette action : ainsi Ton coooilral avec autant d'exactitude les modifications imprimées au sang qu'on sait celles q* Tair a subies ; les phénomènes chimiques ou intimes de la respiration seriieota évidence, quant à leur résultat ; il ne resterait plus qu'à en rechercher li niM et les causes. Bien que les physiologistes n'en soient pas lii, faute d'avoir titisiii mis en usage la méthode rationnelle que je viens d'indiquer, il faut cepciW poursuivre l'analyse de la fonction respiratoire.